Mot du curé

Vacances riment avec insouciance, comme disait la chanson pour les enfants autrefois mais la chaleur recherchée dépasse trop souvent nos désirs pour qu’on ne puisse s’en inquiéter. Et les médias ne se laissent pas prier. Il y a derrière ces annonces, l’urgence d’un changement de comportement qui peut montrer aussi la responsabilité vis-à-vis de ce monde où Dieu nous a placés gardiens. Plus qu’apprendre à vivre en mode dégradé, nous pourrions redécouvrir ce monde dans son plus simple appareil, dans la bonté originelle où Dieu nous l’a donné, car c’est bien la consommation qui pourrit la planète, quelle que soit l’origine des biens ou de l’énergie consommée : la racine du mal c’est l’amour de l’argent, dit saint Paul. Or, nous recevons tant sans avoir rien investi, à commencer par le soleil qui se lève chaque jour. Nos églises, qui abritent la mise en œuvre d’une liberté, retrouvée fondamentale pendant la crise du covid, la liberté du culte, pourraient déjà s’affranchir de quelques habitudes non fondamentales pour retrouver une manière plus libre de prier le Seigneur. Je pense par exemple à l’éclairage. Ainsi, à la cathédrale par exemple, en temps ordinaire, nous n’allumons pas la lumière que nous avions pris l’habitude d’allumer pour créer une ambiance pendant la journée. On redécouvre alors un lieu qui vit au rythme de la lumière qui croît puis disparaît, au gré des nuages qui jouent les variateurs. Se réjouir davantage en ralentissant notre consommation, en bougeant moins pour être plus présent, voilà une bonne nouvelle pour les vacances !

Abbé Guillaume Caous

 

Bulletin N° 175 - JUIllet 2024