5- Topo 4 : La Liturgie, un chemin vers Dieu

mardi 22 janvier 2013
par  Daniel Giacobi
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Introduction

Bonsoir à tous, nous en sommes à la 4ème étape de notre parcours de l’Année de la Foi. Ce soir nous allons essayer d’accueillir l’héritage de Vatican II sur la Liturgie, vaste sujet qui a fait couler beaucoup d’encre, qui a suscité nombre de débats et d’abus.

Benoît XVI lors de l’Audience de la Place Saint Pierre du 10 octobre 2012, disait pour l’ouverture de l’Année Sainte : « Ce fut pour moi une expérience unique … j’ai pu voir une Église vivante — près de trois mille pères conciliaires venus de toutes les parties du monde réunis sous la direction du Successeur de l’Apôtre Pierre — qui se place à l’école de l’Esprit Saint, le véritable moteur du Concile. Rares sont les fois dans l’histoire où l’on a pu, comme alors, presque « toucher du doigt » concrètement l’universalité de l’Église à un moment de grande réalisation de sa mission d’apporter l’Évangile en tout temps et jusqu’aux extrémités de la terre. » Et l’une des dimensions de cette universalité, c’est la Liturgie.
Benoît XVI précise ensuite : « Le bienheureux Jean XXIII, dans le discours d’ouverture, le 11 octobre il y a cinquante ans, donna une indication générale : la foi devait parler d’une manière « renouvelée », plus incisive — parce que le monde était en train de changer rapidement — en conservant intacts toutefois ses contenus éternels, sans céder ni faire de compromis.  » Voilà deux clés de lecture indispensables : «  La foi devait parler d’une manière « renouvelée  », mais en conservant intacts ses contenus éternels  », donc renouveau et tradition.

Le pape poursuit : « Le Concile nous rappelle que l’Église, dans toutes ses composantes, a le devoir, le mandat de transmettre la parole de l’amour de Dieu qui sauve …En regardant sous cette lumière la richesse contenue dans les documents de Vatican II, je voudrais seulement citer les quatre Constitutions, qui sont comme quatre points cardinaux de la boussole capable de nous orienter. La Constitution sur la sainte Liturgie Sacrosanctum Concilium nous indique que dans l’Église, au début, se trouve l’adoration, Dieu, le caractère central du mystère de la présence du Christ. » Le texte est adopté lors de la 2e session du Concile le 4 décembre 1963, moins de six mois après l’élection de Paul VI.

Benoît XVI dans Porta Fidei au N°9 désire « que cette Année de la Foi … soit une occasion propice pour intensifier la célébration de la foi dans la liturgie, et en particulier dans l’Eucharistie, qui est « le sommet auquel tend l’action de l’Église, et en même temps la source d’où découle toute sa force » Sacrosanctum Concilium, n. 10. »

Il a consacré les 26 septembre et 3 octobre 2012 deux audiences publiques Place Saint Pierre à la Liturgie :

http://www.vatican.va/holy_father/b…

http://www.vatican.va/holy_father/b…

Le 26 septembre il disait après avoir parlé de la Parole de Dieu : « Il y a encore un autre « espace » précieux, une autre « source » précieuse pour grandir dans la prière, une source d’eau vive très étroitement liée à la précédente. Je veux parler de la liturgie, qui est un domaine privilégié dans lequel Dieu parle à chacun de nous, ici et maintenant, et attend notre réponse. »
Il est important de se rappeler toujours cela quand on évoque la Liturgie : C’est un lieu où Dieu vient à nous et où Il veut établir le dialogue avec nous.

Première proposition spirituelle pour le mois à venir : chaque fois que nous participons à une cérémonie liturgique, demandons à l’Esprit Saint de nous mettre en présence de Dieu et de nous faire comprendre ce qu’Il veut nous dire.

Écoutons encore Benoît XVI : «  le …Concile Vatican II débuta ses travaux… avec la discussion du schéma sur la sainte liturgie, approuvé ensuite solennellement le 4 décembre 1963, le premier texte approuvé par le Concile. Que le document sur la liturgie fût le premier résultat de l’assemblée conciliaire, fut peut-être attribué par certains au hasard. Parmi les nombreux projets, le texte sur la sainte liturgie sembla être le moins controversé et, précisément pour cette raison, en mesure de constituer comme une sorte d’exercice pour apprendre la méthodologie du travail conciliaire. Mais sans aucun doute, ce qui à première vue peut sembler un hasard, s’est démontré être le choix le plus juste, même à partir de la hiérarchie des thèmes et des tâches les plus importantes de l’Église. En effet, en commençant par le thème de la « liturgie » le Concile mit en lumière de façon très claire le primat de Dieu, sa priorité absolue. Dieu avant toute chose : c’est précisément ce que nous dit le choix conciliaire de partir de la liturgie. Là où le regard de Dieu n’est pas déterminant, toute autre chose perd son orientation. Le critère fondamental pour la liturgie est son orientation à Dieu, pour pouvoir ainsi participer à son œuvre même. »

1. Pourquoi la Liturgie est-elle sainte ?

1.1. Il faut faire ici un peu de vocabulaire :

Littéralement, le mot liturgie, du grec λειτουργία / leitourgía, signifie « le service du peuple », « service de la part de/et en faveur du peuple » (C.E.C. n° 1069). On entendait par là les services rendus en faveur du peuple en Grèce et Rome antique, soit par des citoyens aisés, soit par des villes, comme l’embellissement de la cité avec la construction d’un pont, d’un amphithéâtre, ou l’équipement d’un navire, ou encore l’hébergement d’une délégation aux fêtes religieuses etc.

