L’homme, artisan de la Création (2) Enregistrer au format PDF

Vendredi 16 novembre 2018
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Il est primordial, pour nous chrétiens, de prendre conscience que la Création est un cadeau de Dieu et que nous devons L’en remercier, l’admirer et en prendre soin comme un bien précieux.

Continuons notre réflexion sur l’homme, artisan de la Création. Si je suis admirative de l’intelligence humaine, je suis aussi consciente du danger qu’elle nous fait courir, car des découvertes qui étaient autrefois inimaginables montent à la tête de l’homme et le remplissent d’orgueil.

J’ai relu le récit de la Création dans le livre de la Genèse. Particulièrement ce passage de la tentation :

Johann Wenzel Peter (1745-1829). Musée du Vatican
Le serpent était le plus rusé de tous les animaux… La femme répondit au serpent : « Dieu nous a dit : vous ne devez pas manger de ce fruit ni même y toucher, de peur d’en mourir ». Le serpent répliqua : « Pas du tout ! Vous ne mourrez pas ! Mais Dieu sait que, le jour où vous en mangerez, vos yeux s’ouvriront et vous serez comme lui, capables de savoir ce qui est bon ou mauvais ». (Gn 3, 3-5)

Et voilà, la tentation d’être comme Dieu et d’avoir sa puissance emporte l’homme dans la désobéissance.

L’homme se prendrait-il pour Dieu ?

En regardant notre monde actuel, j’ai l’impression de voir cet épisode se renouveler sous mes yeux. Fou d’orgueil en voyant toutes ces techniques inimaginables il y a seulement cinquante ans (l’homme va dans la lune, communique avec le monde entier ; la terre qui semblait immense se rétrécit à vue d’œil puisqu’en quelques heures, un jour tout au plus, on peut se retrouver dans les pays les plus lointains), la convoitise de l’homme ne connaît plus de limites.

La technique touche tous les domaines, y compris celui de la vie. On fabrique des vies nouvelles conçues et enfantées artificiellement, nées, non pas du désir de Dieu mais du désir de l’homme qui exploite la nature pour dénaturer le sens profond de son existence.

La société de consommation qui pousse l’homme à satisfaire tous ses désirs en voilant les conséquences, c’est le serpent tentateur d’Adam et Ève. Elle fait miroiter le bonheur aux yeux des hommes aveuglés pour les entraîner à leur perte…

Et pourtant ! Si l’on réfléchit un peu, on voit bien que l’homme peut transformer ce qui existe mais qu’il n’a jamais rien créé à partir de rien. Certes, on peut fabriquer un enfant à partir d’un ovule rencontrant un spermatozoïde, mais personne ne peut créer l’un et l’autre, sinon Dieu.

Rien dans la nature ne peut trouver d’explication si l’on ne croit pas en un Dieu Créateur.

Comment pourrait-on expliquer le phénomène des marées que l’homme constate et qu’il sait prévoir, mais sur lequel il n’a aucun pouvoir ? Et les saisons qui se renouvellent chaque année entraînant une poussé de la sève au printemps, une transformation magnifique de la couleur des arbres en automne, avant de les voir se dépouiller en hiver ? Et la luminosité, qu’on peut même prévoir, qui varie à chaque saison ? Quelle prise l’homme peut-il avoir sur le rythme de la nature ? Il n’a pas ce pouvoir mais il a, malheureusement, celui de détériorer la nature par la pollution provoquée par un abus de consommation et un non-respect de la Création.

Les écologistes ne cessent de nous mettre en garde contre les conséquences d’une telle conduite mais ils ont à lutter à la fois contre ceux qui s’enrichissent aux dépens de la nature et contre la négligence de beaucoup d’entre nous répugnant à changer de comportement. Il est primordial, pour nous chrétiens, de prendre conscience que la Création est un cadeau de Dieu et que nous devons L’en remercier, l’admirer et en prendre soin comme un bien précieux.

Pour aller (beaucoup) plus loin, mais on n’est pas obligé de tout lire (voir la table des matières en fin d’ouvrage) :
Encyclique Laudato si