Topo n°5 B : L’Eglise : comment l’accueillir dans la foi ?

jeudi 11 avril 2013
par  Daniel Giacobi
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Introduction

Nous voilà à la 6e étape de notre parcours de l’Année de la Foi. Nous continuons notre réflexion sur l’EGLISE en méditant sur la façon dont nous pouvons l’accueillir dans la foi animés par la certitude qu’elle est l’instrument de notre salut ainsi que nous l’avons vu le mois dernier. Je vous invite à accueillir notre réflexion comme une prière, une méditation.

Nous continuerons à nous appuyer sur deux textes de Vatican II :

1°) la constitution dogmatique « l’Eglise » qui commence par les mots « Le Christ est la lumière des peuples » en latin : « Lumen Gentium » - elle est dogmatique car elle nous enseigne sur les vérités de foi - ;

et 2°) la constitution pastorale sur « L’Eglise dans le monde de son temps » qui commence par les mots « Les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des hommes de ce temps » en latin : « Gaudium et Spes », – elle est pastorale car elle adapte l’Eglise aux conditions nouvelles de notre temps -.
Gardons au cœur et à l’intelligence les 3 réalités évoquées le mois dernier :

a) 1ère réalité : Jésus s’identifie aux croyants, aux saints, c’est dire que l’Église est le Corps du Christ. Les saints ont une conscience très vive de cette unité : « De Jésus-Christ et de l’Église, il m’est avis que c’est tout un, et qu’il n’en faut pas faire difficulté » disait Jeanne d’Arc lors de son procès.

Le Peuple de Dieu est le Corps du Christ, c’est le sens du 1er geste du pape François le 13 mars dernier. Je vous rappelle ses mots : « Et maintenant, nous commençons ce chemin, évêque et peuple. … Un chemin de fraternité, d’amour, de confiance entre nous. Prions … les uns pour les autres. Prions pour le monde entier, afin qu’il y ait une grande fraternité. .. avant que l’évêque bénisse le peuple, je vous demande de prier le Seigneur pour qu’il me bénisse. Que le peuple demande la bénédiction de Dieu sur son pasteur. Faisons silence. » C’est l’image d’un homme de prière qui a l’humilité de s’incliner devant le Peuple de Dieu qui est Corps du Christ et Temple de l’Esprit.

Première proposition spirituelle , gardons au cœur et offrons notre vie quotidienne pour tous nos frères et sœurs chrétiens persécutés dans le monde.

b) 2ème réalité : Marie, Mère de Dieu car Mère du Christ, homme et Dieu est aussi MÈRE DE L’EGLISE. C’est Paul VI qui l’a ainsi solennellement désignée le 21 novembre 1964, à la clôture de la 3e session du Concile : « Nous proclamons Marie très sainte, Mère du Christ, Mère de l’Église, c’est-à-dire de tout le peuple de Dieu, aussi bien des fidèles que des pasteurs. »

Deuxième proposition dans ce temps particulier que vit l’Église, confions à l’intercession fidèle de la Vierge Marie et à saint Joseph l’Eglise universelle.

c) 3ème réalité : L’Église existe par l’action de l’Esprit Saint : Où est l’Église, est l’Esprit Saint .

Alors comment pouvons-nous accueillir l’Eglise dans la foi ?

On peut donner 3 portes d’entrée, 3 démarches :
1. En entrant dans le Mystère de l’Eglise avec foi,
2. En acceptant de répondre à notre vocation,
3. En se mettant au service de « tout l’homme ».

1re porte : 1. … Entrons dans le Mystère de l’Église

1.1. Pour y entrer, nous sommes tous appelés, spécialement en ce temps de Carême, à entrer dans une démarche de profonde humilité à la façon du Fils Prodigue qui décide en son cœur de retourner à son Père : «  Père je ne suis plus digne d’être appelé ton fils… » ou comme le publicain de la parabole qui se tient au fond de la synagogue en se frappant la poitrine. Nous savons bien que nous sommes un peuple de pécheurs. Benoît XVI dans Porta Fidei au N°6 cite Lumen Gentium : « Tandis que le Christ, ‘saint, innocent, sans tâche’ (He 7, 26), n’a pas connu le péché (2 Co 5, 21), … l’Église, elle, qui enferme des pécheurs dans son propre sein, est donc à la fois sainte et appelée à se purifier, elle poursuit constamment son effort de pénitence et de renouvellement. L’Église avance dans son pèlerinage … »
Dans son homélie pour l’Epiphanie le 6 janvier 2006 il précisait : « nous, membres de l’Eglise, ne pouvons pas ne pas percevoir toute l’insuffisance de notre condition humaine, marquée par le péché. L’Eglise est sainte mais elle est composée d’hommes et de femmes avec leurs limites et leurs erreurs. Seul le Christ, en nous donnant l’Esprit Saint, peut transformer notre misère et nous renouveler continuellement. C’est Lui la lumière des nations, - lumen gentium- , qui a choisi d’éclairer le monde à travers son Eglise (N° 1). »


