Topo n°10 : les catholiques et les autres religions

mercredi 30 octobre 2013
par  Daniel Giacobi
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Introduction

C’est la 12e et avant dernière étape de notre parcours de l’Année de la Foi. Nous allons tourner ce soir notre regard vers les autres religions, quelle est l’attitude juste à leur égard ?
Beaucoup de textes conciliaires évoquent ce sujet mais trois y sont particulièrement consacrés :
le Décret sur l’Oecuménisme, « Unitatis Redintegratio » (U.R.) adopté le 21 novembre 1964 lors de la 3e session du Concile.
Ainsi que deux textes adoptés à la 4e session du Concile les 28 octobre et 7 décembre 1965 :
Un texte bref, la Déclaration sur l’Eglise et les religions non chrétiennes, « Nostra Aetate », (N.A.) adopté le 28 octobre 1965.
et la Déclaration sur la Liberté religieuse, « Dignitatis Humanae » (D.H.) adopté le 7 décembre 1965.

Nous étudierons cette question à travers trois axes de réflexion :
1- Quel est le plan d’amour de Dieu à l’égard de l’humanité ?
2- Comment les catholiques sont-ils en relation avec les autres religions ?
3- Pourquoi la liberté religieuse n’exclut pas la nécessité de la mission ?

1- Quel est le plan d’amour de Dieu à l’égard de l’humanité ?

Prenez le temps de relire le topo 9 sur la Mission.

Lumen Gentium au N°2 présente «  le dessein du Père qui veut sauver tous les hommes : Par une disposition tout à fait libre et mystérieuse de sa sagesse et de sa bonté, le Père éternel a créé l’univers. Il a voulu élever les hommes jusqu’au partage de la vie divine. Et une fois qu’ils eurent péché en Adam, il ne les abandonna pas ; sans cesse il leur offrit des secours pour leur salut en considération du Christ rédempteur « qui est l’image du Dieu invisible, le premier-né de toute créature » » (Col 1, 15).

Gaudium et Spes N°19 « §1. L’aspect le plus sublime de la dignité humaine se trouve dans cette vocation de l’homme à communier avec Dieu. »

Ad Gentes, le Décret sur l’Activité missionnaire de l’Eglise, au N°2 met en relief «  le dessein universel de Dieu » issu de l’amour trinitaire.

Le C.E.C. au N°851 explique que « Dieu veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité » (1 Tm 2, 4). Dieu veut le salut de tous par la connaissance de la vérité. C’est parce qu’elle croit à ce dessein universel de salut que l’Église doit être missionnaire. »

Ainsi selon Ad Gentes au N°2 « de par sa nature, l’Eglise, durant son pèlerinage sur terre, est missionnaire, puisqu’elle même tire son origine de la mission du Fils et de la mission du Saint-Esprit, selon le dessein de Dieu le Père.. » qui dans sa grande bonté nous a invités « à partager avec lui sa vie et sa gloire ».
Et au N°5 : «  En obéissant à l’ordre du Christ, mue par la grâce de l’Esprit Saint et la charité, la mission de l’Eglise s’accomplit pour tous les hommes et tous les peuples appelés à la foi, à la liberté, à la paix du Christ »

et Lumen Gentium N°3 « Tous les hommes sont appelés à cette union avec le Christ, qui est la lumière du monde, de qui nous venons, par qui nous vivons, vers qui nous tendons. »

Car Dei Verbum N°4. « Dieu a envoyé son Fils, c’est-à-dire le Verbe éternel qui éclaire tous les hommes, pour habiter parmi les hommes… »

C.E.C. aux N°s 737-738 « La mission du Christ et de l’Esprit Saint s’accomplit donc dans l’Église, Corps du Christ et Temple de l’Esprit…Ainsi la mission de l’Église ne s’ajoute pas à celle du Christ et de l’Esprit Saint, mais en est le sacrement. »

Ad Gentes au N°1 « Envoyé par Dieu aux peuples pour être « le sacrement universel du salut », l’Eglise, en vertu des exigences intimes de sa propre catholicité, obéissant au commandement de son Fondateur est tendue de tout son effort vers la prédication de l’Evangile à tous les hommes. »

Lumen Gentium N° 13 « Tous les hommes sont appelés à former le nouveau Peuple de Dieu. En conséquence, ce peuple doit…s’étendre au monde entier et en tous les siècles afin que s’accomplisse le dessein de Dieu, qui au commencement créa la nature humaine une et voulut ensuite rassembler en un seul corps ses enfants dispersés. »
Lumen Gentium N°13 « ce caractère d’universalité qui distingue le Peuple de Dieu est un don du Seigneur lui-même qui porte l’Eglise catholique à s’employer efficacement et sans arrêt à rassembler toute l’humanité … sous le Christ Chef, en l’unité de son Esprit… Tous les hommes sont appelés à cette unité catholique du Peuple de Dieu, unité qui annonce et promeut la paix universelle… »
La mission est donc une exigence de la catholicité de l’Église.

Gaudium et Spes dans les N°41à 45 insiste sur l’aide que l’Église veut apporter à tout homme et à la société humaine, que les chrétiens apportent aux activités humaines. Elle participe au développement de tout l’homme
car N°41 « Quiconque suit le Christ, homme parfait, devient lui-même plus homme… Aucune loi humaine ne peut assurer la dignité personnelle et la liberté de l’homme comme le fait l’Évangile du Christ, confié à l’Église… »
Car au N°42 « …l’énergie que l’Église est capable d’insuffler à la société moderne se trouve dans la foi au Christ et dans cette charité effectivement vécues et ne s’appuie pas sur une souveraineté extérieure qui s’exercerait par des moyens purement humains. »

Première proposition spirituelle pour le mois à venir : Demandons à l’Esprit Saint de permettre à tout homme de rencontrer le Christ vivant.

2- Comment les catholiques – 1,3MM d’hommes - sont-ils en relation avec les autres religions – 5,7MM d’hommes - ?


