Histoire de l'origine des creches

Crèche de Lézardrieux

La crèche est l’une des formes de représentation de la Nativité du Seigneur. A l’origine, elle est très proche de l’Evangile : saint Luc (2, 1-20) pour la naissance de Jésus et saint Matthieu (2, 1-12) pour l’adoration des mages. Douze éléments apparaissent dans la tradition comme indispensables : évidemment la Sainte Famille, l’âne et le bœuf, les bergers et les moutons, un ange, les trois rois mages et l’étoile.

On retrouve des fresques paléochrétiennes, des mosaïques, des bas-reliefs dès le IIIème siècle. Au milieu du VIIème siècle, on a la trace de cérémonies de Noël célébrées à Sainte-Marie-Majeure à Rome autour de la relique du Saint-Berceau, offerte par saint Sophrone, patriarche de Jérusalem, au pape Théodore Ier.

Dès le haut Moyen âge, on joue sur les parvis des églises des mystères, représentations théâtrales racontant des épisodes de l’Evangile. Si la Passion est très souvent jouée, la Nativité l’est aussi. Les sculptures des chapiteaux, des autels sont fréquentes dans les églises romanes. Viendront aussi les vitraux, les peintures, les statues… Toutes ces représentations servent aussi d’enseignement.

Arrive saint François qui, retournant à Assise après un voyage en Terre sainte, passe par le village de Greccio, où il est frappé par la ressemblance de cette vallée avec les paysages autour de Bethléem. Les villageois lui montrent les grottes de la région et saint François a l’idée d’une crèche vivante dans ce lieu qui le touche vraiment. « Un bébé est déposé dans une crèche remplie de paille, un bœuf et un âne lui tenant compagnie. La nouvelle se répand au bourg proche et les villageois arrivent avec lumières et cierges. Un des frères franciscains célèbre la messe et François lui-même, ému jusqu’aux larmes, donne le sermon » (Thomas de Celano, biographe de saint François). Nous sommes en 1223. Les Franciscains vont développer cet usage rapidement à travers toute l’Italie et la Provence où ils sont nombreux. Petit à petit, à partir du XIVème siècle, on va créer de grands personnages en bois ou en terre qui permettent de « faire durer » ces représentations de la Nativité.

Crèche de Plougrescant
Crèche de Pleumeur

La première crèche miniature documentée historiquement apparait à Prague en 1562. Ce sont les Jésuites qui en diffusent l’usage dans un but de catéchèse. Le développement de l’horlogerie permet au XVIIIème la naissance de crèches « mécanisées ». Désormais, les personnages peuvent s’animer et fasciner le public, en principe pour entrer davantage dans le mystère

La Révolution ferme nos églises et interdit le culte. Les crèches, qui étaient jusque-là surtout dans les lieux de culte, disparaissent-elles ? Non, les crèches se développent à la maison, dans les familles. D’abord dans des boites en verre, façon diorama, personnages en cire, en mie de pain. Les décors, influencés par la fin du XVIIIème, sont souvent des rocailles, des ruines, des palais…

 

Les crèches provençales avec leurs « santouns » apparaissent à partir du Concordat (1802). Les personnages sont en plâtre, en terre crue ou cuite. La technique du moule permet un développement rapide. A partir de là, la crèche s’étoffe d’une multitude de personnages nouveaux : les personnages de la vie quotidienne, ceux de tous les métiers provençaux, on y trouve même des saints, saint François, saint Nicolas… Depuis, les santonniers créent de nouveaux santons chaque année.

Au XXème siècle, on assiste à des crèches géantes dans des lieux publics, chapiteau du Grand Cirque de France, parvis de l’Hôtel de Ville à Paris, par exemple. Malheureusement, les polémiques laïques du XXIème siècle sonneront la fin de ces initiatives…

 

Crèche de Pleubian

 

De toutes façons, le sens de la crèche c’est d’abord l’expression de l’amour de Dieu pour les hommes, lui qui nous envoie son Fils partager notre condition humaine dans la plus grande humilité. La crèche participe aussi à la joie de Noël lors de la mise en place en famille ou en paroisse. Elle permet ainsi la transmission, la catéchèse et l’évangélisation.

Mais n’oublions pas que la crèche la plus fidèle est celle qui vit dans notre cœur.

Véronique de Beauregard, Noël 2023

Crèche de Pommerit-Jaudy

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Crèche de Prat

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Crèche de Quemperven
Crèche de La Roche
Crèche de Tréguier
Crèche de Plouguiel
Crèche de Plougrescant

Devant la crèche …

J’ai demandé à l’âne de me donner la force de porter mes soucis et les inquiétudes de mes amis, tous ces ennuis qui pèsent sur mes épaules.

J’ai demandé au bœuf de me procurer sa chaleur pour que je puisse me réchauffer à son souffle des rigueurs de l’hiver et me consoler des séparations créées par l’éloignement.

J’ai demandé au mouton de ne pas être un mouton de Panurge qui suit bêtement le troupeau, mais un fidèle du Bon Berger qui guide vers les verts pâturages ; un mouton qui se méfie du faux berger, de l’imposteur et du facteur de fausses nouvelles.

J’ai demandé au berger de m’apprendre à lire dans la nuit le message des étoiles qui m’indique comment garder le cap de l’Espérance et suivre la route de la vraie Joie, de la seule Joie.

J’ai demandé à Joseph de me garder d’éclater en colère quand les choses ne vont pas dans mon sens, et de m’aider à ce que je me laisse plutôt garder par le silence de la patience et de la paix.

J’ai demandé à Marie de me pourvoir du courage de la nuance quand je juge les autres et les événements. Elle qui ne comprit pas toujours les agissements de son Fils, qu’elle m’instruise de sa sagesse consistant à faire la part des choses sans perdre de vue l’essentiel et en faisant confiance.

Michel Cool