4- Topo n°3 : la Vierge Marie, notre modèle dans la foi

mardi 22 janvier 2013
par  Daniel Giacobi
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Introduction

Bonsoir à tous, c’est une joie de pouvoir évoquer la figure de Marie, source de paix. Pourtant sa personne a été au centre d’un des débats les plus vifs du Concile Vatican II. Derrière la question quasiment technique de savoir s’il fallait élaborer un document à part sur la théologie de la Vierge Marie, on parle de Mariologie, se dissimulait un vif débat avec ceux qui voulaient minorer la place de Marie dans l’Eglise au nom de l’œcuménisme avec les protestants qui réfutent le culte des saints en général et celui de la Vierge Marie en particulier. A l’opposé des Pères de Vatican II renouaient avec l’héritage des Pères de l’Eglise avant 500, les textes patristiques, mis entre parenthèses au Moyen Age et jusqu’au 20e S et qui insistent sur le lien unissant l’Eglise et la Vierge Marie.

Finalement il n’y eut pas de texte spécifique sur la Vierge Marie. Si chacun des 16 textes conciliaires furent confiés à l’intercession active de la Vierge Marie, l’essentiel de la réflexion des pères conciliaires sur Marie fut intégré dans la Constitution dogmatique sur l’Eglise, « Lumen Gentium », qui commence par ces mots : « le Christ Lumière des NationsLumen Gentium » promulguée le 21 novembre 1964 par Paul VI à la fin de la 3e session du Concile. Le chapitre VIII que je vous invite à relire des N°s 52 à 69, est intitulé «  la Bienheureuse Vierge Marie, Mère de Dieu, dans le mystère du Christ et de l’Eglise  ». Il fait le point sur la place de la Vierge Marie dans l’économie du salut, sur son culte et rappelle que Marie est modèle pour l’Eglise.

Le pape Benoît XVI a consacré son audience publique de la Place Saint Pierre à la Vierge Marie le mercredi 19 décembre 2012 sous le titre : «  La Vierge Marie : Icône de la foi obéissante  », un texte d’une impressionnante profondeur :
http://www.vatican.va/holy_father/b…

1.0. Marie, notre modèle dans la foi

Marie nous accompagne sur les chemins de la vie, dans ce pèlerinage de foi qu’elle a aussi emprunté : Lumen Gentium N°58 :« Ainsi même la bienheureuse Vierge progressa sur le chemin de la foi, et elle resta fidèlement unie à son Fils jusqu’à la croix. »
Paul VI insiste beaucoup sur cet apport du Concile. Lors de la clôture du Concile le 8 décembre 1965, il déclare : « Alors que nous clôturons le concile œcuménique, nous honorons la Très Sainte Vierge Marie, Mère du Christ, et, par conséquent, ….la Mère de Dieu et notre Mère spirituelle. ..c’est la femme, la vraie femme idéale et réelle…cette femme qui est tout à la fois notre humble sœur et notre céleste Mère et Reine… » Les mots de Paul VI sont pesés et choisis : la vraie femme …réelle, notre humble sœur, c’est à dire dans toutes ses dimensions corporelles, psychologiques, affectives et spirituelles. Il avait dit en novembre 1964 : «  fille d’Adam comme nous.  »

Benoît XVI dans Porta Fidei au N°13 insiste aussi sur ce parcours de foi de la Vierge Marie repris dans Lumen Gentium, parcours incarné dans la vraie vie : « Par la foi, Marie a accueilli la parole de l’Ange et elle a cru à l’annonce qu’elle deviendrait Mère de Dieu dans l’obéissance de son dévouement (cf. Lc 1, 38). Visitant Elisabeth, elle éleva son cantique de louange vers le Très-Haut pour les merveilles qu’il accomplissait en tous ceux qui s’en remettent à lui (cf. Lc 1, 46-55). Avec joie et anxiété elle met au jour son fils unique, maintenant intacte sa virginité (cf. Lc 2, 6-7). Comptant sur Joseph son époux, elle porta Jésus en Égypte pour le sauver de la persécution d’Hérode (cf. Mt 2, 13-15). Avec la même foi, elle suivit le Seigneur dans sa prédication et demeura avec lui jusque sur le Golgotha (cf. Jn 19, 25-27). Avec foi Marie goûta les fruits de la résurrection de Jésus et, conservant chaque souvenir dans son cœur (cf. Lc 2, 19.51), elle les transmit aux Douze réunis avec elle au Cénacle pour recevoir l’Esprit Saint (cf. Ac 1, 14 ; 2, 1-4). »

Arrêtons-nous sur les attitudes de Marie, éclairées par Lumen Gentium, aux différents moments de sa vie pour les méditer et en tirer des leçons pour notre cheminement spirituel en cette année de la Foi. On peut retenir 6 facettes 1 de la figure de la Vierge Marie :

1.1. Marie, « Vierge ».

Marie, fille d’Israël, participe pleinement à l’attente messianique de son peuple, elle est dans une attitude de profonde disponibilité au plan du Seigneur. Lumen Gentium N°55 : « Elle est au premier rang de ces humbles et de ces pauvres du Seigneur qui attendent le salut avec confiance, et reçoivent de lui le salut. »
Dans notre monde occidental dominé par la consommation, elle nous aide à échapper à la fuite en avant du « tout ! tout de suite ! », elle nous apprend le vrai sens de la patience et de la confiance à l’égard de Dieu le Père qui sait ce dont nous avons besoin et surtout quand nous en avons besoin. Elle nous apprend le temps de Dieu.

