La consécration de l’autel, pas à pas Enregistrer au format PDF

Samedi 8 juin 2019 — Dernier ajout mercredi 26 juin 2019
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La consécration de l’autel de la cathédrale, une liturgie rare et symbolique.

Lors de la messe chrismale, Mgr Moutel a consacré le nouvel autel de la cathédrale. En vouant l’autel aux rencontres sacrées de l’Alliance, la liturgie chante, dans l’exultation, tout le mystère des noces qui nous unissent au Christ dans l’Esprit.

L’évêque bénit d’abord l’eau destinée à l’aspersion du peuple présent et l’autel de l’église : comme pour un baptême. 

Quel est le but de cette consécration ?

« Cette onction de l’autel manifeste une transcendance, une présence divine qui lui confère un caractère sacré. L’autel est signe de la présence de Dieu. Voilà pourquoi les prêtres le vénèrent en l’embrassant car c’est sur lui que se réalise le Saint Sacrifice rendu présent à chaque messe et qui sauve les hommes par le don d’amour que le Christ a fait une fois pour toutes sur la croix ». (Homélie de Mgr Aupetit, archevêque de Paris, Messe chrismale à Saint-Sulpice, 2019).

Après le Credo, les litanies des Saints tiennent lieu de Prière universelle : l’Église de la terre se joint à l’Église du ciel.

La mise en place des reliques

« Lors de la consécration d’un autel, les reliques d’un saint ou d’une sainte sont déposées à l’intérieur de celui-ci. Le signe de la dépose de reliques dans les autels est hautement spirituel, théologique et… missionnaire. Depuis les origines de l’Église, la foi se fonde sur la transmission de « personne » à « personne » de la Bonne Nouvelle de la Résurrection de Jésus-Christ. Au cours de l’histoire de l’Église, des hommes et des femmes ont été reconnus « saints » par l’Église, non pas d’abord pour leur possible vie exemplaire, mais par leur fidélité à l’Évangile. Ainsi, les reliques de ces femmes, de ces hommes ou de ces enfants sont déposées dans les autels des églises pour d’une part montrer leur intimité avec le Christ –que l’autel représente- mais aussi pour rappeler à l’assemblée son devoir de transmettre pour les générations futures la Bonne Nouvelle du Salut. Car les saints de demain sont dans les assemblées d’aujourd’hui. » (Sébastien Antoni, in Croire, La Croix).

Les reliques scellées par Mgr Moutel dans l’autel de la cathédrale sont celles de saint Yves et d’un martyr romain inhumé dans les catacombes de saint Calixte à Rome.

L’onction avec le Saint-Chrême

Lors de la consécration de l’autel, l’onction avec le Saint-Chrême des cinq croix (une au centre et les autres aux quatre coins), et de toute la surface de la table, fait de cette pierre le symbole du Christ, que le Père a oint de l’Esprit Saint.

Le Saint-Chrême est une huile parfumée, utilisée pour les onctions de consécration : sur le sommet de la tête pour le baptême ; sur le front pour la confirmation ; dans les paumes des mains du nouveau prêtre dans l’ordination sacer­dotale ; sur le sommet de la tête du nouvel évêque dans l’ordination épiscopale ; lors de la dédicace des autels, il est répandu sur la table d’autel et sur les croix de consécration.

L’onction du Saint-Chrême symbolise, en chacun de ces cas, la descente de l’Esprit Saint qui pénètre les êtres, comme l’huile imprègne profondément ce qu’elle touche. Elle fait participer les personnes, de façons diverses, à l’onction royale, sacerdotale et prophétique du Christ. Comme dans le sacrement de la confirmation.

L’Oint par excellence est le Messie, le Christ, lui qui est le Roi, le Grand Prêtre et le Prophète. Symbole de joie et de beauté, signe de consécration, l’huile est encore l’onguent qui calme les douleurs et qui fortifie les lutteurs, les rendant plus souples et moins vulnérables.

Le rite de l’encensement

On fait alors flamber de l’encens sur l’autel, en signe de la prière qui devra continuer à monter vers Dieu dans cette église, la rem­plissant de la bonne odeur du Christ (2 Co, 2, 14-16) ; l’on encense l’assemblée, temple vivant dont l’autre est le signe.

L’encens que l’on fait fumer sur l’autel symbolise le sacrifice du Christ, qui s’est offert à son Père en odeur de suavité (Ep 5, 2), et aussi les prières des fidèles, inspirées par le Saint-Esprit.

Placer des aliments sur cette table de pierre revient à les mettre entre les mains de Dieu ; les faire fumer, c’est les diriger vers le ciel, pour que Dieu en respire l’agréable odeur (cf. Gn 8, 21). Table où les offrandes « passent » dans le domaine du sacré divin, l’autel participe à la sainteté de Dieu.

Table de l’holocauste, où la victime part toute en fumée vers Dieu, l’autel est aussi la table où Dieu et la communauté des fidèles se partagent les aliments, en signe de communion. La nourriture venue de Dieu lui est restituée, et la part qui revient à l’homme est pleinement reconnue comme sacrée. Dieu et l’homme communient à la même vie : ils sont convives.

Nappe et cierges sont posés sur l’autel

Les nappes posées sur l’autel manifestent qu’il est la table du repas eucharistique, où Dieu et l’homme communient dans le sang du Verbe incarné, mort et ressuscité. L’éclat des cierges qui entourent l’autel évoque le Christ « lumière des nations » (Lc 2, 32). Le sacrifice eucharistique est finalement le rite essentiel de la dédicace.

Compléter avec la video suivante : https://www.youtube.com/watch?v=b-j...

Cet article doit tout à Dom Robert Le Gall, archevêque de Toulouse, in Dictionnaire de Liturgie. Les photos sont de J.L. Kervizic, X. de Roquefeuil, R. Rannou et V. de Beauregard