Pèlerinage à Rome du 9 au 14 octobre 2017 (5/5)

jeudi 26 octobre 2017
par  Véronique de Beauregard
popularité : 7%

« La maison de mon âme est bien étroite et bien petite pour un aussi grand hôte que vous, ô mon Seigneur et mon Dieu ; mais je vous prie de l’accroître afin qu’elle soit capable de vous recevoir  ».
Saint Augustin, Confessions, chap. V.

 La Basilique Sainte-Marie Majeure

Façade de Sainte-Marie-Majeure
Façade de Sainte-Marie-Majeure

De frais matin, nous sommes partis à travers les rues en égrenant notre chapelet, comme la veille.

Sainte-Marie-Majeure est la plus ancienne des quatre grandes basiliques. La légende raconte que la Vierge, dans une apparition, demanda au pape de construire un sanctuaire en son honneur. Le lendemain matin, il avait neigé sur le mont Esquilin en plein mois d’août. Alors, le pape obéit à la Vierge et le premier nom de cette basilique fut « Santa Maria ad Nives », le même nom que notre église de Kerbors… Élevée par le pape Sixte III, elle fut consacrée à Marie, Mère de Dieu, par le concile d’Éphèse en 431.

Plafond de la basilique
Plafond de la basilique

L’intérieur de cette basilique, de proportions parfaites, divisé en trois nefs par quarante colonnes ioniques, est un bel exemple d’architecture chrétienne primitive. Malgré, une fois de plus, un plafond à caissons lourdement doré, on est saisi par la pureté du style. Au-dessus des chapitaux court entre les fenêtres une suite de mosaïques (Ve siècle) si fines qu’on croirait des peintures. À gauche, la Genèse, à droite, l’Exode.

Ciborium de la chapelle de Sixte V
Ciborium de la chapelle de Sixte V

Deux chapelles, surmontées de dôme, se font vis-à-vis. Dans l’une, bâtie sur un plan en croix grecque, appelée aussi Chapelle Sixtine (Sixte V), le Père Guillaume a célébré une messe. Au milieu de ces stucs et marbres, fresques et dorures, nous nous sommes recueillis.

Sous le baldaquin, dans la nef centrale, la « confession » abrite des reliques de la Crèche, morceaux de la mangeoire où fut couché l’Enfant-Jésus, conservés dans une urne d’argent, rapportés par sainte Hélène.

Le Père Guillaume nous a proposé de recevoir le sacrement de la réconciliation. Un confessionnal équipé d’une petite lumière rouge (!) avec un panneau qui indiquait qu’on y parlait français… un dominicain attendait. Pourquoi ne pas bénéficier de la miséricorde de Dieu, ici, à Rome ?

Très beau baptistère. Mais il est temps de partir pour Ostia Antica. Le car nous attend.

 Sur les pas de saint Augustin

Lorsque je m’étais inscrite à ce pèlerinage, je pensais que nous irions sur les pas de saint Augustin (354-430). Et plus je lisais sur lui, plus je me disais qu’il n’avait pas passé beaucoup de temps à Rome (une petite année, plutôt malheureuse). Il a surtout habité Milan où il s’est converti, grâce à l’enseignement de saint Ambroise, évêque du lieu et Père de l’Église, et sûrement grâce aux prières de sa mère, sainte Monique. Il ne doit pas rester grand-chose de son passage là-bas… Cela m’avait ouvert l’appétit pour les fresques de San Gimigniano près de Sienne, où une église lui est consacrée, mais ce n’était pas au programme. Alors, va pour Ostia Antica. Augustin, ses amis et sa mère y ont passé une année à attendre un hypothétique bateau pour l’Afrique, en raison d’un blocus. Monique, malheureusement, y tomba malade et mourut (387). Nous avions vu son tombeau dans l’église Saint-Augustin à Rome.

Penseur exigeant, Augustin met l’accent sur la grâce divine qui aide l’homme à gagner son salut et il met au premier plan le concept d’amour dans la religion chrétienne.

Ici, à Ostie, nous avons eu une guide spécialisée qui était très calée sur la vie quotidienne de l’époque. Elle a été passionnante. Ostia Antica montre les ruines de la ville antique qui fut le principal port de Rome. À l’embouchure du Tibre, on y changeait de bateau pour remonter les marchandises jusqu’à Rome et les décharger sur les quais du Trastevere ou de l’île Tibérine. Le développement de cette ville fut toujours le reflet de celui de Rome : port militaire lorsque Rome se lançait à la conquête de la Méditerranée, port de commerce lorsqu’elle organisait rationnellement son économie. Aujourd’hui, à cause des alluvions du Tibre, Ostie se trouve à 2 km de la mer et le lit du Tibre s’est déplacé plus au nord.

