Les crèches : un bon moyen de transmettre la Foi en famille et en paroisse Enregistrer au format PDF

Vendredi 5 janvier 2018 — Dernier ajout samedi 6 janvier 2018
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Les crèches dans la perspective du synode diocésain à l’échelle de nos paroisses. Le rallye-crèche de la Presqu’île : une catéchèse joyeuse, ludique, innovante.

On n’a jamais autant parlé de crèches que depuis deux ans. Mais savez-vous d’où vient cette belle coutume ?

Saint François d’Assise, inventeur des crèches ?

Une légende tenace veut que François d’Assise ait créé à Greccio, en Italie, la nuit de Noël 1223 la première crèche vivante. La tradition rappelle, mais sans véritable certitude historique, que François d’Assise, après avoir été impressionné par sa visite de la basilique de la Nativité de Bethléem, voulut reproduire la scène de la Nativité. Il utilisa une mangeoire remplie de foin, un âne et un bœuf réels qu’il installa dans une grotte. L’originalité de saint François est d’avoir célébré une crèche vivante dans un cadre naturel évocateur en associant les villageois du Greccio qui ont pu avoir l’impression d’incarner les personnages des écrits bibliques. Petit à petit, selon la tradition franciscaine, la coutume se répandit, sous l’influence de Claire d’Assise et des frères prêcheurs, des crèches vivantes mais aussi des crèches fabriquées avec de grandes figurines en bois ou en terre qui pouvaient être exposées plus longtemps. Ces figurines ont comme finalité de de matérialiser l’image du Christ et de ses parents auprès de populations qui ne savaient pas lire.

Les crèches en France au XIXe siècle

Après la période de la Révolution pendant laquelle cette pratique religieuse est interdite, les crèches se multiplient dans les familles : les figurines, réalisées en cire, en mie de pain ou en verre filé, apparaissent dans un décor en rocaille (cascades d’animaux, fleurs de papier, fragments de miroir figurant lacs et jets d’eau) évoquant le paradis.

Les crèches provençales avec leurs « santons » (du provençal santoun, « petits saints », plus petits et plus rustiques avec une multiplication de personnages dans leur costume local représentant tous les métiers de l’époque dans un style naïf) se développent non seulement dans les églises mais aussi dans les maisons particulières à partir de 1803, juste après le Concordat de 1802.

Place Saint-Pierre à Rome

Voici la crèche napolitaine qui a été montée cette année : Voilà le message tiré des paroles que le pape a prononcées en recevant les donateurs de la crèche et de l’arbre de Noël sur la place Saint-Pierre, le 7 décembre dernier : « Chaque année, a-t-il souligné, la crèche et l’arbre de Noël nous parlent par leur langage symbolique… Dans la simplicité de la crèche nous rencontrons et contemplons la tendresse de Dieu, manifestée dans celle de l’Enfant Jésus. »

Les crèches dans les églises de la Communauté pastorale de Tréguier

A la suite de la réunion de mise en œuvre des Actes du Synode, le 24 septembre dernier, un des points retenus dans le cadre de la catéchèse et repris par les 4 EAP avait été la préparation des crèches de Noël avec les jeunes familles. Des contacts furent pris pour associer les enfants des écoles et leurs familles à l’installation et à la décoration des églises pour Noël. A l’initiative de Guillaume Caous, notre curé, beaucoup ont accepté de se laisser bousculer dans leurs habitudes et ces décisions ont été mises en œuvre en plusieurs clochers de la Communauté Pastorale par exemple à Tréguier, où un jeune du lycée a rejoint l’équipe. Une équipe très masculine pour installer le berceau du petit Jésus !

Les écoles Notre-Dame de Tréguier et Saint-Joseph de Prat ont préparé avec enthousiasme la fête de Noël. A Langoat, l’école Sainte-Pompée a pris aussi une part active au montage de la crèche de l’église paroissiale.

Le rallye-crèche de la Presqu’île

La Presqu’île a organisé deux « rallyes crèches » dans les 8 relais pour visiter les crèches pendant le temps de Noël et en profiter pour mieux se connaître (les mercredis 27 décembre et 3 janvier, pendant les vacances). Pour l’animation, il fallait retrouver un objet insolite qui s’était glissé dans chacune des crèches, deux quizz (un pour les enfants, l’autre pour les adultes) ont rafraîchi les mémoires, explications, méditation, prière et chants clôturaient les visites.