La Septante (vers 250—150 av. J.-C.), c’est à dire la traduction en grec de la Bible juive emploie ce mot pour désigner le service des prêtres et des lévites au Temple. Il est donc associé au culte du Dieu invisible et aux prières qui lui sont adressées.

Né dans le judaïsme, le christianisme a naturellement repris le sens du service public rendu à Dieu, mais aussi «  Service en faveur du peuple  », un peuple qui n’existe pas en soi, mais qui s’est formé grâce au Mystère pascal de Jésus Christ.
Dans le Nouveau Testament, le mot se présente plusieurs fois avec ce sens, mais désigne également l’œuvre caritative, le service des anges…
Benoît XVI dans Porta Fidei au N°13 écrit : « Il sera décisif au cours de cette Année de parcourir de nouveau l’histoire de notre foi, …Par la foi, les disciples formèrent la première communauté regroupée autour de l’enseignement des Apôtres, dans la prière, dans la célébration de l’Eucharistie, (cf. Ac 2, 42-47). »
C’est donc dès le temps des apôtres qu’une Liturgie s’élabore autour des Saints Mystères et de la Parole.

Peu à peu, en Orient de langue grecque, l’emploi du mot a été restreint à la célébration de l’Eucharistie, tandis qu’en Occident il restait inconnu. C’est seulement au 16e siècle, grâce aux humanistes travaillant sur les manuscrits grecs de la Bible, que le mot « liturgie » y est introduit. Il désigne depuis lors l’ensemble des rites, cérémonies et prières dédiés au culte divin tels qu’ils sont définis selon les règles fixées par les textes sacrés ou la tradition.

L’encyclique de Pie XII, Mediator Dei , du 20 novembre 1947, précise le sens véritable du mot Liturgie : « C’est avoir une notion tout à fait inexacte de la sainte liturgie que de la regarder comme une partie purement extérieure et sensible du culte divin, ou comme une cérémonie décorative ; ce n’est pas une moindre erreur de la considérer simplement comme l’ensemble des lois et des préceptes par lesquels la hiérarchie ecclésiastique ordonne l’exécution régulière des rites sacrés. Bien au contraire, la liturgie n’est pas d’abord une démarche humaine, mais la continuation de la rédemption que Dieu a opérée en Jésus-Christ par le Saint Esprit. L’Église continue la fonction sacerdotale de Jésus-Christ principalement par la sainte liturgie. La sainte liturgie est donc le culte public que notre Rédempteur rend au Père comme chef de l’Église ; c’est aussi le culte rendu par la société des fidèles à son Chef, et, par lui, au Père éternel ; c’est en un mot, le culte intégral du Corps mystique de Jésus-Christ, c’est-à-dire du chef et de ses membres. »

1.2. Le mot Liturgie étant éclairé, pourquoi le Concile la dit-il sainte ?

Je vais maintenant beaucoup citer la Constitution sur la sainte Liturgie Sacrosanctum Concilium, je me contenterai de donner le N° du paragraphe.

* Elle est sainte car Dieu y parle N°33-34 : « Bien que la liturgie soit principalement le culte de la divine majesté, elle comporte aussi une grande valeur pédagogique pour le peuple fidèle. Car, dans la liturgie, Dieu parle à son peuple ; le Christ annonce encore l’Évangile. Et le peuple répond à Dieu par les chants et la prière.  »

Deuxième proposition, soyons attentifs à ce que Dieu nous dit dans les Liturgies que nous vivons et notons-le ensuite sur notre Carnet de l’Année de la Foi.

* La Liturgie sanctifie le temps des hommes et des femmes en y célébrant la Présence de Dieu de deux façons :

  • 1 par la Liturgie des heures ou Office divin qu’aborde avec précision le texte au chapitre 4, aux N°s 84 à 86 : «  L’office divin, d’après l’antique tradition chrétienne, est constitué de telle façon que tout le déroulement du jour et de la nuit soit consacré par la louange de Dieu…c’est la prière du Christ que celui-ci, avec son Corps, présente au Père. (Prêtres, religieux et fidèles) en acquittant les louanges divines se tiennent devant le trône de Dieu au nom de la Mère Eglise. Les prêtres adonnés au ministère pastoral acquitteront ces louanges des Heures avec … ferveur … car le Seigneur seul peut assurer l’efficacité et le progrès de l’œuvre à laquelle ils travaillent, lui qui a dit : « Hors de moi, vous ne pouvez rien faire » (Jean 15, 5).  »
  • 2 par le déroulement de l’Année liturgique qu’aborde avec précision le texte au chapitre 5, aux N°s 102-104 : L’Eglise « …déploie tout le mystère du Christ pendant le cycle de l’année, de l’Incarnation et la Nativité jusqu’à l’Ascension, au jour de la Pentecôte, et à l’attente…de l’avènement du Seigneur…en célébrant ainsi les mystères de la Rédemption… ils sont en quelque manière rendus présents tout au long du temps … En célébrant ce cycle annuel des mystères du Christ, la sainte Eglise vénère avec un particulier amour la bienheureuse Marie, mère de Dieu unie à son Fils …En outre, l’Eglise a introduit dans le cycle annuel les mémoires des martyrs et des saints qui…chantent à Dieu dans le ciel une louange parfaite et intercèdent pour nous. »