Promenade à Ostie
Promenade à Ostie
Basilique d'Ostie
Basilique d’Ostie

Une multitude de boutiques s’alignaient le long des rues, les locaux des différentes corporations étaient groupés à proximité du forum, les entrepôts étaient installés au bord du Tibre et les quartiers résidentiels s’étendaient vers la mer. Il reste surtout des ruines mais on peut quand même s’y croire !

Ne le dites personne, mais je pense que notre guide spirituel, le Père Guillaume, a été un peu déçu que nous ne visitions pas les restes de la basilique chrétienne primitive, qui n’étaient pas dans le périmètre choisi par la guide. Voici ce qu’il en reste. (Je n’ai pas l’habitude de montrer des photos de ce que nous n’avons pas vu…, mais bon…) La légende de la photo dit : « Partie d’un édifice chrétien du IVe siècle, comprenant des nefs séparées par des colonnes, une abside et un baptistère…  ».

Ce qui m’a plu, dans cette visite, c’est que nous avons foulé les mêmes pavés que Pierre, Paul, Augustin, Monique et les autres, puisque ce port était le seul accès à Rome pour toute la Méditerranée.

Nous voici dans l’amphithéâtre, très bien conservé. (Le théâtre, pas nous !)

Sur les marches de l'amphithéâtre
Sur les marches de l’amphithéâtre

 Le Trastevere

…nous avons découvert un petit « tempietto » charmant…De retour à Rome, le bus nous a laissés en haut du Janicule, l’une des sept collines de Rome (magnifique vue sur toute la ville), et nous sommes descendus à pied vers le Trastevere, quartier situé sur la rive droite du Tibre (Tevere). En descendant, nous avons découvert un petit tempietto charmant, près de l’église San-Pietro-in-Montorio. Ce petit temple miniature est l’œuvre de Bramante (1499). Exercice préparatoire pour une œuvre de plus grande envergure ? Sans doute.

Historiquement le Trastevere fut peuplé d’artisans et de petits commerçants, attirés par la proximité des ports. Puis, les transtévérins acquirent la réputations de « solides gaillards » un peu révolutionnaires, bref, des râleurs. Aujourd’hui piétonnier, le Trastevere est un quartier bruyant, jovial, peut-être un peu « bobo ». Les restaurants, les artisans, les artistes, la mode se partagent les boutiques : une branchitude sympathique.

Abside
Abside
Arc triomphal
Arc triomphal

Nous avons d’abord visité la basilique Santa-Maria-in-Trastevere . Beau plan basilical, réemploi de colonnes antiques, plafond du XVIIe magnifique, mais c’est surtout les mosaïques de l’abside qui ont retenu notre attention. Réalisées à la construction de la basilique, au XIIe, elles sont à la gloire de Marie. D’influence très byzantine, la Vierge est parée comme une impératrice et les autres personnages sont un peu figés, mais le geste du Christ envers sa mère qui partage son trône et qu’il entoure de son bras est touchant. Les mosaïques de l’arc triomphal sont de la fin du XIIIe, remarquables par leur finesse. Mais, vite, il faut aller à l’église suivante !

Ensuite, nous avons vu l’église San-Francesco a Ripa. C’est l’église des religieux de l’ordre de saint François d’Assise. Remarquable est la statue de la bienheureuse Ludovica Albertoni, sculptée par Le Bernin. Nous avons aussi été prier dans une cellule qui fut occupée à plusieurs reprises par saint François d’Assise, lors de ses voyages à Rome.

Bienheureuse Ludovica Albertoni, religieuse
Bienheureuse Ludovica Albertoni, religieuse

La dernière église fut Santa Cecilia in Trastevere. On a d’abord l’impression d’entrer dans une villa romaine particulière, jardin, péristyle. L’église, remaniée à plusieurs reprises jusqu’au XVIIIe, montre de belles mosaïques, toujours d’influence byzantine, un magnifique ciborium (fin XIIIe). Mais le clou de la visite est une statue de sainte Cécile de Stefano Maderno (1599). Le sculpteur la représente telle qu’on la trouvée, sept siècles après son martyre, couchée dans son sarcophage. Là, la finesse du ciseau montre un travail sur la transparence du linceul et la souplesse des tissus absolument exceptionnel.

