Topo n°5 C : L’Eglise dans le monde de ce temps, une boussole.

samedi 4 mai 2013
par  Daniel Giacobi
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Introduction

Nous voilà à la 7e étape de notre parcours de l’Année de la Foi. Nous continuons notre réflexion sur l’EGLISE en méditant sur la façon dont elle peut éclairer les hommes de ce temps car elle est aussi l’instrument du salut de chaque homme. Vous vous rappelez comment au N°5 de Porta Fidei Benoît XVI cite les mots du bienheureux Jean Paul II : « Je sens plus que jamais le devoir d’indiquer le Concile comme la grande grâce dont l’Église a bénéficié au vingtième siècle : il nous offre une boussole fiable pour nous orienter sur le chemin du siècle qui commence  » (n. 5).

Reprenons encore une fois notre boussole en main.

Et Benoît XVI ajoute aux N°5 & 15 : « Dans cette perspective, l’Année de la foi est une invitation à une conversion authentique et renouvelée au Seigneur, unique Sauveur du monde. (N° 5) puisse cette Année de la foi rendre toujours plus solide la relation avec le Christ Seigneur, puisque seulement en lui se trouve la certitude pour regarder vers l’avenir et la garantie d’un amour authentique et durable. (N° 15). »

A quelle belle aventure nous invite l’Esprit Saint et Il nous a montré une fois encore, avec l’élection du Pape François, combien Il peut nous surprendre ! Le pape François disait lors de la veillée pascale du 30 mars : « Chers frères et sœurs, dans notre vie nous avons peur des surprises de Dieu ! Il nous surprend toujours ! Le Seigneur est ainsi. Frères et sœurs, ne nous fermons pas à la nouveauté que Dieu veut apporter dans notre vie !  »

Nous continuerons à nous appuyer sur deux textes de Vatican II :

1°) la constitution dogmatique « l’Eglise  » qui commence par les mots «  Le Christ est la lumière des peuples  » en latin : «  Lumen Gentium  » - elle est dogmatique car elle nous enseigne sur les vérités de foi - ;

et 2°) la constitution pastorale sur «  L’Eglise dans le monde de son temps  » qui commence par les mots «  Les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des hommes de ce temps  » en latin : «  Gaudium et Spes  », – elle est pastorale car elle adapte l’Eglise aux conditions nouvelles de notre temps -.

Gardons toujours au cœur et à l’intelligence les 3 réalités évoquées le mois dernier :

a) 1re réalité : Jésus s’identifie aux croyants, aux saints, c’est dire que l’Église est le Corps du Christ. Les saints ont une conscience très vive de cette unité : «  De Jésus-Christ et de l’Église, il m’est avis que c’est tout un, et qu’il n’en faut pas faire difficulté  » disait Jeanne d’Arc lors de son procès.
1re réalité. Rappelez-vous le 13 mars dernier le 1er geste du pape François s’inclinant avec humilité pour demander la prière du Peuple de Dieu qui est aussi le Corps du Christ et le Temple de l’Esprit.

Première proposition spirituelle, continuons à offrir notre vie quotidienne pour tous nos frères et sœurs chrétiens persécutés dans le monde.


b) 2e réalité : Marie, Mère de Dieu car Mère du Christ, homme et Dieu est aussi MÈRE DE L’EGLISE. C’est Paul VI qui l’a ainsi solennellement désignée le 21 novembre 1964, à la clôture de la 3e session du Concile : « Nous proclamons Marie très sainte, Mère du Christ, Mère de l’Église, c’est-à-dire de tout le peuple de Dieu, aussi bien des fidèles que des pasteurs. » Le 1er geste du pape François a été de prier et déposer un petit bouquet à Marie en l’Église de Ste Marie Majeure le 14 mars à 8h du matin.

2e proposition spirituelle : confions à l’intercession fidèle de la Vierge Marie et à st Joseph, patron de l’Eglise universelle, les premiers actes du pape François

c) 3e réalité : L’Église existe par l’action de l’Esprit : Où est l’Église, est l’Esprit Saint.

