Topo 5 A : L’Eglise, instrument de notre salut

mercredi 20 février 2013
par  Daniel Giacobi
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Préambule

Le 14 février 2013 Benoît XVI, trois jours avoir annoncé qu’il renonçait à son Ministère, s’adressait aux prêtres de Rome sans papier, dans une sorte de testament spirituel (voir document pdf sur le site paroissial en bas de page) :
On peut en préambule reprendre quelques extraits essentiels pour notre Parcours sur l’Année de la Foi, il reprend des points clés pour notre réflexion à propos de la Liturgie et de la Révélation. Il développe aussi une notion-clé, celle de «  Concile des Média  » qui a parasité et trop souvent annuler les apports du «  Concile des Pères évêques  » , qu’il faut aujourd’hui retrouver et mettre en œuvre dans l’Eglise de 2013. Ce sera une des missions du nouveau pape.

Même si je me retire maintenant, je reste toujours proche de vous tous dans la prière et je suis certain que vous aussi, vous me serez proches même si je demeure caché pour le monde.
…Pour aujourd’hui, en raison des conditions dues à mon âge, je n’ai pas pu préparer un grand, un vrai discours, comme on aurait pu s’y attendre ; mais je pense plutôt à une petite conversation sur le concile Vatican II, sur la manière dont je l’ai vu.
Nous sommes alors allés au Concile non seulement avec joie, mais avec enthousiasme. Il y avait une attente incroyable. Nous espérions que tout allait se renouveler, qu’une nouvelle Pentecôte viendrait vraiment, une nouvelle ère de l’Eglise, parce que l’Eglise était encore assez robuste en ce temps-là, la pratique dominicale était encore bonne, les vocations au sacerdoce et à la vie religieuses étaient déjà un peu réduites, mais elles étaient encore suffisantes.
Toutefois, on sentait que l’Eglise n’avançait pas, se réduisait, qu’elle apparaissait plutôt comme une réalité du passé et non pas porteuse de l’avenir. Et à ce moment-là, nous espérions que cette relation se renouvellerait, qu’elle changerait, que l’Eglise serait de nouveau la force du lendemain et la force de l’aujourd’hui. Et nous savions que le rapport entre l’Eglise et la période moderne, dès le début, était un peu en opposition,
Les évêques ont dit : Non, ne faisons pas la même chose. Nous sommes des évêques, c’est nous qui sommes les sujets du synode ; nous ne voulons pas seulement approuver ce qui a été fait mais nous voulons être le sujet, ceux qui portent le Concile…Le pape nous a convoqués pour que nous soyons comme des Pères, pour que nous soyons un concile œcuménique, un sujet qui renouvelle l’Eglise. Et nous voulons assumer notre rôle.

La première intention simple - apparemment simple -, pour commencer, était la réforme de la liturgie, qui avait déjà débuté avec Pie XII, lorsqu’il avait réformé la Semaine sainte ; la seconde était l’ecclésiologie ; la troisième, la Parole de Dieu, la Révélation ; et enfin, aussi, l’œcuménisme. Les Français, beaucoup plus que les Allemands, avaient encore à traiter le problème des relations entre l’Eglise et le monde.

Rétrospectivement, je trouve maintenant que c’était très bien de commencer par la liturgie car ainsi apparaît le primat de Dieu, le primat de l’adoration. «  On ne doit rien préférer au Service de Dieu  » (Operi Dei nihil praeponatur) : cette parole de la Règle de saint Benoît (cf. 43,3), apparaît ainsi comme la règle suprême du concile. Certains ont critiqué le concile, disant qu’il avait parlé de beaucoup de choses, mais pas de Dieu. Il a parlé de Dieu ! Et cela a été le premier acte, substantiel : parler de Dieu et ouvrir tous les fidèles, tout le peuple saint, à l’adoration de Dieu, dans la célébration commune de la liturgie du Corps et du Sang du Christ… Ensuite, il y avait des principes : l’intelligibilité, au lieu d’être renfermés dans une langue inconnue, non parlée, et aussi la participation active. Malheureusement, ces principes ont été mal compris. Intelligibilité ne veut pas dire banalité, parce que les grands textes de la liturgie – même s’ils sont dits, grâce à Dieu, dans la langue maternelle – ne sont pas facilement intelligibles ; ils nécessitent une formation permanente du chrétien pour qu’il grandisse et qu’il entre de plus en plus dans la profondeur du mystère, et qu’il puisse comprendre.

Le problème de la Révélation était encore plus conflictuel. Il s’agissait ici de la relation entre Ecriture et Tradition, et ceux qui étaient surtout intéressés étaient les exégètes qui voulaient une plus grande liberté ; ils se sentaient un peu, dirons-nous, dans une situation d’infériorité face aux protestants, qui faisaient leurs grandes découvertes alors que les catholiques se sentaient un peu « handicapés  » par la nécessité de se soumettre au Magistère. Il y avait donc là une lutte très concrète : Quelle liberté ont les exégètes ? Comment bien lire la Bible ? Que veut dire Tradition ? C’était une bataille pluridimensionnelle que je ne peux pas expliquer maintenant mais l’important est certainement que l’Ecriture est la Parole de Dieu et l’Eglise est sous l’Ecriture, elle obéit à la Parole de Dieu, et elle n’est pas au-dessus de l’Ecriture. Et pourtant, l’Ecriture n’est Ecriture que parce que l’Eglise est vivante, que son sujet est vivant ; sans le sujet vivant qu’est l’Eglise, l’Ecriture n’est qu’un livre qui ouvre et qui s’ouvre à des interprétations diverses et qui n’apporte pas de clarté à la fin.

…la certitude de l’Eglise en matière de foi ne naît pas seulement d’un livre isolé mais elle a besoin du sujet « Eglise  » éclairé, porté par l’Esprit-Saint. C’est seulement comme cela que l’Ecriture parle et a toute son autorité. Parce qu’aujourd’hui encore l’exégèse a tendance à lire l’Ecriture en dehors de l’Eglise, en dehors de la foi, uniquement dans le fameux esprit de la méthode historico-critique, méthode importante, mais jamais au point de pouvoir donner des solutions comme une ultime certitude ; c’est seulement si nous croyons que ce ne sont pas des paroles humaines mais des paroles de Dieu et seulement si le sujet vivant auquel Dieu a parlé vit, que nous pouvons bien interpréter la Sainte Ecriture. Et ici, comme je l’ai dit dans la préface de mon livre sur Jésus (cf. vol.1), il y a encore beaucoup à faire pour arriver à une lecture qui soit vraiment dans l’esprit du concile. Ici, l’application du concile n’est pas encore complète, il y a encore à faire.

…Je voudrais maintenant ajouter encore un troisième point :

il y avait le concile des Pères, le vrai concile, mais il y avait aussi le concile des media.

C’était presque un concile en soi, et le monde a perçu le concile à travers eux, à travers les media. Et donc, le concile immédiatement efficace qui est arrivé au peuple a été celui des media, et non pas celui des Pères.

