L’exposition du 25 janvier 2020 à la salle du Trésor de la cathédrale Enregistrer au format PDF

Dimanche 2 février 2020 — Dernier ajout lundi 3 février 2020
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Souvenez-vous… Il y a eu, le samedi 25 janvier dernier, une exposition de différentes éditions de l’Écriture Sainte à travers les siècles. Voici un petit topo de ce qui a été présenté.

Nous célébrions ce week-end-là la nouvelle fête instituée par notre pape François : le dimanche de la Parole.

EXPOSITION SUR LA PAROLE DE DIEU
Trésor de la Cathédrale de Tréguier – 25 janvier 2020 -

Bible hébraïque (en hébreu)

La Bible hébraïque, également appelée Tanakh ou parfois Mikra, est la collection canonique d’écritures hébraïques. Ces textes sont presque exclusivement en hébreu biblique, avec quelques passages en araméen biblique.
La Bible hébraïque est également la source textuelle de l’Ancien Testament chrétien.

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La Bible hébraïque est dite en hébreu «  TaNaKh », acronyme formé à partir des titres de ses trois parties constitutives :

  • la Torah (la Loi),
  • les Nevi’im (les Prophètes)
  • et les Ketouvim (les autres écrits).

Le mot « bible » vient du grec ancien biblos ou biblion correspondant à l’hébreu sépher — « livre » — qui a donné en grec ta biblia, un substantif au pluriel qui signifie « les livres », soulignant son caractère multiple.

La Septante

La Bible grecque se compose quant à elle de quatre parties : le Pentateuque, les Livres historiques, les Hagiographes et les Prophètes.

La Septante diffère de la Bible hébraïque non seulement par la langue utilisée, mais aussi par le fait qu’elle incorpore des livres supplémentaires, dits « deutérocanoniques ».

La Septante (LXX, latin : Septuaginta) est une traduction de la Bible hébraïque en koinè grecque.
Selon une tradition rapportée dans la Lettre d’Aristée ( 2e siècle av. J.-C.), la traduction de la Torah aurait été réalisée par 72 (septante-deux) traducteurs à Alexandrie où une diaspora juive se développa fortement, vers 270 av. J.-C., à la demande de Ptolémée II.
Selon Philon d’Alexandrie, ces 72 érudits ont traduit séparément l’intégralité du texte mais, au moment de comparer leurs travaux, ont constaté avec émerveillement que les 72 traductions étaient toutes identiques.
À Alexandrie le culte synagogal était public et les Grecs se montraient curieux des « sagesses barbares ». Quelques-uns gagnent le statut reconnu de « craignant-Dieu » en cela qu’ils suivent les préceptes du judaïsme.

La Vulgate

La Vulgate est une version latine de la Bible, traduite initialement par Saint Jérôme de Stridon à la fin du 4e siècle directement depuis le texte hébreu de l’Ancien Testament et depuis le texte grec du Nouveau Testament, auxquels Jérôme et ses successeurs ont ajouté une version plus ancienne traduite du grec de la Septante.

Diffusée essentiellement en Occident, elle connaît plusieurs versions. En 1454, c’est à la Vulgate que Gutenberg réserve l’honneur d’être le premier livre imprimé.

La dernière révision en date, promulguée en 1979 par Jean-Paul II, est appelée la « Néo-Vulgate ».

Le terme vulgate vient du latin vulgata, qui signifie « rendue accessible, rendue publique », lui-même de vulgus, qui signifie « la foule ». « Ignorer les Écritures c’est ignorer le Christ » Saint Jérôme.

Les textes du « Canon »

Le canon biblique (du grec ancien κανών, kanôn signifiant « canne, roseau » et « règle ») désigne l’ensemble des textes considérés comme sacrés et inspirés par l’Esprit Saint ayant conduit, sur plusieurs siècles, à l’établissement de la Bible, suivant principalement les rites juifs et chrétiens.

Le canon biblique de l’Église catholique a été fixé à 46 livres de l’Ancien Testament et 27 livres du Nouveau Testament.

