Les fondamentaux de la liturgie Enregistrer au format PDF

Mercredi 28 novembre 2018
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Compte-rendu de la réunion des équipes liturgiques des paroisses de la Communauté pastorale Saint-Tugdual le jeudi 13 octobre 2016.

Rien n’a changé ! Il peut être utile de relire… La dernière partie de l’article est une mise à jour pour notre nouvelle paroisse.

En présence de l’abbé Guillaume, la rencontre a comporté deux temps :

Intervention de Marianne Giron sur quelques rappels des fondamentaux de la liturgie

Avant d’évoquer la vie ou le fonctionnement des équipes liturgiques, il s’agit de se rappeler les grandes intuitions qui ont conduit à la mise en place progressive de ces équipes liturgiques.

La réflexion s’appuie en particulier sur la constitution dogmatique « Sacro Sanctum Concilium » sur la Sainte Liturgie de Vatican II promulguée le 4 décembre 1963 par Paul VI.

On peut en retenir 4 points :

  • La volonté d’une plus grande participation des fidèles à l’action liturgique parce que l’on redécouvre que l’action liturgique est un acte communautaire de toute l’Eglise. C’est « l’Eglise en prière » selon l’expression du P. Martimort. C’est le Corps tout entier qui célèbre…
  • La liturgie n’est pas un discours sur Dieu mais « une expérience », une « initiation » qui se vit et se déploie à travers des rites, des attitudes, des déplacements mais aussi la dignité des lieux, la beauté, la « sobre dignité »…).
  • La liturgie est une réponse à une invitation.
  • La liturgie donne accès à la Parole.

La volonté d’une plus grande participation active des fidèles.

Participation active ne signifie pas activisme, le but est de susciter la participation intérieure des fidèles à la liturgie et donc les conduire à une réflexion sur la façon dont il vive la liturgie.

Comment Vatican II a-t-il atteint ce but ? Par 6 moyens :
le retournement du prêtre,
la concélébration,
l’ambon,
l’usage courant de la langue habituelle – vernaculaire – au lieu du latin,
l’introduction de l’Ancien Testament dans les lectures
et le rôle des équipes liturgiques.

Les équipes liturgiques doivent donc entrer dans la préparation en lisant et partageant sur les textes de la messe préparée ; elles doivent aussi donner de l’importance aux rites.

La liturgie n’est pas un discours sur Dieu mais « une expérience ».

La liturgie de la messe est une expérience de la rencontre intime avec le Seigneur et avec nos frères, c’est aussi une initiation au Mystère pascal.

Les rites nous aident à comprendre, à exprimer ce qui nous dépasse. Ils s’enchaînent de façon logique et pédagogique :

  • Le rite d’entrée : Il a à la fois un caractère pénitentiel (rite pénitentiel) et de louange (Gloria).
  • La liturgie de la Parole :

C’est Dieu qui s’adresse à son peuple à travers elle et qui vient toucher nos cœurs. Le psaume par son refrain est une réponse à Dieu (psaume responsorial), la 2de lecture ne doit pas être omise car elle nous rappelle les fondements de la foi. Après l’Évangile et l’homélie, le Credo est une adhésion à tout ce que j’ai entendu : le Credo signifie une implication personnelle et individuelle : J’adhère et JE crois. La prière universelle m’implique à la vie du monde qui m’entoure localement et mondialement.

La prière universelle doit respecter certaines règles, les 4 intentions doivent correspondre à des thèmes précis :
pour l’Église universelle ;
pour le monde et les pouvoirs publics ;
pour les personnes souffrantes ;
pour l’Église locale.

Les fidèles portent vers Dieu des hommes, on ne prie jamais pour une idée. La prière universelle est un cri de confiance en Dieu et pas une leçon de morale mais elle peut prendre appui sur la Parole de Dieu du jour.

On prie pour c’est à dire qu’on ne dit pas à Dieu ce qu’il devrait faire : Seigneur fais que … On prie Dieu par Jésus-Christ, par Marie, par les saints. Le refrain est la formulation de la prière.

  • Le rite eucharistique :

Le prêtre dit « nous », lors de la procession des offrandes – l’offertoire – nous sommes invités intérieurement à nous offrir, à offrir tout ce que nous sommes et tout ce que nous vivons, la quête est signe de notre participation, c’est pourquoi il est important de déposer la quête au pied de l’autel où Jésus va être présent.

Pendant la prière eucharistique le Sanctus est l’action de grâce, la louange de la foule,
à l’Anamnèse, on s’adresse au Christ.
La Paix du Christ n’est pas l’échange d’une paix entre nous mais l’accueil d’une paix qui vient de Jésus et que nous nous partageons.
Le Notre Père comme la Communion marquent notre unité avec Dieu qui vient en chacun de nous réellement. C’est pourquoi il faut ménager un temps de silence pour l’accueillir dignement.

  • L’envoi et la bénédiction marquent que nous ne pouvons garder la Bonne Nouvelle du Salut pour nous et en « disciples-missionnaires » nous sommes amenés à la partager avec le monde.

Pendant ces rites nous prions aussi avec notre corps par :

  • Nos attitudes : Debout (Jésus lui dit « lève-toi… »), inclinés ou à genoux, assis en attitude d’écoute.
  • Nos sens : Rôle des fleurs pour la vue et l’odorat (pas de bouquets en Carême), de l’encens, signe de nos prières qui montent vers Dieu.
  • Les mouvements : Ils doivent être lents et calmes, sans conversations inutiles :
    • La procession d’entrée : Par la Croix processionnaire et l’Évangéliaire, c’est le Christ qui rejoint Son peuple, accueillons-Le intérieurement. Le chant d’entrée cesse quand le prêtre arrive à l’autel.
    • Vers l’ambon les lecteurs doivent avancer solennellement et s’incliner devant l’autel.
    • La procession de communion à partir du fond de la nef doit être calme et posée, on se prépare intérieurement à accueillir le Christ en nous, présent réellement.
    • La procession de sortie est joyeuse, accompagnée par la louange du peuple de Dieu, en évitant le désordre et le brouhaha.