Le concile des Pères se réalisait à l’intérieur de la foi, c’était un concile de la foi qui cherche l’intellectus, qui cherche à se comprendre et cherche à comprendre les signes de Dieu à ce moment-là, qui cherche à répondre au défi de Dieu à ce moment-là et à trouver dans la Parole de Dieu la parole pour aujourd’hui et pour demain ; et pendant que tout le concile, comme je l’ai dit, était en marche à l’intérieur de la foi, comme «  fides quaerens intellectum »,
le concile des journalistes, naturellement, ne s’est pas réalisé à l’intérieur de la foi, mais à l’intérieur des catégories des media de nos jours, c’est-à-dire en dehors de la foi, avec une herméneutique différente.

C’était une herméneutique politique : pour les media, le concile était une lutte politique, une lutte de pouvoir entre différents courants dans l’Eglise. Il était évident que les media prenaient position pour la partie qui leur semblait la plus adaptée à leur monde. Il y avait ceux qui cherchaient la décentralisation de l’Eglise, le pouvoir pour les évêques et puis, à travers l’expression « peuple de Dieu », le pouvoir du peuple, des laïcs. Il y avait cette triple question : le pouvoir du pape, transféré ensuite au pouvoir des évêques et au pouvoir de tous, souveraineté populaire. Naturellement, pour eux, c’était celle-là la partie à approuver, à promulguer, à favoriser.

Et de même pour la liturgie : la liturgie comme acte de foi n’intéressait pas, mais comme quelque chose où l’on fait des choses compréhensibles, une forme d’activité de la communauté, quelque chose de profane. Et nous savons qu’il y avait une tendance, qui s’appuyait sur des arguments historiques en disant : Le sacré est quelque chose de païen, éventuellement de l’Ancien testament. Dans le Nouveau, ce qui compte uniquement c’est que le Christ est mort dehors, en dehors des portes, c’est-à-dire dans le monde profane. Et donc le sacré était à supprimer, et le culte devenait profane : le culte n’est pas un culte mais un acte de l’ensemble, de la participation commune, et donc une participation vue comme une activité. Ces traductions, ces banalisations de l’idée du concile, ont été virulentes dans l’application pratique de la réforme liturgique ; elles étaient nées dans une vision du concile en-dehors de sa propre clé, en dehors de la foi.

Et ce fut la même chose pour la question de l’Ecriture : l’Ecriture est un livre, historique, à traiter sur le plan historique uniquement, et ainsi de suite.
Nous savons combien ce concile des média était accessible à tous. Il a donc été dominant, plus efficace, et il a apporté de nombreuses catastrophes, de nombreux problèmes, vraiment beaucoup de misère : les séminaires fermés, les couvents fermés, la liturgie banalisée… et le vrai concile a eu du mal à se concrétiser, à se réaliser ; le concile virtuel a été plus fort que le concile réel.

Mais la force réelle du concile était présente et, peu à peu, il se réalise de plus en plus et devient la véritable force qui est aussi véritable réforme, véritable renouveau de l’Eglise. Il me semble que, cinquante ans après le concile, nous voyons se fracturer et se perdre ce concile virtuel et nous voyons apparaître le vrai concile dans toute sa force spirituelle.

C’est notre devoir, justement en cette Année de la foi, en commençant par cette Année de la foi, de travailler pour qu’avec la force de l’Esprit-Saint, le vrai concile se réalise et que l’Eglise soit réellement renouvelée. Nous espérons que le Seigneur nous aidera. Moi-même, retiré dans la prière, je serai toujours avec vous, et ensemble, nous avançons avec le Seigneur, avec une certitude : Le Seigneur est vainqueur ! Merci !

Introduction

Nous en sommes à la 5e étape de notre parcours de l’Année de la Foi. Ce soir nous allons essayer d’accueillir l’héritage de Vatican II sur l’EGLISE, immense sujet qui me dépasse largement et dont je vais essayer de parler avec humilité.

Nous y consacrerons trois mois jusqu’en avril, ce soir nous contemplerons l’Eglise comme instrument de notre salut.

Deux textes de Vatican II y sont particulièrement consacrés :

1°) la constitution dogmatique « de Ecclesia », « l’Eglise  » qui commence par les mots «  Le Christ est la lumière des peuples  » en latin : «  Lumen Gentium  » [1] adoptée le 21 novembre 1964 à la fin de la 3e session du Concile sous Paul VI – elle est dogmatique car elle nous enseigne sur les vérités de foi - ;

et 2°) la constitution pastorale sur «  L’Eglise dans le monde de son temps  » qui commence par les mots «  Les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des hommes de ce temps  » en latin : «  Gaudium et Spes  » [2],c’est à dire «  Les joies et les espoirs  », adoptée le 7 décembre 1965 à la fin de la 4e session du Concile – elle est pastorale car elle veut adapter la pratique de l’Eglise aux conditions nouvelles dans lesquelles vivent les hommes de notre temps -.

Nous devons garder au cœur et à l’intelligence 3 réalités que nous avons rencontrées dans nos réflexions précédentes pour mieux entrer dans la compréhension de l’Eglise :

a) 1ère réalité : Il y a peu nous évoquions la Conversion de saint Paul rapportée par les Actes des Apôtres, Paul jeté à terre par une grande lumière et qui entend cette voix venant du ciel : « «  Saoul, Saoul, pourquoi me persécutes-tu ?  »- « Qui es-tu, Seigneur ? » demanda-t-il. Et lui : «  Je suis Jésus que tu persécutes.  » » Nous savons bien que Jésus est mort et ressuscité, qu’Il ne peut plus être persécuté, ceux qui sont alors persécutés ce sont les premiers chrétiens, Saint Paul dit dans les Actes au chapitre 26 : « j’ai moi-même jeté en prison un grand nombre de saints, ayant reçu ce pouvoir des grands prêtres… et, dans l’excès de ma fureur contre eux, je les poursuivais jusque dans les villes étrangères.  »
Jésus s’identifie donc aux croyants, aux saints, aux premiers chrétiens, c’est à dire que l’Église est le Corps du Christ. 1ère réalité.

Première proposition spirituelle pour le mois à venir dans ce temps de Carême qui approche, c’est de porter en nos cœurs, d’offrir nos contrariétés et nos petits sacrifices pour tous nos frères et sœurs chrétiens persécutés dans le monde.


b) 2ème réalité  : Dans le topo N°2 sur la Vierge Marie nous évoquions Marie la Mère de Dieu puisqu’elle est Mère du Christ à la fois homme et Dieu. Le chapitre VIII de Lumen Gentium est intitulé « la Bienheureuse Vierge Marie, Mère de Dieu, dans le mystère du Christ et de l’Eglise ». Pourtant en raison de fortes divergences liées au souci des rapports avec les confessions protestantes, un pas n’avait pas été franchi par les pères conciliaires, c’était celui de proclamer MARIE, MÈRE DE L’EGLISE. C’est Paul VI qui en prit l’initiative le 21 novembre 1964, dans son discours de clôture de la troisième session du Concile, il prononça solennellement les mots que les Pères conciliaires n’étaient pas parvenus à inscrire : « Marie, comme mère du Christ, est aussi mère de tous les fidèles et de tous les pasteurs, c’est-à-dire mère de l’Eglise… Nous proclamons Marie très sainte, Mère de l’Église, c’est-à-dire de tout le peuple de Dieu, aussi bien des fidèles que des pasteurs. ».