Alors en quoi l’Eglise est-elle une « boussole » pour les hommes d’aujourd’hui ?
On peut donner 3 réponses  :
1. L’Eglise nous éclaire sur la dignité de l’homme ;
2. cette dignité se manifeste dans la diversité des activités et des réalités humaines ;
3. cette dignité s’accomplit quand l’homme réalise sa vocation à la sainteté.

1. L’Eglise nous éclaire sur la dignité de l’homme :

Rappelez-vous les premiers mots de Gaudium et Spes : « Les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des hommes de ce temps, des pauvres surtout et de tous ceux qui souffrent, sont aussi les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des disciples du Christ, et il n’est rien de vraiment humain qui ne trouve écho dans leur cœur. Leur communauté, en effet, s’édifie avec des hommes, rassemblés dans le Christ, conduits par l’Esprit Saint dans leur marche vers le Royaume du Père, et porteurs d’un message de salut qu’il faut proposer à tous. La communauté des chrétiens se reconnaît donc réellement et intimement solidaire du genre humain et de son histoire.  »

C’est cette certitude qui doit nous animer alors que le pape François nous invite avec force à sortir de nos églises, dimanche 7 avril lors du Regina Coeli : « L’Esprit du Christ ressuscité chasse la peur du cœur des Apôtres et les pousse à sortir du Cénacle pour porter l’Evangile. Ayons nous aussi plus de courage pour témoigner la foi dans le Christ ressuscité ! Nous ne devons pas avoir peur d’être chrétiens et de vivre en chrétiens ! Nous devons avoir ce courage d’aller et d’annoncer le Christ ressuscité car Il est notre paix. Il a fait la paix par son amour, par son pardon, par son sang et par sa miséricorde. »

Les chapitres 1 et 2 de Gaudium et Spes des N°s 12 à 32 éclairent à la fois sur ce que sont la dignité de la personne humaine et la nature de la communauté humaine.

«  Que pense l’Église de l’homme ?  » Quelles orientations semblent devoir être proposées pour l’édification de la société contemporaine ? Quelle signification dernière donner à l’activité de l’homme dans l’univers ? Croyants et incroyants sont généralement d’accord sur ce point : tout sur terre doit être ordonné à l’homme comme à son centre et à son sommet. ..Instruite par la Révélation divine, l’Église peut apporter une réponse où se trouve dessinée la condition véritable de l’homme, où sont mises au clair ses faiblesses, mais où peuvent en même temps être justement reconnues sa dignité et sa vocation.

La Bible, en effet, enseigne que l’homme a été créé « à l’image de Dieu », capable de connaître et d’aimer son Créateur, qu’il a été constitué seigneur de toutes les créatures terrestres pour les dominer et pour s’en servir, en glorifiant Dieu. Mais Dieu n’a pas créé l’homme solitaire : dès l’origine, «  il les créa homme et femme » (Gn 1, 27). Cette société de l’homme et de la femme est l’expression première de la communion des personnes. Car l’homme, de par sa nature profonde, est un être social, et, sans relations avec autrui, il ne peut vivre ni épanouir ses qualités.

Corps et âme, mais vraiment un, l’homme est, dans sa condition corporelle même, un résumé de l’univers des choses qui trouvent ainsi, en lui, leur sommet, et peuvent librement louer leur Créateur. Il est donc interdit à l’homme de dédaigner la vie corporelle. Mais, au contraire, il doit estimer et respecter son corps qui a été créé par Dieu et qui doit ressusciter au dernier jour.

Toutefois, blessé par le péché, il ressent en lui les révoltes du corps. C’est donc la dignité même de l’homme qui exige de lui qu’il glorifie Dieu dans son corps, sans le laisser asservir aux mauvais penchants de son cœur.
Enfin, la nature intelligente de la personne trouve et doit trouver sa perfection dans la sagesse. Celle-ci attire avec force et douceur l’esprit de l’homme vers la recherche et l’amour du vrai et du bien ; l’homme qui s’en nourrit est conduit du monde visible à l’invisible.