* Elle est aussi sainte parce que la Liturgie nous fait accéder à l’invisible, au N°2 : « …l’Eglise…est à la fois humaine et divine, visible et riche de réalités invisibles, fervente dans l’action et occupée à la contemplation, … de telle sorte qu’en elle …ce qui est visible est ordonné et soumis à l’invisible … Aussi la liturgie édifie chaque jour ceux qui sont au-dedans, pour en faire un temple saint dans le Seigneur, une habitation de Dieu dans l’Esprit.  »
En d’autres termes la Liturgie nous rend capables de mieux accueillir Dieu en nous, elle nous sanctifie, Jésus avait proclamé que chacun est appelé à devenir ce nouveau Temple saint où réside la Sainte Trinité.

Apocalypse 3 20 : «  Voici, je me tiens à la porte et je frappe ; si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui pour souper, moi près de lui et lui près de moi.  »
(Silence) …. Porta Fidei …. La Porte de la Foi …

* Elle est sainte car elle actualise la présence du Christ aux hommes. Aux N° 5 à 7 «  Jésus dans son humanité, dans l’unité de la personne du Verbe, fut l’instrument de notre salut. ….Cette œuvre de rédemption des hommes…. le Christ Seigneur l’a accomplie principalement par le mystère pascal de sa bienheureuse passion et de sa résurrection….Car c’est du côté du Christ endormi sur la croix qu’est né « l’admirable sacrement de l’Eglise tout entière »…. Jamais, dans la suite, l’Eglise n’omit de se réunir pour célébrer le mystère pascal ; en lisant « dans toutes les Écritures ce qui le concernait » (Luc 24, 17), en célébrant l’Eucharistie dans laquelle « sont rendus présents la victoire et le triomphe de sa mort » et en rendant en même temps grâces « à Dieu pour son don ineffable » (2 Cor. 9, 15) dans le Christ Jésus « pour la louange de sa gloire » (Eph. 1, 12) par la vertu de l’Esprit-Saint. ….Pour l’accomplissement d’une si grande œuvre, le Christ est toujours là auprès de son Eglise, surtout dans les actions liturgiques. Il est là présent dans le sacrifice de la messe, et dans la personne du ministre, … et, au plus haut point, sous les espèces eucharistiques. Il est présent par sa vertu dans les sacrements au point que lorsque quelqu’un baptise, c’est le Christ lui-même qui baptise. Il est là présent dans sa parole, car c’est lui qui parle tandis qu’on lit dans l’Eglise les Saintes Écritures. Enfin il est là présent lorsque l’Eglise prie et chante les psaumes, lui qui a promis : « Là où deux ou trois sont rassemblés en mon nom, je suis là, au milieu d’eux » (Mat.18, 20). …
C’est donc à juste titre que la liturgie est considérée comme l’exercice de la fonction sacerdotale de Jésus-Christ, ….Par suite, toute célébration liturgique, en tant qu’œuvre du Christ prêtre et de son Corps qui est l’Eglise, est l’action sacrée par excellence… »

Benoît XVI souligne dans son audience du 26 septembre : « Si nous nous demandons qui sauve le monde et l’homme, la seule réponse est : Jésus de Nazareth, Seigneur et Christ, crucifié et ressuscité. Et où devient actuel pour nous, pour moi aujourd’hui le Mystère de la Mort et de la Résurrection du Christ qui nous apporte le salut ? La réponse est : dans l’action du Christ à travers l’Église, dans la liturgie, en particulier dans le sacrement de l’Eucharistie, qui rend présente l’offre sacrificielle du Fils de Dieu, qui nous a rachetés ; dans le sacrement de la réconciliation, où l’on passe de la mort du péché à la vie nouvelle ; et dans les autres actes sacramentaux qui nous sanctifient . Ainsi le mystère pascal de la Mort et de la Résurrection du Christ est le centre de la théologie liturgique du Concile.  »

* Les prières eucharistiques si nous les intériorisons nourrissent notre prière et deviennent motifs de louer Dieu : La N°4 : « Comme l´homme avait perdu ton amitié en se détournant de toi, tu ne l´as pas abandonné au pouvoir de la mort. Dans ta miséricorde tu es venu en aide à tous les hommes pour qu’ils te cherchent et puissent te trouver…Tu nous as envoyé ton propre fils… pour qu’il soit notre sauveur… »

* Elle est sainte car elle nous fait accéder au Ciel, au N°8 : « Dans la liturgie terrestre nous participons par un avant-goût à cette liturgie céleste qui se célèbre dans la cité sainte de Jérusalem à laquelle nous tendons comme des voyageurs, où le Christ siège à la droite de Dieu … avec toute l’armée de la milice céleste, nous chantons au Seigneur l’hymne de gloire … nous attendons notre Sauveur le Seigneur Jésus-Christ, jusqu’à ce qu’Il se manifeste … et alors nous serons manifestés avec lui dans la gloire. »
Dans la Constitution dogmatique Lumen Gentium au N°50 : «  Mais notre union avec l’Eglise céleste se réalise de la manière la plus éclatante - et avant tout dans la sainte Liturgie où la vertu du Saint-Esprit agit sur nous par les signes sacramentels, - lorsque nous célébrons dans une commune allégresse, les louanges de la divine majesté .. »

