5e dimanche de Carême : la résurrection de Lazare Enregistrer au format PDF

Mardi 24 mars 2020 — Dernier ajout mercredi 1er avril 2020
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Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

En ce temps-là, il y avait quelqu’un de malade, Lazare, de Béthanie, le village de Marie et de Marthe, sa sœur.
Or Marie était celle qui répandit du parfum sur le Seigneur et lui essuya les pieds avec ses cheveux. C’était son frère Lazare qui était malade.

Donc, les deux sœurs envoyèrent dire à Jésus : « Seigneur, celui que tu aimes est malade. » En apprenant cela, Jésus dit : « Cette maladie ne conduit pas à la mort, elle est pour la gloire de Dieu, afin que par elle le Fils de Dieu soit glorifié. »

Jésus aimait Marthe et sa sœur, ainsi que Lazare. Quand il apprit que celui-ci était malade, il demeura deux jours encore à l’endroit où il se trouvait. Puis, après cela, il dit aux disciples : « Revenons en Judée. » Les disciples lui dirent : « Rabbi, tout récemment, les Juifs, là-bas, cherchaient à te lapider, et tu y retournes ? » Jésus répondit : « N’y a-t-il pas douze heures dans une journée ? Celui qui marche pendant le jour ne trébuche pas, parce qu’il voit la lumière de ce monde ; mais celui qui marche pendant la nuit trébuche, parce que la lumière n’est pas en lui. »

Après ces paroles, il ajouta : « Lazare, notre ami, s’est endormi ; mais je vais aller le tirer de ce sommeil. » Les disciples lui dirent alors : « Seigneur, s’il s’est endormi, il sera sauvé. » Jésus avait parlé de la mort ; eux pensaient qu’il parlait du repos du sommeil.

Alors il leur dit ouvertement : « Lazare est mort, et je me réjouis de n’avoir pas été là, à cause de vous, pour que vous croyiez. Mais allons auprès de lui ! » Thomas, appelé Didyme (c’est-à-dire Jumeau), dit aux autres disciples : « Allons-y, nous aussi, pour mourir avec lui ! »

À son arrivée, Jésus trouva Lazare au tombeau depuis quatre jours déjà. Comme Béthanie était tout près de Jérusalem – à une distance de quinze stades (c’est-à-dire une demi-heure de marche environ) –, beaucoup de Juifs étaient venus réconforter Marthe et Marie au sujet de leur frère.

Lorsque Marthe apprit l’arrivée de Jésus, elle partit à sa rencontre, tandis que Marie restait assise à la maison. Marthe dit à Jésus : « Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort. Mais maintenant encore, je le sais, tout ce que tu demanderas à Dieu, Dieu te l’accordera. » Jésus lui dit : « Ton frère ressuscitera. » Marthe reprit : « Je sais qu’il ressuscitera à la résurrection, au dernier jour. » Jésus lui dit : « Moi, je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra ; quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais. Crois-tu cela ? » Elle répondit : « Oui, Seigneur, je le crois : tu es le Christ, le Fils de Dieu, tu es celui qui vient dans le monde. »

Ayant dit cela, elle partit appeler sa sœur Marie, et lui dit tout bas : « Le Maître est là, il t’appelle. » Marie, dès qu’elle l’entendit, se leva rapidement et alla rejoindre Jésus. Il n’était pas encore entré dans le village, mais il se trouvait toujours à l’endroit où Marthe l’avait rencontré. Les Juifs qui étaient à la maison avec Marie et la réconfortaient, la voyant se lever et sortir si vite, la suivirent ; ils pensaient qu’elle allait au tombeau pour y pleurer.

Marie arriva à l’endroit où se trouvait Jésus. Dès qu’elle le vit, elle se jeta à ses pieds et lui dit : « Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort. » Quand il vit qu’elle pleurait, et que les Juifs venus avec elle pleuraient aussi, Jésus, en son esprit, fut saisi d’émotion, il fut bouleversé, et il demanda : « Où l’avez-vous déposé ? » Ils lui répondirent : « Seigneur, viens, et vois. » Alors Jésus se mit à pleurer. Les Juifs disaient : « Voyez comme il l’aimait ! » Mais certains d’entre eux dirent : « Lui qui a ouvert les yeux de l’aveugle, ne pouvait-il pas empêcher Lazare de mourir ? »

Jésus, repris par l’émotion, arriva au tombeau. C’était une grotte fermée par une pierre. Jésus dit : « Enlevez la pierre. » Marthe, la sœur du défunt, lui dit : « Seigneur, il sent déjà ; c’est le quatrième jour qu’il est là. » Alors Jésus dit à Marthe : « Ne te l’ai-je pas dit ? Si tu crois, tu verras la gloire de Dieu. » On enleva donc la pierre. Alors Jésus leva les yeux au ciel et dit : « Père, je te rends grâce parce que tu m’as exaucé. Je le savais bien, moi, que tu m’exauces toujours ; mais je le dis à cause de la foule qui m’entoure, afin qu’ils croient que c’est toi qui m’as envoyé. » Après cela, il cria d’une voix forte : « Lazare, viens dehors ! » Et le mort sortit, les pieds et les mains liés par des bandelettes, le visage enveloppé d’un suaire. Jésus leur dit : « Déliez-le, et laissez-le aller. »

Beaucoup de Juifs, qui étaient venus auprès de Marie et avaient donc vu ce que Jésus avait fait, crurent en lui.