C’est un fidèle qui se confie à un ami prêtre. On entend souvent ce langage :
«  – J’en ai assez de cette Église qui donne toujours des leçons. Et d’ailleurs, je peux très bien prier tout seul, je peux m’adresser directement à Dieu. C’est décidé, je resterai désormais dans mon lit le dimanche matin.
Le prêtre ne dit rien. Il s’approche de la cheminée du salon où brûle un feu, il saisit avec une pince un tison incandescent qu’il pose hors du foyer. En silence, il contemple le morceau de bois qui de flamboyant vire progressivement au gris cendre, puis au noir.
– J’ai compris ! rétorque son ami. Je ferai encore un effort ! »

Parfois la tentation de critiquer l’Église s’empare de nous au point de penser que nous n’avons pas besoin d’elle pour vivre notre foi. L’Église peut paraître parfois pesante, mais cette lourdeur tout humaine qui vient ralentir sa marche divine est aussi ce qui me permet à moi qui suis pécheur de ne pas me laisser distancer par elle. Quelle place me resterait-il en effet dans une assemblée déjà parvenue à la sainteté ? Cette institution fragile que je critique trop souvent est en réalité le foyer qui me porte et qui me donne la force d’avancer. Contre la tentation de la critique facile, demandons à l’Esprit Saint de nous éclairer, qu’Il nous montre que ce qui manque à l’Église c’est d’abord notre propre engagement, au lieu de regarder depuis le quai le bateau affronter la tempête, montons dans la barque pour prendre l’aviron en faisant confiance à Dieu qui tient la barre.

Ainsi avant d’être une institution, une structure hiérarchisée, l’Église est une REALITE SPIRITUELLE, l’Église doit d’abord ÊTRE AIMÉE à l’exemple de tous les grands saints qui ont offert leurs vies pour qu’elle rayonne, un Saint François d’Assise, une Thérèse d’Avila, une Mère Térésa, et tant d’autres. L’Amour de l’Église est absolument inséparable de la sainteté.

3ème proposition spirituelle dans ce temps de transition, dans notre louange et notre prière rendons grâce avec force et foi pour l’Eglise.

Nous sommes appelés à croire que sans cesse l’Eglise est sanctifiée par l’Esprit Saint, Lumen Gentium § 4 :« Une fois achevée l’œuvre que le Père avait chargé son Fils d’accomplir sur la terre, le jour de Pentecôte, l’Esprit Saint fut envoyé pour sanctifier l’Église en permanence et procurer ainsi aux croyants, par le Christ, dans l’unique esprit, l’accès auprès du Père. … L’Esprit habite dans l’Église et dans le cœur des fidèles comme dans un temple, en eux Il prie … ».

Pie XII, dans l’encyclique « Mystici Corporis » définit l’Église comme corps mystique du Christ : « C’est à l’Esprit du Christ comme à un principe caché qu’il faut attribuer que toutes les parties du Corps soient reliées, aussi bien entre elles qu’avec leur Tête suprême…  » (Pie XII, Enc. « Mystici Corporis » : DS 3808). L’Esprit Saint fait de l’Église «  le Temple du Dieu Vivant  » comme l’écrit saint Paul dans plusieurs de ses lettres. (2 Co 6, 16 ; cf. 1 Co 3, 16-17 ; Ep 2, 21) Selon la belle formule de Saint Irénée : «  là où est l’Église, là est aussi l’Esprit de Dieu ; et là où est l’Esprit de Dieu, là est l’Église et toute grâce.  » (S. Irénée, hær. 3, 24, 1).