Le Nouveau Testament est l’ensemble des écrits relatifs à la vie de Jésus et à l’enseignement de ses premiers disciples qui ont été reconnus comme « canoniques » par les autorités chrétiennes au terme d’un processus de plusieurs siècles. La liste des textes retenus par l’Église pour former le Nouveau Testament a été fixée en 363 lors du Concile de Laodicée cependant, elle ne comprenait pas encore le texte de l’Apocalypse.

Le mot « testament » vient du latin testamentum, « testament, témoignage », lui-même issu du grec διαθήκη (diathếkê), « testament, contrat, convention ». Le mot grec a un sens plus large que le mot latin, puisqu’il comporte la notion de contrat. Aussi certains préfèrent-ils le traduire par « alliance ».

Le Nouveau Testament comprend 27 livres canoniques :

  • les quatre Évangiles canoniques (Évangiles selon Matthieu, Marc, Luc, Jean) ;
  • les Actes des Apôtres ;
  • 14 épîtres, dont la plupart attribuées à Paul de Tarse ;
  • d’autres épîtres catholiques attribuées à d’autres disciples Simon-Pierre, Jacques le Juste, Jean de Zébédée, Judas de Jacques ;
  • l’Apocalypse.

Les évangiles synoptiques

Le Nouveau Testament comporte quatre évangiles qui sont, dans l’ordre où ils se présentent, l’Évangile selon Matthieu, l’Évangile selon Marc, l’Évangile selon Luc et l’Évangile selon Jean.

Les trois premiers sont nommés Évangiles synoptiques.
En effet, ces évangiles montrent certaines similitudes dans leur manière de présenter l’histoire et l’enseignement de Jésus : plusieurs épisodes y sont relatés qui, pour les trois évangiles ou deux d’entre eux, emploient des mots et des phrases quasiment identiques. Leurs ressemblances sont importantes, alors que la structure de l’évangile selon Jean est différente. Leur ressemblance est telle qu’il est possible de les mettre en regard pour apprécier leurs points communs et leurs divergences. C’est cette possibilité d’une « vision en commun » que désigne le terme « synoptique ». Les relations entre ces trois textes ont très tôt intéressé les exégètes. Les évangélistes étaient supposés avoir été des témoins directs des événements ou des proches de tels témoins, ce qui expliquait les ressemblances, mais n’avoir écrit que bien des années plus tard, ce qui expliquait les différences.

Les traductions de la bible

Au premier janvier 2018, le texte sacré du christianisme a été traduit dans 674 pays, selon le rapport annuel sur l’accès aux Écritures de l’Alliance biblique universelle (ABU).

« 2017 a constitué une « première » pour 20 langues, parlées par plus de 14 millions de personnes. Sept (7) communautés disposent désormais de leur toute première Bible dans leur langue, 4 du Nouveau Testament et 9 de leurs premiers, ou de nouveaux, livrets bibliques ».
Le Nouveau Testament seul existe dans 1515 langues supplémentaires.
Quelques écrits sont disponibles également dans 1135 langues additionnelles.

Les évangiles apocryphes

On qualifie généralement d’apocryphe (du grec apókryphos, « caché ») un écrit « dont l’authenticité n’est pas établie » (Littré).

Cependant dans le domaine biblique l’expression désigne, à partir de la construction des canons, un écrit considéré par les autorités religieuses comme non authentique. Le doute sur l’authenticité va de pair avec le doute sur l’inspiration et est à l’origine de la construction des canons par l’autorité religieuse, car c’est le critère invoqué pour justifier de l’introduction ou du rejet d’un texte dans le canon. Le critère d’authenticité dépend donc, comme le montre Origène, de la confiance du lecteur à l’égard de cette autorité.

L’exégèse biblique

L’exégèse biblique est une exégèse (exégesis en grec : « mener hors de »), c’est-à-dire une étude approfondie et critique d’un texte, appliquée à la Bible. On appelle exégète une personne qualifiée pour ce type de travail.