Pendant la messe nous sommes appelés à nous unir activement en notre cœur à cet acte de louange de Jésus. C’est ce qu’expliquera Jean Paul II dans son encyclique Ecclesia de Eucharistia au § 8 : «  Le Fils de Dieu s’est fait homme pour redonner toute la création, dans un acte suprême de louange, à Celui qui l’a tirée du néant…L´Eucharistie est un lien entre le ciel et la terre . »

Avons-nous bien entendu et surtout bien compris ces mots ?


«  L´eucharistie est un coin du ciel qui s’ouvre sur la terre !  »

Avons-nous conscience, quand nous participons à la messe, que le ciel s’ouvre au dessus de nos têtes ? Reprenons Jean Paul II : à la messe « nous nous unissons à la liturgie céleste et nous nous associons à la multitude des anges et des saints qui acclame l´agneau sur le trône. »
Le problème, c’est que, comme le disait saint Cyrille de Jérusalem, un Père de l’Eglise : « nos sens nous disent autre chose » Oui, le ciel est ouvert au dessus de nous mais ce n’est que par la foi que nous pouvons nous ouvrir à cette réalité  : « même si tes sens te disent autre chose, ta foi te l’affirme » dit Cyrille. Vous comprenez pourquoi cette Année de la Foi est tellement essentielle.
Autre point majeur : nous ne louons pas pour nous seulement mais au nom de toute la création. 4ème prière eucharistique : « La création tout entière t’acclame par nos voix . »

* Alors, comment pouvons nous louer Dieu concrètement pendant la Messe ?
A la messe notre louange consiste à chanter et prier avec tout notre cœur. Saint Augustin l´exprime très bien dans une phrase dont on cite souvent seulement la 2nde partie. Le début de la phrase est essentiel : «  Nous devons te louer d´un cœur joyeux , car tu nous as créés pour toi, Seigneur, et notre cœur est sans repos, tant qu’il ne repose en toi !  » (St Augustin, Confessions) Nous nous unissons aussi en notre cœur à chaque prière dite par le prêtre, ce que nous exprimons en fin de prière eucharistique par notre « Amen ». Quand nous recevons la Communion, nous pouvons dire intérieurement notre reconnaissance au Seigneur par de courtes phrases comme : « Mon Seigneur et mon Dieu ! » « Jésus, je t´adore en moi ! » « Jésus, je te loue, je t´aime et je t´adore !  » «  Père, sois loué pour ton Fils Jésus ! »

* Mais bien sûr, précise le Concile au N°9 «  La liturgie ne remplit pas toute l’activité de l’Eglise ; car, avant que les hommes puissent accéder à la liturgie, il est nécessaire qu’ils soient appelés à la foi et à la conversion … C’est pourquoi l’Eglise annonce aux non-croyants la proclamation du salut … Quant aux croyants, elle doit toujours leur prêcher la foi et la pénitence ; elle doit en outre les disposer aux sacrements, leur enseigner à observer tout ce que le Christ a prescrit, et les engager à toutes les œuvres de charité, de piété et d’apostolat. »
D’autre part aux N°s 12 & 13 «  la vie spirituelle n’est pas enfermée dans la participation à la seule liturgie. Car si le chrétien est appelé à prier en commun, …il doit aussi entrer dans sa chambre pour prier le Père dans le secret, et, même, enseigne l’Apôtre, il doit prier sans relâche … Les « pieux exercices » du peuple chrétien, du moment qu’ils sont conformes aux lois et aux normes de l’Eglise, sont fort recommandés … »

* En tout cas la Liturgie est un lieu privilégié dans l’Eglise pour nous faire grandir en foi et en sainteté, au N°1 elle peut «  faire progresser la vie chrétienne de jour en jour chez les fidèles … favoriser …l’union de tous ceux qui croient au Christ, et fortifier tout ce qui concourt à appeler tous les hommes dans le sein de l’Eglise … »

Voilà trois verbes-clés que nous avons à nous approprier en cette Année de la Foi qui permet à notre vie chrétienne de progresser, s’unifier et de se fortifier….

C’est pourquoi, au N°10 : « …la liturgie est le sommet auquel tend l’action de l’Eglise, et en même temps la source d’où découle toute sa vertu. …C’est de la liturgie, et principalement de l’Eucharistie, comme d’une source, que la grâce découle en nous et qu’on obtient avec le maximum d’efficacité cette sanctification des hommes dans le Christ et cette glorification de Dieu … »

Progresser … unifier … fortifier …


Pour atteindre ces buts le Concile a voulu (N°1) « la restauration et le progrès de la liturgie. »

