Edito du mois Enregistrer au format PDF

Extrait du Mouezh Sant-Tugdual
Samedi 29 décembre 2018
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Bloavez mat, yec’hed mat ha prosperite, hag ar baradoz ba’ fin ho puhez.
C’est la formule traditionnelle des voeux au pays breton, au mois de janvier.
Nous comprenons facilement les souhaits légitimes de santé, de prospérité, mais comment le désir du paradis peut-il me faire passer une bonne année ? C’est la question que suggère cette formule un peu galvaudée. C’est pourtant l’orientation de notre vie chrétienne et même de toute vie et de chaque vie dans notre espérance pour tous. Les questions du pouvoir d’achat, de la mobilité, de la dotation des territoires secouent le pays toutes ces dernières semaines. Elles nous font sentir en filigrane un toujours plus quantitatif, alors que notre foi nous suggère un toujours plus qualitatif.
Le bonheur n’est pas mesurable à ce que l’on possède, ni à ce que l’on peut, mais bien à cette confiance les uns dans les autres qui fait l’unité dans l’amour. C’est ce que nous vivrons pleinement au paradis, sans rien y emporter. Déjà ici maintenant, la connaissance de ce but nous pousse à essayer d’anticiper cette joie, pour apprivoiser cet invisible auquel nous sommes appelés depuis notre baptême : le prochain est une chance, pas une menace pour ma propre existence. Accueillons-nous les uns les autres comme les élèves de cette classe préparatoire à la joie du ciel. La classe c’est le monde, les élèves l’humanité entière.

Abbé Guillaume Caous