L’encyclique Providentissimus Deus du pape Léon XIII a ouvert la porte à la recherche selon les méthodes historico-critiques.

En 1943, l’encyclique Divino Afflante Spiritu de Pie XII marqua un tournant : le pape encouragea explicitement les méthodes scientifiques et le recours aux méthodes scientifiques.

L’École biblique et archéologique française (EBAF), située à Jérusalem, fondée et dirigée par l’ordre dominicain, est un établissement français d’enseignement supérieur et de recherche, spécialisé dans l’archéologie et l’exégèse biblique. L’École fut fondée en 1890 sous le nom d’École pratique d’études bibliques par Marie-Joseph Lagrange, membre de l’ordre des Prêcheurs. En 1920, elle prit son nom actuel, à la suite de sa reconnaissance comme École archéologique nationale française par l’Académie des inscriptions et belles-lettres.

Les sermons

Le sermon des différentes Églises chrétiennes prend son origine dans l’homélie synagogale qui existait dans le monde juif à l’époque de Jésus. Jésus avait pour habitude de donner des sermons pour enseigner ses disciples, notamment le sermon sur la montagne en plein air. Jésus a aussi donné des sermons dans des synagogues, notamment celui de Nazareth, relaté dans l’Évangile selon Luc au chapitre 4.

Le sermon a pour objectif d’apporter un enseignement sur un ou des textes de la bible afin de faire grandir les croyants. Il est donc préparé avec beaucoup de soin comme le montre ces cahiers écrits en breton.

Le bréviaire de saint Yves

Ce Bréviaire est un recueil des prières à dire chaque jour par le prêtre. Il appartenait à saint Yves(1253-1303), patron de toutes les professions de justice et de droit, notamment des avocats, reconnu pour sa charité envers les pauvres. Juge exemplaire, il a été érigé en modèle du curé de paroisse. Un des saints patrons de la Bretagne.

Ce bréviaire a fait l’objet d’une grande vénération de la part des fidèles. Les feuillets conservés sont ainsi très rares. Les dates concordent. 1979/01/24 : classement aux Monuments Historiques au titre objet.

Saint Yves et la Parole de Dieu

Yves fréquente à Rennes l’hospice franciscain de Saint-Jacques créé en 1230. Le P. Raoul y est son directeur spirituel. Dans un climat serein et joyeux il suit les cours des novices sur l’Écriture et le livre IV des Sentences, compilation théologique de Pierre le Lombard, sur les sacrements et l’Église, la rencontre du Christ dans la vie ordinaire, une théologie centrée sur le Verbe incarné, éclairée par l’Écriture. Pour le franciscain David d’Augsbourg Eucharistie et Bible sont «  les deux tables où l’homme trouve sa nourriture. » Les novices y sont invités. Yves s’imprègne d’une lecture de la Parole où le savant se fait petit enfant. La Bible est pour Bonaventure un don de Dieu à accueillir « en fléchissant les genoux de notre cœur. » C’est l’attitude d’Yves dans ses longues veilles.

Frère Guidomar Maurel, franciscain de Guingamp, témoigne : « malade, à Ker Martin, j’ai demandé en secret à dom Yves de me dire ce qui l’avait conduit à vivre d’une façon rigoureuse et sainte. Il eut beaucoup de mal à me répondre : « J’étais official de l’Archidiacre de Rennes et j’entendais commenter le Livre IV des Sentences et parler sur la Bible dans la maison des Frères Mineurs. Les divines paroles que j’entendais m’ont amené à mépriser le monde et à rechercher les choses du ciel. Raison et sensualité se livraient souvent en moi un grand combat. Je suis resté ainsi à combattre pendant huit années ; la neuvième année ma raison a gagné sur ma sensualité et je me suis mis à prêcher dans mes bons habits. Mais la dixième année je me suis réglé sur la parfaite raison ; j’ai pour l’amour de Dieu donné mes bons habits et pris des habits, cotte avec manches longues et amples, sans boutons et surcot, assez longs d’une grossière étoffe blanche appelée burell, pour ramener les brebis du Seigneur à l’amour du Christ  ».