Par le don de l’Esprit, l’homme parvient, dans la foi, à contempler et à goûter le mystère de la volonté divine. Au fond de sa conscience, l’homme découvre la présence d’une loi qu’il ne s’est pas donnée lui-même, mais à laquelle il est tenu d’obéir. Cette voix, qui ne cesse de le presser d’aimer et d’accomplir le bien et d’éviter le mal, au moment opportun résonne dans l’intimité de son cœur : «  Fais ceci, évite cela  ». Car c’est une loi inscrite par Dieu au cœur de l’homme ; sa dignité est de lui obéir … La conscience est le centre le plus secret de l’homme, le sanctuaire où il est seul avec Dieu et où sa voix se fait entendre. Mais c’est toujours librement que l’homme se tourne vers le bien. Cette liberté, nos contemporains l’estiment grandement et ils la poursuivent avec ardeur. Et ils ont raison. Souvent cependant ils la chérissent d’une manière qui n’est pas droite, comme la possibilité, la licence de faire n’importe quoi, pourvu que cela plaise, même le mal. Mais la vraie liberté est en l’homme un signe privilégié de l’image divine.

Le Concile insiste sur le respect de l’homme : que chacun considère son prochain, sans aucune exception, comme « un autre lui-même », tienne compte avant tout de son existence et des moyens qui lui sont nécessaires pour vivre dignement. De nos jours surtout, nous avons l’impérieux devoir de nous faire le prochain de n’importe quel homme et, s’il se présente à nous, de le servir activement : qu’il s’agisse de ce vieillard abandonné de tous, ou de ce travailleur étranger, méprisé sans raison, ou de cet exilé, ou de cet enfant né d’une union illégitime qui supporte injustement le poids d’une faute qu’il n’a pas commise, ou de cet affamé qui interpelle notre conscience en nous rappelant la parole du Seigneur : « Chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait » (Matt 25, 40).

De plus, tout ce qui s’oppose à la vie elle-même, comme toute espèce d’homicide, le génocide, l’avortement, l’euthanasie et même le suicide délibéré ; tout ce qui constitue une violation de l’intégrité de la personne humaine, comme les mutilations, la torture physique ou morale, les contraintes psychologiques ; tout ce qui est offense à la dignité de l’homme, comme les conditions de vie sous-humaines, les emprisonnements arbitraires, les déportations, l’esclavage, la prostitution, le commerce des femmes et des jeunes ; ou encore les conditions de travail dégradantes qui réduisent les travailleurs au rang de purs instruments de rapport, sans égard pour leur personnalité libre et responsable : toutes ces pratiques et d’autres analogues sont, en vérité, infâmes. Tandis qu’elles corrompent la civilisation, elles déshonorent ceux qui s’y livrent plus encore que ceux qui les subissent et insultent gravement à l’honneur du Créateur.

En réalité, le mystère de l’homme ne s’éclaire vraiment que dans le mystère du Verbe incarné.

3e proposition spirituelle : dans notre louange et notre prière prions pour que la dignité de l’homme sous toutes ses formes soit respectée. Quelle action est-ce que je soutiens en ce sens ?

2. La dignité humaine se manifeste dans la diversité de ses activités

Gaudium et Spes au N°23 insiste sur la dignité la communauté humaine : « Parmi les principaux aspects du monde d’aujourd’hui, il faut compter la multiplication des relations entre les hommes que les progrès techniques actuels contribuent largement à développer… La Révélation chrétienne favorise puissamment l’essor de cette communion des personnes entre elles ; en même temps elle nous conduit à une intelligence plus pénétrante des lois de la vie sociale, que le Créateur a inscrites dans la nature spirituelle et morale de l’homme. »

Le pape François nous invite, dimanche 7 avril lors du Regina Coeli : « L’Eglise est envoyée par le Christ ressuscité pour transmettre aux hommes la rémission des péchés, et ainsi faire grandir le Règne de l’amour, semer la paix dans les cœurs , afin qu’elle s’affirme aussi dans les relations, dans les sociétés, dans les institutions.  »

Au N°24 & 25 : « Dieu, qui veille paternellement sur tous, a voulu que tous les hommes constituent une seule famille et se traitent mutuellement comme des frères. Tous, en effet, ont été créés à l’image de Dieu, « qui a fait habiter sur toute la face de la terre tout le genre humain issu d’un principe unique » (Ac 17, 26), et tous sont appelés à une seule et même fin, qui est Dieu lui-même… Le caractère social de l’homme fait apparaître qu’il y a interdépendance entre l’essor de la personne et le développement de la société elle-même. En effet, la personne humaine qui, de par sa nature même, a absolument besoin d’une vie sociale, est et doit être le principe, le sujet et la fin de toutes les institutions. La vie sociale n’est donc pas pour l’homme quelque chose de surajouté.. »