Ainsi c’est uniquement « avec les yeux de la foi » (Catech. R. 1, 10, 20) – l’Année de la Foi prend là tout sons sens - que l’on peut voir dans la réalité visible de l’Église en même temps une réalité spirituelle, porteuse de vie divine, on parle du mystère de l’Église. Selon Lumen Gentium § 8 ces dimensions constituent ensemble « une seule réalité complexe, faite d’un double élément humain et divin. »

1.2. Au cœur de la vie de l’Église se trouve l’Eucharistie

Reprenons la Constitution dogmatique sur la Liturgie « Sacrosanctum concilium », le 1er grand texte conciliaire adopté le 4 décembre 1963 – à chaque temps liturgique fort, il est bon de s’arrêter sur ce texte si riche -, aux § 47-48 « Notre Sauveur, à la dernière Cène, la nuit où il était livré, institua le sacrifice eucharistique de son Corps et de son Sang pour perpétuer le sacrifice de la croix au long des siècles, jusqu’à ce qu’il vienne, et en outre pour confier à l’Eglise, son Epouse bien-aimée, le mémorial de sa mort et de sa résurrection : sacrement de l’amour, signe de l’unité, lien de la charité, banquet pascal … Aussi l’Eglise se soucie-t-elle d’obtenir que les fidèles n’assistent pas à ce mystère de la foi comme des spectateurs étrangers et muets, mais que, le comprenant bien dans ses rites et ses prières, ils participent consciemment, pieusement et activement à l’action sacrée, soient formés par la parole de Dieu, se restaurent à la table du Corps du Seigneur, rendent grâces à Dieu ; qu’offrant la victime sans tache, non seulement par les mains du prêtre, mais aussi ensemble avec lui, ils apprennent à s’offrir eux-mêmes …pour que, finalement Dieu soit en tous.  »

C’est pour cela que le texte aux § 50 et 54 institue les moyens d’une Liturgie plus participative « Le rituel de la messe sera révisé de telle sorte …que soit facilitée la participation pieuse et active des fidèles…On pourra donner la place qui convient à la langue du pays dans les messes célébrées avec concours de peuple… »

Les prières eucharistiques si nous les intériorisons nourrissent notre prière et deviennent motifs de louer Dieu. Dans la Constitution dogmatique Lumen Gentium au N°50 : « Mais notre union avec l’Eglise céleste se réalise de la manière la plus éclatante - et avant tout dans la sainte Liturgie.. » Pendant la messe nous sommes appelés à nous unir activement en notre cœur à cet acte de louange de Jésus. C’est ce qu’expliquera Jean Paul II dans son encyclique Ecclesia de Eucharistia au § 8 : « Le Fils de Dieu s’est fait homme pour redonner toute la création, dans un acte suprême de louange, à Celui qui l’a tirée du néant…L´Eucharistie est un lien entre le ciel et la terre.  »

Avons-nous bien entendu et surtout bien compris ces mots ?

«  L´eucharistie est un coin du ciel qui s´ouvre sur la terre !  » Avons-nous suffisamment conscience, à la messe, que le ciel s´ouvre au dessus de nos têtes ?

Autre point : nous louons pour nous mais aussi au nom de toute la création. 4e prière eucharistique : « La création tout entière t´acclame par nos voix . »
C’est ce que le Cardinal Bergoglio , notre pape François expliquait en 2008 dans une catéchèse donnée au 49e Congrès Eucharistique de Québec : Je le cite : « L’Eucharistie don de Dieu est le thème central de l’exhortation apostolique Sacramentum caritatis de Benoît XVI. Dans la première partie le pape nous exhorte à l’adoration de l’Eucharistie comme don gratuit de la très sainte Trinité pour la vie du monde. Et à la fin, dans la troisième partie, l’Eucharistie se partage, elle est mission. Don de vie qui se reçoit et don de vie qui se donne aux autres. Il nous exhorte à nous faire Eucharistie pour tous, comme le Seigneur

Puis il s’appuie sur Jean Paul II et l’encyclique Ecclesia de Eucharistia « L’Église naît du mystère pascal. C’est précisément pour cela que l’Eucharistie, sacrement par excellence du mystère pascal, a sa place au centre de la vie ecclésiale. On le voit bien dès les premières images de l’Église que nous donnent les Actes des Apôtres : « Ils étaient fidèles à écouter l’enseignement des Apôtres et à vivre en communion fraternelle, à rompre le pain et à participer aux prières » (2, 42). L’Eucharistie est évoquée dans la « fraction du pain ». Deux mille ans plus tard, nous continuons à réaliser cette image primitive de l’Église. Et tandis que nous le faisons dans la célébration de l’Eucharistie, les yeux de l’âme se reportent au Triduum pascal, à ce qui se passa le soir du Jeudi saint, pendant la dernière Cène, et après elle. En effet, l’institution de l’Eucharistie anticipait sacramentellement les événements qui devaient se réaliser peu après, à partir de l’agonie à Gethsémani. ..Son effusion devait s’achever sur le Golgotha, devenant l’instrument de notre rédemption » .… »

