Une adulte confirmée témoigne Enregistrer au format PDF

Lundi 21 janvier 2019
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« Ton cœur sait que la vie n’est pas la même sans Lui, alors ce que tu as découvert, ce qui t’aide à vivre et te donne une espérance, c’est cela que tu dois communiquer aux autres ». Ainsi parle le pape François et ainsi me parle le Seigneur depuis ma confirmation.

Je n’ai pas eu la chance de grandir dans la Foi. Ma grand-mère, à laquelle j’étais très attachée, était la seule personne avec qui je partageais mes cours de catéchisme. J’avais 15 ans quand elle nous a quittés. Dans l’église, voisine de sa maison, j’ai décidé, lors des funérailles, de ne plus jamais franchir la porte de la maison de Dieu. En la perdant, je perdais un peu de mon âme, et mon cœur en grande souffrance n’a pas su entendre l’aide du Seigneur.

J’ai continué sans Lui, tant bien que mal. Mon premier fils est né. Lors de nos promenades, il voulait toujours rentrer dans les églises qu’il rencontrait. Je ne l’accompagnais jamais.

Je me suis mariée, sans l’Église.

A 15 ans, ce même fils nous a demandé le baptême et la communion. C’était son choix et je le respectais. Etant mineur, il a fallu que je l’accompagne dans cette démarche qui a duré deux ans. Mon lent retour était amorcé…

Tout doucement, j’ai franchi le pas des églises, j’ai échangé avec des personnes de Foi. J’ai réfléchi mais ma colère contre Dieu était là, profonde, ancrée. La gestion de ce deuil fut difficile tout au long de ma vie, je Lui en ai beaucoup voulu, mais, curieusement, Sa présence était là, latente, en pointillé. Tranquillement, Il réintégrait ma vie.

Deux autres de mes enfants ont demandé le baptême et la communion. Mon mari, non croyant, a suivi leur souhait en observant ma perception de la Foi qui se transformait au fil du temps. En parallèle, Jean-François Duyck a proposé les cours de catéchisme pour adultes. J’ai suivi avec grand intérêt cette formation qui répondait à toutes ces questions qui tournaient en boucle dans mon esprit.

Guillaume Caous m’a alors proposé la confirmation. Ce que j’ai accepté, n’en connaissant pas vraiment la signification et je me suis laissée porter par une présence que je ressentais de plus en plus.

Je suis allée à Locquirec où j’ai fait la connaissance d’une adulte de Plestin qui préparait sa confirmation. Elle m’a présentée aux sœurs de la congrégation des Filles du Saint-Esprit. J’ai ressenti un sentiment infini de tendresse et d’amour. Depuis, je chemine avec Valentine et Thérèse dans la perspective de m’associer à leur prière et leur vie de Foi. Un parcours que j’ai entrepris pour 3 ans.

Le jour de la cérémonie, la veille de la Saint-Yves, la cathédrale était pleine. Le Seigneur avait ramené vers moi une tante que je ne voyais plus compte tenu des distances entre nos lieux de vie. Elle est la seule fille de ma grand-mère et, seule de ma famille, elle a assisté à la cérémonie. Jamais je n’aurais pu envisager sa présence. Elle était là, j’ai compris que Dieu me rapportait un peu de ma grand-mère pour cet événement qui allait à jamais changer ma vie.

J’ai le souvenir d’une émotion vive, en même temps un sentiment de plénitude, une sensation de paix qui se posaient en moi. Les portes de mon cœur s’ouvraient au Christ et Il s’y est installé avec douceur. J’ai su que les mains de l’évêque étaient l’annonce d’une vie dans la Foi profonde et une clé que je tournais à tout jamais.

Jésus a dit : « Je suis venu jeter le feu sur la terre et mon désir est qu’il brûle ». C’est exactement ce que j’ai ressenti ce jour-là : un feu brûlant, un cœur qui s’embrase. Tout m’était dit, Il faisait maintenant partie de ma vie.

Ma vie d’après est une succession de bonheurs intérieurs, de changement profond dans ma perception de la relation à l’autre et à la vie en général. Les messes sont devenues une nécessité de rencontres dans la communion. L’Eucharistie est un vrai cœur à cœur avec le Christ. Je ressens Sa présence intensément et cette nourriture me donne la force de vivre le quotidien dans Sa parole et Ses actes.

Je ne suis plus seule. Lorsque Jésus dit : « Je vous aimerai de tout mon cœur, de toute mon âme et de toutes mes forces », je comprends pourquoi aujourd’hui je ne peux plus vivre sans Lui.

Le Seigneur me guide, ma vie est rencontre. J’ai fait une première retraite de 3 jours à Locquirec, puis une semaine à Tressaint, dans le silence et la découverte de la bible. Sa parole me nourrit chaque jour qui passe. Ma vie n’a de cesse de se renouveler dans l’intelligence et le discernement. Je suis très attentive aux explications bibliques de Marie-Noëlle Thabut et les billets de Daniel Giacobi. J’ai intégré l’équipe des catéchistes. Malgré ma Foi nouvelle, ils ont accepté mes failles.

Marie est devenue ma seconde mère, je sais qu’elle est présente dans ma vie de femme. En la priant, elle me rassure, me conseille. Je dépose mes pauvretés et, avec amour, elle les respecte.

J’ai découvert depuis peu sainte Thérèse de l’Enfant Jésus. Lors de vacances en famille, en Normandie, je suis allée seule passer une journée en sa présence. Son amour pour Jésus m’a reposée.

Lors de ma retraite à Tressaint, j’ai échangé avec le père Emmanuel. En nous quittant, il m’a remerciée de lui avoir confié mon histoire puis il a terminé en me disant : « Madame, vous avez reçu une grâce, n’en doutez jamais ». Aujourd’hui, je l’accepte et la perçois comme telle et je remercie chaque jour le Christ de m’avoir ramenée à Lui. Il sait prendre son temps et je peux témoigner des 30 années où les signes se sont multiplié tranquillement.

Notre maison est face à l’église du village. Petite, j’ai grandi à côté de l’église. Sa maison ne m’a jamais vraiment quittée !

Je me suis abandonnée dans Ses mains. Chaque jour qui passe est nourri de Sa parole. Il m’a redonné confiance en la vie. C’est dans la Foi chrétienne que j’aime mes enfants, mon mari, ma famille, mes amis. Chaque jour je prie pour eux, pour que la bienveillance du Seigneur atteigne leur cœur et leur âme.

Jésus a donné Sa vie pour nous. De trop longues années se sont écoulées pour que mes yeux perçoivent Sa Miséricorde. Que de temps perdu à m’épuiser sans Lui ! Marthe Robin, fondatrice des Foyers de charité, disait : « Mon adorable Jésus, que tous ceux qui m’approchent me quittent consolés quand ils pleurent, relevés quand ils sont accablés, heureux pour des jours, par le souvenir d’une parole, d’un regard, d’un sourire ».

C’est tout ce que je demande au Seigneur : que je sois capable de transmettre l’amour qu’Il m’apporte chaque jour.

Janvier 2019