Mois de Marie : J30 Enregistrer au format PDF

Vendredi 29 mai 2020
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Saint Ambroise de Milan

Extrait du « Commentaire sur saint Luc », L. II, ch. 13-17. PL. 15, col. 1557-1559. La Croix Croire. Traduction privée.

Voyez l’humilité, voyez le dévouement de Marie ! Elle se dit la simple servante du Seigneur. Alors qu’elle a été choisie pour être sa Mère ; cette promesse inattendue ne l’a nullement exaltée. Elle ne se dit que servante ; elle ne revendique pour elle aucun privilège, en raison de cette grâce. Elle ne veut qu’une chose : faire ce qui lui est commandé.

Elle doit enfanter Celui qui est doux et humble. Comment pourrait-elle ne pas faire preuve elle-même d’humilité ? « Je suis la servante du Seigneur ; qu’il m’advienne selon ta Parole ! » (Luc 1, 38). Telle est son obéissance ; tel est son désir : être servante, toute disposée à servir.

Accueillir la Parole, son unique aspiration. Comme elle est prompte à croire, la Vierge Marie, même face à une situation exceptionnelle ! Qu’y a-t-il donc de plus disproportionné que son corps par rapport à l’Esprit saint ? Qu’y a-t-il de plus extraordinaire que le fait qu’une vierge devienne féconde, en dépit de tout ? De la Loi, de la coutume, de la pudeur instinctive ressentie par une vierge ? Sara fut réprimandée parce qu’elle avait ri de la promesse de Dieu.

Marie, elle, ne paraît nullement avoir douté, même si elle pose cette question : « Comment cela va-t-il se faire, puisque je ne connais point d’homme ? » (Luc 1, 34). Il est sûr qu’elle y croyait, puisqu’elle demandait simplement comment cela pourrait se réaliser. Aussi a-t-elle mérité ensuite d’entendre Élisabeth lui dire : "Heureuse es-tu d’avoir cru à ce qui t’a été dit de la part du Seigneur !" (Luc 1, 45).

Oui, vraiment heureuse, Marie, de l’avoir emporté sur le prêtre Zacharie : celui-ci s’était dérobé à la foi, Marie, elle, a corrigé cette erreur. Comment, d’ailleurs, le Seigneur, voulant racheter le monde, n’aurait-Il pas inauguré son œuvre par Marie, celle qui est la première à accueillir le Fils et son fruit de salut ?

Qui est saint Ambroise ?

Poème

Berceuse de la Mère de Dieu

Mon Dieu, qui dormez, faible entre mes bras,
Mon enfant tout chaud sur mon cœur qui bat,
J’adore en mes mains et berce étonnée,
La merveille, ô Dieu, que m’avez donnée.

De fils, ô mon Dieu, je n’en avais pas.
Vierge que je suis, en cet humble état,
Quelle joie en fleur de moi serait née ?
Mais vous, Tout-Puissant, me l’avez donnée.

Que rendrais-je à vous, moi sur qui tomba
Votre grâce ? ô Dieu, je souris tout bas
Car j’avais aussi, petite et bornée,
J’avais une grâce et vous l’ai donnée.

De bouche, ô mon Dieu, vous n’en aviez pas
Pour parler aux gens perdus d’ici-bas…
Ta bouche de lait vers mon sein tournée,
O mon fils, c’est moi qui te l’ai donnée.

De main, ô mon Dieu, vous n’en aviez pas
Pour guérir du doigt leurs pauvres corps las…
Ta main, bouton clos, rose encore gênée,
O mon fils, c’est moi qui te l’ai donnée.

De chair, ô mon Dieu, vous n’en aviez pas
Pour rompre avec eux le pain du repas…
Ta chair au printemps de moi façonnée,
O mon fils, c’est moi qui te l’ai donnée.

De mort, ô mon Dieu, vous n’en aviez pas
Pour sauver le monde… O douleur ! là-bas,
Ta mort d’homme, un soir, noir, abandonnée,
Mon petit, c’est moi qui te l’ai donnée.

Marie-Noël

Chapelet

Nous pouvons nous joindre au chapelet récité à Lourdes sur KTO ou à la radio sur RCF à 15h30.

Nous sommes samedi. Louange à toi, Marie, pour les mystères joyeux ! Rassemblons-nous devant notre coin-prière consacré à la Vierge ce mois-ci.

  • L’Annonciation
  • La Visitation
  • La Nativité
  • La Présentation de Jésus au Temple
  • Jésus est retrouvé au Temple

Intention

Le 7 juin prochain, nous fêterons les mères de familles.

« Seigneur, nous te rendons grâce pour le don de la maternité. C’est une vocation si grande et si bénie. Seigneur, nous oublions souvent combien Tu nous fais confiance en déposant Tes enfants si précieux entre nos mains. Aide-nous à toujours apprécier l’importance d’être mère. Amen. »
« Seigneur, donne-moi Tes yeux pour Te voir en mes enfants, Ton cœur pour les aimer, et Ta douceur pour les aider à grandir. Donne-moi Ta sagesse pour les conseiller et Ta force pour les laisser partir quand il faudra. Amen. »

« Prière des Mères » de Veronica Williams (une Anglaise, mère, grand-mère et arrière grand-mère), fondatrice du mouvement du même nom répandu depuis 1995 dans plus de 110 pays à travers le monde pour toutes les mères de famille.

Chant

Voces8 : Regina caeli

Illustration

Conrad von Soest, né vers 1370 à Dortmund et mort en 1422 ou peu après est un des peintres les plus représentatifs de l’école de Westphalie. Il peint dans le style doux du gothique international et il joue un rôle primordial dans l’introduction de ce style courtois international en l’Allemagne du Nord vers 1390. Son œuvre influence la peinture allemande et européenne du Nord jusqu’au début du XVe siècle.

L’œuvre de Conrad von Soest montre des nombreux signes de l’influence des enlumineurs français, et des peintres flamands. Même s’il a probablement appris son métier de peintre à Dortmund, un voyage de quelques années, à la fin de son apprentissage, n’est pas à exclure, et on peut supposer qu’il a séjourné en Bourgogne, à Prague, à Paris, à Gand ou à Bruges.

Le triptyque de Bad Wildungen (1403), conservé à l’église municipale protestante de Bad Wildungen, dont est extrait ce panneau, est un large retable avec un panneau central comportant une crucifixion encadré par quatre tableaux de la Passion. Sur l’aile droite, quatre autres tableaux, deux de la Passion, un représentant la Pentecôte et un autre le Jugement dernier. C’est dans le tableau de la Pentecôte que l’on observe l’un des apôtre lisant avec une paire de lunettes.

La Nativité y est en revanche présentée de manière inhabituelle : au lieu de voir l’enfant Jésus par terre et Marie et Joseph en adoration, Marie est couchée dans un lit, cajolant son fils, alors que Joseph ravive le feu sur lequel il prépare une bouillie ; même si la grange et l’étable sont présents, les animaux ainsi que le berger au fond qui entend la bonne nouvelle sont supplantés par le rouge éclatant de la couverture du lit.