Ce qu’on dit universellement de l’Église, on le dit aussi d’une façon toute particulière de Marie et individuellement de chaque âme fidèle. Le pape Jean-Paul II écrit ceci : « Se préparant jour après jour au Calvaire, Marie vit une sorte d’Eucharistie anticipée dans une communion spirituelle de désir et d’offrande dont l’accomplissement se réalisera par et dans son Fils. Par le désir d’offrande nous nous convertissons comme Marie en devenant des récipients disponibles pour que la parole s’incarne dans nos vies  ». Marie se présente comme modèle de l’alliance entre le Seigneur et son épouse l’Église, entre Dieu et les hommes.

2e porte : 2. … Acceptons de répondre à notre vocation

2.1. Nous sommes appelés à exercer un « sacerdoce commun ».

C’est ce qu’explique Lumen Gentium aux § 10 à 12 : « Le Christ Seigneur, grand prêtre d’entre les hommes a fait du peuple nouveau « un Royaume, des prêtres pour son Dieu et Père » (Ap 1, 6 ; 5, 9-10). Les baptisés, en effet, par … l’onction du Saint-Esprit, sont consacrés pour être une demeure spirituelle et un sacerdoce saint….C’est pourquoi tous les disciples du Christ, persévérant dans la prière et la louange de Dieu (cf. Ac 2, 42-47), doivent s’offrir en victimes vivantes, saintes, agréables à Dieu (cf. Rm 12, 1), porter témoignage du Christ sur toute la surface de la terre, et …de l’espérance qui est en eux d’une vie éternelle (cf. 1 P 3, 15).
…Les fidèles incorporés à l’Église par le baptême … devenus fils de Dieu …sont tenus de professer devant les hommes la foi que par l’Église ils ont reçue de Dieu. Par le sacrement de confirmation, leur lien avec l’Église est rendu plus parfait, ils sont enrichis d’une force spéciale de l’Esprit Saint et obligés ainsi plus strictement tout à la fois à répandre et défendre la foi par la parole et par l’action en vrais témoins du Christ. Participant au sacrifice eucharistique, source et sommet de toute la vie chrétienne, ils offrent à Dieu la victime divine et s’offrent eux-mêmes avec elle… Ceux qui s’approchent du sacrement de Pénitence y reçoivent de la miséricorde de Dieu le pardon de l’offense qu’ils lui ont faite et du même coup sont réconciliés avec l’Église que leur péché a blessée
 »

2.2. Ainsi nous sommes tous appelés à la sainteté :

Lumen Gentium § 11 et 12 : «  Pourvus de moyens salutaires d’une telle abondance et d’une telle grandeur, tous ceux qui croient au Christ, quels que soient leur condition et leur état de vie, sont appelés par Dieu, chacun dans sa route, à une sainteté dont la perfection est celle même du Père.
Le Peuple saint de Dieu participe aussi de la fonction prophétique du Christ ; il répand son vivant témoignage avant tout par une vie de foi et de charité…
Mais le même Esprit Saint ne se borne pas à sanctifier le Peuple de Dieu par les sacrements et les ministères, à le conduire et à lui donner l’ornement des vertus, il distribue aussi parmi les fidèles de tous ordres, « répartissant ses dons à son gré en chacun » (1 Co 12, 11), les grâces spéciales, les charismes, qui le rendent apte et disponible pour assumer les diverses charges et offices utiles au renouvellement et au développement de l’Église…
 »

Tout le chapitre 5 de Lumen Gentium § 39 à 42 concerne « la vocation universelle à la sainteté dans l’Eglise » .
« L’Église, dont le saint Concile présente le mystère, est aux yeux de la foi indéfectiblement sainte. En effet, le Christ, Fils de Dieu, qui, avec le Père et l’Esprit, est proclamé « le seul Saint », a aimé l’Église comme son épouse, …Aussi dans l’Église, tous, qu’ils appartiennent à la hiérarchie ou qu’ils soient régis par elle, sont appelés à la sainteté …Il est donc bien évident pour tous que l’appel à la plénitude de la vie chrétienne et à la perfection de la charité s’adresse à tous ceux qui croient au Christ, quel que soit leur état ou leur forme de vie ; dans la société terrestre, cette sainteté contribue à promouvoir plus d’humanité dans les conditions d’existence… Ainsi la sainteté du Peuple de Dieu s’épanouira en fruits abondants, comme en témoigne avec éclat à travers la vie de tant de saints, l’histoire de l’Église… »
Nous reviendrons dans le topo sur les laïcs à cet appel à la sainteté pour nous.

