Dimanche : l’entrée triomphale de Jésus dans Jérusalem Enregistrer au format PDF

Mercredi 1er avril 2020 — Dernier ajout mercredi 8 avril 2020
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Méditation de notre curé Guillaume Caous pour ce dimanche des Rameaux… sans rameaux !…

Dimanche des Rameaux

Mt 21, 1-10/ Is 50,4-7 / Ps 21 / Ph 2,6-11 / Mt 26, 14-66

Giotto

Nous sommes empêchés cette année de bénir nos rameaux. Mais nous pouvons relire le récit de l’entrée triomphale à Jérusalem et de la passion du Seigneur.

Alors que signifie ce rameau dans mon imaginaire religieux, puisque je n’en aurai pas pour l’instant ? Comment est-ce que je vis ce manque ? Dans l’angoisse ? La frustration ? Il me manquerait un grigri, un doudou, un porte-bonheur ? Oh que non. C’est plus que cela, et finalement être privé du rameau bénit pour un moment nous invite à mieux le considérer.

Il reste chez nous la croix, notre crucifix (s’il n’y est plus il est temps de le remettre). Nous avons tous chez nous des photos de ceux qui nous sont chers, des vivants, des défunts dont l’absence nous fait souffrir. En gardant leur photo sous nos regards, nous voulons montrer qu’ils sont présents et qu’au fond, nous savons bien qu’ils sont vivants, que leur absence ne ternit pas l’amour que nous leur portons.

Jésus nous a aimés jusqu’à la mort : voilà la source de tout amour. Saint Paul nous disait dans la deuxième lecture : « Lui qui était de condition divine, il n’a pas jugé bon de revendiquer le droit d’être traité à l’égal de Dieu ». Parce que lui, Jésus, le fils de Dieu, parce qu’il n’a pas craint de se faire homme, parce qu’il n’a pas craint de nous aimer jusqu’à la mort, les situations les plus angoissantes et les plus tragiques trouvent en lui leur espérance.

Ce n’est pas moche un Christ en croix : c’est le signe de l’amour de Dieu sans condition pour chacun de nous. Les personnes que l’on aime ne sont jamais laides. Si nous reconnaissons l’amour de Jésus pour nous, alors nous l’aimons lui aussi, et c’est bien ce que nous sommes venus lui dire en ouvrant ce message, en essayant de prendre du temps pour lui. Comment pourrions-nous lui dire : je t’aime bien mais je ne peux pas te voir ?

Posons-nous cette question de la place de Jésus dans nos vies. Pas seulement dans notre tête, pas seulement dans notre cœur : Jésus dans notre cuisine, Jésus dans notre chambre, Jésus dans nos carrefours, dans ce confinement qui est le nôtre et qui peut être une opportunité de nous retrouver avec lui nous aussi attachés à la croix. Il a voulu prendre notre humanité, toute notre humanité, jusqu’à la mort.

En glissant notre rameau sous notre crucifix plus tard, nous le laisserons prendre sa place dans tout ce qui fait notre humanité. Parce que nous, ses disciples nous marchons sur ses traces, ce rameau renouvelé chaque année nous rappelle que Dieu est toujours avec nous, dans les joies et dans nos peines : avec Isaïe, nous proclamons notre espérance, en contemplant notre crucifix, image d’un Dieu qui nous a rejoints, jusque dans l’abîme de la mort et de la séparation la plus totale : « Je sais que je ne serai pas confondu. »

Gloire à toi qui étais mort, gloire à toi qui es vivant, notre sauveur et notre Dieu, viens Seigneur Jésus, toi le grand vainqueur !

La croix fleurie proposée par Catherine

Un chant pour aujourd’hui et pour la Semaine Sainte :

https://www.youtube.com/watch?v=UdD...