2. Quelle a été l’œuvre du Concile dans le domaine de la Liturgie ?

2.1. Une œuvre fidèle à la tradition :

Une fois encore, comme le montrent les mots « restauration  » et « progrès  », Vatican II n’est pas une rupture comme on l’a trop souvent dit. Relisons le N°4 : « obéissant fidèlement à la tradition, le saint Concile déclare que la sainte Mère l’Eglise considère comme égaux en droit et en dignité tous les rites légitimement reconnus, et qu’elle veut, à l’avenir, les conserver et les favoriser de toutes manières ; et il souhaite que, là où il en est besoin, on les révise entièrement avec prudence dans l’esprit d’une saine tradition et qu’on leur rende une nouvelle vitalité en accord avec les circonstances et les nécessités d’aujourd’hui.  »
Le texte précise au N°21 : « la liturgie … comporte une partie immuable, celle qui est d’institution divine, et des parties sujettes au changement qui peuvent varier au cours des âges ou même le doivent.. » Il est donc clair que les communautés de fidèles ne peuvent faire n’importe quoi selon leurs inspirations du moment. Au N°22 : « Le gouvernement de la liturgie dépend uniquement de l’autorité de l’Eglise , il appartient au Siège apostolique et, dans les règles du droit, à l’évêque. … C’est pourquoi absolument personne d’autre, même prêtre, ne peut, de son propre chef, ajouter, enlever ou changer quoi que ce soit dans la liturgie.  »
_ Voilà des mots importants à se rappeler lorsque dans une équipe liturgique certains suggèrent de remplacer le psaume par un chant, de supprimer une lecture etc…
Au N°23 : « on ne fera des innovations que si l’utilité de l’Eglise les exige vraiment et certainement, et après s’être bien assuré que les formes nouvelles sortent des formes déjà existantes … » Le N°26 nous éclaire sur la raison profonde de ces restrictions : «  Les actions liturgiques ne sont pas des actions privées , mais des célébrations de l’Eglise, qui est « le sacrement de l’unité », c’est-à-dire le peuple saint réuni et organisé sous l’autorité des évêques. »

En ne respectant pas les normes de la Liturgie nous brisons l’unité de l’Eglise, nous brisons le Corps du Christ.

Laissons pour finir sur ce point la parole à Saint Thomas d’Aquin : «  Ce qui possède la plus haute autorité, c’est la pratique de l’Eglise, à laquelle il faut s’attacher jalousement en toutes choses. Car l’enseignement même des docteurs catholiques tient son autorité de l’Eglise. Il faut donc s’en tenir plus à l’autorité de l’Eglise qu’à celle d’un Augustin ou d’un Jérôme, ou de quelque docteur que ce soit  » (Somme Théologique, IIa – IIae, q. 10, art. 12c).

2.2. Ces précautions étant prises, quel fut l’apport majeur du Concile en Liturgie ?

Il peut se résumer en un mot clé, c’est le mot « PARTICIPATION  ». Le concile a fixé des « normes pratiques » (N°3)
et souligne au N°11 « les pasteurs doivent être attentifs à ce que dans l’action liturgique, non seulement on observe les lois d’une célébration valide et licite, mais aussi à ce que les fidèles participent à celle-ci de façon consciente, active et fructueuse.  »

Au N°14 : « La mère Eglise désire beaucoup que tous les fidèles soient amenés à cette participation pleine, consciente et active aux célébrations liturgiques, qui est demandée par la nature de la liturgie elle-même … »,
au N°19 : « Les pasteurs d’âmes poursuivront avec zèle et patience la formation liturgique et aussi la participation active des fidèles, intérieure et extérieure, proportionnée à leur âge, leur condition, leur genre de vie et leur degré de culture religieuse … »

Au N°21 : « Cette restauration doit consister à organiser les textes et les rites de telle façon qu’ils expriment avec plus de clarté les réalités saintes qu’ils signifient, et que le peuple chrétien…puisse facilement les saisir et y participer par une célébration pleine, active et communautaire.  ».
Au N°30 : «  Pour promouvoir la participation active, on favorisera les acclamations du peuple, les réponses, le chant des psaumes, les antiennes, les cantiques et aussi les actions ou gestes et les attitudes corporelles. On observera aussi en son temps un silence sacré…  » car la Liturgie est aussi le temps de la prière.

On dit souvent que Vatican II a favorisé une «  Liturgie participative  ».

2.3. Par quels moyens cette participation plus grande a-t-elle été obtenue ?

  • 1er moyen : D’abord par l’usage des langues locales :
    Au N°63 : « dans l’administration des sacrements et des sacramentaux l’emploi de la langue du pays peut être d’une grande utilité chez le peuple, on lui donnera une plus large place … »
    Au N°54 « On pourra donner la place qui convient à la langue du pays dans les messes célébrées avec concours de peuple … »
    Au N°101, pour l’Office divin, à côté du latin « pouvoir est donné à l’Ordinaire de concéder l’emploi d’une traduction en langue du pays » car
    au N°37 « L’Eglise, cultive les qualités et les dons des divers peuples et elle les développe …  »
    Le décret sur les églises orientales catholiques au N°6 affirme avec force : «  Tous les Orientaux doivent savoir avec pleine certitude qu’ils peuvent et doivent toujours garder leurs rites liturgiques légitimes… »
  • 2e moyen : En ayant le souci d’expliquer les rites et signes aux fidèles,
    au N°59 « Il est donc de la plus grande importance que les fidèles comprennent facilement les signes des sacrements … » Par exemple pour l’Eucharistie