Gaudium et Spes N°41 « L’Église… qui a reçu la mission de manifester le mystère de Dieu … qui est la fin ultime de l’homme, révèle en même temps à l’homme le sens de sa propre existence.. Elle sait aussi que l’homme, sans cesse sollicité par l’Esprit de Dieu, ne sera jamais tout à fait indifférent au problème religieux, comme le prouvent non seulement l’expérience des siècles passés, mais de multiples témoignages de notre temps… »
Le cœur de tout homme est travaillé par Dieu

La Déclaration Nostra Aetate précise «  1. Les hommes attendent des diverses religions la réponse aux énigmes cachées de la condition humaine, qui, hier comme aujourd’hui, troublent profondément le cœur humain : Qu’est-ce que l’homme ? Quel est le sens et le but de la vie ? Qu’est-ce que le bien et qu’est-ce que le péché ? Quels sont l’origine et le but de la souffrance ? Quelle est la voie pour parvenir au vrai bonheur ? Qu’est-ce que la mort, le jugement et la rétribution après la mort ?  »

Gaudium et Spes N°18 « § 1. C’est en face de la mort que l’énigme de la condition humaine atteint son sommet. L’homme n’est pas seulement tourmenté par la souffrance et la déchéance progressive de son corps mais, plus encore, par la peur d’une destruction définitive. Et c’est par une inspiration juste de son cœur qu’il rejette et refuse cette ruine totale et ce définitif échec de sa personne. Le germe d’éternité qu’il porte en lui, irréductible à la seule matière, s’insurge contre la mort. Toutes les tentatives de la technique, si utiles qu’elles soient, sont impuissantes à calmer son anxiété : car le prolongement de la vie que la biologie procure ne peut satisfaire ce désir d’une vie ultérieure, invinciblement ancré dans son cœur.
§ 2. Mais si toute imagination ici défaille, l’Eglise, instruite par la Révélation divine, affirme que Dieu a créé l’homme en vue d’une fin bienheureuse, au-delà des misères du temps présent. De plus, la foi chrétienne enseigne que cette mort corporelle, à laquelle l’homme aurait été soustrait s’il n’avait pas péché, sera un jour vaincue, lorsque le salut, perdu par la faute de l’homme, lui sera rendu par son tout-puissant et miséricordieux Sauveur. Car Dieu a appelé et appelle l’homme à adhérer à Lui de tout son être, dans la communion éternelle d’une vie divine inaltérable. Cette victoire, le Christ l’a acquise en ressuscitant, libérant l’homme de la mort par sa propre mort. »

Le 20 mars 2013 le pape François s’adressait aux représentants des religions non catholiques, aux autres chrétiens il a dit : « Hier matin, durant la Sainte Messe, j’ai reconnu spirituellement à travers vos personnes la présence des communautés que vous représentez. Par cette manifestation de foi, il m’a ainsi semblé vivre de manière plus pressante encore la prière pour l’unité des croyants dans le Christ, et d’en voir ensemble, en quelque sorte, préfigurée cette réalisation plénière qui dépend du plan de Dieu et de notre collaboration loyale. Il me plaît de rappeler les paroles que le bienheureux Jean XXIII dans son discours inoubliable d’ouverture : « L’Église catholique estime que son devoir est de faire tous ses efforts pour que s’accomplisse le grand mystère de cette unité que Jésus-Christ, à l’approche de son sacrifice, a demandée à son Père dans une ardente prière ; et elle éprouve une douce paix à savoir qu’elle est étroitement unie à ces prières du Christ »
Et s’adressant aux autres religions : « Nous savons combien la tentative d’éliminer Dieu et le divin de l’horizon de l’humanité a produit de violence dans l’histoire récente, et nous percevons la valeur de témoigner dans nos sociétés de l’ouverture originaire à la transcendance inscrite dans le cœur de l’homme. »

Le 28 juin 2013 il déclarait à une délégation orthodoxe : «  Nous ne devons pas avoir peur de la rencontre et du vrai dialogue. Celui-ci ne nous éloigne pas de la vérité ; à travers un échange de dons, il nous conduit plutôt, sous la conduite de l’Esprit de Vérité, à toute la vérité  »,

2.1. Les autres chrétiens

Lumen Gentium N°15. « Avec ceux qui, baptisés, s’honorent du nom de chrétiens, mais ne professent pas intégralement la foi ou ne conservent pas l’unité de la communion avec le successeur de Pierre, l’Eglise se sait unie par de multiples rapports. Beaucoup, en effet, vénèrent la sainte Ecriture comme norme de foi et de vie ; ils manifestent aussi un authentique zèle religieux, croient avec amour en Dieu le Père tout-puissant et dans le Christ, Fils de Dieu Sauveur, sont marqués par le baptême, qui les unit au Christ et, en outre, reconnaissent et acceptent d’autres sacrements dans leurs propres Eglises ou communautés.
Plusieurs parmi eux ont aussi l’épiscopat, célèbrent la sainte Eucharistie et cultivent la dévotion envers la Vierge Mère de Dieu. A cela s’ajoute la communion par la prière et d’autres bienfaits spirituels ; et même une union réelle dans l’Esprit-Saint, car l’Esprit agit également en eux par ses dons et ses grâces, avec sa puissance sanctificatrice ; et il a donné à certains d’entre eux une vertu qui les a fortifiés jusqu’à l’effusion de leur sang. Ainsi l’Esprit éveille-t-il en tous les disciples du Christ le désir et oriente-t-il leur activité afin que tous s’unissent pacifiquement, de la manière que le Christ a fixée, en un seul troupeau et sous un seul Pasteur. Et pour obtenir cette unité la Mère Eglise ne cesse de prier, d’espérer..
 »

Lumen Gentium N°16 précise ensuite : « ceux qui n’ont pas encore reçu l’Evangile sont ordonnés de façons diverses au Peuple de Dieu » :

2.2. D’abord le peuple juif


Lumen Gentium N°16, c’est «  le peuple qui reçut les alliances et les promesses et dont le Christ est né selon la chair (Rom. 9, 4-5) ; peuple élu de Dieu et qui lui est très cher en raison de ses ancêtres, car les dons et la vocation de Dieu sont sans repentance (Rom. 11, 28-29). »

Un lien tout particulier nous lie donc au peuple juif car souligne Lumen Gentium au N°2 « ceux qui ont foi dans le Christ, il a voulu les rassembler en la sainte Eglise …admirablement préparée dans l’histoire du peuple d’Israël et l’ancienne Alliance.. »