3e porte : 3. Ainsi nous pouvons nous mettre au service de tout l’homme

3.1. L’Église est solidaire de toute la famille humaine :

C’est bien ce que le Cal Bergoglio soulignait en 2008 à Québec en montrant que l’Amour de l’Eucharistie nous conduit à la mission. C’est pourquoi l’Eglise «  experte en humanité  » selon la belle expression de Paul VI se veut solidaire de toute la famille humaine, c’est le propos de tout le début de Gaudium et Spes :
« Les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des hommes de ce temps, des pauvres surtout – et nous pensons au Pape François que les médias surnomment déjà « le pape des pauvres » - et de tous ceux qui souffrent, sont aussi les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des disciples du Christ, et il n’est rien de vraiment humain qui ne trouve écho dans leur cœur. La communauté des chrétiens se reconnaît donc réellement et intimement solidaire du genre humain et de son histoire… C’est pourquoi, le deuxième Concile du Vatican n’hésite pas à s’adresser maintenant, non plus aux seuls fils de l’Église et à tous ceux qui se réclament du Christ, mais à tous les hommes… Aussi le Concile, témoin et guide de la foi de tout le Peuple de Dieu rassemblé par le Christ, ne saurait donner une preuve plus parlante de solidarité, de respect et d’amour à l’ensemble de la famille humaine, à laquelle ce peuple appartient, qu’en dialoguant avec elle sur ces différents problèmes, en les éclairant à la lumière de l’Évangile.. C’est en effet l’homme qu’il s’agit de sauver, la société humaine qu’il faut renouveler. C’est donc l’homme, l’homme considéré dans son unité et sa totalité, l’homme, corps et âme, cœur et conscience, pensée et volonté, qui constituera l’axe de tout notre exposé.  »

3.2. L’Église peut répondre aux besoins de toute l’humanité parce qu’elle sait discerner les appels de l’Esprit Saint :

C’est au § 11 de Gaudium et Spes : «  Mû par la foi, se sachant conduit par l’Esprit du Seigneur qui remplit l’univers, le Peuple de Dieu s’efforce de discerner dans les événements, les exigences et les requêtes de notre temps, auxquels il participe avec les autres hommes, quels sont les signes véritables de la présence ou du dessein de Dieu. La foi, en effet, éclaire toutes choses d’une lumière nouvelle et nous fait connaître la volonté divine sur la vocation intégrale de l’homme, orientant ainsi l’esprit vers des solutions pleinement humaines… – On saisit toute la grâce de l’incarnation à travers le caractère concret de l’engagement en Église - Que pense l’Église de l’homme ? Quelles orientations semblent devoir être proposées pour l’édification de la société contemporaine ? Quelle signification dernière donner à l’activité de l’homme dans l’univers ? Ces questions réclament une réponse…  » C’est tout le sens de la « Doctrine sociale de l’Eglise ». Ce fut le thème d’année du Mouezh en 2012 :
http://cpsainttugdual.catholique.fr…

Les chapitres 1 et 2 de Gaudium et Spes des N°s 12 à 32 éclairent à la fois ce que sont la dignité de la personne humaine et la nature de la communauté humaine. Nous y reviendrons dans le dernier topo sur l’Eglise.

3.3. L’Église souligne en particulier la dignité de l’intelligence :

L’Église ne craint ni la réflexion, ni la science, elle croit que l’intelligence appliquée avec conscience conduit à Dieu, c’est ce que Benoît XVI s’est attaché à montrer durant tout son pontificat. C’est le propos de Gaudium et Spes au § 15 :
« Participant à la lumière de l’intelligence divine, l’homme a raison de penser que, par sa propre intelligence, il dépasse l’univers des choses… De nos jours il a obtenu des victoires hors pair, notamment dans la découverte et la conquête du monde matériel. Toujours cependant il a cherché et trouvé une vérité plus profonde. … la nature intelligente de la personne trouve et doit trouver sa perfection dans la sagesse. Celle-ci attire avec force et douceur l’esprit de l’homme vers la recherche et l’amour du vrai et du bien ; l’homme qui s’en nourrit est conduit du monde visible à l’invisible. Plus que toute autre, notre époque a besoin d’une telle sagesse, pour humaniser ses propres découvertes, quelles qu’elles soient. L’avenir du monde serait en péril si elle ne savait pas se donner des sages. Pourquoi ne pas ajouter cette remarque : de nombreux pays, pauvres en biens matériels, mais riches en sagesse, pourront puissamment aider les autres sur ce point. – Regardez aujourd’hui d’où vient la défense des valeurs de la famille face aux théories du gender défendues à l’ONU, dans l’UE et de nombreux pays occidentaux - Par le don de l’Esprit, l’homme parvient, dans la foi, à contempler et à goûter le mystère de la volonté divine. »

