L’ange du Seigneur vint rouler la pierre Enregistrer au format PDF

Samedi 11 avril 2020 — Dernier ajout samedi 25 avril 2020
3 votes

Voici la méditation que notre curé Guillaume Caous nous propose pour ce dimanche de Pâques.

Un carême inédit nous a préparé à la grande fête de Pâques.

Pour dire ce grand mystère de notre foi, le grand mystère, les Écritures utilisent 3 langages : celui du réveil, celui de la glorification, et celui de la résurrection (littéralement la remise debout).

C’est peut-être sur le premier que je voudrais m’arrêter cette année. Anesthésiés par des années de routine qui s’enfilent comme perles au collier de nos vies, le confinement, la suspension de nos activités nous ont fait découvrir ce qui donnait sens à nos vies. Au-delà des pâtes et du papier hygiénique dans une première intuition de survie, c’est bien de pouvoir retrouver ceux qu’on aime, nous toucher, échanger de vive voix qui nous manque.

Or, pour beaucoup, nous avions perdu la saveur de ces relations humaines, poussés en avant par la marche du monde : travailler, produire, consommer, pour retourner travailler, éventuellement faire des enfants pour que le monde continue à tourner après nous… Nous avions perdu de vue que notre vie n’est pas cyclique, mais que nous mourrons tous, quoi qu’il arrive. En occultant la difficulté de ce départ de ce monde à penser, on se débarrassait du problème. ‘S’il n’y a pas de solution, il n’y a pas de problème’, disent les Shadocks, alors on pompe.

Bien sûr, il s’agit de préserver cette vie terrestre aussi en cherchant à gagner notre subsistance et celle dont nous avons la responsabilité. Mais tous nos désirs sont-ils bien orientés vers cette vie qui doit durer toujours, et dont la vie biologique n’est qu’un tuteur en attendant le total épanouissement en Dieu.

Dans le temps qui nous imparti sur cette terre, Jésus seul nous débarrasse concrètement du problème de devoir mourir, pour nous permettre de vivre déjà maintenant de cette vie éternelle : il nous réveille.

Cette fête de la résurrection nous invite à regarder notre vie comme un bien précieux dans tout ce qu’elle porte de richesse relationnelle. Jésus ne s’est pas ressuscité tout seul, mais c’est son Père du ciel qui l’a ressuscité tant il est vrai que l’amour tient dans l’existence. Nous sommes des être de relation.

Toutes les lectures entendues à la veillée pascale nous disent cette relation d’amour entre Dieu et sa créature, qu’il veut rappeler aujourd’hui à sa vocation : aimer et se laisser aimer.

Que le Seigneur ressuscité nous réveille avec lui pour ‘rechercher les réalités d’en haut’ (Col 3,1), cet amour d’où nous sommes nés, pour ne pas vivre en assoupis, mais en chrétiens éveillés, soucieux des autres plutôt que d’eux-mêmes.

Le cierge pascal de Catherine
Le cierge pascal de Catherine

Et puis : Alleluia

Et encore : Happy days