La Déclaration Nostra Aetate N°4 « Scrutant le mystère de l’Eglise, le Concile rappelle le lien qui relie spirituellement le peuple du Nouveau Testament avec la lignée Abraham. L’Eglise du Christ, en effet, reconnaît que les prémices de sa foi et de son élection se trouvent, selon le mystère divin du salut, dans les patriarches, Moïse et les prophètes. Elle confesse que tous les fidèles du Christ, fils d’Abraham selon la foi, sont inclus dans la vocation de ce patriarche et que le salut de l’Eglise est mystérieusement préfiguré dans la sortie du peuple élu hors de la terre de servitude. C’est pourquoi l’Eglise ne peut oublier qu’elle a reçu la révélation de l’Ancien Testament par ce peuple avec lequel Dieu, dans sa miséricorde indicible, a daigné conclure l’antique Alliance, et qu’elle se nourrit de la racine de l’olivier franc sur lequel ont été greffés les rameaux de l’olivier sauvage que sont les Gentils. L’Eglise croit, en effet, que le Christ, notre paix, a réconcilié les Juifs et les Gentils par sa croix et en lui-même des deux a fait un seul.
Du fait d’un si grand patrimoine spirituel, commun aux chrétiens et aux Juifs, le Concile veut encourager et recommander entre eux la connaissance et l’estime mutuelles, qui naîtront surtout d’études bibliques et théologiques ainsi que d’un dialogue fraternel.
Encore que des autorités juives, avec leurs partisans, aient poussé à la mort du Christ, ce qui a été commis durant sa passion ne peut être imputé ni indistinctement à tous les Juifs vivant alors, ni aux Juifs de notre temps. S’il est vrai que l’Eglise est le nouveau peuple de Dieu, les Juifs ne doivent pas, pour autant, être présentés comme réprouvés par Dieu ni maudits, comme si cela découlait de la Sainte Ecriture. En outre, l’Eglise qui réprouve toutes les persécutions contre tous les hommes, quels qu’ils soient, ne pouvant oublier le patrimoine qu’elle a en commun avec les Juifs, et poussée, non pas par des motifs politiques, mais par la charité religieuse de l’Evangile, déplore les haines, les persécutions et toutes les manifestations d’antisémitisme, qui, quels que soient leur époque et leurs auteurs, ont été dirigées contre les Juifs
. »

Le bienheureux Jean-Paul II dans son Motu proprio « Spes aedificandi » du 01/10/1999 déclare : « La rencontre d’Edith Stein avec le christianisme ne la conduit pas à renier ses racines juives, mais les lui fait plutôt redécouvrir en plénitude… sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix a vécu comme une participation personnelle à la croix sa déportation et son exécution dans le tristement célèbre camp d’Auschwitz-Birkenau…  »

2.3. Ensuite les musulmans


Lumen Gentium N°16 « le dessein de salut englobe aussi ceux qui reconnaissent le Créateur, et parmi eux, d’abord, les Musulmans qui, en déclarant qu’ils gardent la foi d’Abraham, adorent avec nous le Dieu unique, miséricordieux, qui jugera les hommes au dernier jour.  »

La Déclaration Nostra Aetate N°3 « L’Eglise regarde avec estime les musulmans, qui adorent le Dieu Un, vivant et subsistant, miséricordieux et tout-puissant, créateur du ciel et de ta terre, qui a parlé aux hommes. Ils cherchent à se soumettre de toute leur âme aux décrets de Dieu, même s’ils sont cachés, comme s’est soumis à Dieu Abraham, auquel la foi islamique se réfère volontiers. Bien qu’ils ne reconnaissent pas Jésus comme Dieu, ils le vénèrent comme prophète ; ils honorent sa mère virginale, Marie, et parfois même l’invoquent avec piété. De plus, ils attendent le jour du jugement où Dieu rétribuera tous les hommes ressuscités. Aussi ont-ils en estime la vie morale et rendent-ils un culte à Dieu, surtout par la prière, l’aumône et le jeûne.
Si, au cours des siècles, de nombreuses dissensions et inimitiés se sont manifestées entre les chrétiens et les musulmans, le Concile les exhorte tous à oublier le passé et à s’efforcer sincèrement à la compréhension mutuelle, ainsi qu’à protéger et à promouvoir ensemble, pour tous les hommes, la justice sociale, les valeurs morales, la paix et la liberté
. »

2.4. Les autres religions

Lumen Gentium N°16 « Quant à ceux qui cherchent le Dieu inconnu sous les ombres et les figures, Dieu lui-même n’est pas loin d’eux non plus, puisqu’il donne à tous la vie, le souffle et toutes choses (Act. 17, 25-28), et que le Sauveur veut le salut de tous les hommes (I Tim. 2, 4). En effet ceux qui, sans faute de leur part, ignorent l’Evangile du Christ et son Eglise et cependant cherchent Dieu d’un cœur sincère et qui, sous l’influence de la grâce, s’efforcent d’accomplir dans leurs actes sa volonté qu’ils connaissent par les injonctions de leur conscience, ceux-là aussi peuvent obtenir le salut éternel. Et la divine Providence ne refuse pas les secours nécessaires au salut à ceux qui ne sont pas encore parvenus, sans qu’il y ait de leur faute, à la connaissance claire de Dieu et s’efforcent, avec l’aide de la grâce divine, de mener une vie droite. En effet, tout ce que l’on trouve chez eux de bon et de vrai, l’Eglise le considère comme un terrain propice à l’Evangile et un don de Celui qui éclaire tout homme, pour qu’il obtienne finalement la vie. »

Lumen Gentium N°92.4 « Nous tournons notre pensée vers tous ceux qui reconnaissent Dieu et dont les traditions recèlent de précieux éléments religieux et humains, en souhaitant qu’un dialogue confiant puisse nous conduire tous ensemble à accepter franchement les appels de l’Esprit et à les suivre avec ardeur.  »