Le 8 décembre 2005, Benoît XVI dans son homélie évoquait ce jour : « "Dans ma mémoire demeure inscrit de manière indélébile le moment où, en entendant ses paroles…les Pères se levèrent spontanément de leurs chaises et applaudirent debout, rendant hommage à la Mère de Dieu, à notre Mère, à la Mère de l’Eglise. De fait, à travers ce titre, le Pape résumait la doctrine mariale du Concile et donnait la clef pour sa compréhension. » 2ème réalité à garder au cœur : « MARIE, MÈRE DE L’EGLISE ». Chaque fois que l’Église est en péril, critiquée, traînée dans la boue, nous pouvons compter sur l’intercession de Marie.

Deuxième proposition spirituelle pour le mois à venir dans ce temps de Carême, c’est que chaque fois que l’Église est en péril, critiquée devant nous, traînée dans la boue, nous prions Marie. Qu’elle intercède pour que l’Esprit Saint nous inspire les mots justes.


c) 3ème réalité : Dans le topo N°1 sur l’Esprit Saint nous avons bien perçu que l’Église existe par l’action de l’Esprit Saint, 3ème réalité : Où est l’Église est l’Esprit Saint.

- Que nous montrent ces 3 réalités ?

c’est qu’avant d’être une institution, une structure hiérarchisée et qu’il faut faire vivre, l’Église est d’abord une REALITE SPIRITUELLE ancrée dans la Sainte Trinité, que l’Église doit d’abord ÊTRE AIMÉE à l’exemple de tous les grands saints qui ont consumé leurs vies par elle pour qu’elle rayonne, un Saint François d’Assise, une Thérèse d’Avila, une Thérèse de l’enfant Jésus, un Père Maximilien Kolbe, une Mère Térésa, et tant d’autres. L’Amour de l’Église est absolument inséparable de la sainteté.

Le 14 février 2013 Benoît XVI s’adressait aux prêtres de Rome sans papier, en ces termes :

« On retrouvait surtout le concept, prévu dès Vatican I, du Corps mystique du Christ. On voulait dire et comprendre que l’Eglise n’est pas une organisation, quelque chose de structurel, de juridique, d’institutionnel – même pas cela – mais un organisme, une réalité vitale, qui entre dans mon âme de sorte que je suis moi-même, justement avec mon âme de croyant, un élément constructif de l’Eglise comme telle. En ce sens, Pie XII avait écrit l’encyclique Mystici Corporis Christi comme un pas en vue de compléter l’ecclésiologie de Vatican I.

Je dirais que la discussion théologique des années 1930-1940, et même des années 1920, était complètement sous ce signe de l’expression «  Corps mystique  » (Mystici Corporis). C’est une découverte qui a créé beaucoup de joie à cette époque et c’est aussi dans ce contexte que s’est développée la formule : Nous sommes l’Eglise, l’Eglise n’est pas une structure ; nous, les chrétiens, ensemble, nous sommes tous le Corps vivant de l’Eglise. Et, naturellement, cela vaut dans le sens où nous, le vrai « nous » des croyants, avec le « Je  » du Christ, nous sommes l’Eglise  ; chacun de nous, non pas un « nous », un groupe qui déclare être l’Eglise. Non, ce « nous sommes l’Eglise » exige justement mon insertion dans le grand « nous » des croyants de tous les temps et de tous les lieux. » [3]

Le 31 octobre dernier, lors de l’audience publique du mercredi, [4] Place Saint Pierre, Benoît XVI évoquait dans le cadre de l’Année de la Foi «  la foi de l’Église  » et le «  commencement de l’aventure chrétienne, lorsque l’Esprit Saint descend avec puissance sur les disciples, le jour de la Pentecôte — comme le rapportent les Actes des Apôtres au chapitre 2 — l’Église naissante reçoit alors la force d’accomplir la mission qui lui a été confiée par le Seigneur ressuscité : diffuser l’Évangile aux quatre coins du monde, la bonne nouvelle du Règne de Dieu, et ainsi conduire l’homme à la rencontre avec Lui, à la foi qui sauve.… les Actes rapportent ensuite le grand discours de Pierre … Il part d’un passage du prophète Joël (3, 1-5), en le rattachant à Jésus, et en proclamant le noyau central de la foi chrétienne : Celui qui avait fait du bien à tous, qui avait été accrédité auprès de Dieu, par des prodiges et de grands signes, a été cloué sur la croix et tué, mais Dieu l’a ressuscité des morts, le faisant Christ et Seigneur. Avec lui, nous sommes entrés dans le salut définitif annoncé par les prophètes et celui qui invoquera son nom sera sauvé (cf. Ac 2, 17-24). » Nous sommes tous entrés dans le salut définitif. Et Benoît XVI poursuit : « En écoutant ces paroles de Pierre, de nombreuses personnes se sentent interpellées personnellement  : « D’entendre cela, ils eurent le cœur transpercé, et ils dirent à Pierre et aux apôtres : « Frères, que devons nous faire ? » » -

Que devons nous faire ? C’est une phrase qui nous vient à l’esprit dans nos périodes difficiles, dans des temps d’incertitude comme ceux du «  monde d’aujourd’hui, sujet à de rapides changements et agité par des questions de grande importance pour la vie de la foi…  », ce qu’évoquait Benoît XVI dans sa déclaration de renonciation à sa charge le 11 février 2013.

Et bien poursuit Benoît XVI : « ils se repentent de leurs péchés et se font baptiser en recevant le don de l’Esprit Saint (cf. Ac 2, 37-41). C’est ainsi que commence le chemin de l’Église, communauté qui porte cette annonce dans le temps et dans l’espace, communauté qui est le Peuple de Dieu fondé sur la nouvelle alliance grâce au sang du Christ et dont les membres n’appartiennent pas à un groupe social ou ethnique particulier, mais qui sont des hommes et des femmes provenant de toute nation et culture. C’est un peuple « catholique » qui parle des langues nouvelles, universellement ouvert pour accueillir chacun, au-delà de toute frontière, en abattant toutes les barrières. Saint Paul dit : « Il n’y a plus de grec ni de juif, ni circoncision ni incirconcision, ni barbare ni Scythe, ni esclave ni homme libre, mais le Christ qui est tout en tous » (Col 3, 11). »

Que devons nous faire ? Dimanche, 10 février 2013, fête de Notre Dame de la Confiance, en visite au Grand Séminaire de Rome, Benoît XVI donne la réponse : « … l’arbre de l’Eglise ne meurt pas mais renaît toujours de nouveau« . L’Eglise est l’avenir car elle »porte l’éternité « . Pour conclure, le pape a invité à » toucher Jésus« dans la foi , c’est-à-dire le toucher comme la femme guérie en touchant le manteau de Jésus… » Les séminaristes ont répondu par un tonnerre d’applaudissements prolongés. La joie de cette rencontre se lisait sur les visages.  »Viva il papa !" ont acclamé les séminaristes.

Que devons nous faire ? La réponse est claire, le Carême débute ce 13 février 2013, : rejetons notre péché, convertissons-nous, appelons l’Esprit Saint dans nos vies pour faire chaque jour un peu plus confiance à l’Église qui veut notre salut.

Troisième proposition spirituelle pour le mois à venir dans ce temps de Carême, demandons à l’Esprit Saint de nous éclairer sur les points de conversion que nous sommes appelés à mettre en place dans notre vie quotidienne.