Homélie de notre curé, Guillaume Caous

L’évangile de la résurrection de Lazare qui nous est proposé aujourd’hui comme ultime étape des dimanches de carême nous renvoie à l’essentiel : Jésus est le maître de la vie car il est la vie. Il est le Seigneur de la vie car il en est l’auteur. Jésus sort son ami Lazare de son tombeau et manifeste ainsi sa puissance. Il montre ainsi que la vie humaine n’est pas faite pour se heurter à l’impasse de la mort. Pour celui qui croit en lui, il y a la promesse de la vie éternelle.

Le miracle qui nous est raconté aujourd’hui est tout différent de celui que nous vivrons dans 15 jours. Lazare a fini par mourir comme chacun d’entre nous mais le signe posé par Jésus aujourd’hui nous aide à grandir dans l’espérance de ressusciter un jour définitivement avec le Christ. La vie éternelle ne consiste pas en une reprise de la vie terrestre en mieux après un stand by de quelques années. La vie éternelle c’est de croître sans cesse dans l’amour de Jésus qui nous rend capable de dépasser les limites que notre nature humaine nous impose. « Moi, je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra ; et tout homme qui vit et qui croit en moi ne mourra jamais. » déclare Jésus à Marthe.

Jésus nous invite aujourd’hui à sortir de nos tombeaux pour passer avec lui de la mort à la vie. Le ‘Viens dehors’ de Jésus n’est pas un ordre de désobéissance qui nous est imposé, mais un ordre pour sortir de notre course matérialiste qui ne conduit qu’à la mort. Aujourd’hui encore il peut nous délivrer de ce qui nous entrave, comme Lazare autrefois avait les pieds et les mains attachés. Jésus nous donne d’être libres. Jésus nous donne de pouvoir décider notre vie avec lui sans que le monde nous conditionne, comme une glu qui nous retiendrait toujours, l’emprise de la chair dont parle saint Paul. Et ce don de la liberté dans le Christ répond à la supplication du psalmiste qui rejoint le cri de tout homme : des profondeurs je crie vers toi Seigneur ! Du fond de mon corps qui ne répond plus, englouti par les soucis qui me font perdre le cœur, accablé par les échéances à régler, j’ai besoin de toi Seigneur, toi seul peux me tirer du fond du trou.

Le Seigneur entend le cri de celui qui appelle, il vient le délivrer ; la vie des saints regorge d’exemples de cette confiance toujours exaucée. Et dans ses fils, qui sont comme son humanité continuée, Dieu répond dans l’ordinaire des jours à cette résurrection quotidienne que nous attendons, dans l’espérance de la résurrection pleine et définitive dans notre corps. ‘Déliez-le et laissez-le aller’, voilà l’injonction du Christ à son Eglise aujourd’hui : dénoncer ce qui lie les hommes et les réduit en esclavage, les délivrer mais les laisser libres de leurs mouvements. Il ne s’agit pas de penser le salut à la place de l’autre mais de lui donner les moyens de mettre en œuvre son salut et de lui donner les moyens de tenir debout sur ses propres jambes. Cherchons les Lazare à remettre en route aujourd’hui. Nous sommes le corps du Christ alors soyons à notre tour source de vie pour les hommes de ce temps. Amen

Le bouquet de ce dimanche

La préparation de cette messe par l’équipe liturgique de La Roche-Derrien

« Lazare, viens dehors ! »

Entrée : Sois fort, sois fidèle Israël (CFC-CNPL)
Accueil du célébrant
Etape pénitentielle : Pour les catéchumènes de la veillée pascale
PP : Enfant bien aimé de ton Père (cf ci-dessous)
Lecture 1 : Du Livre du Prophète Ezéchiel (3è, 1é-34) (Lecteur : Joëlle)
Psaume : Près du Seigneur est l’Amour, près de lui abonde le rachat. (Ps.129)
Lecture 2 : Saint Paul Apôtre aux Romains (8,8-11) (Lecteur Maryvonne)
Acclamation Evangile : Ta parole Seigneur est Vérité et ta loi délivrance !
Evangile
Homélie
Credo : Symbole des Apôtres
PU : Oh, Seigneur en ce jour, écoute nos prières (Lecteur : Michèle)
Offertoire : Silence
Sanctus : de Lourdes avec refrain en latin
Anamnèse : Il est grand le mystère de la foi…
Notre Père : Prier
Agnus : de Léon Guillou
Communion : Venez approchons-nous de la table du Christ
Envoi : Eürus an hini a garo Doue

Et pour les enfants

Partager avec les enfants la messe de dimanche prochain

Illustration : La Résurrection de Lazare de Duccio di Buoninsegna