Mais aux N°40-41 « À vrai dire, cette compénétration de la cité terrestre et de la cité céleste ne peut être perçue que par la foi ; bien plus, elle demeure le mystère de l’histoire humaine qui, jusqu’à la pleine révélation de la gloire des fils de Dieu, sera troublée par le péché… L’homme moderne est en marche vers un développement plus complet de sa personnalité, vers une découverte et une affirmation toujours croissantes de ses droits. L’Église, pour sa part, qui a reçu la mission de manifester le mystère de Dieu, de ce Dieu qui est la fin ultime de l’homme, révèle en même temps à l’homme le sens de sa propre existence, c’est-à-dire sa vérité essentielle… Quiconque suit le Christ, homme parfait, devient lui-même plus homme. Appuyée sur cette foi, l’Église peut soustraire la dignité de la nature humaine à toutes les fluctuations des opinions qui, par exemple, rabaissent exagérément le corps humain, ou au contraire l’exaltent sans mesure. Aucune loi humaine ne peut assurer la dignité personnelle et la liberté de l’homme comme le fait l’Évangile du Christ, confié à l’Église. »

Au N°26 « que les liens humains s’intensifient et s’étendent peu à peu à l’univers entier, le bien commun, c’est-à-dire cet ensemble de conditions sociales qui permettent, tant aux groupes qu’à chacun de leurs membres, d’atteindre leur perfection d’une façon plus totale et plus aisée, prend aujourd’hui une extension de plus en plus universelle, et par suite recouvre des droits et des devoirs qui concernent tout le genre humain… Mais en même temps grandit la conscience de l’éminente dignité de la personne humaine, supérieure à toutes choses et dont les droits et les devoirs sont universels et inviolables. Il faut donc rendre accessible à l’homme tout ce dont il a besoin pour mener une vie vraiment humaine, par exemple : nourriture, vêtement, habitat, droit de choisir librement son état de vie et de fonder une famille, droit à l’éducation, au travail, à la réputation, au respect, à une information convenable, droit d’agir selon la droite règle de sa conscience, droit à la sauvegarde de la vie privée et à une juste liberté, y compris en matière religieuse.  »

Au N°30 «  L’ampleur et la rapidité des transformations réclament d’une manière pressante que personne ne se contente d’une éthique individualiste, par inattention à l’évolution des choses ou par inertie, …Que tous prennent très à cœur de compter les solidarités sociales parmi les principaux devoirs de l’homme d’aujourd’hui, et de les respecter.  »

Au N°42 « Certes, la mission propre que le Christ a confiée à son Église n’est ni d’ordre politique, ni d’ordre économique ou social  : le but qu’il lui a assigné est d’ordre religieux . Mais, précisément, de cette mission religieuse découlent une fonction, des lumières et des forces qui peuvent servir à constituer et à affermir la communauté des hommes selon la loi divine. De même, lorsqu’il le faut et compte tenu des circonstances de temps et de lieu, l’Église peut elle-même, et elle le doit, susciter des œuvres destinées au service de tous, notamment des indigents, comme les œuvres charitables et autres du même genre. »

Comme le soulignait le pape François dans sa 1re homélie du 14 mars, le chrétien est appelé à 3 tâches «  Cheminer, édifier, confesser… la vie est un voyage et lorsqu’on s’arrête, plus rien ne va. Il ne faut pas cesser d’avancer en la présence du Seigneur, dans la lumière du Seigneur… Edifier ! Pour construire l’Eglise, il est question de pierres, mais de pierres qui ont une consistance, de pierres vivantes, bénies par l’Esprit en vue de bâtir l’Eglise, l’Epouse du Christ, dont la pierre angulaire est le Seigneur en personne. Le troisième point est confesser. Nous pouvons marcher tant que nous le voulons, construire un tas de choses, mais si nous ne confessons pas Jésus Christ, rien ne va. Nous deviendrions une ONG philanthropique mais non l’Eglise, l’Epouse du Seigneur. Si on ne bâtit pas sur la roche il arrive ce qu’il arrive aux enfants sur la plage avec leurs châteaux de sable. Sans consistance, ils s’effondrent. »

Le mot est fort : si l’Église se contente de faire de la solidarité sans annoncer le Christ, elle n’est rien d’autre qu’une ONG philanthropique.