Alors comment l’Église [5] est-elle l’instrument de notre salut ?
On peut apporter 3 réponses pour lesquelles je vais suivre de très près le C.E.C.– Catéchisme de l’Eglise catholique-
1. Parce que l’Église correspond au dessein de Dieu
2 . Parce que l’Église est le « Sacrement universel du Salut », de notre salut
3. Parce que l’Église est Corps du Christ, Temple de l’Esprit et Peuple de Dieu

L’Eglise est l’instrument de notre salut

1. 0. parce que l’Église correspond au dessein de Dieu

1.1. Les noms et images de l’Église

C.E.C. au N°748-749-752 « Le Christ est la lumière des peuples : réuni dans l’Esprit Saint, le saint Concile souhaite donc ardemment, en annonçant à toutes créatures la bonne nouvelle de l’Évangile, répandre sur tous les hommes la clarté du Christ qui resplendit sur le visage de l’Église »(LG 1). C’est sur ces paroles que s’ouvre Lumen Gentium. Par là, le Concile montre que l’article de foi sur l’Église dépend entièrement des articles concernant le Christ Jésus. L’Église n’a pas d’autre lumière que celle du Christ … L’article sur l’Église dépend aussi entièrement de celui sur le Saint-Esprit…

Le mot « Église », en grec «  ekklèsia  », signifie « convocation » et désigne des assemblées du peuple (cf. Ac 19, 39). C’est le terme fréquemment utilisé dans l’Ancien Testament grec pour l’assemblée du peuple élu devant Dieu (cf. Ex 19). En s’appelant « Église », la première communauté de ceux qui croyaient au Christ se reconnaît héritière de cette assemblée. Dans le langage chrétien, le mot « Église » désigne l’assemblée liturgique mais aussi la communauté locale ou toute la communauté universelle des croyants. Ces trois significations sont en fait inséparables. « L’Église », c’est le Peuple que Dieu rassemble dans le monde entier. Elle existe dans les communautés locales et se réalise comme assemblée liturgique, surtout eucharistique. Elle vit de la Parole et du Corps du Christ et devient ainsi elle-même Corps du Christ.

Dans l’Écriture Sainte, nous trouvons une foule d’images et de figures liées entre elles, les images prises de l’Ancien Testament correspondent au « Peuple de Dieu ». L’Église, est le bercail dont le Christ est l’entrée unique et nécessaire ; l’Église est le terrain de culture , le champ de Dieu, la Vigne véritable. L’Église est la construction de Dieu et surtout le temple saint ; elle est aussi « la Jérusalem d’en haut  » et « notre mère » et l’épouse immaculée de l’Agneau.

1.2. L’origine de l’Église

C.E.C. 758-762 « Pour scruter le mystère de l’Église, il convient de méditer d’abord son origine dans le dessein de la Très Sainte Trinité et sa réalisation progressive dans l’histoire. Lumen Gentium au § 2 « Le Père éternel par la disposition absolument libre et mystérieuse de sa sagesse et de sa bonté a créé l’univers ; il a décidé d’élever les hommes à la communion de sa vie divine  »… Cette « famille de Dieu » se constitue et se réalise graduellement au long de l’histoire humaine : l’Église a été « préfigurée dès l’origine du monde ; elle a été merveilleusement préparée dans l’histoire du peuple d’Israël et dans l’Ancienne Alliance ; elle a été instituée enfin en ces temps qui sont les derniers ; elle est manifestée grâce à l’effusion de l’Esprit Saint et, au terme des siècles, elle sera consommée dans la gloire » (LG 2).

« Le monde fut créé en vue de l’Église », disaient dans une magnifique formule les chrétiens des premiers temps comme Hermas ou Justin. Dieu a créé le monde en vue de la communion à sa vie divine, communion qui se réalise par la « convocation  » des hommes dans le Christ, et cette « convocation  », c’est l’Église ».

Expression sublime de la Miséricorde de Dieu pour l’homme, « le rassemblement de l’Église est pour ainsi dire la réaction de Dieu au chaos provoqué par le péché.  » La préparation lointaine du rassemblement du Peuple de Dieu commence avec la vocation d’Abraham, se poursuit avec l’élection d’Israël comme Peuple de Dieu et comme Israël a rompu l’alliance les prophètes annoncent une alliance nouvelle et éternelle.

Cette alliance nouvelle rappelle Lumen Gentium § 3 il appartient au Fils de réaliser, dans la plénitude des temps, le plan de salut de son Père ; c’est là le motif de sa « mission »

1.3. L’Église est instituée par Jésus


Suivons Lumen Gentium aux § 3 et 5 «  Le Seigneur Jésus posa le commencement de son Église en prêchant l’heureuse nouvelle, l’avènement du Règne de Dieu promis dans les Écritures depuis des siècles » (LG 5). L’Église « est le Règne du Christ déjà mystérieusement présent  » (LG 3). « Ce Royaume brille aux yeux des hommes dans la parole, les œuvres et la présence du Christ  » (LG 5). Accueillir la parole de Jésus, c’est «  accueillir le Royaume lui-même ».

Le Seigneur Jésus a doté sa communauté d’une structure qui demeurera jusqu’au plein achèvement du Royaume. Il y a avant tout le choix des Douze avec Pierre comme leur chef et les autres disciples (cf. Lc 10, 1-2) qui participent à la mission du Christ, à son pouvoir, mais aussi à son sort.

L’Église est née du don total du Christ pour notre salut, anticipé dans l’institution de l’Eucharistie et réalisé sur la Croix. « Le commencement et la croissance de l’Église sont signifiés par le sang et l’eau sortant du côté ouvert de Jésus crucifié » (LG 3). « Car c’est du côté du Christ endormi sur la Croix qu’est né l’admirable sacrement de l’Église toute entière.  » Contemplons cela avec foi et reconnaissance : «  C’est du côté du Christ endormi sur la Croix qu’est né l’admirable sacrement de l’Église toute entière.  »

1.4. L’Église est manifestée par l’Esprit Saint

Reprenons Lumen Gentium au § 4 «  Une fois achevée l’œuvre que le Père avait chargé son Fils d’accomplir sur la terre, le jour de Pentecôte, l’Esprit Saint fut envoyé pour sanctifier l’Église en permanence » (LG 4). C’est alors que «  l’Église se manifesta publiquement devant la multitude et que commença la diffusion de l’Évangile avec la prédication  » (AG 4). Parce qu’elle est « convocation  » de tous les hommes au salut, l’Église est, par sa nature même, missionnaire, envoyée par le Christ à toutes les nations pour en faire des disciples (cf. Mt 28, 19-20 ; AG 2 ; 5-6).
Nous approfondirons cette dimension missionnaire dans le Topo N°9.