Marie fiancée nous rappelle comment le temps est nécessaire pour entrer dans la découverte de l’autre.

Marie toujours vierge et consacrée dans sa virginité nous rappelle que Dieu seul peut remplir nos cœurs et que toute vie a un sens, que la fécondité est aussi spirituelle et que l’efficacité est secondaire par rapport l’Amour donné.

Lumen Gentium N°56 : « Ainsi C’est donc à juste titre que les saints Pères de l’Eglise estiment que Marie ne fut pas un instrument purement passif dans les mains de Dieu, mais qu’elle coopéra au salut de l’homme dans la liberté de sa foi et de son obéissance. En fait, comme le dit saint Irénée, « en obéissant, elle est devenue cause du salut pour elle-même et pour tout le genre humain »  »

1.2. Seconde facette : Marie, « épouse ».

En Matthieu 1- 20 : « Ne crains pas de prendre chez toi, Marie, ton, épouse » dit l’Ange Gabriel à Joseph. La 1re dimension du mariage selon le projet de Dieu est l’accueil de l’autre dans sa différence. Le mariage chrétien est à la fois une réalité humaine mais aussi spirituelle. Marie et Joseph se reconnaissent dans leur vocation propre, non en terme de rivalité mais de complémentarité, cette reconnaissance s’appuie sur un profond respect mutuel entre époux : Dieu a fait confiance à Joseph pour être le père adoptif de Jésus, guide et berger de la Sainte Famille. Marie a confiance en ses décisions, lorsqu’il décide de partir en Egypte, de rentrer à Bethléem.

Ces épisodes révèlent entre Marie et Joseph des sentiments de tendresse, de fidélité et de soutien dans l’épreuve. Ils sont un couple à part entière tout en vivant leur appel particulier à la virginité. Ils nous montrent comment le mariage est une consécration.2

1.3. Troisième facette :Marie, « mère ».

Dans le Credo de Nicée nous proclamons notre foi dans l’Esprit Saint « qui est Seigneur et qui donne la vie… » Cela signifie que toute vie est un don de Dieu, que toute vie vient de Dieu. Marie nous apprend le respect de toute vie, à reconnaître en tout enfant l’image de Dieu, c’est le sens profond de l’adoration des mages à la crèche qui adorent un enfant-Dieu. L’un des plus beaux titres de Marie est celui de Mère de Dieu, la Théotokos , disent les Orthodoxes ; titre qu’elle reçut au Concile d’Ephèse en 431. Ainsi « la Vierge Marie, qui, à l’annonce de l’Ange, accueillit dans son cœur et dans son corps le Verbe de Dieu et apporta la vie au monde, est reconnue et honorée comme la vraie Mère de Dieu et du Rédempteur… Aussi est-elle la fille préférée du Père et le temple de l’Esprit-Saint » Lumen Gentium N°53

Marie a pris soin de son enfant depuis ses premiers gestes de mère à la crèche jusqu’à la Croix où elle reçoit le corps de Son Fils descendu de la Croix, les Piéta sont parmi les plus belles œuvres de l’histoire de l’art. Lumen Gentium N°57 : « Cette union de la Mère et de son Fils dans l’œuvre de la Rédemption se manifeste depuis le moment de la conception virginale du Christ jusqu’à sa mort. »

Que nous montre-t-elle ? Que la tendresse, et notamment celle d’une mère, est indispensable à tout être humain, à sa croissance, fut-il le Fils de Dieu. Elle nous montre comment cette tendresse est étrangère à toute possessivité, Marie s’efface pour permettre à Son Fils d’atteindre tout son rayonnement.

C’est à Cana que se fait le passage d’une maternité charnelle à une maternité spirituelle. C’est d’ailleurs à Cana que les Évangiles rapportent la dernière phrase de Marie et je crois que nous pouvons la faire nôtre ce soir : en St Jean 2 v 5 :
« Sa mère dit aux servants : « Tout ce qu’il vous dira, faites-le. »  » Marie s’efface comme Jean Baptiste : «  Il faut que Lui grandisse et que moi je diminue » et elle devient elle même disciple de Son Fils en mettant Sa Parole en pratique au quotidien…

1.4. Quatrième facette : Marie à Nazareth , « femme au quotidien ».

La Vierge Marie nous apprend comment la sainteté peut se vivre au quotidien dans une vie faite de tâches répétitives et ordinaires, ce qu’elle a vécu pendant 30 ans à Nazareth : travail, cuisine, corvée d’eau, tissage, entretien du linge, éducation de Jésus à qui elle a appris les psaumes, les fondements de la religion juive, à qui elle a fait découvrir l’attente messianique, c’est aussi les relations avec les voisins rencontrés au puits ou sur la grand place. C’est cette vie ordinaire que nous vivons tous, que nous soyons au foyer, au travail, mariés, célibataires ou consacrés.

