La miséricorde de Dieu

mardi 21 avril 2009
par  Jeanine Lefèvre
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On parle maintenant, et heureusement, de la Miséricorde de Dieu. Mais je suis d’une génération où on parlait davantage de la justice de Dieu, une justice qui en fait était à l’image de la justice humaine. Je me souviens que l’établissement privé où j’ai fait mes études programmait à chaque rentrée scolaire une retraite de quelques jours dont le dernier était réservé au péché et son châtiment suprême : l’enfer. On nous parlait peu de l’amour de Dieu. Jésus bien sûr avait donné sa vie pour nous mais le Père ? Personnellement je le voyais me surveillant sans bienveillance et sanctionnant mes moindres incartades. Le pire c’était que rien ne pouvait lui échapper. Quand il nous arrivait un pépin quelconque on nous disait « C’est le Bon Dieu qui t’a puni » ! Il y avait bien la confession, beaucoup plus pratiquée que maintenant mais là aussi on oubliait de nous parler de l’attente douloureuse du Père qui guettait anxieusement le retour de son enfant pour lui ouvrir les bras. On comptabilisait tout, les péchés et les bonnes actions et si celles-ci l’emportaient nous avions droit au salut. Où se trouvait la place de l’amour ?

J’ai consulté un dictionnaire biblique pour savoir d’où venait le mot miséricorde. Il vient du mot latin misereri , avoir compassion et cordis , le cœur. C’est le cœur de Dieu qui a compassion de l’homme. C’est le cœur de Dieu qui rejoint la souffrance humaine. La miséricorde, ajoute le dictionnaire, est une vulnérabilité de l’être profond à la souffrance de l’autre, une bienveillance fondamentale qui veut du bien à l’autre. Lors d’une retraite, le prédicateur nous disait : « la miséricorde est cette puissance particulière de l’amour plus fort que mon péché, la miséricorde c’est l’amour au cœur même de mon péché. Mes péchés ne sont qu’une méchanceté limitée, la miséricorde est illimitée. Au péché qui est chute répond l’amour qui est descente et la miséricorde descend toujours plus bas que la descente de l’homme. ». Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus disait « Moi si j’avais commis tous les crimes possibles, je garderai toujours la même confiance, car je sais bien que cette multitude d’offenses n’est qu’une goutte d’eau dans un brasier ardent ». Dieu sait beaucoup mieux que nous les dégâts causés en nous par le péché et il fait tout pour guérir la blessure que celui-ci a provoquée.

Il y a maintenant presque trente ans que mon mari et moi avons découvert les groupes de prière, je ne savais pas alors ce qu’était la miséricorde de Dieu. C’est pourtant primordial de la découvrir pour progresser dans la vie spirituelle. En effet Jésus est venu sur terre nous révéler l’amour du Père. Nous sommes des fils et des filles de Dieu et nous sommes invités à répondre à son amour, en faisant tout, non pas par intérêt ou par devoir, mais par amour pour lui. Nous ne sommes pas des esclaves agissant uniquement dans la crainte du châtiment ou dans l’espoir d’une récompense. Mais nous sommes appelés à découvrir peu à peu la tendresse d’un Dieu qui nous a crée par amour et pour l’amour. Saint Paul nous dit dans 1 Corinthiens 13 «  L’amour jamais ne passera ». Mais comment répondre à cet amour si nous avons peur de Dieu, peur d’un juge intransigeant ? Comment l’aimer si nous ne connaissons pas les qualités de Dieu, si son image est totalement déformée ? Nous connaissons autour de nous une désaffection de plus en plus grande des baptisés pour l’église, pour la foi et notre souffrance à nous parents est bien de voir nos enfants abandonner ce qui fait le cœur de nos vies. L’autre jour j’ai assisté à une réunion où le prêtre nous posait cette question « Mais pourquoi tant d’indifférence ? ». Pour moi, il me semble que l’ignorance de qu’est réellement Dieu Père à cause des caricatures qu’on en a fait, est l’une des raisons. A une retraite à laquelle j’ai participé il y a plusieurs années, j’ai été très touchée par le témoignage d’une femme d’une soixantaine d’années qui venait pendant cette retraite de découvrir l’amour du Père. Un peu dure d’oreille, elle avait du mal à participer aux réunions. Peu instruite, elle avait eu une enfance difficile avec un père très dur, autoritaire ; par la suite sa vie conjugale avait été rude ; très timide, peu à l’aise avec d’autres personnes, elle était assez triste. Et voilà qu’à la fin de la retraite, elle osait témoigner en disant : « Ma vie a été difficile, maintenant je suis seule, mon mari est mort, j’ai beaucoup travaillé, beaucoup peiné, mais je ne regrette rien de ma vie tellement la découverte de l’amour de Dieu Père ces jours ci me remplit de joie ». Elle était rayonnante. Et cette découverte n’est jamais terminée car Dieu est infini et plus nous avançons en âge, si nous nous laissons faire par la grâce, plus notre joie s’affirmera. Jésus nous le dit « Ah si tu savais le don de Dieu ! ». Le don de Dieu c’est lui- même. Oui si les hommes savaient à quel point Dieu Père les aime ! Au point d’envoyer Jésus, son Fils bien-aimé sur terre en sachant les risques qu’il encourrait.