Comme le dit Gaudium et Spes au N°43 : « Le Concile exhorte les chrétiens, citoyens de l’une et de l’autre cité, à remplir avec zèle et fidélité leurs tâches terrestres, en se laissant conduire par l’esprit de l’Évangile.  »

Gaudium et Spes se penche donc sur de nombreux domaines de cette vie sociale mais toujours à la Lumière de Dieu, du Christ et dans Saint Esprit.

2 .1. L’activité humaine au N°34 : « Pour les croyants, une chose est certaine : considérée en elle-même, l’activité humaine, individuelle et collective, ce gigantesque effort par lequel les hommes, tout au long des siècles, s’acharnent à améliorer leurs conditions de vie, correspond au dessein de Dieu… Loin d’opposer les conquêtes du génie et du courage de l’homme à la puissance de Dieu et de considérer la créature raisonnable comme une sorte de rivale du Créateur, les chrétiens sont au contraire bien persuadés que les victoires du genre humain sont un signe de la grandeur divine et une conséquence de son dessein ineffable. Mais plus grandit le pouvoir de l’homme plus s’élargit le champ de ses responsabilités, personnelles et communautaires . »

2 .2. La dignité du mariage et de la famille, au N°47 : «  La dignité de l’institution du mariage ne brille pas partout du même éclat puisqu’elle est ternie par la polygamie, l’épidémie du divorce, l’amour soi-disant libre, ou d’autres déformations. De plus, l’amour conjugal est trop souvent profané par l’égoïsme, l’hédonisme et par des pratiques illicites entravant la génération… C’est pourquoi le Concile, en mettant en meilleure lumière certains points de la doctrine de l’Église, se propose d’éclairer et d’encourager les chrétiens, ainsi que tous ceux qui s’efforcent de sauvegarder et de promouvoir la dignité originelle et la valeur privilégiée et sacrée de l’état de mariage.  »
Lumen Gentium ajoute au N°41 : « Quant aux époux et aux parents chrétiens, il leur faut, en suivant leur propre route, s’aider mutuellement dans la fidélité de l’amour avec l’aide de la grâce, tout le long de leur vie, inculquant aux enfants qu’ils ont reçus de Dieu, avec amour, les vérités chrétiennes et les vertus de l’Évangile. »
Et Gaudium et Spes ajoute au N°61 «  La famille est au premier chef comme la mère nourricière de l’éducation : en elle, les enfants, enveloppés d’amour, découvrent plus aisément la hiérarchie des valeurs, tandis que des éléments d’une culture éprouvée s’impriment d’une manière presque inconsciente dans l’esprit des adolescents, au fur et à mesure qu’ils grandissent. »

Mots essentiels en France pour les temps qui courent.

2 .3. La grandeur de la culture des N°53 à 62 : « Au sens large, le mot « culture » désigne tout ce par quoi l’homme affine et développe les multiples capacités de son esprit et de son corps ; s’efforce de soumettre l’univers par la connaissance et le travail ; humanise la vie sociale, … traduit, communique et conserve enfin dans ses œuvres, … afin qu’elles servent au progrès d’un grand nombre et même de tout le genre humain. .. en s’appliquant aux diverses disciplines, philosophie, histoire, mathématiques, sciences naturelles, et en cultivant les arts, l’homme peut grandement contribuer à ouvrir la famille humaine aux plus nobles valeurs du vrai, du bien et du beau, et à une vue des choses ayant valeur universelle : il reçoit ainsi des clartés nouvelles de cette admirable Sagesse qui depuis toujours était auprès de Dieu…Par le fait même, l’esprit humain, moins esclave des choses, peut plus facilement s’élever à l’adoration et à la contemplation du Créateur…Entre le message de salut et la culture, il y a de multiples liens. Car Dieu, en se révélant à son peuple jusqu’à sa pleine manifestation dans son Fils incarné, a parlé selon des types de culture propres à chaque époque… Mais en même temps, l’Église, envoyée à tous les peuples de tous les temps et de tous les lieux, n’est liée d’une manière exclusive et indissoluble à aucun… Il faut en outre tout faire pour que chacun prenne conscience et du droit et du devoir qu’il a de se cultiver, non moins que de l’obligation qui lui incombe d’aider les autres à le faire… Bien que l’Église ait largement contribué au progrès de la culture, l’expérience montre toutefois que, il n’est pas toujours facile aujourd’hui de réaliser l’harmonie entre la culture et le christianisme… Que les croyants vivent donc en très étroite union avec les autres hommes de leur temps et qu’ils s’efforcent de comprendre à fond leurs façons de penser et de sentir, telles qu’elles s’expriment par la culture. »

