Mois de Marie : J6 Enregistrer au format PDF

Mardi 5 mai 2020 — Dernier ajout vendredi 8 mai 2020
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Les joies de Marie

Combien grandes furent les joies de Marie [après la Résurrection] revoyant son Fils ! Elle avait souffert dans une mesure extraordinaire : il semble que ses souffrances n’aient eu pour but que de préparer ses joies.

Jésus lui apparaît, dit Albert le Grand, non pour lui apprendre sa résurrection, mais pour remplir son cœur de joie.

Elle avait vu l’être le plus doux, le plus juste, le plus saint, en butte aux humiliations et aux souffrances les plus cruelles. Elle avait vu celui qu’elle aimait d’un amour infini, condamné par ceux à qui il avait apporté la vérité et le salut. Elle avait vu celui qui était le Fils de Dieu, comme abandonné par son Père. Toutes ces souffrances étaient de nature à la déconcerter, à la troubler, à l’irriter. Il y a des cœurs qui, visités par de grandes douleurs, en demeurent tout écrasés, et qui, à cause de ce qu’ils ont souffert, ne croient plus au bonheur, doutent même de la justice et de la bonté de Dieu, et qui demeurent en défiance à l’égard de toute joie qui leur survient.

Marie avait supporté toutes les souffrances qu’elle avait rencontrées sur le calvaire avec courage, avec une entière soumission à Dieu, avec le sentiment des droits de Dieu, des exigences de sa justice et de sa sainteté. Elle avait supporté ces souffrances, non seulement avec courage, mais avec amour. Son cœur avait été creusé par la souffrance et avait été par elle préparé à la joie. Aussi quand Jésus lui apparaît, avec plus de vérité que le roi David elle peut dire :
Selon la multitude de mes douleurs, vos consolations ont réjoui mon âme (Ps 93, 19).
Saint Paul disait :
De même que les souffrances du Christ abondent en nous, de même par le Christ abonde notre consolation (2 Co 1, 5).

Il y a dans la vie chrétienne corrélation entre les souffrances supportées pour le Christ et avec le Christ, et les consolations apportées par le Christ. Cette loi se vérifia surtout dans la Vierge Marie. Elle voit, rempli d’une vie immortelle, celui qu’elle avait vu dans les bras de la mort. Elle voit, revêtu de gloire, celui qui avait été chargé d’humiliations. Elle voit, répandant la vie, celui qui avait été mis à mort. Elle voit, dans la joie et dans une joie ineffable, celui qui avait connu la souffrance sous toutes ses formes. Et elle prend part à toutes ses joies.

Elle avait pris part à toutes ses souffrances ; elle était entrée dans tous ses sentiments ; elle avait été associée à son sacrifice ; elle s’était associée au pardon accordé par Jésus à ceux qui le crucifiaient, à la prière qu’il avait faite pour eux ; elle avait accepté d’être la mère des hommes. Aussi, maintenant qu’elle voit la rédemption amenée à son terme, avec Jésus elle chante : « Selon la multitude de mes douleurs, vos consolations ont réjoui mon âme ». A toute douleur répond une joie.

On dit que les joies les plus grandes que puisse goûter le cœur humain sont les joies que reçoit de son fils le cœur d’une mère.

Frère Th.-M. Thiriet, o.p. L’Évangile médité avec les Pères

Prière

Il est midi. Je vois l’église ouverte. Il faut entrer.
Mère de Jésus-Christ, je ne viens pas prier.
Je n’ai rien à offrir et rien à demander.
Je viens seulement, Mère, pour vous regarder.
Vous regarder, pleurer de bonheur, savoir cela
Que je suis votre fils et que vous êtes là.
Rien que pour un moment pendant que tout s’arrête.
Midi !

Être avec vous, Marie, en ce lieu où vous êtes.
Ne rien dire, regarder votre visage,
Laisser le cœur chanter dans son propre langage.
Ne rien dire, mais seulement chanter parce qu’on a le cœur trop plein,
Comme le merle qui suit son idée en ces espèces de couplets soudains.
Parce que vous êtes belle, parce que vous êtes immaculée,
La femme dans la Grâce enfin restituée,
La créature dans son honneur premier et dans son épanouissement final,
Telle qu’elle est sortie de Dieu au matin de sa splendeur originale.
Intacte ineffablement parce que vous êtes la Mère de Jésus-Christ,
Qui est la vérité entre vos bras, et la seule espérance et le seul fruit.

Parce que vous êtes la femme, l’Eden de l’ancienne tendresse oubliée,
Dont le regard trouve le cœur tout à coup et fait jaillir les larmes accumulées,
Parce que vous m’avez sauvé, parce que vous avez sauvé la France,
Parce qu’elle aussi, comme moi, pour vous fut cette chose à laquelle on pense,
Parce qu’à l’heure où tout craquait, c’est alors que vous êtes intervenue,
Parce que vous avez sauvé la France une fois de plus,
Parce qu’il est midi, parce que nous sommes en ce jour d’aujourd’hui,
parce que vous êtes là pour toujours, simplement parce que vous êtes Marie, simplement parce que vous existez,
Mère de Jésus-Christ, soyez remerciée !

Paul Claudel
(extrait de « La Vierge à midi », Poèmes de Guerre, N.R.F., 1914-1915)

Paul Claudel, né le 6 août 1868 à Villeneuve-sur-Fère (Aisne), et mort le 23 février 1955 à Paris, est un dramaturge, poète, essayiste et diplomate français, membre de l’Académie française. Il est le frère de la sculptrice Camille Claudel.

Le chapelet

Nous pouvons nous joindre au chapelet récité à Lourdes sur KTO ou à la radio sur RCF à 15h30.

Le mercredi, nous prions la Vierge Marie avec les mystères glorieux qui nous nourrissent d’espérance de la plénitude en Dieu à laquelle nous croyons, vers laquelle nous cheminons :

  • La résurrection
  • L’Ascension
  • La Pentecôte
  • L’Assomption
  • Le Couronnement de Marie

Une intention

Avec le pape François et le monde entier, nous prions ce mois-ci pour que les diacres, fidèles à leur charisme au service de la Parole et des pauvres, soient un signe stimulant pour toute l’Église.

Un chant

Chercher avec toi dans nos vies

Chercher avec toi dans nos vies
Les pas de Dieu, Vierge Marie
Par toi, accueillir aujourd’hui
Le don de Dieu, Vierge Marie.

1.- Puisque tu chantes avec nous
Magnificat, Vierge Marie
Permets la Pâque sur nos pas
Nous ferons tout ce qu’il dira.

2.- Puisque tu souffres avec nous
Gethsémani, Vierge Marie
Soutiens nos croix de l’aujourd’hui
Entre tes mains voici ma vie.

3.- Puisque tu demeures avec nous
Pour l’Angélus, Vierge Marie
Guide nos pas vers l’inconnu
Car tu es celle qui a cru.

Une œuvre

Ce retable datant de la fin du XIV°s se trouve dans la basilique de santa Maria de la Seu, en Catalogne, Espagne. Nous le devons à l’atelier des frères Francesc de Barcelone qui introduisent en Catalogne le style élégant et raffiné des maîtres italiens.