Il faut savoir que si nous avons eu des relations difficiles avec notre père de la terre, nous aurons difficulté à découvrir l’amour de Dieu Père. Nous projetterons sur lui les sentiments que nous avons développés envers notre père terrestre. Il faut demander à Dieu de nous guérir des souvenirs douloureux que nous avons gardés pour pouvoir recevoir sa miséricorde. Je parle souvent de Thérèse de l’Enfant Jésus car elle a été une passionnée de Dieu. Elle avait avec son père terrestre une relation privilégiée qu’elle a transposée sans difficulté dans sa relation avec Dieu Père. Si tel n’est pas le cas pour vous, demandez lui d’intercéder pour recevoir cette grâce.

Pour mieux nous faire comprendre à quel point Dieu est miséricordieux, Jésus nous a laissé la Parabole de l’enfant prodigue. Vous la connaissez : ce fils qui part de la maison en emportant son héritage pour être libre…et qui perd tout en faisant la fête. Tombant dans une grande détresse, il revient … Luc nous dit « comme il était encore loin, son père l’aperçut et fut pris de pitié : il courut se jeter à son cou et le couvrit de baisers. Le fils lui dit : « Père j’ai péché envers le ciel et contre toi. Je ne mérite plus d’être appelé ton fils » Mais le père dit à ses serviteurs : « vite, apportez la plus belle robe, mettez lui un anneau au doigt, des sandales aux pieds. Amenez le veau gras, tuez le, mangeons et festoyons, car mon fils que voici était mort et il est revenu à la vie, il était perdu et il est retrouvé » Imaginez la scène : le père accablé en pensant à son fils perdu loin de lui ; il guette chaque jour espérant le voir revenir et sitôt qu’il l’aperçoit, il ne reste pas à l’attendre. Il a une hâte fiévreuse de serrer son fils dans ses bras, il court et le couvre de baisers. Le fils veut s’expliquer, reconnaît qu’il ne mérite plus l’amour de son père mais celui-ci ne le laisse pas parler et le rétablit immédiatement dans son statut de fils, avec les prérogatives d’un fils. Il a suffit, mais c’est la condition indispensable, que le fils revienne à la maison, avoue sa détresse pour que le cœur de miséricorde de son père déborde de tendresse. Alors le cœur du fils assez fermé jusque là, en découvrant de quel amour il est aimé, ce cœur va s’ouvrir et accueillir l’amour de son père. Nous avons beaucoup de mal à croire à la miséricorde de Dieu parce que notre cœur n’est pas bon. Je me souviens d’un chrétien trouvant que le père exagérait qui m’avait dit « Oui bien sûr, c’est très beau mais sans doute qu’après la fête le père a pris son fils entre quatre’yeux pour lui faire la morale ! et lui dire ses quatre vérités ! »

Il nous faut nous aussi expérimenter notre extrême faiblesse devant les tentations, reconnaître notre mal profond, le présenter au regard de Dieu et le laisser nous réconcilier avec lui. Nous faisons sa joie en revenant vers lui. Le péché nous sépare de lui, en prendre conscience en revenant vers notre père, l’efface. Comme le dit David, qui avait péché gravement en commettant l’adultère,dans le psaume 51 « Aie pitié de moi, mon Dieu selon ta fidélité, selon ta grande miséricorde, efface mon péché ». Isaïe 38, 17 écrit « Tu as jeté derrière toi tous mes péchés »