2 .4. L’importance de la vie économique et sociale au N°63 : Face aux excès du capitalisme industriel et bancaire la position de l’Église est claire : la priorité c’est l’homme, c’est sa dignité qui doit être au centre de toute la vie économique et sociale  : « Dans la vie économico-sociale, il faut honorer et promouvoir la dignité de la personne humaine, sa vocation intégrale et le bien de toute la société. C’est l’homme en effet qui est l’auteur, le centre et le but de toute la vie économico-sociale. »
Message clé par ces temps de licenciements économiques et boursiers…

2 .5. La nécessité de l’engagement politique des chrétiens aux N°75-76 : « Que tous les citoyens se souviennent donc à la fois du droit et du devoir qu’ils ont d’user de leur libre suffrage, en vue du bien commun. L’Église tient en grande considération et estime l’activité de ceux qui se consacrent au bien de la chose publique et en assurent les charges pour le service de tous…
Tous les chrétiens doivent prendre conscience du rôle particulier et propre qui leur échoit dans la communauté politique : ils sont tenus à donner l’exemple en développant en eux le sens des responsabilités et du dévouement au bien commun  ; ils montreront ainsi par les faits comment on peut harmoniser l’autorité avec la liberté, l’initiative personnelle avec la solidarité et les exigences de tout le corps social, les avantages de l’unité avec les diversités fécondes… L’Église qui, en raison de sa charge et de sa compétence, ne se confond d’aucune manière avec la communauté politique et n’est liée à aucun système politique, est à la fois le signe et la sauvegarde du caractère transcendant de la personne humaine.
 »

2 .6. Le combat pour la Paix au sein des instances internationales aux N°85-90 : «  En ces années mêmes, où les douleurs et les angoisses de guerres tantôt dévastatrices et tantôt menaçantes pèsent encore si lourdement sur nous, la famille humaine tout entière parvient à un moment décisif de son évolution… Par son attachement et sa fidélité à l’Évangile, par l’accomplissement de sa mission dans le monde, l’Église, à qui il appartient de favoriser et d’élever tout ce qui se trouve de vrai, de bon, de beau dans la communauté humaine, renforce la paix entre les hommes pour la gloire de Dieu..

_ La paix n’est pas une pure absence de guerre et elle ne se borne pas seulement à assurer l’équilibre de forces adverses ; elle ne provient pas non plus d’une domination despotique, mais c’est en toute vérité qu’on la définit « œuvre de justice » (Is 32, 17). Elle est le fruit d’un ordre inscrit dans la société humaine par son divin fondateur, et qui doit être réalisé par des hommes qui ne cessent d’aspirer à une justice plus parfaite… La ferme volonté de respecter les autres hommes et les autres peuples ainsi que leur dignité, la pratique assidue de la fraternité sont absolument indispensables à la construction de la paix. Ainsi la paix est-elle aussi le fruit de l’amour qui va bien au-delà de ce que la justice peut apporter. .. La paix terrestre qui naît de l’amour du prochain est elle-même image et effet de la paix du Christ qui vient de Dieu le Père.
C’est pourquoi, accomplissant la vérité dans la charité (Ep 4, 15), tous les chrétiens sont appelés avec insistance à se joindre aux hommes véritablement pacifiques pour implorer et instaurer la paix…Les chrétiens collaboreront de bon gré et de grand cœur à la construction de l’ordre international qui doit se faire dans un respect sincère des libertés légitimes et dans l’amicale fraternité de tous… Il faut donc louer et encourager ces chrétiens, les jeunes en particulier, qui s’offrent spontanément à secourir d’autres hommes et d’autres peuples.
Pour encourager et stimuler la coopération entre tous, il est donc tout à fait nécessaire que l’Église soit présente dans la communauté des nations  ; et cela tant par ses organes officiels que par l’entière et loyale collaboration de tous les chrétiens …
 »