    au N°48 « Aussi l’Eglise se soucie-t-elle d’obtenir que les fidèles n’assistent pas à ce mystère de la foi comme des spectateurs étrangers et muets, mais que, le comprenant bien dans ses rites et ses prières, ils participent consciemment, pieusement et activement à l’action sacrée, soient formés par la Parole de Dieu, se restaurent à la table du Corps du Seigneur, rendent grâces à Dieu ; qu’offrant la victime sans tache, son seulement par les mains du prêtre, mais aussi ensemble avec lui, ils apprennent à s’offrir eux-mêmes et, de jour en jour… »
    afin que n°50 « soit facilitée la participation pieuse et active des fidèles … »
    Au N°51 le Concile «  recommande fortement cette parfaite participation à la messe qui consiste en ce que les fidèles, après la communion du prêtre, reçoivent le Corps du Seigneur avec des pains consacrés à ce même sacrifice. »
    Le Concile appelle aussi à redonner son vrais sens au Sacrement des malades
    au N°73 : «  « L’extrême-onction », qu’on peut appeler aussi et mieux l’onction des malades, n’est pas seulement le sacrement de ceux qui se trouvent à toute extrémité. … Le nombre des onctions sera adapté aux circonstances … »
    Il rénove le sacrement de mariage au N°77 : « Le rite de célébration du mariage qui se trouve dans le rituel romain sera révisé et enrichi pour signifier plus clairement la grâce du sacrement et souligner davantage les devoirs des époux.  »
    Enfin à propos du rituel des funérailles au N°81 « Le rite des funérailles devra exprimer de façon plus manifeste le caractère pascal de la mort chrétienne, et devra répondre mieux aux situations et aux traditions de chaque région, même en ce qui concerne la couleur liturgique. »

On perçoit bien comment les Pères conciliaires ont ce souci à la foi d’expliquer et d’adapter au mieux les rites aux cultures diverses que l’Eglise respecte profondément.

C’est ce qui est souligné au N°35-3 : « la catéchèse plus directement liturgique sera inculquée de toutes les manières ; et, dans les rites eux-mêmes, on prévoira de brèves monitions si elles sont nécessaires ; elles seront dites par le prêtre ou par le ministre compétent … aux moments les plus opportuns …

Aussi le texte conciliaire insiste beaucoup sur la formation des prêtres et des ministres des sacrements.

Le chapitre 7 est consacré à l’art sacré, sans privilégier un style artistique particulier le Concile souligne au N°124 : « Les évêques veilleront à ce que les œuvres artistiques inconciliables avec la foi et les mœurs ainsi qu’avec la piété chrétienne, qui blessent le sens vraiment religieux,…soient nettement écartées des maisons de Dieu et des autres lieux sacrés. Dans la construction des édifices sacrés, on veillera soigneusement à ce que ceux-ci se prêtent à l’accomplissement des actions liturgiques et favorisent la participation active des fidèles.  »

Quant au chapitre 6, il est consacré à la musique sacrée, à côté du chant grégorien, « chant propre de la liturgie romaine » et de « l’orgue à tuyaux » _ au N°118 « Le chant religieux populaire sera intelligemment favorisé, pour que dans les exercices pieux et sacrés, et dans les actions liturgiques elles-mêmes, conformément aux normes et aux prescriptions des rubriques, les voix des fidèles puissent se faire entendre  »
au N°119 « Puisque, dans certaines régions, surtout en pays de mission, on trouve des peuples possédant une tradition musicale propre qui tient une grande place dans leur vie religieuse et sociale, on accordera à cette musique l’estime qui lui est due et la place convenable  »
et au N°121 « Les musiciens, imprégnés d’esprit chrétien, … composeront les mélodies qui présentent les marques de la véritable musique sacrée et qui puissent être chantées non seulement par les grandes Scholae cantorum, mais qui conviennent aussi aux petites et favorisent la participation active de toute l’assemblée des fidèles. Les textes destinés au chant sacré seront conformes à la doctrine catholique et même seront tirés de préférence des Saintes Ecritures et des sources liturgiques. »
Au N°114 « les évêques et les autres pasteurs veilleront avec zèle à ce que, dans n’importe quelle action sacrée qui doit s’accomplir avec chant, toute l’assemblée des fidèles puisse assurer la participation active qui lui revient en propre…  »

On perçoit bien dans ces deux chapitres la place de l’évêque qui est responsable de la vie liturgique de son diocèse,
N°s 41& 42 : «  L’évêque doit être considéré comme le grand prêtre de son troupeau  ; la vie chrétienne de ses fidèles découle et dépend de lui… il faut favoriser dans l’esprit et dans la pratique des fidèles et du clergé, la vie liturgique de la paroisse et son rattachement à l’évêque … » C’est pourquoi tous les manquements graves à la Liturgie doivent lui être remontés par les fidèles.

  • Le 3e moyen retenu par le Concile pour permettre aux fidèles d’intérioriser la Liturgie, c’est l’accès à la Sainte Ecriture que nous avons largement évoqué dans le topo N°2.

