Tous saints comme dieu est saint 2/12 Enregistrer au format PDF

Lundi 11 février 2019 — Dernier ajout dimanche 17 mars 2019
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L’exhortation apostolique « Gaudete et exsultate » du Pape François

Appelés à être saints

Le chemin de la sainteté nous fait entrer dans la joie et l’allégresse, Gaudete et exsultate. Nous sommes accompagnés sur ce chemin par les saints qui sont déjà parvenus en la présence de Dieu et gardent avec nous des liens d’amour et de communion (§ 4). Parmi eux, il y a, bien sûr, les saints canonisés mais aussi les saints de la porte d’à côté, ceux qui vivent proches de nous (§ 6). C’est l’Esprit Saint qui, par sa présence, suscite la sainteté. Et, par le martyre, le témoignage du sang, la sainteté est œcuménique : les martyrs sont un patrimoine commun à tous les chrétiens.

Le Seigneur nous appelle tous à la sainteté et il veut pour chacun une route unique et spécifique (§ 11). Les femmes ont une place particulière : le pape François souligne que le génie féminin se manifeste par des styles féminins de sainteté […] qui ont soutenu et transformé des familles et des communautés (§ 12). La sainteté se construit dans la vie quotidienne, portée par la grâce de notre baptême et les inspirations de l’Esprit Saint. Le pape François cite le cardinal vietnamien Van Thuân, emprisonné, qui saisit les occasions qui se présentent chaque jour, pour accomplir des actes ordinaires de façon extraordinaire (§ 17). Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus l’avait déjà dit :Vous désirez un moyen pour arriver à la perfection ? Je n’en connais qu’un seul : l’amour ! Elle écrivait à sa sœur : Céline, ramasser une aiguille par amour peut sauver une âme.

En nous créant, Dieu nous confie une mission : incarner un aspect de l’Évangile. Pour cela, il faut vivre avec Jésus, s’associer à la mort et à la résurrection du Seigneur d’une manière unique et personnelle (§ 20). Il est donc nécessaire d’être à l’écoute de Jésus dans la prière et discerner les orientations que suggère l’Esprit Saint. Et surtout, il faut avancer sur le chemin que le Seigneur nous propose en lui faisant confiance, en se rappelant que c’est lui qui agit en nous comme le proclame saint Paul : J’ai été crucifié avec le Christ, et si maintenant je vis, ce n’est plus moi qui vis : le Christ vit en moi (Ga 2, 20). Le pape François, dans son style direct, relaie vigoureusement l’appel de Dieu à la sainteté : N’aie pas peur de viser plus haut, de te laisser aimer et libérer par Dieu. N’aie pas peur de te laisser guider par l’Esprit saint. La sainteté […] est la rencontre de ta faiblesse avec la force de la grâce (§ 20).

Sur le chemin de la sainteté, le pape François identifie deux obstacles qu’il qualifie de falsifications de la sainteté : le gnosticisme et le pélagianisme (§ 35). Ce sont deux hérésies anciennes qui resurgissent périodiquement dans l’histoire de l’Église.

Le gnosticisme réduit la vie chrétienne à un exercice purement intellectuel, où l’accumulation du savoir prime sur la rencontre personnelle avec Dieu en Jésus. Le gnostique prétend avoir une connaissance totale des mystères de la religion, alors que l’infini de Dieu n’est pas à la portée de nos intelligences. Cette tournure d’esprit peut aboutir à la formation de sectes. Une vie de prière persévérante et la pratique des œuvres de miséricorde nous protégeront de cette déviation.

Le pélagianisme, du nom du moine Pélage (IVe siècle), est, en quelque sorte, le reflet inversé du gnosticisme : il ne s’agit plus de connaissance savante, mais d’activisme ; l’adepte mise sur sa propre volonté, ses bonnes actions. Il prétend conquérir la sainteté au moyen de ses seules forces. Par cette charité sans recours à la source de la grâce, le christianisme devient une espèce d’ONG (§ 100). Dans ces deux cas il y a séparation entre vie intérieure et action. Ces deux hérésies sont le fruit de l’orgueil : nous devons reconnaître nos limites et toujours nous rappeler que la sainteté est un don de Dieu, qu’il nous faut recevoir humblement. Ainsi nous connaîtrons la volonté du Seigneur, ce qui lui plaît et ce qui est parfait et nous le laisserons nous modeler comme un potier (§ 51).

Article paru dans le Mouezh Sant Tugdual, n° 110, février 2019