2e dimanche de notre itinérance de Carême : L’Armor Enregistrer au format PDF

Dimanche 17 mars 2019 — Dernier ajout mardi 19 mars 2019
1 vote

Nous continuons notre itinérance de Carême, « à la diagonale maximale » de la semaine dernière où nous étions réunis à Cavan.

Historique de l’église de L’Armor

info document -  voir en grand cette image

L’église Notre-Dame de l’Armor, construction de 1932 qui mêle les styles classique et moderne, roman et celtique, est édifiée sur les plans de l’architecte James Bouillé. James Bouillé a fondé l’Atelier breton d’art chrétien en 1929 dans la foulée du Mouvement des Seiz Breur, et participe avec le peintre Xavier de Langlais à la rénovation de l’art sacré en Bretagne. On lui doit, entre autres, l’église de Loguivy-de-la-mer et la chapelle du collège Saint-Joseph à Lannion.

info document -  voir en grand cette image

La paroisse de L’Armor est créée le 24 octobre 1930. Le 8 juin 1932 est posée la première pierre. Le clocher, pourtant prévu, ne fut jamais construit. Cette création de nouvelle paroisse s’inscrit dans un désir du diocèse de rapprocher les églises des marins-pêcheurs, très nombreux à cette époque sur les côtes du département. Construite après la Loi de 1905, elle appartient à la paroisse.

Le 6 août 1944, l’abbé Le Floch, recteur de l’Armor, est tué dans son presbytère par un éclat d’obus lors des massacres de Creac’h-Maout. Il est enterré dans cette église.

L’homélie de Guillaume Caous, notre curé

Gn 15, 5-18 / Ps 26 / Ph 3, 17 – 4, 1 / Lc 8, 28-36

L’accomplissement de la promesse de la descendance à Abram passe par sa confiance en Dieu et par l’alliance célébrée. Nous aussi, un pays nous attend et une famille, alors nous est offert aujourd’hui encore le sacrifice de l’alliance. Une fois l’alliance conclue, chacun est invité à la vivre dans la confiance. Jésus a voulu la transfiguration pour que ses disciples tiennent bon quand viendrait le scandale de la séparation.

Cette gloire du Seigneur, elle sera la nôtre lorsque nous serons rassemblés au ciel dans la maison de notre Père. Et d’une certaine manière chaque messe est une transfiguration. Rassemblés sur la montagne, à l’écoute de la parole, nous reconnaissons le Fils unique. Mais il nous invite aussi à descendre pour accomplir notre tâche d’hommes, sûrs de son amour qui nous habite. Il veut que nous menions notre vie en l’assumant pleinement, chacun, de manière responsable et non pas sous la tutelle d’un Père éternel menaçant, mais en fils libres. Ainsi Jésus nous engage à être des disciples courageux, hardis à faire le bien et à annoncer la bonne nouvelle.

Le Seigneur attend de nous d’être des hommes et des femmes responsables, debout, comme lui, capables de tout voir par le prisme de la Résurrection qui transfigure toute chose, même la plus désespérée.

Ce siècle de sécularisation nous a bien fait descendre de la montagne et il nous a fourni de beaux témoignages chrétiens, comme celui de Bonhoeffer (*) qui a opté pour cette action libre contre le totalitarisme qui rongeait alors la société allemande. Il a vécu jusqu’au bout cette libre parole pour éveiller l’homme, le croyant, le chrétien à se donner pour tout perdre en Christ pour tout gagner. Il secoue l’apathie, le refus de se réformer en écrivant « La grâce à bon marché » est une grâce sans Christ, sans amour, sans la croix, « abstraction faite de Jésus-Christ vivant ressuscité ».

Le curé Guillaume Caous et le diacre Patrick-Charles Franqueville
Le curé Guillaume Caous et le diacre Patrick-Charles Franqueville

La grâce coûte cher puisqu’elle a coûté au Père son Fils unique, don de lui-même aux hommes, don d’amour et de miséricorde. « La grâce coûte cher, car elle contraint les hommes à se soumettre au joug de l’obéissance à Jésus-Christ ». Suivons le Christ là où il nous mène. Nous aussi sommes des fils, et pas moins. La liturgie de notre carême nous engage à la prière et à la liberté toute intérieure face à une société qui nous entraîne dans des actions contraires à notre conscience, à notre désir de le suivre vraiment. Osons dire notre foi d’homme et de croyants libres, par un oui qui soit oui, un non qui soit non, assumé personnellement, sans chercher à hurler avec la meute mais en discernant notre mission propre.

Fortifiés par la Transfiguration qui nous rassemble, grandissons à une foi adulte, autonome, dans une grande liberté humble à la suite du Christ. Il pousse à une foi adulte, réfléchie dans une recherche incessante de la Vérité en la volonté de Dieu pour le chemin de chacun en Église et dans le monde.

« En devenant majeurs, nous sommes amenés à reconnaître réellement notre situation devant Dieu. Dieu nous fait savoir qu’il nous faut vivre en tant qu’homme qui parvienne à vivre sans Dieu. Le Dieu qui est avec nous est celui qui nous abandonne (Mt 15,34) ». Cherchons à vivre d’une foi active et mature qui nous pousse à des actions responsables et libres dans la société dans laquelle nous évoluons, travaillons et vivons.

(*) Dietrich Bonhoeffer, né le 4 février 1906 à Breslau et mort, exécuté, le 9 avril 1945 au camp de concentration de Flossenbürg, en Bavière, est un pasteur luthérien, théologien, essayiste et résistant au nazisme, membre influent de l’Église confessante.

Voir ici quelques photos :
L’Armor