C’est bien ce que le Cal Bergoglio soulignait en 2008 à Québec en montrant que l’Amour de l’Eucharistie nous conduit à la mission. C’est pourquoi l’Eglise « experte en humanité » selon la belle expression de Paul VI se veut solidaire de toute la famille humaine.

3. La dignité de l’homme s’accomplit quand il réalise sa vocation à la sainteté :

Lumen Gentium débute par ces mots : « Le Christ est la lumière des peuples ; réuni dans l’Esprit Saint, le saint Concile souhaite donc ardemment, en annonçant à toutes les créatures la bonne nouvelle de l’Évangile répandre sur tous les hommes la clarté du Christ qui resplendit sur le visage de l’Église ( Mc 16, 15)… il faut que tous les hommes, désormais plus étroitement unis entre eux par les liens sociaux, techniques, culturels, réalisent également leur pleine unité dans le Christ. »

Puis aux N°s 39 à 42 «  Maître divin et modèle de toute perfection, le Seigneur Jésus a prêché à tous et chacun de ses disciples, quelle que soit leur condition, cette sainteté de vie …Et en effet à tous il a envoyé son Esprit pour les mouvoir de l’intérieur à aimer Dieu de tout leur cœur, de toute leur âme, de toute leur intelligence et de toutes leurs forces (Mc 12, 30), et aussi à s’aimer mutuellement comme le Christ les a aimés (Jn 13, 34 ; 15, 12). Cette sanctification qu’ils ont reçue, il leur faut donc, avec la grâce de Dieu, la conserver et l’achever par leur vie. Cependant comme nous nous rendons tous fautifs en bien des points (Jc 3, 2), nous avons constamment besoin de la miséricorde de Dieu et nous devons tous les jours dire dans notre prière : « Pardonne-nous nos offenses » (Mt 6, 12) .

Il est donc bien évident pour tous que l’appel à la plénitude de la vie chrétienne et à la perfection de la charité s’adresse à tous ceux qui croient au Christ, quel que soit leur état ou leur forme de vie ; dans la société terrestre elle-même, cette sainteté contribue à promouvoir plus d’humanité dans les conditions d’existence. Les fidèles doivent s’appliquer de toutes leurs forces, dans la mesure du don du Christ, à obtenir cette perfection, afin que… ils soient avec toute leur âme voués à la gloire de Dieu et au service du prochain. Ainsi la sainteté du Peuple de Dieu s’épanouira en fruits abondants, comme en témoigne avec éclat la vie de tant de saints

À travers les formes diverses de vie et les charges différentes, il n’y a qu’une seule sainteté cultivée par tous ceux que conduit l’Esprit de Dieu et qui, obéissant à la voix du Père et adorant Dieu le Père en esprit et en vérité, marchent à la suite du Christ pauvre, humble et chargé de sa croix, pour mériter de devenir participants de sa gloire. Chacun doit inlassablement avancer, selon ses propres dons et fonctions, par la voie d’une foi vivante, génératrice d’espérance et ouvrière de charité.  »

Rappelez-vous comment le pape François dans sa 1re homélie aux cardinaux et aux évêques nous appelait tous à marcher et à prendre notre croix : « Si on ne chemine pas, on s’arrête ; mais quand nous marchons sans la croix, quand on construit sans la croix et quand nous confessons le Christ sans croix, nous ne sommes pas les disciples du Seigneur mais des serviteurs de ce monde. »