Sainte Cécile
Sainte Cécile

La fin du voyage approche : un dernier dîner place Sant’ Egidio, une soirée au bord du Tibre face à la petite île Tibérine, assis sur les marches d’une église qu’on n’avait pas visitée, pas loin d’un musicien qu’on n’a pas écouté, à côté de jeunes à qui on n’a pas parlé, chantant des cantiques bretons qu’on a bien aimés, un verre de Limoncello qu’on a bien siroté…

Pèlerins de notre communauté Saint-Tugdual
Pèlerins de notre communauté Saint-Tugdual

Il me reste justement à vous parler de notre « petit troupeau ». Certains venaient de l’ancienne paroisse du Père Guillaume, d’autres du Finistère mais notre communauté pastorale était largement représentée. Si le groupe semblait un peu hétérogène au départ, bien que tous liés par un désir de péleriner à Rome, tout s’est harmonisé rapidement. Pour cela, Guillaume nous avait demandé deux choses :

  • être attentif à ses voisins,
  • à chaque repas, s’asseoir à côté de quelqu’un qu’on ne connaissait pas…

Je peux vous dire qu’à la fin de la semaine, tout le monde se connaissait, des amitiés se sont nouées, et le respect les uns pour les autres était visible. Cette habitude devrait être la norme dans tous les voyages de groupes, c’est vraiment enrichissant.

Chacun d’entre nous a vécu son chemin spirituel pendant ces cinq jours, mais en repartant de Rome, nous nous sentons tous appartenir davantage à l’Église universelle.

« Le récent pèlerinage à Rome a souligné le caractère catholique de notre foi qui peut être compris de deux façons : rassembler la totalité de la communauté humaine, d’un bout du monde à l’autre, d’un bout du temps à l’autre, et rassembler la totalité de la foi en chaque fidèle ».
Abbé Guillaume Caous, édito du Mouezh Sant-Tugdual, novembre 2017.

Je voudrais ici, au nom de tous, redire un merci chaleureux à notre curé Guillaume Caous pour son encadrement religieux, pour sa sensibilité artistique et sa connaissance approfondie de Rome. Je n’ai pas beaucoup cité notre accompagnatrice, Patricia Aveline, du Service diocésain des pèlerinages, alors que sa présence non seulement a été indispensable pour le côté touristique et pour la logistique, mais son charme, ses connaissances, sa patience et sa gentillesse ont été si importants pour la réussite de notre pèlerinage. Si elle organise un autre voyage en Italie, en Toscane, par exemple, je repars avec elle. Pas vous ? Je voudrais aussi remercier Philippe Giron, diacre, spécialiste des sites web de notre diocèse, qui a mis en ligne ces reportages.


Documents joints

Téléchargez l'article Pèlerinage à Rome (...)

Commentaires

Pèlerinage à Rome du 9 au 14 octobre 2017 (5/5)
mercredi 1er novembre 2017 à 14h47 - par  Anne et Jean-Claude GEFFROY

Merci Véronique pour ce reportage qui nous fait revivre ce beau pèlerinage.
Merci à Guillaume et Patricia pour la richesse de tout ce qu’ils nous ont transmis tant spirituel que connaissances artistiques et historiques.

Pèlerinage à Rome du 9 au 14 octobre 2017 (5/5)
jeudi 26 octobre 2017 à 19h56 - par  Danièle et Jacques

Reportage aussi complet qu’apprécié ; on n’avait pas tout retenu ! Merci Véronique. Merci Guillaume. Merci Patricia. Et au prochain !

Pèlerinage à Rome du 9 au 14 octobre 2017 (5/5)
jeudi 26 octobre 2017 à 17h46 - par  Guillaume Caous

Merci Véronique pour ce beau reportage à la fois très personnel et très pro

Site web : Guillaume Caous
Bouton Contact image Jésus
Bannière denier

Facebook

Statistiques

Dernière mise à jour

lundi 20 novembre 2017

Publication

316 Articles
Aucun album photo
Aucune brève
1 Site Web
152 Auteurs

Visites

39 aujourd’hui
143 hier
208502 depuis le début
2 visiteurs actuellement connectés