La vie se déroule, toute simple, avec parfois des moments de joie, de fête : chaque année «  ses parents se rendaient chaque année à Jérusalem pour la fête de la Pâque. » - Luc 2 v 41 - et parfois d’angoisse : ils perdent Jésus et le retrouvent seulement trois jours après : « A sa vue, ils furent saisis d’émotion, et sa mère lui dit : « Mon enfant, pourquoi nous as-tu fait cela ? Vois ! ton père et moi, nous te cherchons, angoissés. »  » - Luc 2 v 48 - Comme nous nous sentons proches de tous ces moments qui nous rejoignent dans notre quotidien. Mais en même temps Marie nous édifie car elle s’interroge sur le sens de tout cela et le médite : «  Et sa mère gardait fidèlement toutes ces choses en son cœur. » écrit saint Luc -2 v 51 – Et certainement quand Jésus est resté caché, trois jours au tombeau, elle s’est rappelée de cet épisode.

Ainsi Marie à Nazareth nous fait découvrir – et sainte Thérèse enfermée dans son Carmel de Lisieux l’avait parfaitement compris – que la sainteté à laquelle tout chrétien est appelé n’est pas réservée à des êtres d’exception, elle ne consiste pas à faire des grandes choses mais à faire les plus petites, ne serait-ce que ramasser une aiguille tombée par terre , avec le plus grand amour possible en se donnant soi-même. C’est là que réside la VRAIE JOIE DE VIVRE.

1.5. Cinquième facette : Marie, « veuve ».

Marie a aussi éprouvé la blessure du veuvage, de la coupure avec l’être cher. Déjà à Cana, Joseph n’est plus là et c’est là aussi que commence la vie publique de Jésus.
Marie est privée de la vie de famille même si elle fait partie de ce groupe de femmes qui vont accompagner Jésus et les disciples jusqu’à la Croix et à la Pentecôte.
Et cette douleur de la séparation elle la vit au plus haut point lorsqu’elle accompagne l’agonie de Son Fils sur la Croix et reçoit son corps descendu de la Croix. Lorsqu’ils étaient venus avec Joseph, pleins de joie, présenter Jésus au temple, le vieillard Syméon ne lui avait-il pas dit ? « et toi-même, une épée te transpercera le cœur !  » - Luc 2 v 35 – Cette souffrance vécue par Marie lui permet de comprendre la souffrance des hommes et des femmes de tous les temps, elle exerce ce ministère de compassion et de consolation dont notre monde aujourd’hui a tant besoin et auquel l’Esprit Saint appelle tant de chrétiens. _ Marie apprend à tenir dans l’espérance à toutes celles qui ont vu leur vie comme brisée lorsqu’un mari ou un enfant les a quittées. Marie se fait proche, nous prend par la main pour nous faire entrer dans la famille de Dieu.

C’est Mère Térésa qui disait : « Le monde a besoin de mères qui mettent les hommes au monde mais au monde de Dieu ». La femme est médiatrice du plan de Dieu.

1.6. Sixième facette : Marie, « sainte ».

Marie a donné Dieu au monde, elle nous rappelle que toute femme est faite pour cela.
Ève fut donnée à Adam comme aide c’est à dire non pas comme une servante mais comme « le secours qui vient d’en haut  », elle lui rend la joie de vivre alors qu’il éprouvait sa solitude au milieu des animaux.
_ La Vierge Marie, nouvelle Ève, nous donne le Sauveur, Jésus. Ainsi toute femme, quelle que soit sa condition, son état de vie est au cœur du monde, comme présence, mémoire et gardienne du spirituel 3, telle ces mères juives qui allument la lampe du Shabbat sans laquelle hommes et fils ne pourraient lire la Parole de Dieu, la Torah.

Première proposition spirituelle pour le mois à venir dans ce temps de l’Avent, c’est de choisir une des facettes de la sainteté de Marie et de chercher dans les Evangiles de saint Luc et saint Matthieu des passages de la Parole de Dieu illustrant cette facette pour les méditer à la lumière de l’Esprit Saint.