La découverte de la Miséricorde de Dieu va nous permettre de redresser notre comportement par rapport à nos fautes. Quand nous considérons Dieu comme un juge, nous nous sentons coupable par rapport à une loi et le sentiment de culpabilité nous éloigne de lui, surtout quand il s’agit de fautes répétitives. Le sentiment de culpabilité que nous ressentons n’est pas la même chose que le regret de l’avoir peiné. En fait nous sommes déçus de nous-mêmes, humiliés de retomber toujours et pour ne pas ressentir cette gêne on préfère s’éloigner de lui. Notre orgueil est blessé. Nous avons une idée fausse de la sainteté qui s’apparente davantage au perfectionnisme, qui est un lien, qu’à la longue marche du pécheur qui tombe, se relève, confiant dans la miséricorde de son Dieu. On croit même que le saint est parfait et conduit sa vie sans problème, sans tentations, en somme, désincarné. On voit bien récemment après les confessions de l’Abbé Pierre ou de sœur Emmanuelle, et même Mère Térésa, que les chrétiens sont décontenancés de découvrir des êtres fragiles, comme eux, des êtres pécheurs comme eux. Ils sont déçus et ne comprennent pas que le saint n’est pas celui qui n’a pas de tentations c’est celui qui, lucide sur lui-même, lutte parfois avec succès, parfois avec échec contre le mal dont il est habité mais qui surtout ne désespère jamais car il est sur que Dieu ne lui refusera jamais son pardon. La culpabilité traduit notre doute vis-à-vis de la miséricorde du Seigneur. On pense qu’il ne peut pas nous pardonner.
J’ai connu une personne très bien qui était liée par l’alcool. Elle essayait loyalement de se débarrasser de ce lien et elle y parvenait souvent. Mais lorsqu’il lui arrivait de tomber, elle était tellement humiliée qu’elle n’osait plus s’approcher du Seigneur, persuadée qu’il ne pouvait pas lui pardonner, qu’elle n’était plus digne d’être aimée de lui. Elle avait honte. En fait c’est de l’orgueil : on voudrait être irréprochable. Si nous acceptons d’être faible, nous accepterons d’être aidés et nous aurons une reconnaissance éperdue envers celui qui seul peut nous sauver et nous serons dans la paix car nous mettrons notre confiance non pas en nous-mêmes si faibles mais en Dieu qui est notre force. Un aumônier de prison interviewé par un journaliste, répond « l’amour de Dieu est beaucoup plus grand que nos saletés. Lorsque Jésus va chez Zachée, il ne regarde pas le voleur, mais la personne. C’est alors que le bonhomme lâche ses trafics et devient lui-même. Ce qui guérit, ce qui sauve c’est l’amour.

C’est par l’ouverture de notre faiblesse que la miséricorde s’engouffre. Reconnaître ses faiblesses simplement, les présenter au Seigneur, savoir qu’on peut s’appuyer non pas sur soi-même mais sur lui qui ne se dérobera pas, c’est tout simplement marcher sur un chemin de conversion, rude sans doute, mais tellement encourageant car nous savons que ce que nous ne pouvons pas faire, la Miséricorde de Dieu peut l’accomplir. Saint Paul 2 Corinthiens 12, 7 et la suite écrit « pour m’éviter tout orgueil, il a été mis une écharde dans ma chair. Par trois fois j’ai prié le Seigneur de l’écarter de moi. Mais il m’a déclaré « Ma grâce te suffit ; ma puissance donne toute sa mesure dans la faiblesse » Ainsi ajoute Paul « je mettrai mon orgueil bien plutôt dans mes faiblesses afin que repose sur moi la puissance du Christ » Dieu ne peut venir que dans un cœur humble, pauvre qui accepte de reconnaître sa misère, son péché, afin que le Seigneur vienne le sauver.

Rappelez vous la parabole du pharisien et du publicain que Jésus racontait pour « certains hommes qui étaient convaincus d’être justes et qui méprisaient tous les autres : « deux hommes montèrent au temple pour prier. L’un était pharisien, l’autre publicain.
« je te rends grâce de ce que je ne suis pas comme les autres :voleurs, injustes, adultères Je jeûne deux fois la semaine et je verse le dixième de tout ce que je gagne
 » sous entendu, j’ai le droit au salut. Je, je, je…Cet homme est rempli de lui-même, il ne se remet jamais en cause,. Ce qu’il dit est vrai, il prie, il jeûne, il est honnête mais il pense ne pas avoir besoin du pardon de Dieu puisqu’il se croit parfait. Il ne peut pas recevoir le pardon puisqu’il ne se reconnaît pas pécheur. L’une de mes découvertes quand j’ai rencontré les groupes de prière, a été de prendre conscience à quel point j’avais besoin d’être sauvée. Autrefois on a souvent ironisé sur la façon dont des chrétiens fidèles pouvaient se confesser. « Je n’ai pas tué, je n’ai pas volé, alors je ne sais pas quoi dire ! » Ne pas reconnaître son péché c’est se mettre hors d’atteinte de la miséricorde de Dieu. Examinons vraiment, sincèrement comment nous nous percevons par rapport à notre péché. N’ayons pas peur de faire la lumière en nous.