Ces considérations simples montrent la nécessité de la formation : nous devons comprendre ce que nous faisons pour vivre ce que nous célébrons.

La liturgie est une réponse à une invitation.

« Heureux les invités au repas du Seigneur … » : Une expression qui invite à la joie de recevoir le Don de Dieu. C’est le Christ lui-même qui « convoque » (= invite) son Eglise. Venir à la messe c’est répondre à une convocation, à un appel du Seigneur. Lors du rite pénitentiel il est bon que le prêtre se tourne vers la Croix pour signifier la Présence du Seigneur au milieu de son peuple.

Le rôle des équipes liturgiques est donc de favoriser cette rencontre à recevoir le Christ lui-même par sa parole et par son pain. D’où l’importance de la « juste place » des acteurs liturgiques ; par exemple l’animateur doit s’efforcer de trouver la juste place en gardant à l’esprit que c’est l’Esprit Saint qui est le véritable animateur, il faut tout faire pour s’effacer et le laisser travailler dans les cœurs. L’animateur doit apprendre à s’effacer aux moments forts, apprendre à se taire quand il le faut et laisser le chant de l’assemblée se déployer.

La liturgie donne accès à la Parole.

Le renouveau liturgique, suite au concile Vatican II, et notamment la place de la langue usuelle – vernaculaire - a permis à l’assemblée d’accéder davantage à la richesse de la Parole de Dieu.

La Parole de Dieu est présente dans les lectures et l’Évangile bien sûr mais aussi dans l’Antienne de l’Évangile, dans les oraisons et les prières.

Cette place plus importante laissée aux Ecritures suppose approfondissement et formation de la part des acteurs liturgiques. Lire la Parole de Dieu ne s’improvise pas à la dernière seconde ou pour faire plaisir à un fidèle présent ; cela s’apprend : la diction relativement monocorde, l’utilisation du micro, le fait de ne pas regarder l’assemblée car on s’efface derrière la Parole de Dieu.

Pour le psaume il vaut mieux le chanter ou au moins le refrain, on peut aussi le lire avec un fond musical.

L’Alléluia (Yahvé est loué !) est toujours acclamatif, c’est à dire qu’il introduit l’Évangile, il n’a donc pas à être repris après sa lecture. Rappel : il n’y a jamais d’alléluias en Carême, même dans les chants.

Etats des lieux des pratiques liturgiques dans la Communauté pastorale

Questions/ Réponses après le topo de Marianne Giron :

On peut relever quelques points de l’échange :

  • Pour marquer leur rôle important, les lecteurs peuvent participer à la procession d’entrée.
  • Il faut avoir le souci de ménager des temps de silence mais en ayant le soin de demander aux prêtres ou à l’animateur de les expliquer, par exemple après la communion pour accueillir la Présence Réelle de Jésus en nous.
  • Apprendre aux fidèles à vivre une procession de communion posée et priante.
  • Mise en place d’une feuille de chants commune pour les messes dominicales du samedi et du dimanche (ce qui a été décidé par l’assemblée paroissiale du 23 septembre 2018).

Proposition d’un temps de relecture avec les équipes liturgiques en petits groupes. Mise à jour novembre 2018

4 axes de réflexion sont proposés :

1. La liturgie est un acte communautaire qui doit favoriser la participation des fidèles. Comment favorisez-vous cette participation de tous, dans vos divers choix liturgiques ?

R/ Choisir des chants connus de l’assemblée mais quelques uns sont à proscrire (par exemple : « Plus jamais le Christ ne sera mort… » complètement anti-théologique, les hymnes de la liturgie des heures souvent très difficiles à chanter en assemblée).

  • La question se pose alors des chants nouveaux : il faut profiter des dimanches KT ou des raccords précédant la messe de 11 h pour les faire apprendre à l’assemblée.
  • Mise en place d’un répertoire commun des 4 chorales de la Paroisse Saint-Tugdual. En soignant la qualité de la sonorisation, la qualité de la procession d’entrée.

2. La liturgie est une expérience et pas d’abord un temps d’enseignement. Comment favorisez-vous cette expérience de tous les sens ?

R/ Importance d’adapter la décoration florale et l’encens aux temps liturgiques. Utiliser la musique de fond lorsqu’un psaume est lu.

3. Les acteurs en liturgie doivent faciliter la rencontre du Christ à travers la liturgie. Comment entendez-vous cette exigence ?

R/ En favorisant au maximum les temps de silence dont le prêtre ou l’animateur explique la raison d’être.

  • En soignant la qualité de la procession de communion qui doit être présentée comme une préparation à la rencontre avec le Christ qui vient habiter en nous.
  • En sollicitant les attitudes des fidèles : par exemple en se tournant vers la Croix au moment du Rite pénitentiel ou du Credo, en se tournant vers la Vierge Marie pour un chant marial ou un Ave en fin de messe.

4. La place de la Parole de Dieu est au cœur de toute liturgie. Comment favorisez-vous cette écoute des Ecritures pour qu’elles deviennent Parole nourrissante ?

R/ Il est important de s’imprégner de la Parole de Dieu lors de la préparation de la messe en prenant en équipe le temps de la lire et de la méditer ensemble.

  • Il faudrait réserver l’ambon à la lecture de la Parole de Dieu, par exemple ne pas y faire la prière universelle ou lors de la présentation d’un défunt aux funérailles.