Par toute sa vie Marie est donc pour nous un modèle , dans Lumen Gentium N°59 : « la Vierge Immaculée au terme de sa vie terrestre, fut élevée à la gloire du ciel en son âme et en son corps et elle fut exaltée par le Seigneur comme Reine de l’univers  » N°s 63 & 65 : « La Mère de Dieu est la figure de l’Eglise, comme l’enseignait déjà saint Ambroise, et cela dans l’ordre de la foi, de la charité et de l’union parfaite avec le Christ. En effet, dans le mystère de l’Eglise, qui reçoit, elle aussi, avec raison, les noms de Mère et de Vierge, la bienheureuse Marie est venue la première, offrant d’une manière éminente et singulière le modèle de la Vierge et de la Mère . .. les fidèles tâchent encore de croître en sainteté en triomphant du péché. Aussi lèvent-ils les yeux vers Marie : elle brille comme un modèle de vertu pour toute la communauté des élus. »

Et les pères conciliaires insistent sur le caractère profondément incarné, concret de l’exemple que nous donne la Vierge Marie : Lumen Gentium N°67 : « Les fidèles doivent se rappeler que la vraie dévotion ne consiste ni dans un sentimentalisme stérile et passager, ni dans une certaine crédulité vaine, mais, au contraire, qu’elle procède de la vraie foi, qui nous porte à reconnaître la prééminence de la Mère de Dieu, nous pousse à un amour de fils envers notre Mère et à l’imitation de ses vertus.  »

Face à tous ceux qui rejetaient ce qu’ils appelaient la « mariolâtrie  » et qui au nom des soi-disant idées du Concile évacuèrent le culte et les statues de Marie de nos Eglises, les Pères conciliaires – que l’on avait en fait pas lus – présentaient une figure de Marie libérée de sa gangue mystico-sentimentale, présentaient une femme qui n’est pas une statue mais une femme vivante, incarnée comme Son Fils.

C’est Jean Paul II, dont nous connaissons tous la piété mariale - sa devise n’était elle pas « Totus Tuus » « Tout à Toi » -, qui a pleinement remis la Vierge Marie au cœur de l’Eglise en marche mais cette figure de Marie, il l’inscrit dans la réalité de la condition féminine et nous invite à contempler le mystère de Marie femme.4

2.0. Marie Modèle de l’Eglise

Le 2nd point important de Lumen Gentium sur la Vierge Marie, c’est qu’il insiste beaucoup sur le fait qu’elle est à la fois figure et modèle pour l’Eglise. N°s 63 à 65 : « …l’Eglise reçoit, elle aussi, avec raison, les noms de Mère et de Vierge, … 64. L’Eglise, qui contemple la sainteté mystérieuse et imite la charité de Marie, l’Eglise, qui accomplit fidèlement la volonté du Père, devient mère, elle aussi, par l’accueil plein de foi qu’elle offre au Verbe de Dieu. Car, par la prédication et le baptême, elle engendre à la vie nouvelle et immortelle des fils conçus du Saint-Esprit nés de Dieu. »
POURTANT, en raison de fortes divergences liées au souci des rapports avec les confessions protestantes, un pas n’avait pas été franchi par les pères conciliaires, c’était celui de proclamer MARIE, MÈRE DE L’EGLISE.
Mater Ecclesiae
C’est Paul VI qui en prit l’initiative le 21 novembre 1964, dans son discours de clôture de la troisième session du Concile, il prononça solennellement les mots que les Pères conciliaires n’étaient pas parvenus à inscrire : «  Comme la divine maternité est le fondement de la relation unique de Marie avec le Christ et de sa présence dans l’œuvre du salut opéré par le Christ, de même, cette divine maternité est le fondement principal de la relation entre Marie et l’Eglise. Marie est en effet la mère du Christ qui, dès l’instant où il a assumé la nature humaine dans son sein virginal, a aussitôt uni à lui-même, comme à la Tête, son Corps mystique qui est l’Eglise. Donc, Marie, comme mère du Christ, est aussi mère de tous les fidèles et de tous les pasteurs, c’est-à-dire mère de l’Eglise… » « Nous proclamons Marie très sainte, Mère de l’Église, c’est-à-dire de tout le peuple de Dieu, aussi bien des fidèles que des pasteurs. Nous voulons que dorénavant, par ce titre très doux, la Vierge soit encore plus honorée et invoquée par le peuple chrétien tout entier ».

Le 8 décembre 2005, Benoît XVI dans l’homélie évoque ce jour : « « Dans ma mémoire demeure inscrit de manière indélébile le moment où, en entendant ses paroles : »Nous déclarons la Très Sainte Vierge Marie Mère de l’Eglise« , les Pères se levèrent spontanément de leurs chaises et applaudirent debout, rendant hommage à la Mère de Dieu, à notre Mère, à la Mère de l’Eglise. De fait, à travers ce titre, le Pape résumait la doctrine mariale du Concile et donnait la clef pour sa compréhension. Marie n’a pas seulement un rapport singulier avec le Christ, le Fils de Dieu qui, comme homme, a voulu devenir son fils. Etant totalement unie au Christ, elle nous appartient également totalement. Oui, nous pouvons dire que Marie est proche de nous comme aucun autre être humain, car le Christ est homme pour les hommes et tout son être est une »présence pour nous". Le Christ, disent les Pères, en tant que Tête, est inséparable de son Corps qui est l’Eglise, formant avec celle-ci, pour ainsi dire, un unique sujet vivant. La Mère du Chef est également la Mère de toute l’Eglise… Le Concile entendait nous dire cela : Marie est tellement liée au grand mystère de l’Eglise qu’elle et l’Eglise sont inséparables, tout comme sont inséparables le Christ et elle. Marie reflète l’Eglise, elle l’anticipe dans sa personne, et, dans tous les épisodes douloureux qui frappent l’Eglise qui souffre et qui œuvre, elle reste toujours l’étoile du salut. … Le Pape Paul VI, dans le contexte de la promulgation de la Constitution sur l’Eglise, a mis tout cela en lumière à travers un nouveau titre profondément enraciné dans la Tradition, précisément dans l’intention d’illuminer la structure intérieure de l’enseignement sur l’Eglise développé au cours du Concile. »

