Mois de Marie : J28 Enregistrer au format PDF

Mercredi 27 mai 2020 — Dernier ajout mardi 26 mai 2020
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Il y eut un mariage à Cana de Galilée !

Un mariage ! Le mot provoque toujours son effet : un mélange d’intérêt, de joie, de curiosité. Un mariage, quel qu’il soit, ne laisse pas indifférent. Cela parle d’amour et de vie, l’homme et la femme qui s’unissent ont vocation à fonder une famille, à avoir des enfants. Un mariage est porteur d’espérance, c’est une ouverture à la vie. La joie des mariés, de leur famille est contagieuse, d’autant plus qu’il y a la fête, le banquet, le festin. Aux noces de Cana, il y a donc tout cela. Saint Jean nous dit : il y eut un mariage à Cana de Galilée. La mère de Jésus était là. La mère de Jésus, la Vierge Marie, apparaît dans cet Évangile, pour y jouer un rôle important. Important pour la dynamique de la bonne humeur et de la joie de tous. Les évangiles où Marie est présente sont d’autant plus intéressants qu’ils sont peu nombreux au total. Quelques éléments du texte peuvent poser question.

Tout d’abord le dialogue étonnant entre Jésus et sa mère qui sollicite son aide dans une situation de manque de vin. La réponse de Jésus sonne comme une réplique abrupte : Que me veux-tu femme ? Jésus lui dit ainsi qu’il agit en toute liberté, sans céder à une quelconque pression venue du monde. Cependant, il répond à la demande de sa mère. Son agenda, comme on dirait aujourd’hui, un agenda « divin », indique que « l’heure » décisive n’est pas encore venue ! Il faut comprendre que ce miracle du changement de l’eau en vin n’est pas le dernier mot de Dieu. Ce dernier mot sera en effet prononcé par l’élévation du Fils à la Croix. Croix, au pied de laquelle nous retrouverons Marie.

Les six jarres posent aussi question. Sont-elles un symbole de l’Ancienne Alliance comme le suggèrent certains commentateurs ? Dans ce cas, le chiffre « six » (à la différence de « sept ») et le fait que les jarres doivent être remplies (ce qui suppose un manque) suggéreraient que Jésus fait advenir une réalité nouvelle destinée à dépasser l’ancienne. J’ai dit plus haut, miracle, il faut reprendre le vocabulaire johannique et dire le mot signe. La notion de signe indique comment le miracle doit être compris. Le signe renvoie au-delà de lui-même, il est destiné à révéler l’identité de celui qui l’accomplit. Les derniers mots de cet Évangile de Cana sont dans cette logique : Tel fut le commencement des signes que Jésus accomplit. C’était à Cana de Galilée. Il manifesta sa gloire, et ses disciples crurent en lui.

Le signe a un but, révéler l’identité de Jésus et susciter la foi en Lui, lui donner des disciples. Le signe ou le miracle du vin abondant à Cana est le premier geste public de Jésus dans l’Évangile de Jean. A ce titre, il a une valeur programmatique. Il dit quel est le projet central de l’Évangile : l’offre de la vie en plénitude.

Dans un premier sens, la participation active de Jésus à une noce et au festin qui lui est associé manifeste son humanité et révèle son choix pour la vie, l’amour, l’amitié, la joie.

Dans un second sens, en écho de la prédication des prophètes, les noces et l’abondance du vin ont un sens symbolique, elles annoncent l’accomplissement de la promesse du salut !

Enfin, dans cet Évangile, il y a la parole bien connue de Marie. Les apparitions de Marie comme ses paroles, je le répète, sont rares dans les Évangiles. Elles sont d’autant plus précieuses ! Tout ce qu’il vous dira, faites-le. Voilà une parole venant de l’Esprit, l’Esprit Saint, une parole de sagesse, un enseignement fondamental à entendre et à suivre. Parole de médiatrice par excellence, Marie, nous donne ici une parole de bon conseil pour la conduite de notre vie : l’obéissance à Jésus suppose que nous écoutions sa parole et que nous la mettions en pratique, que nous marchions vers l’union de volonté avec Jésus, dans le but que donne la finale de la première lecture, du prophète Isaïe : Comme la jeune mariée fait la joie de son mari, tu seras la joie de ton Dieu.

