Je suis le chemin, la vérité, la vie Enregistrer au format PDF

Jeudi 7 mai 2020 — Dernier ajout vendredi 22 mai 2020
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5e dimanche de pâques A
Ac 6, 1-7 / 1 P 2, 4-9 / Jn 14, 1-12

La grande chance pour nous chrétiens, c’est de savoir où nous allons : vers la maison du Père, où Jésus nous attend. La place est prête. En ces jours anxiogènes, cette promesse de Jésus de nous prendre avec lui devrait rassurer nos pas. Mais nous percevons bien que ce corps qui porte nos affections, corps bâillonné ces jours-ci par les mesures qui entravent notre mobilité et nos contacts physiques, ce corps porte la vie que Dieu nous a donnée et envisager cette vie sans le corps nous fait paniquer, un peu comme quand on perd pied en nageant. C’est pourtant ce à quoi nous invite l’expérience du moment : il faut avancer, coûte que coûte, malgré la menace du virus que nous essayons d’éviter par les différents gestes barrières qui n’empêchent pas la menace. Différentes manières d’identifier Jésus nous sont données dans l’évangile : aujourd’hui : le chemin, la vérité et la vie, la pierre d’angle, le Christ.

Vie et corps : voilà ce que les mots que me suggèrent les Écritures ce jour. Ne pas séparer la vie de la Vie, ne pas séparer le corps du corps. C’est une tension présente dès les débuts de l’Église comme le racontait la première lecture pour le partage de la tâche apostolique entre les 12 qui se réservent la proclamation de la Parole et les 7 qui assurent le service des tables.

Nous aussi sommes parfois enclins à vouloir choisir, alors que Jésus nous demande de tout prendre : ceux qui font pression pour que nous puissions rapidement partager la Parole et le Pain de vie tous ensemble, réunir et recevoir le Corps du Christ le dimanche, et ceux qui voudraient qu’on profite davantage du moment pour servir le corps du Christ dans nos frères les plus éprouvés.

Mais Jésus ne nous demande pas de choisir : si Jean choisit de raconter la Cène par le lavement des pieds, aucun évangile cependant ne parle aussi clairement du Pain de vie. Saint Yves que nous fêterons dimanche prochain n’a pas choisi entre l’aide aux plus pauvres et la célébration des sacrements et la prière. La Parole nous réveille aujourd’hui pour raviver ce désir du corps du Christ, de l’affermir, de faire grandir ce corps total que nous découvrirons dans la maison du Père. Ce qui construit peut aussi faire chuter, disait saint Pierre : gardons-nous de diviser Jésus-Christ dont nous sommes : Jésus est le chemin. C’est lui la vérité et pas nous alors moins de discours, plus de liens, de désir de vivre ensemble, et nos pas seront affermis.

« Je veux tout », disait sainte Thérèse déjà toute petite. Qu’une foi forte nous aide à persévérer dans ce désir !

maitre, montre-nous le père