Première soirée de Carême dans la paroisse Saint-Tugdual Enregistrer au format PDF

Jeudi 14 mars 2019 — Dernier ajout vendredi 15 mars 2019
1 vote

Le sujet proposé pour cette première soirée de débats à propos de la Doctrine sociale de l’Église était « le bien commun ». Face aux événements dramatiques qui secouent l’Église actuellement, Guillaume Caous nous a proposé une première soirée d’échanges à ce sujet : libérer la parole est salutaire. Nous pourrons ensuite aborder plus sereinement pendant les autres soirées les sujets prévus : le bien commun, décider au plus près des réalités, la destination universelle des biens et enfin l’engagement.

Nous étions environ 35 réunis autour de Guillaume à la salle Saint-Yves.

Guillaume nous a tout d’abord proposé de lire "la lettre au peuple de Dieu" du pape François, qui, bien qu’écrite dès le 20 août 2018, expose la question des abus sexuels dans l’Église.

"Si un membre souffre, tous les membres souffrent avec lui » (1 Cor 12,26). Ces paroles de saint Paul résonnent avec force en mon cœur alors que je constate, une fois encore, la souffrance vécue par de nombreux mineurs à cause d’abus sexuels, d’abus de pouvoir et de conscience, commis par un nombre important de clercs et de personnes consacrées. Un crime qui génère de profondes blessures faites de douleur et d’impuissance, en premier lieu chez les victimes, mais aussi chez leurs proches et dans toute la communauté, qu’elle soit composée de croyants ou d’incroyants. Considérant le passé, ce que l’on peut faire pour demander pardon et réparation du dommage causé ne sera jamais suffisant. Considérant l’avenir, rien ne doit être négligé pour promouvoir une culture capable non seulement de faire en sorte que de telles situations ne se reproduisent pas mais encore que celles-ci ne puissent trouver de terrains propices pour être dissimulées et perpétuées. La douleur des victimes et de leurs familles est aussi notre douleur ; pour cette raison, il est urgent de réaffirmer une fois encore notre engagement pour garantir la protection des mineurs et des adultes vulnérables…"

Voir la suite du texte : lettre au peuple de Dieu

Puis nous nous sommes séparés en 4 groupes. Nous avons eu 3 pistes de réflexion :

  • Quels sentiments nous habitent en apprenant tous ces crimes et ces horreurs ?
  • Quelle orientation dans la lettre du pape nous touche ?
  • Le bien commun. La conversion communautaire et personnelle doit nous permettre de nous épanouir pleinement.

Dans notre groupe, nous avons surtout parlé des abus sexuels, de la peine ou la colère que cela engendrait, du film Grâce à Dieu et des dégâts monstrueux que ces crimes ont entraînés. Guillaume a émis l’idée que l’ex-cardinal McCarrick pouvait peut-être retrouver Dieu maintenant qu’il était "à nu", ce qui nous a fait réfléchir d’une façon moins binaire. On a dit cependant qu’on n’avait aucune visibilité sur les "punitions" données par l’Église. Nous avons conclu que la culture du dialogue était très importante à tous les niveaux de l’Église, que les idées de chacun devaient s’exprimer et que le bien commun était à construire par tous. Nous ne devons pas attendre passivement les idées qui viennent d’en-haut.

La mise en commun a été fructueuse. Nous avons beaucoup parlé de cléricalisme, la définition du mot, les façons de lutter contre cette opinion. Nous avons aussi abordé la place du prêtre dans la vie sociale de la paroisse, de son éventuelle solitude, du mariage des prêtres. Nous avons évoqué aussi l’information des séminaristes sur le plan de l’affectivité.

Maintenant, que faire à notre niveau pour prévenir ces crimes ? Entourer nos prêtres et prier comme nous le demande le Saint-Père.

Une prière à la Vierge Marie a clôturé cette réunion qui nous a apporté un peu de sérénité pour aborder, dans les prochaines réunions, la doctrine sociale de l’Église.

"Marie a su se tenir au pied de la croix de son fils. Elle ne l’a pas fait de n’importe quelle manière mais bien en se tenant fermement debout et à son coté. Par cette attitude, elle exprime sa façon de se tenir dans la vie. Lorsque nous faisons l’expérience de la désolation que nous causent ces plaies ecclésiales, avec Marie il est nous bon « de donner plus de temps à la prière » (S. Ignace de Loyola, Exercices Spirituels, 319), cherchant à grandir davantage dans l’amour et la fidélité à l’Eglise. Elle, la première disciple, montre à nous tous qui sommes disciples comment nous devons nous comporter face à la souffrance de l’innocent, sans fuir et sans pusillanimité. Contempler Marie c’est apprendre à découvrir où et comment le disciple du Christ doit se tenir.

Que l’Esprit Saint nous donne la grâce de la conversion et l’onction intérieure pour pouvoir exprimer, devant ces crimes d’abus, notre compassion et notre décision de lutter avec courage". Fin de la lettre du Pape François.