Pierre-Yves Le Priol, au coeur de la chrétienté bretonne Enregistrer au format PDF

Vendredi 12 avril 2019
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Conférence-débat de Pierre-Yves Le Priol, à Tréguier le jeudi 16 mai à 20 h 30, à la salle Saint-Yves autour de son dernier livre : « La foi de mes pères, ce qui restera de la chrétienté bretonne ».

Qui est Pierre-Yves Le Priol ?

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Né à Baud, dans le Morbihan, il y a 65 ans, ancien sonneur de cornemuse, il est diplômé de l’Ecole Supérieure de Journalisme de Lille, il a été journaliste à La Croix de 1983 à 2016, où il a terminé sa carrière comme Secrétaire général de la rédaction.

Il revient en Bretagne à l’âge de la retraite. Les obsèques de son père, dans une église bondée car son père était très aimé, - il n’avait pas vu ça depuis son enfance d’enfant de chœur -, vont être l’élément déclencheur de sa quête, sur les traces de la déchristianisation de la Bretagne.

Le constat

Il est terrible : « Aujourd’hui, la Bretagne s’aligne sur le standard français mais elle fait un peu mieux : 58 % des Bretons se disent catholiques contre 53 % des Français. Pour ce qui est de la pratique dominicale, elle est de 3 % en France et de 4 % en Bretagne. Sur les cinq départements, si l’on intègre la Loire-Atlantique, cela fait 100 000 personnes ». 

Le diocèse le plus faible du point de vue de la pratique est celui des Côtes-d’Armor : « J’avais suivi le synode de Saint-Brieuc. 5 000 personnes avaient assisté à sa clôture, soit 1 % de la population du département ».

Les causes

La cause de cet effondrement : la sécularisation, et la montée de l’individualisme, dit le journaliste. Aussi l’envie de se détacher de toute forme de structures, l’esprit de libre examen et la culture libertaire de la fin des années 60 : « Je date l’inversion de la courbe en 1965 ». Après le Concile, il y a eu moins de gens à aller à la messe, moins de rigueur dans la formation religieuse, donc moins de vocations.

Le Concile n’est pas forcément condamnable pour cet état de faits, mais c’est vrai qu’on a demandé aux chrétiens qui avaient une vraie foi d’être libres de leurs choix : moins d’obligations pour plus de profondeur. Cela a été certainement déstabilisant pour de nombreux catholiques « d’habitudes ».

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Le cas particulier de la Bretagne

Le patrimoine religieux de la Bretagne est exceptionnel : églises, chapelles, calvaires, fontaines dédiées parsèment le paysage.

D’accord, la Bretagne fut un bastion de la chrétienté jusqu’à la moitié du XXe siècle : nombreuses vocations de prêtres diocésains, de missionnaires, de religieux et religieuses ; mais aujourd’hui, il y a tant de manifestations qu’on n’attendait plus : qui pouvait parier sur le renouveau du Tro Breizh, sur le succès de la Vallée des saints, les 1200 pardons qui émaillent la Bretagne et qui drainent des chrétiens et des gens qui ne croient pas, les villes qui comme partout sont des lieux de nouvelle évangélisation par des jeunes et où l’on trouve des communautés ferventes ? En revanche, on peut être moins optimiste pour le milieu rural : des paroisses qui s’étalent sur des distances de plus de 30 km permettront-elles de conserver partout l’intelligence de la foi ?

En conclusion

« Ce recueil de témoignages est une œuvre littéraire savoureuse truffée notamment d’observations, de sentences, voire de slogans, plus ou moins traduits du breton, et qui offrent l’occasion de décalages d’un effet comique certain. […]

Cette lecture nous aura remis en marche, avec douceur, sans nier aucune des difficultés du moment, mais en offrant un chemin de traverse à tous ceux qui se demandent, Bretons ou pas, comment on peut être chrétien, dans la France d’aujourd’hui ». (France catholique)

Pierre-Yves Le Priol, La foi de mes pères. Ce qui restera de la chrétienté bretonne, préface de Jean-Claude Guillebaud, Salvator, 288 pages, 20 €.