Mois de Marie : J29 Enregistrer au format PDF

Jeudi 28 mai 2020 — Dernier ajout vendredi 29 mai 2020
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Aujourd’hui nous fêtons Paul VI qui fut pape de l’Église catholique de 1963 à 1978. Il fut canonisé en 2018 par le pape François.

La Vierge qui offre

Marie est la Virgo offerens, la Vierge qui offre. Dans l’épisode de la présentation de Jésus au Temple (Lc 2, 22-35), l’Église, guidée par l’Esprit Saint, a entrevu, au-delà de l’accomplissement des lois concernant l’oblation du premier-né (Ex 13, 11-16) et la purification de la Mère (Lv 12, 6-8), un mystère du salut relatif à l’histoire du salut.

Autrement dit, elle a noté la continuité de l’offrande fondamentale que le Verbe incarné fit au Père en entrant dans le monde (He 10, 5-7). Elle a vu la proclamation de l’universalité du salut, puisque Syméon en saluant dans l’enfant la lumière destinée à éclairer les peuples et la gloire d’Israël (Lc 2, 32), a reconnu en lui le Messie, le Sauveur de tous. Elle a compris la référence prophétique à la Passion du Christ : les paroles de Syméon, unissant dans une même prophétie le Fils « signe de contradiction » (Lc 2, 34) et la Mère dont l’âme serait transpercée par un glaive (Lc 2, 35), trouvèrent leur réalisation sur le Calvaire. Mystère de salut, oui, qui sous divers aspects, oriente l’épisode de la Présentation au Temple vers l’événement salvifique de la Croix.

Mais l’Église elle-même, surtout à partir du Moyen Age, a entrevu dans le cœur de la Vierge, qui porte son Fils à Jérusalem pour le présenter au Seigneur (Lc 2, 22), une volonté d’oblation, qui dépasse le sens ordinaire du rite qu’elle accomplissait. De cette intuition, nous avons un témoignage dans l’affectueuse interpellation de saint Bernard : « Offre ton Fils, Vierge sainte, et présente au Seigneur le fruit béni de tes entrailles. Offre pour notre commune réconciliation la victime sainte qui plaît à Dieu ».

Paul VI
Paul VI

Cette union de la Mère avec son Fils dans l’œuvre de la rédemption atteint son sommet sur le Calvaire, où le Christ « s’offrit lui-même sans tache à Dieu » (He 9, 14) et où Marie se tint auprès de la Croix (Jn 19, 25) « souffrant cruellement avec son Fils unique, associée d’un cœur maternel à son sacrifice, donnant à l’immolation de la victime, née de sa chair, le consentement de son amour » et l’offrant, elle aussi, au Père éternel.

Pour perpétuer à travers les siècles le Sacrifice de la Croix, le divin Sauveur a institué le Sacrifice eucharistique, Mémorial de sa Mort et de sa Résurrection, et l’a confié à l’Église son Épouse. Celle-ci, surtout le dimanche, convoque les fidèles pour célébrer la Pâque du Seigneur jusqu’à ce qu’il revienne. L’Église l’accomplit en communion avec les Saints du ciel et d’abord avec la bienheureuse Vierge, dont elle imite la charité ardente et la foi inébranlable.

Exhortation apostolique Marialis cultus de sa Sainteté le Pape Paul VI sur le culte de la Vierge Marie

Poème

Le « Stabat Mater dolorosa » en français : « La Mère douloureuse se tenait debout… » :

Debout, la Mère douloureuse près de la croix était en larmes devant son Fils suspendu.
Dans son âme qui gémissait, toute brisée, endolorie, le glaive était enfoncé.
Qu’elle était triste et affligée, la Mère entre toutes bénie, la Mère du Fils unique !
Qu’elle avait mal, qu’elle souffrait, la tendre Mère, en contemplant son divin Fils tourmenté !
Quel est celui qui sans pleurer pourrait voir la Mère du Christ dans un supplice pareil ?
Qui pourrait sans souffrir comme elle contempler la Mère du Christ douloureuse avec son Fils ?
Pour les péchés de tout son peuple elle le vit dans ses tourments, subissant les coups de fouet.
Elle vit son enfant très cher mourir dans la désolation alors qu’il rendait l’esprit.

Daigne, ô Mère, source d’amour, me faire éprouver tes souffrances pour que je pleure avec toi.
Fais qu’en mon cœur brûle un grand feu pour mieux aimer le Christ mon Dieu et que je puisse lui plaire.
Ô sainte Mère, daigne donc graver les plaies du Crucifié profondément dans mon cœur.
Ton enfant n’était que blessures, lui qui daigna souffrir pour moi ; donne-moi part à ses peines.
Qu’en bon fils je pleure avec toi, qu’avec le Christ en croix je souffre, chacun des jours de ma vie !
Etre avec toi près de la croix et ne faire qu’un avec toi, c’est le vœu de ma douleur.
Vierge bénie entre les vierges, pour moi ne sois pas trop sévère et fais que je souffre avec toi.
Que je porte la mort du Christ, qu’à sa Passion je sois uni que je médite ses plaies !
Que de ses plaies je sois blessé, que je m’enivre de la croix et du sang de ton Enfant !
Pour ne pas brûler dans les flammes, prends ma défense, Vierge Marie, au grand jour du jugement.
Christ, quand je partirai d’ici, fais que j’obtienne par ta Mère la palme de la victoire.
Au moment où mon corps mourra, fais qu’à mon âme soit donnée la gloire du Paradis.
Amen.

Jacopone da Todi (1228-1306)

Le « Stabat Mater » est un poème latin composé par le Frère Franciscain Jacopone da Todi (1228-1306) au XIIIe siècle, exclu de la liturgie lors du Concile de Trente (1545-1563) et réintégré en 1727.
Cette antienne mariale évoque la souffrance de Marie lors de la crucifixion de son fils Jésus-Christ. Avec la piéta, le Stabat Mater est l’une des représentations les plus importantes de la souffrance de la Vierge.

Chapelet

Nous pouvons nous joindre au chapelet récité à Lourdes sur KTO ou à la radio sur RCF à 15h30.

Ce vendredi, nous prions avec Marie les mystères douloureux :

  • L’agonie de Jésus à Gethsémani
  • La flagellation
  • Le couronnement d’épines
  • La montée au Calvaire
  • La mort sur la Croix.

Intention

Dieu d’amour, source de tout amour, nous te prions avec confiance. Accorde à nos défunts, nos parents, nos amis, le bonheur que tu partages avec ceux qui t’ont aimé. Délivre-les totalement de ce qui les retient loin de toi, et donne-leur de se tenir devant ta face au jour de la Résurrection. Par Jésus, le Christ, notre Seigneur.
Qu’ils reposent dans la paix.

Chant

Marie, debout près de la Croix

Illustration

Pietà de Michel-Ange. Basilique Saint-Pierre de Rome
Pietà de Michel-Ange. Basilique Saint-Pierre de Rome

Lorsqu’elle fut exposée dans la basilique en 1499,un admirateur s’exclama : « Comment main d’artisan a-t-elle pu si divinement accomplir, en si peu de temps, une œuvre aussi admirable ? Cela relève du miracle : qu’un rocher informe ait atteint une perfection telle que la nature ne la modèle que si rarement dans la chair ».