La Déclaration Nostra Aetate précise « 1. A notre époque où le genre humain devient de jour en jour plus étroitement uni et où les relations entre les divers peuples augmentent, l’Eglise examine plus attentivement quelles sont ses relations avec les religions non chrétiennes. Dans sa tâche de promouvoir l’unité et la charité entre les hommes, et même entre les peuples, elle examine d’abord ce que les hommes ont en commun et qui les pousse à vivre ensemble leur destinée.
2. Depuis les temps les plus reculés jusqu’à aujourd’hui, on trouve dans les différents peuples une certaine sensibilité à cette force cachée qui est présente au cours des choses et aux événements de la vie humaine, parfois même une reconnaissance de la Divinité suprême, ou encore du Père.
Ainsi, dans l’hindouisme, les hommes scrutent le mystère divin et l’expriment par la fécondité inépuisable des mythes et par les efforts pénétrants de la philosophie ; ils cherchent la libération des angoisses de notre condition, soit par les formes de la vie ascétique, soit par la méditation profonde, soit par le refuge en Dieu avec amour et confiance.
Dans le bouddhisme, selon ses formes variées, l’insuffisance radicale de ce monde changeant est reconnue et on enseigne une voie par laquelle les hommes, avec un cœur dévot et confiant, pourront soit acquérir l’état de libération parfaite, soit atteindre l’illumination suprême par leurs propres efforts ou par un secours venu d’en haut.
De même aussi, les autres religions qu’on trouve de par le monde s’efforcent d’aller au-devant, de façons diverses, de l’inquiétude du cœur humain en proposant des voies, c’est-à-dire des doctrines, des règles de vie et des rites sacrés.
L’Eglise catholique ne rejette rien de ce qui est vrai et saint dans ces religions. Elle considère avec un respect sincère ces manières d’agir, de vivre, ces doctrines et règles qui, quoiqu’elles diffèrent en beaucoup de points de ce qu’elle tient et propose, cependant apportent souvent un rayon de la Vérité qui illumine tous les hommes.

Nostra Aetate poursuit : « Toutefois, elle annonce, et elle est tenue d’annoncer sans cesse, le Christ qui est « le chemin, la vérité et la vie » (Jean 14, 6), dans lequel les hommes doivent trouver la plénitude de la vie religieuse et dans lequel Dieu s’est réconcilié toutes choses. Elle exhorte ses fils à vivre avec prudence et charité le dialogue et la collaboration avec ceux qui suivent d’autres religions tout en témoignant de la foi et de la vie chrétiennes… »

Cependant la distance est grande avec les religions asiatiques pour lesquelles, l’individu n’existe pas, l’âme n’est qu’une parcelle du grand tout et s’y fond, le sage recherche non pas le dialogue d’Amour avec son Créateur mais le non-être, la disparition dans le Grand Tout.

2.5. Les athées, les incroyants et les agnostiques

Lumen Gentium N°92.5 «  le désir d’un dialogue, conduit par le seul amour de la vérité et aussi avec la prudence requise, n’exclut personne : ni ceux qui honorent de hautes valeurs humaines, sans en reconnaître encore l’Auteur, ni ceux qui s’opposent à l’Eglise et la persécutent de différentes façons. Puisque Dieu le Père est le Principe et la fin de tous les hommes, nous sommes tous appelés à être frères. Et puisque nous sommes destinés à une seule et même vocation divine, nous pouvons aussi et nous devons coopérer, sans violence et sans arrière-pensée, à la construction du monde dans une paix véritable. »

Gaudium et Spes consacre 3 chapitres éclairants –19 à 21 – à l’athéisme.

« 19 § 1 beaucoup de nos contemporains ne perçoivent pas du tout ou même rejettent explicitement le rapport intime et vital qui unit l’homme à Dieu : à tel point que l’athéisme compte parmi les faits les plus graves de ce temps… § 2. On désigne sous le nom d’athéisme des phénomènes entre eux très divers. En effet, tandis que certains athées nient Dieu expressément, d’autres pensent que l’homme ne peut absolument rien affirmer de Lui. D’autres encore traitent le problème de Dieu de telle façon que ce problème semble dénué de sens… D’autres se représentent Dieu sous un jour tel que, en Le repoussant, ils refusent un Dieu qui n’est en aucune façon celui de l’Evangile. D’autres n’abordent même pas le problème de Dieu : ils paraissent étrangers à toute inquiétude religieuse et ne voient pas pourquoi ils se soucieraient encore de religion. L’athéisme, en outre, naît souvent, soit d’une protestation révoltée contre le mal dans le monde…

21 § 1. L’Eglise, fidèle à la fois à Dieu et à l’homme, ne peut cesser de réprouver avec douleur et avec la plus grande fermeté, comme elle l’a fait dans le passé, ces doctrines et ces manières de faire funestes qui contredisent la raison et l’expérience commune et font déchoir l’homme de sa noblesse native. ..
§ 2. Elle s’efforce cependant de saisir dans l’esprit des athées les causes cachées de la négation de Dieu et, bien consciente de la gravité des problèmes que l’athéisme soulève, poussée par son amour pour tous les hommes, elle estime qu’il lui faut soumettre ces motifs à un examen sérieux et approfondi
§ 3. L’Eglise tient que la reconnaissance de Dieu ne s’oppose en aucune façon à la dignité de l’homme, puisque cette dignité trouve en Dieu Lui-même ce qui la fonde et ce qui l’achève…
§ 5. Quant au remède à l’athéisme, on doit l’attendre d’une part d’une présentation adéquate de la doctrine, d’autre part de la pureté de vie de l’Eglise et de ses membres.. sous la conduite de l’Esprit Saint. »

C’est bien ce que veut aujourd’hui pour l’Eglise catholique le pape François.

« § 6. L’Eglise, tout en rejetant absolument l’athéisme, proclame toutefois, sans arrière-pensée, que tous les hommes, croyants et incroyants, doivent s’appliquer à la juste construction de ce monde, dans lequel ils vivent ensemble : ce qui, assurément, n’est possible que par un dialogue loyal et prudent… Quant aux athées, elle les invite avec humanité à examiner en toute objectivité l’Evangile du Christ. »

Dans le C.E.C. au N° 2127-28 «  L’agnosticisme revêt plusieurs formes. Dans certains cas, l’agnostique se refuse à nier Dieu ; il postule au contraire l’existence d’un être transcendant mais qui ne pourrait se révéler et dont personne ne saurait rien dire. Dans d’autres cas, l’agnostique ne se prononce pas sur l’existence de Dieu, déclarant qu’il est impossible de la prouver et même de l’affirmer ou de la nier.
2128 L’agnosticisme peut parfois contenir une certaine recherche de Dieu, mais il peut également représenter un indifférentisme, une fuite devant la question ultime de l’existence, et une paresse de la conscience morale. L’agnosticisme équivaut trop souvent à un athéisme pratique.
 »

Deuxième proposition spirituelle pour le mois à venir : Offrons nos difficultés ou nos souffrances pour la conversion de ceux qui refusent le Christ.