Yves est saisi, c’est l’expérience d’Antoine du désert saisi par la Parole : « Viens, suis-moi, tu auras un trésor dans les cieux  » en entrant dans une église, ou d’Augustin qui ouvre la Bible, lit le premier passage où tombent ses yeux et accueille « une lumière rassurante » en son cœur qui dissipe «  toutes les ténèbres de l’incertitude. » Yves le dit tout net, les divines paroles entendues « m’ont amené à mépriser le monde (les mondanités du pape François) et à rechercher les choses du ciel. »

Yves nous rejoint, nous invite à revisiter notre rapport à la Bible. Est-elle pour moi Présence du Verbe qui me presse à la conversion ?

Le combat du dépouillement débute, il est rude et dure dix années. L’étape finale de ce « chemin de Damas » se situe en 1287. Il est recteur de Trédrez, le signe en est la tenue. Au riche manteau d’official Yves substitue la robe de bure. Le vicaire G. Pierre confirme : « Au cours des seize années qui précédèrent sa mort (depuis 1287) il changea du tout au tout son mode de vie. Il fit choix d’un habit d’une étoffe grossière blanche qu’on appelle burell. » Pour Pierre, abbé de Bégard, « il s’est vêtu de cette façon-là pendant quinze ans avant sa mort  » soit 1288.

Sa prédication s’enracine dans la Bible, la Parole de Dieu qui l’a saisi à Rennes lors des cours des novices franciscains.
G. de Kararien et Y. Menguy notent qu’il garde « presque toujours dans sa main ou sur sa poitrine une Bible ou un bréviaire. »
G. Jubiter, recteur de Trédrez, visite avec lui les malades, Yves réconforte et entretient « des choses de Dieu. Je le suivais et je portais sa Bible et son bréviaire. »
Le recteur G. de Saint Léan se rappelle : « nous voulions voir et imiter sa manière de vivre. Chaque semaine nous sommes venus en sa demeure. Après la messe il nous faisait lecture de la Bible puis prêchait la Parole de Dieu jusqu’à midi. »

La vie offerte d’Yves donne corps à sa prédication.

Sa prédication se révèle efficace. À Louannec, sa paroisse, Y. Menguy dénonce l’incurie du recteur précédent. « À son arrivée, sa prédication sainte et bonne fut suivie d’effet, les gens honnêtes et bons s’améliorèrent, les paroissiens mauvais, dépravés ou malhonnêtes, furent remis dans la voie du salut, il amena à faire pénitence ceux qui s’adonnaient à la luxure ou à l’usure » par le jeûne et les pèlerinages. L’enseignement quasi continu qu’il prodiguait, les exemples saints, les œuvres qu’il étalait sous leurs yeux tant en agissant qu’en parlant produisaient de tels effets. » Il y avait de grands pécheurs tel « Darien de Kergoat, un noble qui violentait les femmes , violait les jeunes filles et était homicide. » Yves le convainc d’aller à Rome à pied, à son retour il fait de larges aumônes et récite les heures de la Bienheureuse Marie. « Un clerc, Aucrède Rimenton, était enfoncé dans la luxure. Ses prédications l’amenèrent à une vie sainte, il partit à pied à Rome. » Au retour Yves l’appelle au sacerdoce. À Pleubian Y. de Trégordel rapporte que « ses bonnes prédications et exhortations ont fait revenir beaucoup de gens de leurs perversités et erreurs. » G. Carbanec, débauché, devient honnête et bon car Yves « fréquemment lui prodigua recommandations et encouragements. »

Notre vie est-elle conforme à la Parole de Dieu ? Quelle place tient aujourd’hui dans ma vie la Parole de Dieu ?

Les illustrations ne sont pas toutes extraites des documents montrés lors de cette exposition.