Les trois pôles de l’identité chrétienne Enregistrer au format PDF

Vendredi 20 septembre 2019
0 vote

TOUS SAINTS COMME DIEU EST SAINT. SACREMENTS ET SAINTETE.
INTRODUCTION : LES TROIS PÔLES DE L’IDENTITE CHRETIENNE

Article paru dans le Mouezh, mai 2019

Jean Flouriot nous l’a dit : dans l’exhortation apostolique « Gaudete et exsultate », le pape François énumère les moyens de sanctification que le Seigneur nous donne, condensés dans toutes les manifestations de l’amour pour Dieu et les hommes. Et il prévient « La vie chrétienne est un combat permanent », même si cette lutte est très belle….

Pourtant, dans son livre étonnant : « Saints en soirée », Ed. des Béatitudes 2018, le Père J.P. Manglano souhaite nous convaincre que la sanctification est possible en soirée, au concert, à la plage, à la salle de musculation, à la fac., etc., partout où il y a de la joie. Mgr Gobilliard, dans la préface du livre, conforte cette opinion : « La sainteté n’est pas réservée à une élite qui aurait atteint un certain degré de perfection. Elle est une rencontre vivante et vivifiante avec le seul Saint…La sainteté, c’est laisser Dieu se pencher à la fenêtre de notre cœur et nous dire : « Tu ne peux pas savoir à quel point je t’aime ».

Mais que le chemin de sanctification soit « un combat » ou, à l’inverse, une démarche joyeuse la plus décontractée qui soit – ou que ce chemin soit à la fois l’un et l’autre – la question de « l’efficacité » des sacrements dans la sanctification peut être posée.

Tel est le sujet traité au cours de 8 articles : peut-on vraiment se passer des sacrements pour réussir le long chemin de sanctification qui nous est offert ? Comment réussir le processus de transformation qui, jour après jour, peut nous bonifier jusqu’à devenir « l’homme nouveau » qui, marchant vers la Lumière, réalise des œuvres de lumière ? Comment accéder aux vertus que Saint Paul souhaitait pour les Galates et qu’il appelait le « fruit de l’Esprit : amour, joie, paix, patience, bonté, bienveillance, foi, douceur, maîtrise de soi » ?

A plusieurs reprises dans l’exhortation sur la sainteté, le pape François évoque les sacrements, notamment l’eucharistie et la réconciliation sacramentelle. Il nous dit en effet que la sainteté est à la fois personnelle et communautaire : on n’est pas saint tout seul. Donc pour lui la communauté chrétienne et la liturgie de l’Eglise sont les lieux où chacun peut faire l’expérience stimulante de la relation à Dieu et aux autres.

Pour aborder la relation entre la sainteté et les sacrements, il faut se rappeler que la vie chrétienne comporte trois pôles, trois « trésors » : la Parole (ou Ecriture), les sacrements (qui sont les actes majeurs de la liturgie) et l’éthique (la charité, les vertus, l’engagement…). Ces pôles sont complémentaires et sont tous soutenus par la prière - « Je ne crois pas dans la sainteté sans prière, bien qu’il ne s’agisse pas nécessairement de longs moments ou de sentiments intenses » Pape François.

Philippe Mac Leod, notamment dans Intériorité et Témoignage nous dit que la Présence nous rejoint par trois modes privilégiés : les trois « P » que sont la Parole, le Pain et la Prière. Il complète : « L’eucharistie elle-même, que je place au centre, se conçoit dans un processus de transformation. En sa réalité concrète elle représente l’éminence de la présence, qui ne trouve en nous sa perfection qu’au moment où nous réalisons enfin que nous avons à devenir ce que nous absorbons ». Nous avons à devenir le Corps du Christ, donc à devenir saint. Et souvenons-nous que l’eucharistie constitue la synthèse des sacrements ; les sept sacrements sont reliés entre eux : il s’agit pour chacun du même don de Dieu et de la même grâce de l’Amour gratuit et transformant pour entrer dans la vie de Dieu.

Pour conclure, je dirais que
1/ la sainteté ne peut être comprise qu’en Jésus-Christ, or les sacrements sont présence active du Christ
2/ nous devenons saints en entrant en communion avec le Christ, or les sacrements sont le moyen particulièrement fécond pour y entrer
3/la sainteté est de l’ordre d’une conversion, d’un renouvellement, or les sacrements confèrent ces mêmes grâces.

Jean-François Duyck