Pour réaliser cette mission, l’Esprit Saint « équipe et dirige l’Église grâce à la diversité des dons hiérarchiques et charismatiques  » (LG 4). "

1.5. L’Église sera pleinement accomplie à la fin des temps

Lumen Gentium aux § 48, 8, 5, 6 et 2 : «  L’Église (…) n’aura sa consommation que dans la gloire céleste  » (LG 48), lors du retour glorieux du Christ. Jusqu’à ce jour, «  l’Église avance dans son pèlerinage à travers les persécutions du monde et les consolations de Dieu  » écrit Saint Augustin, (civ. 18, 51 ; cf. LG 8). – Comme cette expression de saint Augustin reste d’actualité - « Ici-bas, elle se sait en exil, loin du Seigneur (cf. 2 Co 5, 6 ; LG 6), et elle aspire à l’avènement plénier du Royaume, « l’heure où elle sera, dans la gloire, réunie à son Roi  » (LG 5). La consommation de l’Église, et à travers elle, celle du monde, dans la gloire ne se fera pas sans de grandes épreuves. Alors seulement, « tous les justes … se trouveront rassemblés dans l’Église universelle auprès du Père » » (LG 2).

L’Eglise est l’instrument de notre salut

2 . 0. Parce que l’Église est le « Sacrement universel du Salut »

Le C.E.C au N°738 : «  Ainsi la mission de l’Église ne s’ajoute pas à celle du Christ et de l’Esprit Saint, mais elle en est le sacrement  : par tout son être et dans tous ses membres elle est envoyée pour annoncer et témoigner, actualiser et répandre le mystère de communion de la Sainte Trinité … »

Ecoutons St Cyrille d’Alexandrie : « Nous tous qui avons reçu l’unique et même esprit, à savoir, l’Esprit Saint, nous nous sommes fondus entre nous et avec Dieu. Car bien que nous soyons nombreux séparément et que le Christ fasse que l’Esprit du Père et le sien habite en chacun de nous, cet Esprit unique et indivisible ramène par lui-même à l’unité ceux qui sont distincts entre eux (…) » (S. Cyrille d’Alexandrie, Jo. 12 : PG 74, 560-561).

Ainsi « dans l’Église cette communion des hommes avec Dieu par « la charité qui ne passe jamais  » écrit saint Paul (1 Co 13, 8) est le but qui commande tout.  » (cf. LG 48).

Mais c’est uniquement « avec les yeux de la foi  » (Catech. R. 1, 10, 20) – l’Année de la Foi prend tout sons sens - que l’on peut voir dans la réalité visible de l’Église en même temps une réalité spirituelle, porteuse de vie divine, on parle du mystère de l’Église.
Elle est à la fois : « une société dotée d’organes hiérarchiques et le Corps Mystique du Christ » ; « une assemblée visible et une communauté spirituelle » ; « une Église terrestre et une Église parée de dons célestes. » Selon Lumen Gentium § 8 ces dimensions constituent ensemble » une seule réalité complexe, faite d’un double élément humain et divin. « C’est dans l’Église que le Christ accomplit et révèle son propre mystère, c’est à dire qu’il est en lui-même l’accomplissement du dessein de Dieu qui voulait » récapituler tout en Lui « (Ephésiens 1, 10). Saint Paul appelle un » grand mystère " (Ep 5, 32) l’union du Christ à l’Église comme à son épouse (cf. Ep 5, 25-27), ainsi l’Église devient elle-même à son tour mystère (cf. Ep 3, 9-11).

Il est intéressant de se pencher un peu sur l’étymologie : le mot grec mysterion a été traduit en latin par deux termes : mysterium et sacramentum . Le terme sacramentum exprimera ensuite le signe visible de la réalité cachée du salut.

C’est en ce sens que le Christ est Lui-même le mystère du salut. Les sept sacrements sont les signes et les instruments par lesquels l’Esprit Saint répand la grâce du Christ, qui est la Tête, dans l’Église qui est son Corps. L’Église contient donc et communique la grâce invisible qu’elle signifie. C’est en ce sens analogique qu’elle est appelée « sacrement ». Selon Lumen Gentium § 1 «  L’Église est, dans le Christ, en quelque sorte le sacrement, c’est-à-dire à la fois le signe et l’instrument de l’union intime avec Dieu et de l’unité de tout le genre humain  » (LG 1) : Être le sacrement de l’union intime des hommes avec Dieu  : c’est là le premier but de l’Église.

Et parce que la communion entre les hommes s’enracine dans l’union avec Dieu, l’Église est aussi le sacrement de l’unité du genre humain . En elle, cette unité est déjà commencée puisqu’elle rassemble des hommes « de toute nation, race, peuple et langue » (Apocalypse 7, 9) ; l’Église est à la fois «  signe et instrument  » de la pleine réalisation de cette unité qui doit encore venir.

Ainsi comme l’explique Gaudium et Spes au N°11 « Mû par la foi, se sachant conduit par l’Esprit du Seigneur qui remplit l’univers, le Peuple de Dieu s’efforce de discerner dans les évènements, les exigences et les requêtes de notre temps, auxquels il participe avec les autres hommes, quels sont les signes véritables de la présence ou du dessein de Dieu. La foi, en effet, éclaire toutes choses d’une lumière nouvelle et nous fait connaître la volonté divine sur la vocation intégrale de l’homme, orientant ainsi l’esprit vers des solutions pleinement humaines.  »

L’Eglise est l’instrument de notre salut

3. 0. Parce que l’Église est Corps du Christ, Temple de l’Esprit et Peuple de Dieu

Voilà 3 réalités à accueillir ce soir :

3.1. L’Église est le Corps du Christ


Dès le début, Jésus a associé ses disciples à sa vie (cf. Mc 1, 16-20 ; 3, 13-19) ; Il leur a révélé le mystère du Royaume (cf. Mt 13, 10-17), leur a donné part à sa mission, à sa joie (cf. Lc 10, 17-20) et à ses souffrances (cf. Lc 22, 28-30). Jésus leur parle aussi d’une communion encore plus intime en saint Jean au chapitre 6 : « Qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi et moi en lui » (Jn 6, 56).

Ainsi lorsque sa présence visible leur a été enlevée, Jésus n’a pas laissé ses disciples orphelins (cf. Jn 14, 18). Il leur a promis de rester avec eux jusqu’à la fin des temps (cf. Mt 28, 20), il leur a envoyé son Esprit (cf. Jn 20, 22 ; Ac 2, 33). La communion avec Jésus en est devenue, d’une certaine façon, plus intense. Ecoutons Lumen Gentium §7 « En communiquant son Esprit à ses frères, qu’il rassemble de toutes les nations, Il les a constitués mystiquement comme son corps  » (LG 7). On parle du Corps mystique du Christ.

Le 14 février 2013 Benoît XVI s’adressait aux prêtres de Rome sans papier, en ces termes :

« On retrouvait surtout le concept, prévu dès Vatican I, du Corps mystique du Christ. On voulait dire et comprendre que l’Eglise n’est pas une organisation, quelque chose de structurel, de juridique, d’institutionnel – même pas cela – mais un organisme, une réalité vitale, qui entre dans mon âme de sorte que je suis moi-même, justement avec mon âme de croyant, un élément constructif de l’Eglise comme telle. En ce sens, Pie XII avait écrit l’encyclique Mystici Corporis Christi comme un pas en vue de compléter l’ecclésiologie de Vatican I.