Conclusion

Alors comme les juifs interpellés par le discours de Pierre après la Pentecôte , nous nous posons la question «  Que devons nous faire ?  » Dimanche, 10 février, fête de Notre Dame de la Confiance, en visite au Grand Séminaire de Rome, Benoît XVI nous donnait la réponse : « … l’arbre de l’Eglise ne meurt pas mais renaît toujours de nouveau. L’Eglise est l’avenir car elle porte l’éternité« . Pour conclure, le pape a invité à «  »toucher Jésus" dans la foi… » La réponse est claire : rejetons notre péché, convertissons-nous, faisons confiance à l’Église qui veut notre salut.

Le 20 mars 2013, le pape François a reçu les des Églises et des Communautés ecclésiales, et des différentes religions. Il leur a notamment déclaré :
« Je commence mon ministère apostolique durant cette année que mon vénéré prédécesseur, Benoît XVI, avec une intuition vraiment inspirée, a proclamée être l’Année de la foi pour l’Église catholique. Par cette initiative, que je désire poursuivre et qui, j’espère, sera un stimulant pour le cheminement de foi de chacun, … proposant en quelque sorte un pèlerinage vers ce qui représente l’essentiel pour chaque chrétien : le rapport personnel et transformant avec Jésus Christ, Fils de Dieu, mort et ressuscité pour notre salut. C’est justement dans le désir d’annoncer aux hommes de tous les temps ce trésor de la foi perpétuellement valable, que réside le cœur du message conciliaire. » C’est une démonstration de la continuité de son pontificat avec celui de Benoît XVI pour qui il avait prié dès sa 1re intervention comme pape et avec qui il est ensuite allé prier.

Il concluait ainsi : «  Nous savons combien la tentative d’éliminer Dieu et le divin de l’horizon de l’humanité a produit de violence dans l’histoire récente, et nous percevons la valeur de témoigner dans nos sociétés de l’ouverture originaire à la transcendance inscrite dans le cœur de l’homme.  »

Prions avec le Pape François lors de sa 1re messe avec les cardinaux le 14 mars 2013 et de sa messe d’intronisation le 19 mars :

La vocation de garder, de protéger, qui est celle de St Joseph, ne nous concerne pas seulement nous les chrétiens, elle a une dimension qui est simplement humaine, elle concerne tout le monde. C’est le fait de garder la création tout entière, la beauté de la création, comme il nous est dit dans le Livre de la Genèse et comme nous l’a montré saint François d’Assise : c’est le fait d’avoir du respect pour toute créature de Dieu et pour l’environnement dans lequel nous vivons. Mais pour « garder » nous devons aussi avoir soin de nous-mêmes ! Rappelons-nous que la haine, l’envie, l’orgueil souillent la vie ! Garder veut dire alors veiller sur nos sentiments, sur notre cœur, parce que c’est de là que sortent les intentions bonnes et mauvaises : celles qui construisent et celles qui détruisent ! Nous ne devons pas avoir peur de la bonté, et même pas non plus de la tendresse !
Quand on ne marche pas, on s’arrête. Quand on ne construit pas sur les pierres, que se passe-t-il ? Il arrive ce qui arrive aux enfants sur la plage quand ils construisent des châteaux de sable, tout s’écroule, tout est sans consistance.
Quand nous marchons sans la croix, quand nous édifions sans la croix et quand nous confessons un Christ sans croix, nous ne sommes pas des disciples du Seigneur : nous sommes des personnes du monde… mais pas des disciples du Seigneur. Je voudrais que tous, après ces jours de grâce, nous ayons le courage, vraiment le courage, de cheminer en présence du Seigneur, avec la croix du Seigneur ; d’édifier l’Église sur le sang du Seigneur, qui est versé sur la croix ; et de confesser l’unique gloire : le Christ crucifié. Et ainsi l’Eglise ira de l’avant.
Je souhaite que le Saint-Esprit, par la prière de la Vierge, notre Mère, nous accorde à tous cette grâce : cheminer, édifier, confesser Jésus-Christ crucifié. Amen.
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