3- Pourquoi la liberté religieuse n’exclut pas la nécessité de la mission ?

Vatican II a clairement pris position pour le liberté religieuse dans la Déclaration « Dignitatis Humanae » promulguée le 7 décembre 1965.

Au N°1 « Si le Concile déclare que Dieu a Lui-même fait connaître au genre humain la voie par laquelle, en Le servant, les hommes peuvent obtenir le salut dans le Christ et parvenir à la béatitude. Cette unique vraie religion, nous croyons qu’elle subsiste dans l’Église catholique et apostolique à qui le Seigneur Jésus a confié le mandat de la faire connaître à tous les hommes.. »
Mais au N°2 «  Il déclare, en outre, que le droit à la liberté religieuse a son fondement dans la dignité même de la personne humaine telle que l’a fait connaître la Parole de Dieu et la raison elle-même .. (et) doit être reconnu de telle manière qu’il constitue un droit civil. »
Au N°3 « c’est par la médiation de sa conscience que l’homme perçoit les injonctions de la loi divine ; c’est elle qu’il est tenu de suivre fidèlement en toutes ses activités pour parvenir à sa fin qui est Dieu. »
Au N°5 «  A chaque famille, en tant que société jouissant d’un droit propre et primordial, appartient le droit d’organiser librement la vie religieuse du foyer sous la direction des parents. »

Gaudium et Spes N°41 « l’Évangile annonce et proclame la liberté des enfants de Dieu, rejette tout esclavage qui enfin de compte provient du péché, respecte scrupuleusement la dignité de la conscience et son libre choix, enseigne sans relâche à faire fructifier tous les talents humains au service de Dieu et pour le bien des hommes, enfin confie chacun à l’amour de tous . »

Cela implique le dialogue œcuménique :

Lumen Gentium N°92.3 « notre pensée embrasse nos frères et leurs communautés, qui ne vivent pas encore en totale communion avec nous, mais auxquels nous sommes cependant unis par la confession du Père, du Fils et de l’Esprit Saint et par le lien de la charité. Nous nous souvenons aussi que l’unité des chrétiens est aujourd’hui attendue et désirée, même par un grand nombre de ceux qui ne croient pas au Christ. Plus en effet cette unité grandira dans la vérité et dans l’amour, sous l’action puissante de l’Esprit Saint, et plus elle deviendra un présage d’unité et de paix pour le monde entier. Unissons donc nos énergies et, sous des formes toujours mieux adaptées à la poursuite actuelle et effective de ce but, dans une fidélité sans cesse accrue à l’Evangile, collaborons avec empressement et fraternellement au service de la famille humaine, appelée à devenir dans le Christ Jésus la famille des enfants de Dieu. »

La Déclaration sur l’Oecuménisme N°1 « Promouvoir la restauration de l’unité entre tous les Chrétiens, c’est l’un des buts principaux du saint Concile œcuménique de Vatican II. Une seule et unique Église a été instituée par le Christ Seigneur. Et pourtant plusieurs Communions chrétiennes se présentent aux hommes comme les véritables héritières de Jésus-Christ. Tous, certes, confessent qu’ils sont les disciples du Seigneur ; mais ils ont des attitudes différentes. Ils suivent des chemins divers, comme si le Christ lui-même était partagé. Il est certain qu’une telle division s’oppose ouvertement à la volonté du Christ. Elle est pour le monde un objet de scandale et elle fait obstacle à la plus sainte des causes : la prédication de l’Évangile à toute créature.
Or, le Maître des siècles qui poursuit son dessein de grâce avec sagesse et patience à l’égard des pécheurs que nous sommes, a commencé en ces derniers temps de répandre plus abondamment dans les Chrétiens divisés entre eux l’esprit de repentir et le désir de l’union. Très nombreux sont partout les hommes qui ont été touchés par cette grâce et, sous l’action de l’Esprit Saint, est né un mouvement, qui s’amplifie également de jour en jour chez nos frères séparés, en vue de rétablir l’unité de tous les Chrétiens.
 »

La Déclaration sur l’Oecuménisme N°4 « Par « Mouvement œcuménique » on entend les entreprises et les initiatives provoquées et organisées en faveur de l’unité des chrétiens, selon les nécessités variées de l’Église et selon les circonstances. Ainsi en premier lieu, tout effort accompli pour éliminer les paroles, les jugements et les faits qui ne correspondent ni en justice, ni en vérité à la situation des frères séparés, et contribuent ainsi à rendre plus difficiles les relations avec eux. Ensuite au cours de réunions de Chrétiens de diverses Églises ou Communautés, organisées dans un esprit religieux, le « dialogue » mené par des experts bien informés, où chacun explique à fond la doctrine de sa Communauté et montre de façon claire ce qui la caractérise. »

Vous le voyez, la démarche œcuménique implique pour chacun d’approfondir sa foi, sûrs que par cette attitude l’Esprit Saint nous conduira à l’unité.

La Déclaration sur l’Oecuménisme N°4 « Par ce dialogue, tous acquièrent une connaissance plus véritable, en même temps qu’une estime plus juste, de l’enseignement et de la vie de chaque Communauté. De la même manière, ces Communautés viennent à collaborer plus largement à toutes sortes d’entreprises qui, selon les exigences de toute conscience chrétienne, contribuent au bien commun. On peut aussi, à l’occasion, se réunir pour une prière unanime. Enfin, tous examinent leur fidélité à la volonté du Christ par rapport à l’Église et entreprennent, comme il le faut, un effort soutenu de rénovation et de réforme… Par cette voie, peu à peu, après avoir surmonté les obstacles qui empêchent la parfaite communion ecclésiale, se trouveront rassemblés par une célébration eucharistique unique, dans l’unité d’une seule et unique Église, tous les Chrétiens. Cette unité, le Christ l’a accordée à son Église dès le commencement… Dans l’action œcuménique, les fidèles de l’Église catholique, sans hésitation, se montreront pleins de sollicitude pour leurs frères séparés ; ils prieront pour eux, parleront avec eux des choses de l’Église, feront vers eux les premiers pas… Il ne faut pas non plus oublier que tout ce qui est accompli par la grâce de l’Esprit Saint dans nos frères séparés peut contribuer à notre édification. Rien de ce qui est réellement chrétien ne s’oppose jamais aux vraies valeurs de la foi, mais tout cela peut contribuer à faire pénétrer toujours plus parfaitement le mystère du Christ et de l’Église. »