Fr. Robert Arcas, ocd - (Homélie au Carmel de Paris)

Poème

Tu as gardé la Parole de Dieu dans ton cœur

Tu as gardé la Parole de Dieu
dans ton cœur,
pas simplement
comme on garde un bon souvenir,
ou comme on garde des meubles
qui peuvent encore servir,
ou comme on garde une forêt
pour l’empêcher de périr,
ou comme on garde
dans un coffre des bijoux
pour que personne ne puisse les ravir.

Tu as gardé la Parole de Dieu
un peu
comme on garde un enfant
pour le faire grandir,
comme on garde un malade
pour l’aider à guérir,
comme on garde la foi
en essayant de l’affermir,
comme on garde confiance
même lorsqu’il faut souffrir.

Tu as accueilli la Parole de Dieu
pour la garder vivante
et pour qu’elle prenne corps
en toi,
la Parole s’est faite chair
pour changer le cœur de pierre
de tous les hommes de la terre.

Publié le 14/08/2017 par http://christroidumonde.centerblog.net/

Chapelet

Nous pouvons nous joindre au chapelet récité à Lourdes sur KTO ou à la radio sur RCF à 15h30.

Ce jeudi, nous prions avec les mystères lumineux :

  • le Baptême au Jourdain
  • Les noces de Cana
  • La prédication de Jésus
  • La Transfiguration
  • L’institution de l’Eucharistie

Intention

O Marie, vous qui êtes si attentive à tous nos besoins, portez notre prière pour les catéchumènes qui espèrent leur baptême depuis Pâques, pour les premiers communiants et les confirmands qui attendent avec impatience de recevoir le Pain de Vie et le Souffle de l’Esprit et dont la fête est reportée, pour les fiancés dont l’union attendue ne peut être célébrée pour l’instant. Prions ensemble le Seigneur.

Chant

O clemens

Illustration

Les Noces de Cana, enluminure du XVe siècle extraite des Grandes Heures de Jean de Berry (1409)

Les Grandes Heures de Jean de Berry est un livre d’heures enluminé commandé par le duc Jean Ier de Berry.

Vers 1407, Jean de France, duc de Berry passe commande d’un livre d’heures de grandes dimensions. L’ex-libris indique qu’il est achevé en 1409. Il fait appel pour cela au peintre Jacquemart de Hesdin, notamment pour peindre de grandes miniatures pleines pages, mais aussi à d’autres artistes. Dans l’inventaire de ses biens après son décès en 1416, le manuscrit est ainsi décrit : Item, unes tres grans moult belles et riches Heures, tres notablement enluminees et historiees de grans histoires de la main Jaquemart de Hodin et autres ouvriers de Monseigneur. Le manuscrit alors est orné d’une riche couverture couverte de pierres précieuses : velours violet, deux fermoirs d’or, rubis balais, saphir, et six perles. À cause de cette couverture, il est estimé à 4 000 livres tournois, contre seulement 500 livres pour Les Très Riches Heures, il est vrai non achevées.

Le manuscrit aurait ensuite appartenu à Charlotte de Savoie, épouse de Louis XI, dont l’inventaire après décès, daté de janvier-mars 1484, mentionne un autre livre en parchemin appelé les Heures de Monsgr de Berry, bien historié. L’ouvrage est dépouillé de sa luxueuse couverture lorsque Charles VIII, devenu propriétaire du manuscrit, la fait remplacer en 1488 par une nouvelle reliure en velours cramoisi, ornée de pièces gravées en argent, or et vermeil. Le manuscrit est encore complet et toujours décoré de la même couverture en 1518.

Le manuscrit perd ses grandes miniatures à une date inconnue. Au xxe siècle, une miniature, celle d’un Portement de Croix, est retrouvée chez le galeriste anglais Percy Moore Turner qui la vend au musée du Louvre en 1930 où elle se trouve maintenant.