Je dirais que la discussion théologique des années 1930-1940, et même des années 1920, était complètement sous ce signe de l’expression «  Corps mystique  » (Mystici Corporis). C’est une découverte qui a créé beaucoup de joie à cette époque et c’est aussi dans ce contexte que s’est développée la formule : Nous sommes l’Eglise, l’Eglise n’est pas une structure ; nous, les chrétiens, ensemble, nous sommes tous le Corps vivant de l’Eglise. Et, naturellement, cela vaut dans le sens où nous, le vrai « nous  » des croyants, avec le « Je  » du Christ, nous sommes l’Eglise ; chacun de nous, non pas un « nous », un groupe qui déclare être l’Eglise. Non, ce « nous sommes l’Eglise » exige justement mon insertion dans le grand « nous » des croyants de tous les temps et de tous les lieux. » [6]

Trois aspects de l’Église – Corps du Christ sont à relever :

a) l’unité de tous les membres entre eux par leur union au Christ : Lumen Gentium §7, « Dans ce corps la vie du Christ se répand à travers les croyants que les sacrements, d’une manière mystérieuse et réelle, unissent au Christ souffrant et glorifié  » (LG 7). Ceci est particulièrement vrai du Baptême et de l’Eucharistie.

b) L’unité du corps n’abolit pas la diversité des membres : Le Christ « est la Tête du Corps qui est l’Église » (Colossiens 1, 18). Il est le Principe de la création et de la rédemption. Élevé dans la gloire du Père, « Il a en tout la primauté » dit saint Paul aux Colossiens (Col 1, 18). et principalement sur l’Église Les saints ont une conscience très vive de cette unité : « De Jésus-Christ et de l’Église, il m’est avis que c’est tout un, et qu’il n’en faut pas faire difficulté » disait Jeanne d’Arc lors de son procès.

c) Enfin l’Église est Épouse du Christ. L’unité du Christ et de l’Église implique aussi la distinction des deux dans une relation personnelle. Cet aspect est souvent exprimé par l’image de l’époux et de l’épouse. Ce thème du Christ Époux de l’Église a été préparé par les prophètes, annoncé par Jean-Baptiste (cf. Jn 3, 29) et Jésus s’est lui-même désigné comme « l’Époux ».

3.2. L’Église est le Temple de l’Esprit

C.E.C. 739 «  Parce que l’Esprit Saint est l’Onction du Christ , c’est le Christ, la Tête du Corps, qui le répand dans ses membres pour les nourrir, les guérir, les organiser dans leurs fonctions mutuelles, les vivifier, les envoyer témoigner, les associer à son offrande au Père et à son intercession pour le monde entier. C’est par les sacrements de l’Église que le Christ communique aux membres de son Corps son Esprit Saint et Sanctificateur.  » C’est l’objet de la deuxième partie du C.E.C.

Pie XII, dans l’encyclique « Mystici Corporis », souligne : « C’est à l’Esprit du Christ comme à un principe caché qu’il faut attribuer que toutes les parties du Corps soient reliées, aussi bien entre elles qu’avec leur Tête suprême, puisqu’il réside tout entier dans la Tête, tout entier dans le Corps, tout entier dans chacun de ses membres » (Pie XII, Enc. « Mystici Corporis » : DS 3808). L’Esprit Saint fait de l’Église «  le Temple du Dieu Vivant  » comme l’écrit saint Paul dans plusieurs de ses lettres. (2 Co 6, 16 ; cf. 1 Co 3, 16-17 ; Ep 2, 21)

Selon la belle formule de Saint Irénée : «  là où est l’Église, là est aussi l’Esprit de Dieu ; et là où est l’Esprit de Dieu, là est l’Église et toute grâce.  » (S. Irénée, hær. 3, 24, 1). L’Esprit Saint opère de multiples manières l’édification du Corps tout entier dans la charité (cf. Ep 4, 16) : par la Parole de Dieu, par les sacrements qui donnent croissance et guérison aux membres du Christ, par les vertus qui font agir selon le bien, enfin par les multiples grâces spéciales appelées «  charismes  ». « Extraordinaires ou simples et humbles, les charismes sont des grâces de l’Esprit Saint qui ont, directement ou indirectement, une utilité ecclésiale, ordonnés qu’ils sont à l’édification de l’Église, au bien des hommes et aux besoins du monde. »

Donc « les charismes sont à accueillir avec reconnaissance par celui qui les reçoit, mais aussi par tous les membres de l’Église. Ils sont, en effet, une merveilleuse richesse de grâce pour la vitalité apostolique et pour la sainteté de tout le Corps du Christ ; pourvu cependant qu’il s’agisse de dons qui proviennent véritablement de l’Esprit Saint… C’est dans ce sens qu’apparaît toujours nécessaire le discernement des charismes. Aucun charisme ne dispense de la référence et de la soumission aux Pasteurs de l’Église.  »

3.3. L’Église est le Peuple de Dieu


Lumen Gentium aux § 9 et 36 :«  il a plu à Dieu que les hommes ne reçoivent pas la sanctification et le salut séparément, hors de tout lien mutuel ; il a voulu au contraire en faire un Peuple qui le connaîtrait selon la vérité et le servirait dans la sainteté. »(LG 9).
Le Peuple de Dieu a des caractéristiques qui le distinguent nettement de tous les groupements religieux, ethniques, politiques ou culturels de l’histoire :
Il est le Peuple de Dieu : Dieu n’appartient en propre à aucun peuple ; on devient membre de ce Peuple non par la naissance physique, mais par la « naissance d’en haut », « de l’eau et de l’Esprit » (Jn 3, 3-5), c’est-à-dire par la foi au Christ et le Baptême ; ce Peuple a pour Tête Jésus le Christ, l’Oint, le Messie ; la condition de ce Peuple, c’est la dignité de la liberté des fils de Dieu ; " sa loi , c’est le commandement nouveau d’aimer comme le Christ lui-même nous a aimés (cf. Jn 13, 34) ; sa mission , c’est d’être le sel de la terre et la lumière du monde (cf. Mt 5, 13-16) ; sa destinée , enfin, c’est le Royaume de Dieu, commencé sur la terre par Dieu lui-même se dilate jusqu’à la fin des temps.

Les chapitres 1 et 2 de Gaudium et Spes des N°s 12 à 32 éclaire à la fois ce que sont la dignité de la personne humaine et la nature de la communauté humaine.

« Que pense l’Église de l’homme  ? Quelles orientations semblent devoir être proposées pour l’édification de la société contemporaine ? Quelle signification dernière donner à l’activité de l’homme dans l’univers ? Croyants et incroyants sont généralement d’accord sur ce point : tout sur terre doit être ordonné à l’homme comme à son centre et à son sommet. ..Instruite par la Révélation divine, l’Église peut apporter une réponse où se trouve dessinée la condition véritable de l’homme, où sont mises au clair ses faiblesses, mais où peuvent en même temps être justement reconnues sa dignité et sa vocation.

La Bible, en effet, enseigne que l’homme a été créé « à l’image de Dieu  », capable de connaître et d’aimer son Créateur, qu’il a été constitué seigneur de toutes les créatures terrestres pour les dominer et pour s’en servir, en glorifiant Dieu. Mais Dieu n’a pas créé l’homme solitaire : dès l’origine, «  il les créa homme et femme  » (Gn 1, 27). Cette société de l’homme et de la femme est l’expression première de la communion des personnes. Car l’homme, de par sa nature profonde, est un être social, et, sans relations avec autrui, il ne peut vivre ni épanouir ses qualités.