La Déclaration sur l’Oecuménisme N°1 « A ce mouvement vers l’unité, qu’on appelle le Mouvement œcuménique, prennent part ceux qui invoquent le Dieu Trinité et confessent Jésus pour Seigneur et Sauveur. Et il ne s’agit pas seulement de Chrétiens pris un à un, il s’agit encore de Chrétiens réunis en communautés dans lesquelles ils ont entendu l’Évangile et qu’ils appellent leur Église et l’Église de Dieu. Presque tous cependant bien que de façon diverse, aspirent à une Église de Dieu, une visible, vraiment universelle, envoyée au monde entier pour qu’il se convertisse à l’Évangile et qu’il soit ainsi sauvé pour la gloire Dieu.
Voilà pourquoi le Concile, considérant avec joie tous ces faits, après avoir déclaré la doctrine relative à l’Église, pénétré du désir de rétablir l’unité entre les disciples du Christ, veut proposer à tous les catholiques les secours, les orientations et les moyens qui leur permettront à eux-mêmes de répondre à cet appel divin et à cette grâce.
 »
N°2 «  Jésus avant de s’offrir sur l’autel de la croix comme hostie immaculée, adressa au Père cette prière pour ceux qui croiraient en lui : « Que tous soient un comme toi, Père, tu es en moi et moi en toi ; qu’eux aussi soient un en nous afin que le monde croie que tu m’as envoyé » (Jn 17, 21). Et il institua dans son Église l’admirable sacrement de l’Eucharistie qui exprime et réalise l’unité de l’Église… L’Esprit Saint qui habite dans les croyants, qui remplit et régit toute l’Église, réalise cette admirable communion des fidèles et les unit tous si intimement dans le Christ, qu’il est le Principe de l’unité de l’Église. C’est lui qui réalise la diversité des grâces et des ministères »
N°3 « Dans cette seule et unique Église de Dieu apparurent dès l’origine, certaines scissions, que l’Apôtre Paul réprouve avec vigueur comme condamnables ; au cours des siècles suivants naquirent des dissensions plus graves… Le Mouvement œcuménique tend à les surmonter. »

La Déclaration sur l’Oecuménisme N°7-8 « Il n’y a pas de véritable œcuménisme sans conversion intérieure. En effet, c’est du renouveau de l’âme, du renoncement à soi-même et d’une libre effusion de charité que partent et mûrissent les désirs de l’unité. Il nous faut par conséquent demander à l’Esprit Saint la grâce d’une abnégation sincère, celle de l’humilité et de la douceur dans le service, d’une fraternelle générosité à l’égard des autres… Cette conversion du cœur et cette sainteté de vie, unies aux prières publiques et privées pour l’unité des Chrétiens, doivent être regardées comme l’âme de tout l’œcuménisme et appelées à bon droit « œcuménisme spirituel ». »

Benoît XVI, dans son homélie du 29/05/2005 au Congrès eucharistique de Bari, déclarait : « Je suis conscient que les manifestations de bons sentiments ne suffisent pas dans le dialogue œcuménique. Il faut des gestes concrets qui entrent dans les âmes et qui secouent les consciences, sollicitant chacun à cette conversion intérieure qui est le présupposé de tout progrès sur la route de l’œcuménisme. »

La Déclaration sur l’Oecuménisme N°18 « Tout cela bien examiné, le Concile renouvelle ce qui fut déclaré par les Conciles antérieurs, ainsi que par les Pontifes romains : pour rétablir ou garder la communion et l’unité, il ne faut « rien imposer qui ne soit nécessaire » (Act. 15, 28). »

N°24 « Le Concile exhorte les fidèles à s’abstenir de toute légèreté, de tous zèle imprudent, qui pourraient nuire au progrès de l’unité. Leur activité œcuménique ne peut être, en effet, que pleinement et sincèrement catholique, c’est-à-dire fidèle à la vérité reçue des Apôtres et des Pères, et conforme à la foi que l’Église catholique a toujours professée : elle tend à cette plénitude en laquelle, au cours des âges, le Seigneur veut que Son Corps grandisse… C’est pourquoi il met entièrement son espoir dans la prière du Christ pour l’Église, dans l’amour du Père à notre égard et dans la puissance du Saint-Esprit : « L’espérance ne déçoit point : car l’amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs par l’Esprit Saint qui nous a été donné » (Rom. 5. 5).  »

Les phrases de Gaudium et Spes doivent nous enlever tout complexe en ces temps de relativisme où l’on prétend que toutes les vérités et toutes les religions se valent, en fait par notre activité missionnaire nous offrons au monde ce qu’il y a de meilleur pour lui.
Cela signifie que l’on ne peut pas dire que toutes les religions se valent.

Lumen Gentium N°16 « Mais bien souvent les hommes, trompés par le Malin, se sont abandonnés à la vanité de leurs pensées et ont échangé la vérité divine pour le mensonge, en servant la créature à la place du Créateur (Rom. 1, 21 et 25).
Ou encore, en vivant et mourant sans Dieu en ce monde, ils s’exposent au plus grand désespoir. Aussi, en vue de promouvoir la gloire de Dieu et le salut de tous ces hommes, l’Eglise, se souvenant du commandement du Seigneur qui dit : « Prêchez l’Evangile à toute créature » (Mc 16, 15), s’emploie-t-elle avec sollicitude à développer les missions.
 »

La mission est donc une exigence de la catholicité de l’Église.