Revenons à Lumen Gentium : «  Ainsi donc tous ceux qui croient au Christ iront en se sanctifiant toujours plus dans les conditions, les charges et les circonstances qui sont celles de leur vie et grâce à elles, si cependant ils reçoivent avec foi toutes choses de la main du Père céleste et coopèrent à l’accomplissement de la volonté de Dieu, en faisant paraître aux yeux de tous, dans leur service temporel lui-même, la charité avec laquelle Dieu a aimé le monde. « Dieu est charité et celui qui demeure dans la charité demeure en Dieu et Dieu en lui » (1 Jn 4, 16). Sa charité, Dieu l’a répandue dans nos cœurs par l’Esprit Saint… (Rm 5, 5). La charité qui nous fait aimer Dieu par-dessus tout et le prochain à cause de lui est par conséquent le don premier et le plus nécessaire. Mais pour que la charité, comme un bon grain, croisse dans l’âme et fructifie, chaque fidèle doit s’ouvrir volontiers à la Parole de Dieu et, avec l’aide de sa grâce, mettre en œuvre sa volonté, participer fréquemment aux sacrements, surtout à l’Eucharistie, et aux actions sacrées, s’appliquer avec persévérance à la prière.., et au service actif de ses frères … »

Le pape François a déjà plusieurs fois insisté sur cette nécessité de la prière personnelle pour chaque chrétien avec des mots forts comme dans sa 1re homélie du 14 mars en citant explicitement l’auteur français Léon Bloy (1846-1917) : " Celui qui ne prie pas, prie pour le Diable , car qui ne confesse pas le Christ confesse la mondanité du Diable… Marcher, construire et confesser aujourd’hui n’est pas si facile, parce qu’il y a des secousses, des mouvements de terrains et des tractions arrière. »

Conclusion

Concluons avec Gaudium et Spes aux N°s 91-92 : «  Tirées des trésors de la doctrine de l’Église, ces propositions … ont pour but d’aider tous les hommes de notre temps, qu’ils croient en Dieu ou qu’ils ne le reconnaissent pas explicitement, à percevoir avec une plus grande clarté la plénitude de leur vocation, à rendre le monde plus conforme à l’éminente dignité de l’homme, à rechercher une fraternité universelle, appuyée sur des fondements plus profonds, et, sous l’impulsion de l’amour, à répondre généreusement et d’un commun effort aux appels les plus pressants de notre époque…
En vertu de la mission qui est la sienne, d’éclairer l’univers entier par le message évangélique et de réunir en un seul Esprit tous les hommes, à quelque nation, race, ou culture qu’ils appartiennent, l’Église apparaît comme le signe de cette fraternité qui rend possible un dialogue loyal et le renforce. .. Cela exige en premier lieu qu’au sein même de l’Église nous fassions progresser l’estime, le respect et la concorde mutuels..
 »

Prions en reprenant les mots de Gaudium et Spes et du Pape François lors du dimanche de la Miséricorde le 7 avril 2013 :

La volonté du Père est qu’en tout homme nous reconnaissions le Christ notre frère et que nous nous aimions chacun pour de bon, en action et en parole, rendant ainsi témoignage à la vérité.

La volonté du Père est que nous partagions avec les autres hommes le mystère d’amour du Père céleste. C’est de cette manière que les hommes répandus sur toute la terre seront provoqués à une ferme espérance, don de l’Esprit, afin d’être finalement admis dans la paix et le bonheur suprêmes, dans la patrie qui resplendit de la gloire du Seigneur.

Le Pape François disait le dimanche de la Miséricorde : «  L’Eglise est envoyée par le Christ ressuscité pour transmettre aux hommes la rémission des péchés, et ainsi faire grandir le Règne de l’amour, semer la paix dans les cœurs , afin qu’elle s’affirme aussi dans les relations, dans les sociétés, dans les institutions. Dieu nous attend toujours, il ne se fatigue pas. Jésus nous manifeste cette patience miséricordieuse de Dieu pour que nous retrouvions confiance, espérance, toujours ! La patience de Dieu doit trouver en nous le courage de revenir à lui, quelle que soit l’erreur, quel que soit le péché qui est dans notre vie.

L’Esprit du Christ ressuscité chasse la peur du cœur des Apôtres et les pousse à sortir du Cénacle pour porter l’Evangile. Ayons nous aussi plus de courage pour témoigner la foi dans le Christ ressuscité  ! Nous ne devons pas avoir peur d’être chrétiens et de vivre en chrétiens ! Nous devons avoir ce courage d’aller et d’annoncer le Christ ressuscité car Il est notre paix. »

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lundi 14 août 2017

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