Corps et âme, mais vraiment un, l’homme est, dans sa condition corporelle même, un résumé de l’univers des choses qui trouvent ainsi, en lui, leur sommet, et peuvent librement louer leur Créateur. Il est donc interdit à l’homme de dédaigner la vie corporelle. Mais, au contraire, il doit estimer et respecter son corps qui a été créé par Dieu et qui doit ressusciter au dernier jour. Toutefois, blessé par le péché, il ressent en lui les révoltes du corps. C’est donc la dignité même de l’homme qui exige de lui qu’il glorifie Dieu dans son corps, sans le laisser asservir aux mauvais penchants de son cœur. Enfin, la nature intelligente de la personne trouve et doit trouver sa perfection dans la sagesse. Celle-ci attire avec force et douceur l’esprit de l’homme vers la recherche et l’amour du vrai et du bien ; l’homme qui s’en nourrit est conduit du monde visible à l’invisible.

Par le don de l’Esprit, l’homme parvient, dans la foi, à contempler et à goûter le mystère de la volonté divine. Au fond de sa conscience, l’homme découvre la présence d’une loi qu’il ne s’est pas donnée lui-même, mais à laquelle il est tenu d’obéir. Cette voix, qui ne cesse de le presser d’aimer et d’accomplir le bien et d’éviter le mal, au moment opportun résonne dans l’intimité de son cœur : « Fais ceci, évite cela  ». Car c’est une loi inscrite par Dieu au cœur de l’homme ; sa dignité est de lui obéir … La conscience est le centre le plus secret de l’homme, le sanctuaire où il est seul avec Dieu et où sa voix se fait entendre. Mais c’est toujours librement que l’homme se tourne vers le bien. Cette liberté, nos contemporains l’estiment grandement et ils la poursuivent avec ardeur. Et ils ont raison. Souvent cependant ils la chérissent d’une manière qui n’est pas droite, comme la possibilité, la licence de faire n’importe quoi, pourvu que cela plaise, même le mal. Mais la vraie liberté est en l’homme un signe privilégié de l’image divine.

Le Concile insiste sur le respect de l’homme : que chacun considère son prochain, sans aucune exception, comme « un autre lui-même », tienne compte avant tout de son existence et des moyens qui lui sont nécessaires pour vivre dignement. De nos jours surtout, nous avons l’impérieux devoir de nous faire le prochain de n’importe quel homme et, s’il se présente à nous, de le servir activement : qu’il s’agisse de ce vieillard abandonné de tous, ou de ce travailleur étranger, méprisé sans raison, ou de cet exilé, ou de cet enfant né d’une union illégitime qui supporte injustement le poids d’une faute qu’il n’a pas commise, ou de cet affamé qui interpelle notre conscience en nous rappelant la parole du Seigneur : «  Chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait  » (Mt 25, 40).

De plus, tout ce qui s’oppose à la vie elle-même, comme toute espèce d’homicide, le génocide, l’avortement, l’euthanasie et même le suicide délibéré ; tout ce qui constitue une violation de l’intégrité de la personne humaine, comme les mutilations, la torture physique ou morale, les contraintes psychologiques ; tout ce qui est offense à la dignité de l’homme, comme les conditions de vie sous-humaines, les emprisonnements arbitraires, les déportations, l’esclavage, la prostitution, le commerce des femmes et des jeunes ; ou encore les conditions de travail dégradantes qui réduisent les travailleurs au rang de purs instruments de rapport, sans égard pour leur personnalité libre et responsable : toutes ces pratiques et d’autres analogues sont, en vérité, infâmes. Tandis qu’elles corrompent la civilisation, elles déshonorent ceux qui s’y livrent plus encore que ceux qui les subissent et insultent gravement à l’honneur du Créateur.

En réalité, le mystère de l’homme ne s’éclaire vraiment que dans le mystère du Verbe incarné.

Jésus-Christ est celui que le Père a oint de l’Esprit Saint et qu’il a constitué «  Prêtre, Prophète et Roi  ». Le Peuple de Dieu tout entier participe à ces trois fonctions du Christ et il porte les responsabilités de mission et de service qui en découlent. En entrant dans le Peuple de Dieu par la foi et le Baptême, on reçoit part à sa triple vocation : sa vocation sacerdotale , « le Peuple saint de Dieu participe aussi à la fonction prophétique du Christ  » par son sens surnaturel de la foi ; le Peuple de Dieu participe enfin à la fonction royale du Christ. Le Christ, Roi et Seigneur de l’univers, s’est fait le serviteur de tous, pour le chrétien, «  régner, c’est le servir » (LG 36),

Conclusion

Je voudrais conclure en reprenant les propos de Benoît XVI dans Porta Fidei au N°6 « la Constitution dogmatique Lumen Gentium affirmait : « Tandis que le Christ, ‘saint, innocent, sans tâche’ (He 7, 26), n’a pas connu le péché (cf. 2 Co 5, 21), … l’Église, elle, qui enferme des pécheurs dans son propre sein, est donc à la fois sainte et appelée à se purifier, et poursuit constamment son effort de pénitence et de renouvellement. ‘L’Église avance dans son pèlerinage … le Seigneur ressuscité est sa force pour lui permettre de vaincre dans la patience et la charité les afflictions et les difficultés qui lui viennent à la fois du dehors et du dedans »

Dans son homélie pour l’Epiphanie le 6 janvier 2006 il disait : « « De même, que votre lumière brille devant les hommes : alors en voyant ce que vous faites de bien, ils rendront gloire à votre Père qui est aux cieux » (M t 5, 16). En écoutant ces paroles de Jésus, nous, membres de l’Eglise, ne pouvons pas ne pas percevoir toute l’insuffisance de notre condition humaine, marquée par le péché. L’Eglise est sainte mais elle est composée d’hommes et de femmes avec leurs limites et leurs erreurs. Seul le Christ, en nous donnant l’Esprit Saint, peut transformer notre misère et nous renouveler continuellement. C’est Lui la lumière des nations, lumen gentium, qui a choisi d’éclairer le monde à travers son Eglise (cf. Concile Vatican II, Lumen gentium, n. 1). »

Il y a une chaîne ininterrompue de la vie de l’Église, de l’annonce de la Parole de Dieu, de la célébration des sacrements, qui arrive jusqu’à nous. C’est la Tradition qui nous donne la garantie que ce en quoi nous croyons est le message original du Christ, prêché par les Apôtres. Le Concile dans Dei Verbum au N°8 dit : « La prédication apostolique… est conservée par une succession ininterrompue jusqu’à la consommation des temps.  »

Prions avec Benoît XVI :

L’Année de la foi est pour nous une invitation à une conversion authentique et renouvelée au Seigneur, unique Sauveur du monde.

Ma réponse est au singulier : «  Je crois  » mais ma foi n’est pas le résultat de ma réflexion solitaire, ce n’est pas le produit de ma pensée, c’est le fruit d’une relation, d’un dialogue, dans lequel j’écoute, je reçois et je réponds.

Que la communication avec Jésus me fasse sortir de mon « moi  » enfermé sur lui-même pour m’ouvrir à l’amour de Dieu le Père. Ma foi n’est vraiment personnelle que si elle est aussi communautaire, elle ne peut être ma foi que si elle vit et agit dans le « nous  » de l’Église. Que je comprenne par la grâce de l’Esprit Saint que ma foi n’est pas une affaire privée, qu’elle m’est donnée à travers une communauté croyante qui est l’Église, qu’à travers les grâces qu’elle me procure je puisse entrer dans une communion pas seulement sociologique mais enracinée dans l’Amour éternel de Dieu qui est communion trinitaire du Père, du Fils et du Saint Esprit. Amen.

