Edito du mois Enregistrer au format PDF

Extrait du Mouezh Sant-Tugdual
Samedi 2 mars 2019
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Les travaux du chœur de la cathédrale vont durer tout le mois de mars, nous interdisant d’y célébrer la messe dominicale. Après les nombreux changements intervenus pour le fonctionnement de nos assemblées depuis décembre, c’est un nouveau coup dur pour nos habitudes, pas si vieilles mais vite prises. Cette contrainte peut néanmoins devenir une chance durant tout ce temps de carême pour redécouvrir les visages de notre communauté. Notre expérience peut être éclairée par celle des Hébreux au désert autrefois qui récriminaient : « Ne serait-il pas mieux pour nous de retourner en Égypte ? » (Nb 14, 3)

Ce carême nous est donné pour revenir à l’essentiel : une communauté qui s’aime dans ses différences, nourrie dans l’unité par la Parole et par le Pain.

Que ce carême nous donne de savoir démêler ce qui en nous appartient à l’homme ancien, et ce qui appartient à l’homme nouveau, que nous avons revêtu au jour de notre baptême : celui-ci ne craint rien puisqu’il garde les yeux fixés sur Jésus, révélé en ses frères.

Le carême est le temps du désert par excellence, qui laisse place à Dieu pour parler à notre cœur dépouillé de tout. Trop de choses nous encombrent, sans que nous en tirions avantage, mais trop souvent souci et crispation. Laissons-nous guider par le Christ, qui n’a rien gardé mais qui s’est anéanti lui-même (Ph 2, 7) : acceptons, nous aussi, de nous laisser dépouiller d’un répertoire de chant, des amies de toujours pour l’après-messe, d’une chaise familière, d’un poulet que l’horaire dominical ne permet pas d’honorer. Dans le désert, Dieu pourvoit et celui qui fait confiance ne manque de rien.

Si notre dimanche est le temps particulier de la rencontre vraie avec le Christ, et avec lui seulement, dans le frère, la Parole et le Sacrement, nous pourrons vivre un carême de partage et d’attention aux autres, en fidèle ambassadeur de Jésus-Christ. Bonne route vers la Résurrection !

Abbé Guillaume Caous