La messe du marché Enregistrer au format PDF

Mercredi 10 juillet 2019 — Dernier ajout jeudi 8 août 2019
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Depuis le début du mois de juillet, il y a une messe à la cathédrale le mercredi à 11 h 30, après l’adoration et les confessions. Ce mercredi, j’y suis allée. C’est le jour du marché.

Devant l’affluence des mercredis de Tréguier, je me suis garée sur la place devant le lycée (je crois qu’elle s’appelle Place de la République) et j’ai descendu la petite ruelle Kercoz… déjà une mise en ambiance : silence, plantes grimpantes et rue déserte, les touristes ne l’ont pas repérée. Changement de décor en arrivant sur la place : une ambiance qui me fait penser – j’ai des références ! - au Moyen âge : commerces, bistrots, musique. Quelle joie de voir combien notre belle cathédrale rassemble ! Un peu de temps devant moi m’a permis de faire le tour de la place du Martray : de la fringue venue du bout du monde à l’artisanat local en passant par les soldes de linge ou de chaussures, tout est là pour attirer le chaland ! Que de monde ! Que d’agitation ! Que de bruit !

A l’entrée de la cathédrale, le solliciteur habituel des dimanches est là. Cette foule estivale ne peut qu’être attentionnée. Il faut pousser la porte : le bruit de la place est trop présent pour le recueillement pour laisser la porte grand’ouverte comme à l’habitude. Quelle fraîcheur ! L’eau du bénitier est généreuse.

Il y a de nombreux touristes : à l’affût de fraîcheur ? Peut-être. Un appétit de culture ? sans doute – voir la différence entre le style roman et le gothique dans le granit breton est toujours instructif. Mais aussi sans aucun doute une soif de transcendance, le tombeau de saint Yves, le silence, l’appel à l’altitude des voutes colorées ? Et aussi l’attirance pour la petite lumière rouge, au fond, à l’autel doré, pour certains…

J’entre dans le sanctuaire. Après la corde qui trie les touristes de ceux qui viennent prier (?), je me glisse dans les stalles. Combien de moines, combien de chanoines ont prié ici avant moi ? Ils me guident maintenant. Dix minutes de silence, j’ouvre mon téléphone pour avoir les lectures du matin sur le site AELF. Ces stalles sont inspirantes.

Et puis, la messe commence. Nous ne sommes pas nombreux. Nombreuses, devrais-je dire. Pourquoi les hommes, si présents aux enterrements, aux messes dominicales, ne nous accompagnent-ils pas à cette messe qui prend racine dans la vie quotidienne ?

Aujourd’hui, Saint Ivy est à l’honneur. « Originaire du pays de Galles, d’abord moine à Lindisfare, il émigra en Armorique en 685. La toponymie témoigne aujourd’hui de son passage (ou de l’extension de son culte) : Loguivy de la Mer, Loguivy-Plougras, Pontivy, Saint-Ivy. Pour l’historien La Borderie, saint Ivy serait le dernier des saints venus des Iles Britanniques, le ’dernier anneau d’une chaîne sacrée’. »

Notre curé, Guillaume Caous, nous invite à prier pour les prêtres. Comment ne pourrions-nous pas remercier tous ces hommes pour leur vie donnée ?

La messe se déroule, prière sacrée, sacrifice de l’amour. Face aux quelques paroissiens, blottis dans les stalles, j’ai l’impression que la prière du célébrant s’envole aussi vers tous ceux qui sont venus visiter notre cathédrale, et tous les autres, plus loin, ailleurs.

Une dernière bénédiction, le pain pour la route, et nous voilà sortis sur la place, dans le brouhaha, dans la vie de tous les jours.

A nous de voir, pour la suite…