Par les mots de Paul VI, une étape magnifique et prophétique venait d’être franchie. Restait à la recevoir, il fallait creuser la théologie et les aboutissants pastoraux. Une tâche longue qui, aujourd’hui encore, est loin d’avoir donné tout son fruit.

Deuxième proposition, demandons à l’Esprit Saint de changer notre regard sur l’Eglise, de transformer notre regard souvent critique en regard de bienveillance. Qu’est-ce que je peux faire aujourd’hui pour encore mieux servir l’Eglise ?

C’est aussi pour cela que la Vierge Marie est partie prenante de la mission de l’Eglise, le Décret «  Ad gentes  » sur l’activité missionnaire de l’Eglise promulgué le 7 décembre 1965 s’achève ainsi au N°42 : «  Les Pères du Concile, en union avec le Pontife Romain, sentant très profondément le devoir d’étendre partout le Règne de Dieu, saluent avec toute leur affection tous les prédicateurs de l’Evangile, … Ils sont enflammés eux aussi du même amour dont le Christ a brûlé peur les hommes. Conscients que c’est Dieu qui fait que son Règne arrive sur la terre, ils répandent leurs prières avec tous les chrétiens pour que, par l’intercession de la Vierge Marie, Reine des Apôtres, les nations soient amenées le plus tôt possible à la connaissance de la vérité (1 Tim. 2, 4), et que la gloire de Dieu qui resplendit sur la face du Christ commence à luire pour tous par le Saint-Esprit (2 Cor. 4, 6). »

3e proposition, chaque fois que nous avons à témoigner de notre foi en Jésus et en l’Eglise, demandons à Marie – par exemple en récitant un Je vous salue Marie - qu’elle intercède pour que nous soyons abandonnés, comme elle, à l’Esprit Saint .

3.0. Concrètement quel culte pouvons- nous rendre à la Vierge Marie et est-il vrai que ce culte peut faire obstacle à l’œcuménisme ?

Il est vrai que les pères conciliaires ont tenu à faire certaines mises en garde face à des formes excessives de la piété mariale. Lumen Gentium N°67 : « Le saint concile…exhorte avec force théologiens et prédicateurs à s’abstenir avec soin de toute fausse exaltation, comme aussi de toute étroitesse d’esprit lorsqu’ils ont à considérer la dignité particulière de la Mère de Dieu… ils doivent expliquer correctement le rôle et les privilèges de la bienheureuse Vierge : tout est tourné vers le Christ, … Les fidèles, eux, doivent se rappeler que la vraie dévotion ne consiste ni dans un sentimentalisme stérile et passager, ni dans une certaine crédulité vaine, mais, au contraire, qu’elle procède de la vraie foi, qui nous porte à reconnaître la prééminence de la Mère de Dieu, nous pousse à un amour de fils envers notre Mère et à l’imitation de ses vertus. »

Mais ces précautions prises, il n’est dit NULLE PART qu’il fallait abandonner le culte marial et évacuer les statues de la Vierge Marie de nos églises. Toujours au N°67 : «  Le saint Concile …exhorte tous les fils de l’Eglise à pratiquer généreusement le culte, spécialement le culte liturgique, à l’égard de la bienheureuse Vierge  ; à tenir en grande estime les pratiques et les exercices de dévotion de caractère marial que le magistère de l’Eglise recommande depuis des siècles ; à observer religieusement ce qui, dans le passé, a été décidé quant au culte des images du Christ, de la bienheureuse Vierge et des saints (22).  » On ne peut pas être plus clair.

Cependant, pour que cela le soit encore plus, Paul VI a publié le 2 février 1974 l’exhortation apostolique «  Marialis Cultus » sur « le culte de la Vierge Marie  ». Il y développe les rapports entre la liturgie et le culte de la Vierge Marie évoquant avec précision les temps de l’Avent et de Noël, les fêtes mariales du 25 mars et du 15 août, du 31 mai, du 22 août, du 8 septembre et du 21 novembre, du 15 septembre et du 2 février, mais aussi les différentes mémoires comme le 7 octobre Notre Dame du Rosaire. Il insiste aussi sur la mémoire de la Vierge Marie chaque samedi, mémoire qui passe bien souvent à la trappe dans nos paroisses ; il donne aussi des directives pour le développement de ce culte et pour une «  reprise vigoureuse et plus consciente de la récitation du Rosaire dont la pratique a été recommandée avec insistance par nos prédécesseurs et s’est tellement répandue dans le peuple chrétien.  »
Vous le voyez, le terrain pour les initiatives de Jean Paul II était tout préparé.

