Parmi les pauvres, se cachent des saints* ! Fratello en pèlerinage à Tréguier Enregistrer au format PDF

Dimanche 14 novembre 2021 — Dernier ajout vendredi 24 décembre 2021
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« Nous n’irons pas au Ciel sans la charité, sans les pauvres » E. Villemain

D’Olivier Bonnel, envoyé spécial de Vatican News à Assise.

La journée mondiale des pauvres s’est tenue ce dimanche 14 novembre. Une journée instituée par le Pape François en 2017 et dont le thème cette année était tiré de l’Évangile de Saint Matthieu : « Des pauvres vous en aurez toujours avec vous ». Partout, sur les cinq continents, des événements ont eu lieu impliquant des gens de la rue, des prostituées, des prisonniers ou des personnes handicapées, avec pour volonté de rappeler que ces personnes vulnérables sont au premier rang dans le cœur de Dieu.

Etienne Villemain, fondateur de plusieurs associations en direction des déshérités (Lazare, APA, Fratello) est interrogé à Assise par Olivier Bonnel, il revient sur cette Journée de la pauvreté qui est nécessaire selon lui, pour la redécouvrir et en saisir même la dimension sacrée :

" Les pauvres ce sont ces personnes qui sont fragiles, vulnérables, mais c’est aussi chacun de nous. Pour moi, le pauvre, c’est celui qui se reconnaît dépendant de ses frères et sœurs, ou de quelqu’un de plus grand que lui. Le nom « Journée mondiale des pauvres », il y a beaucoup de gens que ça a choqué, mais en fait nous sommes, chacun de nous, des pauvres, et si on se reconnaît pauvre, alors, ça veut dire qu’on est en manque, et Dieu peut combler ce manque.

Trop souvent, en fait, on est trop pleins de nous-mêmes. Cette Journée mondiale des pauvres, c’est fait pour nous "appauvrir", pour laisser la place au Seigneur. Ça ne doit pas être une seule journée mondiale, ça doit être tous les jours la Journée mondiale des pauvres, mais trop souvent, on l’oublie. Donc, comment faire pour que cette journée change notre vie ? Les pauvres, comme disait Mère Teresa, « il y en a partout, donc cherchez-les, trouvez-les, aimez-les ». Autour de nous il y a des pauvres, et parfois le pauvre n’a pas le visage qu’on imagine.

Qu’est-ce qui est choquant dans l’appellation « Journée mondiale des pauvres » ? C’est parce que la pauvreté justement c’est quelque chose qui dérange, qui est choquant, qu’on ne veut pas voir ?

Oui, c’est évident que la Journée mondiale des pauvres ça choque beaucoup de gens. Parce que « pauvre », en effet certaines personnes trouvent que c’est stigmatisant. Alors que pour moi, c’est un mot sacré ! Jésus n’est pas venu pour les riches, il est venu pour les pauvres, pour les malades, pour les estropiés, les boiteux, les tordus, que nous sommes tous d’une certaine façon.

En fait, effectivement, au premier abord, ça peut être un peu choquant, mais en fait si on se reconnaît tous pauvres, il y a rien de choquant. Je dirais au contraire que le mot « pauvre » a même une dimension sacrée. Autrefois, au Moyen Âge, quand on croisait un pauvre, le père abbé lui lavait les pieds, il le considérait vraiment comme Jésus, c’était quelqu’un de sacré. Et puis, petit à petit, on est passé de l’institutionnel, parfois, à l’instrumentalisation, où la personne devient un matériau et on a complètement perdu la dimension sacrée de la personne. Avec la Journée mondiale des pauvres, on voudrait retrouver la dimension sacrée. Au travers du pauvre, c’est Jésus qui se cache. Mettre les pauvres au cœur, alors, ça change radicalement les choses.

Il y a quelque chose qui me choque profondément : trop souvent, les pauvres sont à la porte de l’église. On est des bons chrétiens, on va à la messe, et qu’est-ce qu’on voit à la porte de l’église ? Un pauvre. Mais en fait, ce n’est pas la place des pauvres ! La place des pauvres, c’est au cœur de l’église ! C’est un peu comme si on avait une ruche. Si on met la reine en dehors de la ruche, alors, toute la ruche va crever ! "

Reportages de Xavier de Roquefeuil : (x de roquefeuil@lagad_x)
Fratello à Tréguier

Nous nous sommes rencontrés à Tréguier pour nous connaître, décompresser, partager et prier ensemble :
Portraits

Ce n’est qu’un au revoir, mes frères !

Quels étaient les groupes venus rejoindre Tréguier ?

  • Frat ’Trinité (Fratello Paris)
  • APA (Paris)
  • Village Saint-Joseph (Plounévez-Quintin)
  • Secours Catholique (Saint-Brieuc)
  • Conférence Saint-Vincent de Paul (Lannion et Paimpol)
  • Emmaüs (Guingamp Plouaret)
  • et quelques personnes de Tréguier.

Notre évêque, Denis Moutel, s’est joint à tous ces démunis pour les accompagner dans leur démarche de pèlerinage, de demande de Miséricorde.

Quelques échos sur le web :

* Pape François