Le publicain, lui, petit et humble, se tient loin et n’ose pas lever les yeux vers le Seigneur car il prend conscience de sa pauvreté, il ne revendique rien mais se frappe la poitrine et implore la miséricorde, sachant qu’il doit tout à son Dieu. Et Jésus conclut « Quand le publicain rentra chez lui, c’est lui qui était devenu juste, et non pas l’autre. » Cet évangile est un avertissement pour les bien pensants, sincères sans doute, respectueux de la légalité, persuadés qu’ils n’ont rien à se reprocher donc dans l’impossibilité de progresser. Reconnaître sa misère, implorer l’aide du Seigneur parce qu’on se sent pauvre, cela nous rend vigilant pour accueillir les grâces de conversion qu’il veut nous donner. Au pauvre qui tend la main Dieu donne en abondance.
Reconnaître sa pauvreté nous introduit aussi dans l’espérance et l’espérance n’a pas de limite puisqu’elle puise dans le Seigneur. Sainte Thérèse disait « Ma folie à moi c’est d’espérer ».

Découvrir la Miséricorde de Dieu va donc augmenter notre confiance en lui. Sainte Thérèse disait que ce qui blessait le plus le cœur de Dieu c’était notre manque de confiance. S’appuyant sur son amour miséricordieux, nous vivrons jour après jour, délivrés de nos peurs, de toutes nos peurs et elles sont multiples et paralysantes. Nous n’aurons plus peur de Dieu ni de ses exigences car nous savons qu’il nous donne la force et la grâce voulues pour réaliser ce qu’il nous demande. Nous n’aurons plus peur de son jugement car nous aurons une confiance sans limite en sa miséricorde. Nous n’aurons plus peur de l’avenir car nous savons qu’il prend soin de nous. Nous n’aurons plus peur de la mort car nous savons que celle-ci est la rencontre avec la tendresse de Dieu. Sûrs de son amour, nous vivrons, même nos épreuves, dans la sérénité. Nous avons la certitude qu’il ne nous abandonnera pas. Le verset 4 du psaume 23 nous l’affirme : « Passerai-je un ravin de ténèbres, je ne crains aucun mal car tu es près de moi ». Certes nous n’allons pas échapper aux difficultés, aux échecs, à la souffrance, à la mort : Jésus, Marie, les apôtres ont eu le même sort que nous, mais nous ne serons pas écrasés, nous resterons debout et nous savons que nous ressusciterons comme le Christ.

Jésus est venu nous révéler son Père mais pourtant dans l’Ancien Testament, les prophètes avait déjà annoncé ce Dieu plein d’amour. Toute l’histoire de l’Ancien Testament raconte l’aventure d’un Dieu qui veut sauver son peuple lequel se détourne de lui, l’abandonne pour adorer les idoles. Alors les prophètes vitupèrent, menacent pour ramener les égarés. « Revenez, crient-ils car Dieu pardonne toujours à celui qui se repent »Le texte est parcouru par les cris de colère d’un Père qui souffre de voir ses fils se perdre, comme on le fait nous aussi quand nos enfants déraillent, en alternance avec des déclarations de tendresse touchante. Plusieurs textes et entre autre le psaume 86 nous rappelle que Dieu « est lent à la colère et plein d’amour ». et puis parfois Dieu , comme des parents qui égrènent les souvenirs attendrissants de la petite enfance de leur fils ou de leur fille, il laisse poindre sa tendresse en rappelant combien il a aimé ce peuple. : par exemple dans Osée 11,3 le Seigneur dit « C’est moi qui leur avait appris à marcher (à son peuple) en les prenant par les bras… Je les menai avec des attaches humaines, avec des liens d’amour, j’étais pour eux comme ceux qui soulèvent un nourrisson contre leur joue ». Isaïe 49, 15 «  Une femme oublie –t-elle son nourrisson, oublie –telle de montrer sa tendresse à l’enfant de sa chair ? Même si celles là oubliaient, moi, Yaweh je ne t’oublierai pas ! Vois, je t’ai gravé sur la paume de mes mains ». Nous aurons un temps d’adoration tout à l’heure et ces paroles bouleversantes qui nous sont adressées, à chacun de nous, peuvent nous aider à réchauffer notre indifférence. .