  • A Lézardrieux, qui était la première étape du rallye, les enfants ont cherché l’objet insolite glissé dans la crèche, ils ont prié et chanté : Les Anges dans nos campagnes. Ici, certains santons viennent d’être restaurés :
  • La deuxième étape nous a amenés à Pleudaniel où les bergers nous attendaient :
  • A Trédarzec, nous avons découvert une jolie crèche, très classique, dans son étable. Pour la première fois de notre parcours nous étions attendus par un personnage plus exotique ! A-t’il précédé les mages ? Est-ce un réfugié ? Nous en trouverons d’autres qui sont venus adorer l’Enfant-Dieu dans les autres crèches de la Presqu’île.
  • A Pleumeur-Gautier, les enfants de l’école de la Sainte-Famille avaient disposé les santons avec beaucoup de soin, puis avaient assisté à une célébration. Le groupe du rallye-crèche a été très séduit par la taille du dromadaire qui va bientôt accompagner les rois mages. Nous avons chanté : Il est né le divin enfant  Si les bergers attirent autant notre attention, c’est qu’ils nous représentent. C’est nous qui venons adorer l’Enfant dans la crèche, avec nos paniers d’œufs, nos volailles, nos fruits et légumes, notre pêche et nos animaux, nos joies et nos soucis.
  • Puis, nous sommes allés à Kerbors, à Notre-Dame-des-Neiges, où les cloches s’entendent si bien à l’intérieur ! Cela nous a donné l’idée de chanter un vieux noël : « On n’a vu personne monter au clocher, mais la cloche sonne pour le nouveau-né »… mais les enfants ne le connaissaient pas. Alors, ils ont allumé des bougies et ils ont prié.
  • A Pleubian, c’est l’école Saint-Georges qui a aidé l’équipe locale… et notre curé Guillaume Caous avait monté la très grande structure à plusieurs niveaux :

Ce dromadaire-là a laissé les enfants bouche bée !

  • A L’Armor-Pleubian, les enfants ont chanté à nouveau les Anges dans nos campagnes et récité soigneusement la nouvelle traduction du Notre Père.
  • A Lanmodez, les enfants de « l’Éveil à la Foi » de la Presqu’île avaient été invités avec leurs parents, leurs frères et sœurs, à participer à la réalisation des crèches en apportant lierre et mousse et en disposant les santons. Les enfants du rallye ont été très sensibles au changement de tenue des bergers, probablement sans savoir que ceux-ci étaient plus précisément provençaux : finalement, ils ont bien remarqué le pêcheur et la mareyeuse, la gitane et son enfant, le tambourinaire et le joueur de galoubet (flûtiau).

Porter le santon de l’Enfant-Jésus à la crèche, c’est une catéchèse toute simple pour saisir cette réalité théologique, clé du christianisme, « Dieu fait homme », l’Incarnation, c’est à dire Dieu à nos côtés dans nos vies d’enfants, d’hommes et de femmes. Associer les enfants à la réalisation des crèches c’est semer « des petites graines d’Évangile vivaces » dans le cœur des enfants, des graines qui pourront germer à l’avenir, par exemple lorsque ces enfants fonderont à leur tour des familles.

Les crèches sont sans doute un élément très facile d’accès pour tous : le décor immuable et rassurant de la grotte, les santons colorés, saint Joseph et la Vierge toujours très recueillis et cet Enfant-Dieu qui nous tend les bras, quoi de plus simple, de plus vrai pour entrer de plain pied dans le mystère de l’Incarnation. Le synode a donné un élan missionnaire et propose, entre autres moyens, le patrimoine de nos églises comme vecteur de notre Foi. Laissons-nous bousculer par l’Esprit-Saint pour changer les habitudes et partager le plus possible ces moments privilégiés de préparation, de construction, de décoration. Si les enfants nous paraissent agités ou peu soigneux, ils sont en première ligne pour recevoir ces graines d’Évangile, ces « boutures » de la Foi. Ils voudront ensuite partager ces moments privilégiés avec leurs familles et leurs amis.

A nous de voir où est l’essentiel…

Tout le monde est appelé à offrir aux autres une invitation à partager l’expérience de la grâce de Dieu manifestée parmi nous, qui se trouve dans l’amitié avec le Seigneur Jésus-Christ. le Pape François l’a rappelé avec force à l’Église dans son exhortation apostolique Evangelii Gaudium ("La joie de l’Evangile »), le travail auquel nous sommes appelés est évangélique et missionnaire. Après ces rallyes-crèches de la Presqu’île, on pourrait continuer à marcher sur ce chemin ouvert et pourquoi pas organiser des crèches vivantes sur les parvis, des concours de dessins de crèches, une pastorale théâtrale, etc. … Si le vent souffle où il veut, alors que dire de l’Esprit-Saint ?

Nous remercions ceux qui ont monté les crèches dans tous les relais de la Communauté pastorale, les catéchistes et les enseignants, les restaurateurs de santons, M. Lenormand dans la Presqu’île, M. et Mme Yves Le Breton pour la cathédrale, Bernadette Degand, animatrice des rallyes, sans oublier les enfants et leurs familles.

Voici une autre façon de fabriquer une magnifique crèche en famille et dans sa paroisse :[>http://www.letelegramme.fr/cotes-darmor/plouguiel/nativite-une-ceremonie-imprevue-27-12-2017-11794798.php]