    Au n°24 : « Dans la célébration de la liturgie, la Sainte Ecriture a une importance extrême. C’est d’elle que sont tirés les textes qu’on lit et que l’homélie explique, ainsi que les psaumes que l’on chante ; c’est sous son inspiration et dans son élan que les prières, les oraisons et les hymnes liturgiques ont jailli, et c’est d’elle que les actions et les symboles reçoivent leur signification. Aussi, pour procurer la restauration, le progrès et l’adaptation de la liturgie, il faut promouvoir ce goût savoureux et vivant de la Sainte Ecriture dont témoigne la vénérable tradition des rites aussi bien orientaux qu’occidentaux.  »
    Aussi les lecteurs doivent être choisis avec soin, on ne choisit pas un lecteur pour lui faire plaisir mais pour qu’il proclame avec clarté la Parole de Dieu, on apprend à proclamer la Parole .
    Au N°29 « Même les servants, les lecteurs, les commentateurs et ceux qui appartiennent à la Schola cantorum s’acquittent d’un véritable ministère liturgique… Aussi faut-il soigneusement leur inculquer l’esprit de la liturgie…  »
    Aux N°35 et 52 à propos de l’homélie : « Celle-ci puisera en premier lieu à la source de la Sainte Ecriture et de la liturgie, puisqu’elle est l’annonce des merveilles de Dieu dans l’histoire du salut …  »
    Enfin à propos du choix des textes lus à l’Eucharistie :
    N°51 : « Pour présenter aux fidèles avec plus de richesse la table de la parole de Dieu, on ouvrira plus largement les trésors bibliques pour que, dans un nombre d’années déterminé, on lise au peuple la partie importante des Saintes Ecritures. » ;
    dans l’Office divin N°92a « la lecture de la Sainte Ecriture sera organisée de telle sorte qu’il soit facile d’accéder plus largement au trésor de la Parole divine  »

La Constitution dogmatique Dei verbum au n°25 : « le saint Concile exhorte avec force et de façon spéciale tous les chrétiens… à acquérir par la lecture fréquente des divines Écritures « une science éminente de Jésus-Christ » (Phil. 3, 8), car dit Saint Jérôme « ignorer les Écritures, c’est ignorer le Christ ». Qu’ils approchent donc de tout leur cœur le texte sacré lui-même, soit par la sainte liturgie, qui est remplie des paroles divines, soit par une pieuse lecture, soit par des cours faits pour cela… »

3.0. Quelle doit donc être notre attitude dans la Liturgie, à la lumière de Vatican II ?

Les audiences générales de Benoît XVI place Saint Pierre des 26 septembre et 7 octobre 2012 nous aident à y entrer ;

« la première exigence pour une bonne célébration liturgique est qu’elle soit prière, entretien avec Dieu, écoute tout d’abord puis réponse. …nous devons entrer à l’intérieur des paroles, dans leur signification, les accueillir en nous, nous mettre en harmonie avec ces paroles ; ainsi devenons-nous fils de Dieu, semblables à Dieu. …pour assurer la pleine efficacité de la célébration (n. 11) « il est nécessaire que les fidèles accèdent à la liturgie avec les dispositions d’une âme droite, qu’ils harmonisent leur âme avec leur voix, et qu’ils coopèrent à la grâce d’en haut pour ne pas recevoir celle-ci en vain » …Un élément fondamental, primaire, du dialogue avec Dieu dans la liturgie, est la concordance entre ce que nous disons avec les lèvres et ce que nous portons dans le cœur. En entrant dans les paroles de la grande histoire de la prière, nous sommes nous-mêmes conformés à l’esprit de ces paroles et nous devenons capables de parler avec Dieu. …
Notre cœur, au plus profond de nous-mêmes, doit s’ouvrir docilement à la Parole de Dieu et se recueillir dans la prière de l’Église, pour recevoir son orientation vers Dieu des paroles mêmes qu’il écoute et prononce. Le regard du cœur doit se diriger vers le Seigneur, qui se trouve parmi nous…Comme le rappelle le Catéchisme de l’Église catholique : (n. 2655) « La mission du Christ et de l’Esprit Saint qui, dans la liturgie sacramentelle de l’Église, annonce, actualise et communique le Mystère du salut, se poursuit dans le cœur qui prie. Les Pères spirituels comparent parfois le cœur à un autel » …
Chers amis, nous ne célébrons et vivons bien la liturgie que si nous restons dans une attitude de prière, et pas si nous voulons « faire quelque chose », nous faire voir ou agir, mais si nous orientons notre cœur vers Dieu et si nous nous plaçons dans une attitude de prière en nous unissant au Mystère du Christ et à son dialogue de Fils avec le Père. …C.E.C. n. 2564 Il nous a lui-même donné les paroles adaptées pour nous adresser à Lui, des paroles que nous rencontrons dans le Psautier, dans les grandes oraisons de la sainte liturgie et dans la célébration eucharistique elle-même.
 »

