La République centrafricaine dans nos prières Enregistrer au format PDF

Mercredi 25 juillet 2018
0 vote

Lundi dernier, le père Jerry Koyaouili, qui participe à la pastorale d’été pour notre communauté, nous a présenté son pays, la République centrafricaine.

Ce lundi 23 juillet, le père Jerry Koyaouili, à la demande de certains paroissiens, avait accepté de nous parler de la situation de son pays, la République centrafricaine. Nous étions une bonne cinquantaine à être venus l’écouter.

info document - JPEG - 1.8 Mo

La géographie

Après nous avoir montré la situation géographique de la RCA, nous avoir rappelé quels étaient les voisins de ce pays situé en plein centre du continent africain, une frontière naturelle au sud (fleuve Congo), mais aussi des frontières poreuses, impossibles à surveiller avec les deux Soudans, le Tchad et le Cameroun, il nous a expliqué que le sous-sol du pays était très riche. Mais l’exploitation des minerais est entre les mains de groupes rebelles qui les exploitent souvent de façon artisanale et mafieuse, et le gouvernement a décidé de remettre à plus tard, pour les générations suivantes, l’exploitation du pétrole, compte tenu de la production actuelle des pays voisins. Tout ceci explique que la RCA soit un pays d’une extrême pauvreté.

La situation politique

Le Père Jerry a rappelé le passé colonial de l’ex-Oubangui-Chari (à partir de 1885), puis l’accession à l’indépendance en 1960. Le premier chef de l’État, Barthélémy Boganda, chrétien, a fortement marqué son pays. En 1965, Jean Bedel Bokassa prend le pouvoir après un coup d’état. Très proche de Khadafi, il se convertit à l’Islam. Renversé à son tour, c’est une succession de coups d’état et de guerres civiles qui freinent le développement de ce pays et appauvrissent encore sa population. Le 24 mars 2013, les rebelles de la coalition Seleka s’emparent de Bangui et Bozizé s’enfuit. Michel Djotodia s’auto-proclame président de la République centrafricaine. Mais les nombreuses exactions commises par les miliciens de la Seleka, majoritairement musulmans, amènent l’insécurité dans le pays, et des milices d’auto-défense, les anti-balaka se forment. Le conflit débouche sur une situation « pré-génocidaire » selon la France et les États-Unis. Le 5 décembre 2013, une résolution de l’ONU permet à la France d’envoyer des troupes armées en République centrafricaine (opération Sangaris) aux fins annoncées de désamorcer le conflit et de protéger les civils.

La situation des chrétiens

Profondément chrétien, - les catholiques et les protestants représentent 80 % des 4 500 000 habitants -, le pays est actuellement la proie de « raids » incessants de type islamiste et djihadiste, venus des pays voisins, le Soudan, le Tchad, le Cameroun et même le Niger. Les chrétiens catholiques se refusent à penser qu’il pourrait s’agir d’un plan d’islamisation de grande envergure. Actuellement, on estime la population musulmane à 17 %, mais elle est composée des commerçants les plus aisés. Le conflit et les exactions s’étendent progressivement à la quasi-totalité du pays.

L’attentat du 1er mai 2018

C’est dans ce climat particulièrement tendu qu’a eu lieu l’attaque criminelle de l’église Notre-Dame de Fatima à Bangui le 1er mai dernier. Le Père Jerry nous en a parlé avec beaucoup d’émotion. Voici ce qu’il avait écrit à l’époque : « J’ai failli trépasser aujourd’hui dans l’attaque de la paroisse Notre Dame de Fatima à proximité de Km5, fief des musulmans. J’étais parmi les 18 prêtres concélébrant la messe de Saint Joseph travailleur. Au moment de passer aux prières universelles les musulmans armés du km5 nous ont attaqués. La messe n’a pu continuer. Ils ont tiré des roquettes, lancé des grenades sur nous. Un autre a pu grimper sur la clôture pour tirer sur l’assemblée. Provisoirement il y a 21 morts dont un prêtre et beaucoup de blessés. Dieu merci je suis en vie. C’est vraiment un coup terrible. Union de prière. » Dans un deuxième mail, le Père Jerry a dit : "Bonjour et paix du Christ. Effectivement c’était très dur, traumatisant. Mais avec le Christ nous pourront tout supporter. Continuez de nous porter dans la prière. Nous en avons vraiment besoin. Merci surtout pour l’attention et l’affection. Union de prière".

Nous continuerons à prier.

Cr. photog. C. de Fouchier