Jésus n’est pas venu abolir la loi mais la parfaire. Matthieu 5 38 « Vous avez appris dit-il qu’il a été dit « œil pour œil, dent pour dent ». La loi de Moïse nous semble parfois loin de la miséricorde ! En fait cette loi était un progrès pour les hommes de cette époque car lorsqu’on leur volait un mouton, ils se vengeaient en faisant une razzia, mettant tout à sac. Moïse leur dit « si on vous vole un mouton, ne reprenez qu’un mouton, pas plus. » Dieu est un éducateur qui ne demande que ce que le peuple peut faire. Mais Jésus, lui, va plus loin il vient nous apprendre à agir comme notre Père, avec miséricorde. Dans Luc 6 ,36 Jésus dit « Soyez miséricordieux comme votre père est miséricordieux » Il vient nous montrer le chemin de la conversion. Il nous demande d’accueillir la miséricorde de Dieu afin d’agir avec miséricorde envers nos frères. Rappelons la redoutable demande du notre Père « Pardonne nous comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés » Matthieu 5,44 . « Aimez vos ennemis, priez pour ceux qui vous persécutent, afin d’être vraiment les fils de votre Père qui est aux cieux. » et Pierre, habitué à la loi du talion demande à Jésus, avec l’impression d’être très généreux dans Matthieu 18, 21 « Seigneur, quand mon frère commettra une faute à mon égard, combien de fois lui pardonnerai-je ? jusqu’à sept fois ? » Jésus lui dit « Je ne te dis pas jusqu’à sept fois, mais jusqu’à 77 fois 7 fois. » c’est-à-dire toujours, comme fait le Père. Vous voyez qu’il nous est nécessaire indispensable d’accueillir la miséricorde de Dieu pour peu à peu devenir comme lui, à son image, à sa ressemblance. Ayant expérimenté la miséricorde de Dieu pour nous, nous pourrons l’exercer envers nos frères. C’est ça le Royaume de Dieu.

Je vais terminer en vous racontant une histoire vraie que j’ai entendue par hasard à la télévision juste en préparant cet enseignement. C’était un reportage sur un homme hors du commun. Vers 18 ans en terminale il a participé à un braquage à mains armées et a blessé un policier. Arrêté et jugé il a été condamné à plusieurs années de prison. Il a eu la chance providentielle de tomber sur un juge d’instruction profondément chrétien qui a décelé en ce garçon des possibilités de rachat et l’a encouragé à préparer son bac en prison, ce qui était difficile dans une cellule occupée par six détenus. Suivi par le juge d’instruction qui quelque temps après est entré chez les dominicains, il a fait ensuite des études de droit en désirant devenir avocat. Or l’ordre de la magistrature stipule bien qu’il ne faut pas avoir été condamné par la justice pour pouvoir exercer cette profession.. Il a d’abord été professeur de droit à l’université, ce qui était déjà une belle réinsertion, mais il n’avait pas abandonné son rêve et il a postulé pour devenir avocat et a été accepté par le barreau de je ne sais plus quelle ville. Il a exercé avec bonheur pendant 15 mois jusqu’à ce qu’un magistrat prenant appui sur la loi lui interdise de continuer. Il a repris le chemin de l’université mais ne s’est pas découragé et a persisté à présenter sa demande à différents barreaux. Trois fois on lui a refusé. Quittant la région du sud de la France, il a fait une ultime tentative et s’est présenté au barreau de Paris où il a enfin été accepté. Le documentaire nous montrait cet homme le jour où il avait reçu, avec une cinquantaine d’autres postulants, le diplôme officiel lui permettant d’exercer son métier d’avocat. Dans l’assemblée se trouvait l’ex juge d’instruction, en habit dominicain, devenu un ami très cher. En voyant ce reportage je me suis dit que c’était l’illustration parfaite de la différence qu’il y a entre la justice qui applique des lois et la miséricorde qui n’enferme jamais le pécheur dans son péché. Et avec Dieu tout est toujours possible, il ne désespère jamais d’aucun de nous.


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