Il reste un dernier aspect que nous évoquerons en détail dans l’avant-dernière étape de notre parcours, c’est la question de l’œcuménisme. Je voudrais juste y évoquer la place de la Vierge Marie. Je vous ai expliqué qu’une des raisons pour laquelle Lumen gentium n’avait pas proclamé Marie Mère de l’Eglise était la question de la relation avec certaines confessions protestantes.
Pourtant si Jésus a prié pour l’unité de l’Eglise : «  que tous soient un  », on comprend mal comment la Vierge Marie pourrait faire obstacle à cette unité. Je dirais même, au contraire !

Je me souviens au début des années 1980 avoir entendu à Paray-le-Monial, le pasteur protestant Thomas Roberts, à l’origine du Renouveau Charismatique en France. Il affectionnait une image : « il comparait nos chapelles, nos églises, nos chères communautés à autant de petites mares où nous étions comme des petits canards sans communication avec les autres mares. Et voici que le Fleuve du Saint Esprit a fait monter les eaux et a réuni tous les canards ! » Et vous savez bien, là ou est l’Esprit Saint, la Vierge Marie n’est pas loin, comment pourrait-elle être étrangère à ce mouvement d’unité ? J’entends encore le Pasteur Roberts proclamer au micro avec son bel accent gallois : « Mais Marie c’est ma Mère , Marie je l’aime ! »

D’autre part, nous y reviendrons aussi, le Concile Vatican II est à l’origine de la réconciliation avec nos frères orthodoxes et c’est la Vierge Marie qui a été le trait d’union.

Dans le Décret du 21 novembre 1964 sur les églises orientales l’intercession «  de la très sainte Mère de Dieu  » est appelée. A la même date le décret sur l’œcuménisme au N°15 : «  Dans le culte liturgique, Marie toujours Vierge, que le Concile œcuménique d’Éphèse proclama solennellement Très Sainte Mère de Dieu…. est célébrée par les Orientaux en des hymnes magnifiques… » Au N°20 le texte insiste sur l’identité de vue sur « le rôle de Marie dans l’œuvre du salut  ». Nul doute que cet amour commun pour Marie a fait beaucoup pour la réconciliation.
Jean Paul II fera ensuite beaucoup pour le rapprochement avec les orthodoxes, s’appuyant en particulier sur le culte des icônes.5

Edmond Michelet dans son livre Rue de la liberté, Dachau 1943-1945, où il raconte son emprisonnement dans le camp de concentration de Dachau, évoque un épisode de son internement, à propos d’une statue surnommée Notre Dame de Dachau, il illustre une fois encore la façon dont la Vierge Marie rassemble tous ces enfants.6

Enfin les plans de Dieu par sa Mère dépassent tout ce que nous pouvons imaginer.
Dans la Déclaration «  Nostra Aetate  » du 28 octobre 1965 sur les relations avec les religions non chrétiennes, on lit au N°3 « L’Eglise regarde aussi avec estime les musulmans, qui adorent le Dieu Un… Bien qu’ils ne reconnaissent pas Jésus comme Dieu, ils le vénèrent comme prophète ; ils honorent sa mère virginale, Marie, et parfois même l’invoquent avec piété. » Maryam est citée 34 fois dans le Coran.
Des centaines de témoignages évoquent le rôle de la Vierge Marie dans le cœur des Musulmans. Le 5 mai 1968 le pape Copte orthodoxe Cyrille VI reconnut officiellement les apparitions qui eurent lieu à partir du 2 avril 1968 jusqu’en 1970 à Zeitoun, dans la banlieue du Caire, sur la route de Matarieh, où la Sainte Famille passa durant son séjour en Egypte, tel que le rapporte la tradition. « Nous espérons que cette bénédiction sera un signe de paix pour le monde et un présage de prospérité pour notre pays bien-aimé et béni », disait-il. Pendant plusieurs semaines sur place, la foule atteignit certain soir 150.000 personnes, provoquant de très gros embouteillages. Le Père Laurentin, dont le pape cite un des ouvrages dans son dernier livre sur Jésus, rapporte que le 13 avril 1968, le photographe Wagih Rizk Matta prit des clichés étonnants et guérit d’une blessure au bras. Bien d’autres furent aussi guéris dont de nombreux musulmans, en se rendant sur place.
eglise de Zeitoun

Le Journal de la Grotte de Lourdes du 19.01.75 raconte que le petit Prince Héritier du Maroc vint à la demande de son père, le Roi du Maroc, prier la Dame mystérieuse et bienfaisante de la Grotte de Massabielle le 14 septembre 1971. Le Prince était accompagné de ses trois sœurs. Dans sa suite se trouvaient M. Aouad, ministre chargé de l’éducation du Prince, qui fit part de l’intention formelle du roi désirant la visite de ses enfants et des prières pour lui, sa famille et son pays.

