L’humilité Enregistrer au format PDF

Mercredi 13 janvier 2021
2 votes

Il y a une semaine l’Évangile du jour, dans Jean 3, 23-30, nous invitait à méditer sur l’attitude de Jean-Baptiste peu de temps avant son arrestation. Il annonçait la venue de Jésus et les foules venaient à lui pour l’écouter et se faire baptiser. Benoît XVI explique que « Jean est ce prophète identifié avec Élie, destiné à précéder immédiatement le Messie pour préparer le peuple d’Israël à sa venue ». Ceux qui suivaient Jean-Baptiste, ses disciples, étaient un peu déroutés car Jésus aussi baptisait et dirent à leur maître : « Rabbi celui qui était avec toi de l’autre côté du Jourdain, celui à qui tu as rendu témoignage, le voilà qui baptise, et tous vont à lui ». Dans cette réflexion, on sent l’inquiétude, l’incompréhension et la pointe de jalousie qui habitaient le cœur des disciples de Jean.

Méditons sur ce passage important. Personnellement j’admire l’humilité de Jean qui remplit sa mission sans se laisser envahir et détruire par aucun sentiment malsain. La tentation était là : orgueil et jalousie, mais il répond : « Un homme ne peut rien s’attribuer, sinon ce qui lui est donné du Ciel. Vous-mêmes pouvez témoigner que j’ai dit : « moi je ne suis pas le Christ, mais j’ai été envoyé devant lui…Lui il faut qu’il grandisse et moi que je diminue ».

C’est un véritable enseignement d’humilité et de vérité que nous laisse le précurseur du Christ. Il a rempli sa mission qui consistait à annoncer la venue de Jésus, le Sauveur tant attendu de tout le peuple d’Israël et il est prêt à lui laisser la place, toute la place, sans rien retenir et sans orgueil.

Chacun de nous a une mission à remplir dans sa famille, dans la société, dans l’Église. Mais, à l’exemple de Jean-Baptiste, rappelons-nous qu’elle nous est donnée par Dieu et que nous ne sommes que d’humbles serviteurs au service de leur maître. Nous devons rester à notre place et savoir nous effacer pour laisser Dieu agir comme il l’entend, même si c’est déroutant. Le Père Courtois qui écrit les messages qu’il reçoit de Jésus dans la prière, nous transmet : « C’est dans la mesure où tu renonces à toute supériorité que tu me permets de grandir en toi, ce qui est le secret de toute vraie fécondité spirituelle… »

Dans cette parole le Seigneur nous rappelle que nous devons sans cesse nous convertir pour pouvoir porter du fruit. Puis il continue : « Demande-moi d’être humble comme je désire que tu le sois. L’humilité facilite la rencontre de l’âme avec son Dieu… Je deviens vraiment le centre de ta vie. C’est pour moi que tu agis, que tu écris, que tu parles et que tu pries. Ce n’est plus toi qui vis, c’est moi qui vis en toi. Je deviens tout pour toi et tu me retrouves dans tous ceux avec qui tu as affaire. Ton accueil est alors plus bienveillant, ta parole est plus porteuse de ma pensée, tes écrits sont davantage l’expression fidèle de mon esprit, mais combien il faut de défaire de ton « moi ».

Ces conseils donnés par Jésus au Père Courtois confirment la nécessité de faire une rencontre personnelle avec le Seigneur qui nous fait tout vivre avec lui et nous permet d’agir selon sa volonté en prenant conscience de notre pauvreté. Alors nous pourrons dire avec Jean-Baptiste : « Lui, il faut qu’il grandisse et moi que je diminue ».