Prier le chapelet-6

mercredi 31 mai 2017
par  C P Saint-Tugdual
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IL MANQUAIT DEUX GRAINS À MON CHAPELET

Après une longue période de désert et des épreuves familiales, je me suis remise à la prière. Ne sachant plus trouver au fond de mon cœur des mots personnels, j’ai d’abord essayé les psaumes, j’en avais gardé un bon souvenir et j’avais encore un petit livret dans ma bibliothèque. Mais ça, c’était avant. Là, c’était bien trop difficile pour une revenante comme moi.
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Alors, je me suis tournée vers la Vierge Marie et sa tendresse de mère. Cela me paraissait un chemin plus accessible. Je lui ai demandé d’intercéder pour moi auprès de son Fils, qu’Il me redonne cet amour que j’avais oublié, gâché. Je ne pouvais plus alors faire l’impasse sur le chapelet, j’étais coincée ! J’en avais pourtant de mauvais souvenirs : la prière de ces vieilles femmes, entortillées dans leurs châles noirs, qui marmonnaient à longueur de messe leurs « avés » inaudibles, ne me semblait pas capable de dilater mon cœur et d’en extraire un début de renouveau, et surtout, je leur reprochais de faire passer leur mélopée avant le Sacrifice de la Messe, autrement plus important à mes yeux…
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J’ai commencé, seule, à la maison. C’était très austère. Ces répétitions de mots me paraissaient stériles, ma prière était centrée sur moi-même et sur mes problèmes, je n’en sortais pas. Et puis, j’ai trouvé dans une chapelle un petit dépliant qui présentait les différents mystères que l’Église propose pour accompagner le rosaire. Presque pour chaque mystère, il y a une référence biblique. Aïe, aïe, aïe, j’avais bien un Nouveau Testament, mais impossible de remettre la main sur la bible familiale ! « Empruntée » par les enfants ? Supposition pleine d’espérance ! Enfin, puisque j’avais décidé de rentrer dans la prière sérieusement, je me suis munie d’une nouvelle bible, en édition de poche cette fois-ci, pour pouvoir l’emporter partout. Et là, j’ai été émerveillée : la prière, relayée par les textes sacrés et par les intentions proposées dans le petit fascicule, devenait compréhensible, logique et harmonieuse. Évidemment, il fallait y consacrer nettement plus de temps.
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Un chapelet ? J’ai retrouvé, soigneusement rangé dans un tiroir, le chapelet de ma première communion, ivoire jauni, métal noirci. Manquaient deux perles : un « Je vous salue Marie » et un « Gloire au Père ». Qu’à cela ne tienne, je pouvais quand même m’en servir. Mais, chaque fois que j’arrivais aux deux grains manquants, je me disais : « Tu vois, si tu n’avais pas abandonné cette prière pendant si longtemps, ce ne serait pas arrivé. Quand on respecte un objet de ce genre, on le surveille, on l’entretient, on le garde ». Chaque fois… Le rappel était un peu rude, mais bien mérité.
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La prière solitaire, c’est bien, mais je savais que la prière avec d’autres, c’est mieux : « Car là où deux ou trois se trouvent réunis en mon nom, je suis au milieu d’eux » (Matthieu 18, 20). Alors, un jour, je me suis lancée pour aller dire un chapelet dans une église. Je me souviens que c’était le jour de la fête de la Nativité de la Vierge. Des petites vieilles ânonnant leurs « avés », je n’en ai pas vu une seule. J’avais dû les rencontrer dans la littérature ou bien elles sont toutes au Paradis ! J’ai vu des gens normaux, pleins de Foi, récitant en chœur, d’une façon audible et énergique leur chapelet. Ils sont devenus des modèles pour moi.
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Depuis, j’ai progressé. Une amie m’a rapporté de Bethléem un chapelet en bois d’olivier, solide et tout simple. Adieu les espaces vides qui me culpabilisaient tant ! Ma prière peut maintenant se joindre à celle des autres et monter vers Marie qui va la transmettre au Père. Les mystères m’aident à revisiter régulièrement la vie de Son Fils et à redécouvrir Son Amour pour moi. Il y a aussi cette mélodie qui clôture chaque dizaine, le « Gloire au Père, au Fils et à l’Esprit », un beau refrain, une louange renouvelée au mystère de la Sainte Trinité. Et je peux maintenant prier pour les autres.
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Mais surtout ne croyez pas que ce soit facile : il y a des jours où je n’ai ni l’envie, ni le temps, ni l’amour… Mais je suis confiante pour l’avenir, grâce à Marie.
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Françoise


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dimanche 22 octobre 2017

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