Conclusion

Je voudrais conclure en citant un livre petit par la taille mais plein de richesses, c’était le livre de chevet de Jean Paul II, «  le secret de Marie  » de St Louis Marie Grignion de Montfort : Il écrit au N° 21, pour rassurer ceux qui craignent de faire ombre à Jésus en priant Marie : « Qu’on ne s’imagine donc pas, avec quelques faux illuminés, que Marie, étant créature, elle soit un empêchement à l’union au Créateur, ce n’est plus Marie qui vit, c’est Jésus-Christ seul, c’est Dieu seul qui vit en elle… Marie n’est faite que pour Dieu, et tant s’en faut qu’elle arrête une âme à elle-même ; au contraire elle la jette en Dieu et l’unit à lui … Marie est l’écho admirable de Dieu, qui ne répond que : Dieu, lorsqu’on lui crie : Marie, qui ne glorifie que Dieu, lorsque, avec sainte Elisabeth, on l’appelle bienheureuse . »

L’Ecriture exprime cette réalité : Lors de la Transfiguration, la voix du Père retentit : «  Comme il parlait encore, voici qu’une nuée lumineuse les prit sous son ombre, et voici qu’une voix disait de la nuée : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, qui a toute ma faveur, écoutez-le. » » (Matthieu 17 v. 5) et « une voix partit de la nuée, qui disait : « Celui-ci est mon Fils, l’Élu, écoutez-le. » » (Luc 9 v.35 ) et comme en écho, nous entendons la dernière phrase de Marie rapportée dans l’Evangile : « Sa mère dit aux servants : « Tout ce qu’il vous dira, faites-le. »  » ( Jean 2 v 5 )

Marie est l’écho admirable de Dieu, qui ne répond que : Dieu, lorsqu’on lui crie : Marie.

Prions avec saint Louis Marie Grignion de Monfort la consécration à Jésus par Marie
Je te choisis, aujourd’hui, ô Marie, en présence de toute la Cour Céleste, pour ma Mère et ma Reine. Je te livre et consacre, en toute soumission et amour, mon corps et mon âme, mes biens intérieurs et extérieurs, et la valeur même de mes bonnes actions passées, présentes et futures, te laissant un entier et plein droit de disposer de moi et de tout ce qui m’appartient, sans exception, selon ton bon plaisir, à la plus grande Gloire de Dieu, dans le temps et l’éternité. Amen.

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1 Ces 6 facettes de la Vierge Marie ont été distinguées par Georgette Blaquière – qui vient de nous quitter à l’âge de 91 ans le 19 novembre 2012 -. Elle a beaucoup médité sur la place de la femme à partir de la personne de Marie. Elle publiait en 1999 aux Editions St Paul un ouvrage intitulé « Femmes selon le Cœur de Dieu  ».

2 La Constitution pastorale Gaudium et Spes - la joie et les espoirs - sur l’Eglise dans le monde de ce temps consacre le chapitre 1 de la 2e partie à « la dignité du mariage et de la famille », au N°48 – 2 - : « en accomplissant leur mission conjugale et familiale avec la force de ce sacrement, pénétrés de l’esprit du Christ qui imprègne toute leur vie de foi, d’espérance et de charité, les époux parviennent de plus en plus à leur perfection personnelle et à leur sanctification mutuelle : c’est ainsi qu’ensemble ils contribuent à la glorification de Dieu. » et au N°50 : « le mariage, est communauté et communion de toute la vie.. »

3 A la fin de sa très belle lettre apostolique sur «  la dignité de la femme » datée du 15 août 1988 Jean Paul II écrit au N°30 : «  La femme est forte par la conscience de ce qui lui est confié, forte du fait que Dieu « lui confie l’homme  », toujours et de quelque manière que ce soit, même dans les conditions de discrimination sociale où elle peut se trouver. Cette conscience et cette vocation fondamentale disent à la femme la dignité qu’elle reçoit de Dieu lui-même, et cela la rend « forte » et affermit sa vocation. Ainsi la « femme vaillante » (cf. Proverbes 31, 10) devient un soutien irremplaçable et une source de force spirituelle pour les autres qui se rendent compte de l’énergie considérable de son esprit. »
Contemplez comment dans l’Evangile Jésus s’en remet aux femmes pour prendre soin de Lui : « Marie l’enveloppe de langes, la Samaritaine lui donne à boire, Marie de Béthanie l’écoute, Marthe lui prépare un bon repas, une femme lui lave les pieds de ses larmes et les parfume, les saintes femmes assistent de leurs biens Jésus et ses disciples, les filles de Jérusalem pleurent sur Jésus lors du chemin de Croix, Véronique essuie son visage, Marie reçoit dans ses bras le corps de Jésus descendu de la Croix, les saintes femmes font les premiers rites d’ensevelissement, elles sont les premières à voir Jésus ressuscité et chargées les premières d’annoncer sa Résurrection. "