Benoît XVI explique Vatican II aux prêtres de Rome -  PDF - 355.2 ko
Benoît XVI explique Vatican II aux prêtres de Rome

feuille d'accompagnement n°5A -  PDF - 485.5 ko
feuille d’accompagnement n°5A

voie aussi : Année de la foi : feuille de route


[55 Dans le discours de Benoît XVI aux prêtres du diocèse de Rome le 14 février 2013 : Second thème : l’Eglise.
http://www.zenit.org/fr/authors/1f6…
Nous savons que le concile Vatican I a été interrompu à cause de la guerre franco-allemande et il est resté ainsi avec une unilatéralité, avec un fragment, parce que la doctrine sur le primat – qui avait été définie, grâce à Dieu, en ce moment historique pour l’Eglise, et qui a été très nécessaire pour le temps qui a suivi – n’était qu’un élément dans une ecclésiologie plus vaste, prévue, préparée. Et ainsi ce fragment était resté. Et on pouvait dire : si le fragment reste tel qu’il est, nous tendons vers une unilatéralité : l’Eglise serait seulement le primat. Et donc, dès le début il y avait cette intention de compléter l’ecclésiologie de Vatican I, à une date qui était à trouver, pour avoir une ecclésiologie complète.
Là encore, les conditions semblaient très bonnes, parce qu’après la Première guerre mondiale, le sens de l’Eglise avait ressurgi. Romano Guardini disait : « L’Eglise commence à se réveiller dans les âmes », et un évêque protestant parlait du « siècle de l’Eglise ». On retrouvait surtout le concept, prévu dès Vatican I, du Corps mystique du Christ. On voulait dire et comprendre que l’Eglise n’est pas une organisation, quelque chose de structurel, de juridique, d’institutionnel – même pas cela – mais un organisme, une réalité vitale, qui entre dans mon âme de sorte que je suis moi-même, justement avec mon âme de croyant, un élément constructif de l’Eglise comme telle. En ce sens, Pie XII avait écrit l’encyclique Mystici Corporis Christi comme un pas en vue de compléter l’ecclésiologie de Vatican I.
Je dirais que la discussion théologique des années 30-40, et même des années 20, était complètement sous ce signe de l’expression « Corps mystique » (Mystici Corporis). C’est une découverte qui a créé beaucoup de joie à cette époque et c’est aussi dans ce contexte que s’est développée la formule : Nous sommes l’Eglise, l’Eglise n’est pas une structure ; nous, les chrétiens, ensemble, nous sommes tous le Corps vivant de l’Eglise. Et, naturellement, cela vaut dans le sens où nous, le vrai « nous » des croyants, avec le « Je » du Christ, nous sommes l’Eglise ; chacun de nous, non pas un « nous », un groupe qui déclare être l’Eglise. Non, ce « nous sommes l’Eglise » exige justement mon insertion dans le grand « nous » des croyants de tous les temps et de tous les lieux.
Et donc, la première idée était de compléter l’ecclésiologie sur le plan théologique, mais en avançant aussi sur le plan structurel, c’est-à-dire : à côté de la succession de Pierre, de sa fonction unique, mieux définir aussi la fonction des évêques, du corps épiscopal. Et pour faire cela, on a trouvé le mot « collégialité », très discuté, avec des discussions acharnées, je dirais, un peu exagérées même. Mais c’était le mot – peut-être qu’on en aurait trouvé un autre, mais on utilisait celui-là – pour exprimer que les évêques, ensemble, sont la continuité des Douze, du Corps des apôtres. Nous avons dit : seulement un évêque, celui de Rome, est le successeur d’un apôtre déterminé, de Pierre. Tous les autres deviennent les successeurs des apôtres en entrant dans le Corps qui continue le Corps des apôtres.
Ainsi, le Corps des évêques, le collège, est précisément la continuité du Corps des Douze, et il a sa nécessité, sa fonction, ses droits et ses devoirs. Pour beaucoup, cela apparaissait comme une lutte de pouvoir, et certains ont peut-être pensé à leur pouvoir mais, en substance, il ne s’agissait pas de pouvoir, mais de la complémentarité des facteurs et de la complétude du Corps de l’Eglise avec les évêques, successeurs des apôtres, en tant qu’éléments qui portent ; et chacun d’eux est un élément qui porte l’Eglise, avec ce grand Corps.
Nous dirons que c’était là les deux éléments fondamentaux et, dans la recherche d’une vision théologique complète de l’ecclésiologie, entretemps, après les années 40, quelques critiques étaient apparues, dans les années 50, sur le concept de Corps du Christ : « mystique » serait trop spirituel, trop exclusif ; on avait alors mis en jeu le concept de « peuple de Dieu ». Et le concile, avec justesse, a accepté cet élément, qui est considéré chez les Pères comme l’expression de la continuité entre l’Ancien et le Nouveau testament. Dans le texte du Nouveau testament, l’expression « Laos tou Theou », qui correspond aux textes de l’Ancien testament, signifie – à part deux exceptions me semble-t-il – l’antique peuple de Dieu, les Hébreux qui, parmi les peuples (« goim ») du monde, sont « le » peuple de Dieu. Et les autres, nous les païens, nous ne sommes pas en soi le peuple de Dieu, nous devenons les enfants d’Abraham et donc le peuple de Dieu en entrant en communion avec le Christ, qui est l’unique semence d’Abraham.
Et en entrant en communion avec lui, en étant un avec lui, nous sommes nous aussi le peuple de Dieu. Cela veut dire que le concept de « peuple de Dieu » implique une continuité des Testaments, une continuité de l’histoire de Dieu avec le monde, avec les hommes, mais implique aussi l’élément christologique. C’est seulement à travers la christologie que nous devenons le peuple de Dieu et ainsi les deux concepts se rejoignent. Et le concile a décidé de créer une construction trinitaire de l’ecclésiologie : peuple de Dieu le Père, Corps du Christ, Temple de l’Esprit Saint.
Mais c’est seulement après le concile qu’a été mis en lumière un élément qui se trouve un peu caché, même dans le concile, et qui est celui-ci : le lien entre le peuple de Dieu et le Corps du Christ est précisément la communion avec le Christ dans l’union eucharistique. Là nous devenons le Corps du Christ : la relation entre le peuple de Dieu et le Corps du Christ crée une nouvelle réalité, la communion. Et après le concile, je dirais qu’on a découvert la manière dont, en réalité, le concile a trouvé et a abouti à ce concept de la communion comme concept central. Je dirais que, sur le plan philologique, pendant le concile, il n’est pas encore mûr, mais c’est le fruit du concile que le concept de communion soit devenu de plus en plus l’expression de l’essence de l’Eglise, communion dans les diverses dimensions : communion avec le Dieu trinitaire – qui est lui-même communion entre le Père, le Fils et l’Esprit-Saint -, communion sacramentelle, communion concrète dans l’épiscopat et dans la vie de l’Eglise.


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lundi 29 mai 2017

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