Conclusion

Je voudrais conclure en reprenant la réflexion de Benoît XVI
« …n’oublions pas : nous découvrons le Christ, nous le connaissons comme Personne vivante, dans l’Église. Celle-ci est « son Corps ». Ainsi, en participant à la liturgie, nous faisons nôtre la langue de la mère Église, nous apprenons à parler en elle et pour elle. » Aussi quand nous sortons des normes de la Liturgie, nous rendons cette langue inintelligible, nous en faisons du charabia. C’est cela qu’il faut expliquer aux fidèles et aux membres des équipes liturgiques, ce n’est pas une affaire de règles.
« Naturellement, comme je l’ai déjà dit, - poursuit Benoît XVI - cela a lieu de manière progressive, peu à peu. Je dois me plonger progressivement dans les paroles de l’Église, avec ma prière, avec ma vie, avec ma souffrance, avec ma joie, avec ma pensée. C’est un chemin qui nous transforme. On ne peut pas prier Dieu de manière individualiste. Dans la prière liturgique, surtout l’Eucharistie, et — formés par la liturgie — dans toute prière, nous ne parlons pas uniquement en tant qu’individus, mais nous entrons dans le « nous » de l’Église qui prie. Et nous devons transformer notre « moi » en entrant dans ce « nous ».
L’Église tout entière est toujours présente même dans la liturgie de la communauté la plus petite. C’est pourquoi il n’y a pas d’« étrangers » dans la communauté liturgique. L’Église tout entière, le ciel et la terre, Dieu et les hommes participent ensemble à chaque célébration liturgique. La liturgie chrétienne, même si elle est célébrée dans un lieu et un espace concret, et exprime le « oui » d’une communauté déterminée, est par sa nature catholique, provient du tout et conduit au tout, en unité avec le Pape, avec les évêques, avec les croyants de toutes les époques et de tous les lieux. Plus une célébration est animée par cette conscience, plus se réalise en elle de façon fructueuse le sens authentique de la liturgie.
La liturgie n’est alors pas une sorte d’« auto-manifestation » d’une communauté, mais c’est en revanche une manière de sortir du simple « être-soi-même », être enfermés en soi-même, et d’accéder au grand banquet, d’entrer dans la grande communauté vivante, dans laquelle Dieu lui-même nous nourrit. La liturgie implique universalité et ce caractère universel doit entrer toujours à nouveau dans la conscience de tous. Ce n’est jamais seulement l’événement d’une communauté singulière, ayant une place particulière dans le temps et dans l’espace. La liturgie n’est alors pas le souvenir d’évènements passés, mais la présence vivante dans le Mystère pascal du Christ qui transcende et unit les temps et les espaces. Si dans la célébration n’émerge pas la place centrale du Christ, nous n’aurons pas une liturgie chrétienne, totalement dépendante du Seigneur et soutenue par sa présence créatrice. Chaque jour doit croître en nous la conviction que la liturgie n’est pas notre « action », mon « action » mais l’action de Dieu en nous et avec nous.
Chers amis, l’Église est visible de nombreuses façons : dans l’action caritative, dans les projets de mission, dans l’apostolat personnel que chaque chrétien doit réaliser dans son milieu. Mais le lieu où l’on en fait pleinement l’expérience en tant qu’Eglise est dans la liturgie : elle est l’acte par lequel nous croyons que Dieu entre dans notre réalité et nous pouvons le rencontrer, nous pouvons le toucher. C’est l’acte par lequel nous entrons en contact avec Dieu : Il vient à nous, et nous sommes illuminés par Lui. C’est pourquoi, lorsque dans les réflexions sur la liturgie, nous concentrons notre attention uniquement sur la façon de la rendre attrayante, intéressante et belle, nous risquons d’oublier l’essentiel : la liturgie se célèbre pour Dieu et non pour nous-mêmes ; c’est son œuvre ; c’est Lui le sujet ; et nous devons nous ouvrir à Lui et nous laisser guider par Lui et par son Corps qui est l’Eglise.
 »

Elle est une porte – « Porta Fidei  » , « Porte de la Foi » - , un accès des fidèles au Sacré, à la Présence de Dieu en notre monde.

Prions avec Benoît XVI lors de l’audience générale du 3 octobre 2012 et avec Edith Stein :

Faisons d’abord nôtre la prière confiée par Benoît XVI à l’Apostolat de la Prière pour janvier 2013 : Pour qu’en cette « année de la foi », les chrétiens puissent approfondir la connaissance du mystère du Christ et témoigner avec joie de leur foi.

Et le 3 octobre : « Prions le Seigneur d’être chaque jour plus conscients du fait que la liturgie est action de Dieu et de l’homme ; une prière qui jaillit de l’Esprit Saint et de nous, entièrement adressée au Père, en union avec le Fils de Dieu fait homme… Demandons au Seigneur de nous enseigner chaque jour à vivre la sainte liturgie, en particulier la Célébration eucharistique, en priant dans le « nous » de l’Eglise, qui porte son regard non pas sur elle-même, mais sur Dieu et en sentant que nous sommes une partie de l’Eglise vivante de tous les lieux et de tous les temps. » Amen

Prions avec Sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix [Édith Stein] :
«  les moines …veillent à ce que la louange de Dieu ne cesse jamais, sur la terre comme au ciel… Leurs chants de louange appellent dès l’aube la création tout entière à s’unir pour magnifier le Seigneur : montagnes et collines, fleuves et torrents, mers et terres fermes ainsi que tout ce qui les peuple, nuages et vents, pluie et neige, tous les peuples de la terre, tous les hommes de toutes conditions et de toutes races, enfin les habitants des cieux, les anges et les saints (Dn3,57-90) … Nous devons nous joindre, par notre liturgie, à cette louange éternelle de Dieu.

« Nous », qu’est-ce à dire ? Il ne s’agit pas seulement des religieux réguliers…, mais de tout le peuple chrétien.  »

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