4 La veille de la fête de Pentecôte 1987, Jean Paul II ouvre solennellement l’année mariale (7 juin 1987-15 août 1988). Et le 25 mars 1987, il donne la lettre encyclique Redemptoris Mater, la mère du Rédempteur. Le Pape y souligne le lien entre Marie et l’Esprit Saint. Cette lettre développe la doctrine mariale dans la ligne du concile et médite sur la médiation maternelle de Marie. Le 16 octobre 2002, Jean Paul II ouvre l’année du rosaire (octobre 2002-octobre 2003) et il donne la lettre apostolique “Rosarium Virginis Mariae” sur le rosaire auquel il ajoute les mystères lumineux. Mais cette figure de Marie, il l’inscrit dans la réalité de la condition féminine et nous invite à contempler le mystère de Marie femme dans la lettre apostolique de sep 1988 : «  la Dignité de la femme  » - « Mulieris Dignitatem ».

5 L’icône miraculeuse de la Mère de Dieu de Kazan, une des plus vénérées en Russie, a échappé par miracle aux grands autodafés d’icônes des communistes. En 1965, elle est en vente chez un grand antiquaire de New York au prix énorme de 500.000 $, les Russes de la diaspora la rachètent et la font restaurer. Offerte à Jean Paul II celui-ci chargea son légat, le Cardinal Kasper, Président du Conseil Pontifical pour l’Unité des chrétiens, de la remettre aux Russes le 28 août 2004, en la fête de la Dormition de la Vierge. A cette occasion, le Patriarche Alexis II remercie le Pape « de tout cœur. »

6 La statue de Notre-Dame de Dachau :
Au block 24, le bon Georges Surowy avait devancé l’heure. Il venait me secouer sur ma paillasse pour s’assurer que je ne manquerais pas le rendez-vous quotidien, auquel il avait deviné que j’étais attaché. L’idée de ressembler ainsi au trappiste réveillé pour chanter matines apportait une fantaisie dans l’automatique déroulement du règlement quotidien. Et la pensée que le frère carillonneur était ce rouge du « Frente popolar » ajoutait du pittoresque à la chose.
Dans la chapelle, serrés debout les uns contre les autres, les cinq ou six cents prêtres suivaient silencieusement les prières du célébrant. L’organisation avait réalisé là d’étonnantes performances : la couleur liturgique par exemple, celle qui donne sa tonalité au jour qui s’annonce, était rigoureusement observée.
L’office se déroulait dans un profond recueillement. Nous n’étions plus perdu dans une lointaine planète. Nous participions à la vie d’une Église, de l’Église…
Différentes confessions se partageaient le block 26 et la chapelle. Le clergé catholique était le plus nombreux, mais il y avait aussi beaucoup de pasteurs de la religion réformée, un certain nombre de prêtres orthodoxes venus pour la plupart de Yougoslavie ou de Roumanie et même, un marabout d’Albanie. Une statue de la Vierge, avec l’accord de tous, fut disposée à droite de l’autel au cours du dernier hiver. Elle était l’œuvre d’un déporté qui avait mis très longtemps à l’achever, au prix de difficultés que nous n’avions aucune peine à imaginer.
Taillée dans un bois de couleur claire, stylisée, elle pouvait figurer aussi bien l’Étoile du Matin que le Salut des Infirmes, la Consolatrice des Affligés que la Reine des Martyrs. Tout le monde se mit d’accord pour l’appeler Notre-Dame de Dachau. Ce nom disait tout à la fois.
Que la foi ait été pour un très grand nombre d’entre nous le soutien décisif tout au long de nos épreuves, c’est là une évidence qui n’est mise en doute par personne. Les incroyants en ont été les témoins aussi bien que les autres. Je voudrais également dire la véritable découverte que beaucoup de déportés ont faite, au cours de leurs méditations, de cet extraordinaire personnage de la foi catholique qu’est la Vierge Marie.
Dans un univers inhumain, dans l’océan de haine qui prétendait nous submerger, l’humaine tendresse, la bonté inépuisable et si accessible de Marie nous furent souvent cause de joie : causa nostra laetitiae… Dans la contemplation de la Vierge au pied de la croix, nous découvrions un sens nouveau à notre misère. Mieux encore, à méditer sur son inlassable intercession nous comprenions de plus en plus ce que pouvait être notre propre attitude, tant dans les « jours de notre mort » que lorsque, plus tard, se régleraient les comptes.
Aucun langage ne traduira jamais la reconnaissance infinie de ceux qui connurent ainsi cette grâce de la transfiguration de leurs souffrances et celle, bouleversante, du désarmement de la haine.
Edmond Michelet Rue de la liberté, Dachau 1943-1945 Éditions du Seuil, 1955

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