Lumen Gentium N°17 « le Fils, comme il a été envoyé par le Père, a lui-même envoyé les Apôtres (Jn 20, 21) en disant : « Allez donc, faites de toutes les nations des disciples, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, leur apprenant à garder tout ce que je vous ai commandé. Et voici que je suis avec vous tous les jours, jusqu’à ta fin du monde » (Mt. 28, 19-20). Et ce mandat solennel d’annoncer la vérité qui sauve, l’Eglise l’a reçu des Apôtres pour qu’elle l’accomplisse jusqu’aux extrémités de la terre (Act. 1, 8). Dès lors, elle fait siennes les paroles de l’Apôtre : « Malheur….à moi, si je n’évangélise pas » (I Cor. 9, 16) et elle continue sans répit à envoyer des missionnaires jusqu’à ce que les nouvelles Eglises soient pleinement établies et qu’elles poursuivent à leur tour l’œuvre de l’évangélisation. En effet l’Esprit-Saint la pousse à travailler à la pleine réalisation du dessein de Dieu, qui a établi le Christ comme principe de salut pour le monde entier. »

Le C.E.C. au N°851 précise «  le motif de la mission.. C’est de l’amour de Dieu pour tous les hommes que l’Église a de tout temps tiré l’obligation et la force de son élan missionnaire car dit st Paul « l’amour du Christ nous presse… » (2 Co 5, 14)  ».

Et Lumen Gentium au N°17 explique «  le caractère missionnaire de l’Église : En effet tout comme il a été envoyé par le Père, le Fils lui-même a envoyé ses Apôtres (Jn 20, 21) en disant : « Allez donc, enseignez toutes les nations, les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, leur apprenant à observer tout ce que je vous ai prescrit. Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la consommation des temps » (Mt 28, 18-20). Ce solennel commandement du Christ … l’Église l’a reçu des Apôtres pour en poursuivre l’accomplissement jusqu’aux extrémités de la terre (Ac 1, 8). C’est pourquoi elle fait siennes les paroles de l’Apôtre Paul : « Malheur à moi si je ne prêchais pas l’Évangile » (1 Co 9, 16) : elle continue donc inlassablement à envoyer les hérauts de l’Évangile jusqu’à ce que les jeunes Églises soient pleinement établies et en état de poursuivre elles aussi l’œuvre de l’évangélisation. L’Esprit Saint la pousse à coopérer à la réalisation totale du dessein de Dieu qui a fait du Christ le principe du salut pour le monde tout entier. En prêchant l’Évangile, l’Église … arrache les peuples à l’esclavage de l’erreur … À tout disciple du Christ incombe pour sa part la charge de l’expansion de la foi. …Ainsi, l’Église unit prière et travail pour que le monde entier dans tout son être soit transformé en Peuple de Dieu, en Corps du Seigneur et temple du Saint-Esprit… »

Ad Gentes N°38. « Tous les Evêques, en tant que membres du Corps Episcopal qui succède au Collège des Apôtres, ont été consacrés non seulement pour un diocèse, mais pour le salut du monde entier… En vertu de cette communion, chacune des Eglises porte la sollicitude de toutes les autres ; les Eglises se font connaître réciproquement leurs propres besoins ; elles se communiquent mutuellement leurs biens, puisque l’extension du Corps du Christ est la fonction du Collège Episcopal tout entier. »

La Déclaration sur la Liberté religieuse N°14 précise que « pour obéir au précepte divin : « Enseignez toutes les nations » (Mt., 28, 19), l’Église catholique doit s’employer, sans mesurer sa peine, à ce « que la parole de Dieu accomplisse sa course et soit glorifiée » (2 Thess., 3, 1). L’Église demande donc de ses fils « qu’avant tout se fassent des demandes, des prières, des supplications, des actions de grâces pour tous les hommes… Voilà ce qui est bon et ce qui plaît à Dieu, notre Sauveur, lui qui veut que tous les hommes soient saurés et parviennent à la connaissance de la vérité » (1 Tim., 2, 1-4). Car le disciple est tenu, envers le Christ Maître, au devoir de connaître toujours plus pleinement la vérité qu’il a reçue de Lui, de l’annoncer fidèlement et de la défendre énergiquement, en s’interdisant tout moyen contraire à l’esprit de l’Évangile. Mais la charité du Christ le presse aussi d’agir avec amour, prudence, patience, envers ceux qui se trouvent dans l’erreur ou dans l’ignorance par rapport à la foi. Il faut donc prendre en considération, à la fois, les devoirs envers le Christ, Verbe vivifiant, qui doit être annoncé et les droits de …l’homme invité à accueillir et à professer la foi de son plein gré. »

La Déclaration sur l’Oecuménisme N°3 précise que « c’est, en effet, par la seule Église catholique du Christ, laquelle est « moyen général de salut », que peut s’obtenir toute la plénitude des moyens de salut. Car c’est au seul collège apostolique, dont Pierre est le chef, que furent confiées, selon notre foi, toutes les richesse de la Nouvelle Alliance, afin de constituer sur la terre un seul Corps du Christ auquel il faut que soient pleinement incorporés tous ceux qui, d’une certaine façon, appartiennent déjà au peuple de Dieu. »

Le C.E.C. au N°846-848 pose une question délicate :
« Comment faut-il entendre cette affirmation souvent répétée par les Pères de l’Église « Hors de l’Église point de salut » ? Formulée de façon positive, elle signifie que tout salut vient du Christ-Tête par l’Église qui est son Corps : C’est ce que précise Lumen Gentium au N°14 : « Appuyé sur la Sainte Écriture et sur la Tradition, le Concile enseigne que cette Église en marche sur la terre est nécessaire au salut. Seul, en effet, le Christ est médiateur et voie de salut : or, il nous devient présent en son Corps qui est l’Église ; et en nous enseignant expressément la nécessité de la foi et du Baptême, c’est la nécessité de l’Église elle-même, dans laquelle les hommes entrent par la porte du Baptême, qu’il nous a confirmée en même temps. C’est pourquoi ceux qui refuseraient soit d’entrer dans l’Église catholique, soit d’y persévérer, alors qu’ils la sauraient fondée de Dieu par Jésus-Christ comme nécessaire, ceux-là ne pourraient être sauvés » .

N°847 Cette affirmation ne vise donc pas ceux qui, sans leur faute, ignorent le Christ et son Église N° 848 Selon Ad Gentes « Bien que Dieu puisse par des voies connues de lui seul amener à la foi ‘sans laquelle il est impossible de plaire à Dieu’ (He 11, 6) des hommes qui, sans faute de leur part, ignorent l’Évangile, l’Église a le devoir en même temps que le droit sacré d’évangéliser » tous les hommes.  »

Le C.E.C. au N°66-67 dit clairement que « Il n’y aura plus d’autre Révélation, l’Alliance Nouvelle étant définitive ne passera donc jamais et aucune nouvelle révélation publique n’est dès lors à attendre avant la manifestation glorieuse de notre Seigneur Jésus-Christ « . Cependant, même si la Révélation est achevée, elle n’est pas complètement explicitée ; il restera à la foi chrétienne d’en saisir graduellement toute la portée au cours des siècles. N°67 Au fil des siècles il y a eu des révélations dites » privées « , dont certaines ont été reconnues par l’autorité de l’Église. Elles n’appartiennent cependant pas au dépôt de la foi. Leur rôle n’est pas d’ » améliorer « ou de » compléter « la Révélation définitive du Christ, mais d’aider à en vivre plus pleinement à une certaine époque de l’histoire. Guidé par le Magistère de l’Église, le sens des fidèles sait discerner et accueillir ce qui dans ces révélations constitue un appel authentique du Christ ou de ses saints à l’Église. La foi chrétienne ne peut pas accepter des » révélations « qui prétendent dépasser ou corriger la Révélation dont le Christ est l’achèvement. C’est le cas de certaines religions non chrétiennes et aussi de certaines sectes récentes qui se fondent sur de telles » révélations ". »

Mais Ad Gentes déclare avec fermeté au N°13. « L’Eglise interdit sévèrement de forcer qui que ce soit à embrasser la foi, ou de l’y amener ou attirer par des pratiques indiscrètes, tout comme elle revendique avec force le droit pour qui que ce soit de n’être pas détourné de la foi par des vexations injustes . Selon la très antique coutume de l’Eglise, on doit examiner avec soin les motifs de la conversion et, s’il est nécessaire, les purifier.  »

La Déclaration sur la Liberté religieuse en conclusion au N°15 précise qu’«  il est manifeste que l’homme souhaite, aujourd’hui, pouvoir librement professer la religion, en privé et en public ; bien plus, que la liberté religieuse est maintenant proclamée dans la plupart des Constitutions comme un droit civil et qu’elle est solennellement reconnue par des documents internationaux. Mais il ne manque pas de régime où, bien que la liberté de culte religieux soit reconnue dans la Constitution, les pouvoirs publics eux-mêmes s’efforcent de détourner les citoyens de professer la religion et de rendre la vie des communautés religieuses difficile et précaire. »

Vous savez aussi que tous les pays musulmans interdisent le droit de changer de religion, parfois par la mort.

Le Pape François le soulignait lors de la Vigile de Pentecôte avec les Communautés nouvelles le 18 mai : « L’Église n’est pas un mouvement politique, ni une structure bien organisée : ce n’est pas cela. Nous ne sommes pas une ONG, quand l’Église devient une ONG elle perd son sel, elle n’a plus de goût, elle n’est plus qu’une organisation vide… C’est une chose de prêcher Jésus, c’en est une autre l’efficacité, être efficients… La valeur de l’Église, fondamentalement, est de vivre l’Évangile et rendre témoignage de notre foi en Jésus . »

Troisième proposition spirituelle pour le mois à venir : Prions à l’Eucharistie pour que les chrétiens témoignent sans cesse du Christ par leurs actes et leurs paroles.

Conclusion

En conclusion reprenons la Déclaration Nostra Aetate « N°5. Nous ne pouvons invoquer Dieu, Père de tous les hommes, si nous refusons de nous conduire fraternellement envers certains des hommes créés à l’image de Dieu. La relation de l’homme à Dieu le Père et la relation de l’homme à ses frères humains sont tellement liées que l’Ecriture dit : « Qui n’aime pas ne connaît pas Dieu » (I Jean, 4. 8).
Par là est sapé le fondement de toute théorie ou de toute pratique qui introduit entre homme et homme, entre peuple et peuple, une discrimination en ce qui concerne la dignité humaine et les droits qui en découlent.
L’Eglise réprouve donc, en tant que contraire à l’esprit du Christ, toute discrimination ou vexation opérée envers des hommes en raison de leur race, de leur couleur, de leur classe ou de leur religion. En conséquence. le Concile, suivant les traces des saints apôtres Pierre et Paul. adjure ardemment les fidèles du Christ « d’avoir au milieu des nations une belle conduite » (1 Pierre, 2. 12) si c’est possible, et de vivre en paix, pour autant qu’il dépend d’eux avec tous les hommes, de manière à être vraiment les fils du Père qui est dans les cieux.
 »

Prions :
Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 17,20-26.
À l’heure où Jésus passait de ce monde à son Père, les yeux levés au ciel, il priait ainsi : « Je ne prie pas seulement pour ceux qui sont là, mais encore pour ceux qui accueilleront leur parole et croiront en moi.
Que tous, ils soient un, comme toi, Père, tu es en moi, et moi en toi. Qu’ils soient un en nous, eux aussi, pour que le monde croie que tu m’as envoyé.
Et moi, je leur ai donné la gloire que tu m’as donnée, pour qu’ils soient un comme nous sommes un : moi en eux, et toi en moi.
Que leur unité soit parfaite ; ainsi, le monde saura que tu m’as envoyé, et que tu les as aimés comme tu m’as aimé.
Père, ceux que tu m’as donnés, je veux que là où je suis, eux aussi soient avec moi, et qu’ils contemplent ma gloire, celle que tu m’as donnée parce que tu m’as aimé avant même la création du monde.
Père juste, le monde ne t’a pas connu, mais moi je t’ai connu, et ils ont reconnu, eux aussi, que tu m’as envoyé.
Je leur ai fait connaître ton nom, et je le ferai connaître encore, pour qu’ils aient en eux l’amour dont tu m’as aimé, et que moi aussi, je sois en eux. »
Amen.

ADORATION :


Pape François 14 avril Basilique St Paul
Le pape François, dans son style si concret qui nous devient familier, le 14 avril 2013, posait cette question : « Que veut dire alors adorer Dieu ? Cela signifie apprendre à rester avec Lui, à nous arrêter pour dialoguer avec Lui, en sentant que Sa présence est la plus vraie, la meilleure, la plus importante de toutes… Adorer le Seigneur veut dire affirmer, croire que Lui seul guide vraiment notre vie …. »

7 septembre 2013 : « Quel est le signe que je suis un chrétien avec Jésus ? ». Il est simple : « c’est celui de l’aveugle-né qui s’agenouille devant Jésus pour l’adorer ».
« Si vous n’arrivez pas à adorer Jésus, il vous manque quelque chose
. »

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mercredi 26 avril 2017

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