Les bannières de nos pardons

mardi 10 avril 2012
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« Da feiz hon tadoù kozh, ni paotred Breizh-Izel, ni zalc’ho mat ato, ‘vit feiz hon tadoù kozh, hag en-dro d’he banniel, ni holl en em stardo. Feiz karet hon tadoù, morse ni ho nac’ho, kentoc’h ni a varvo. » (A la foi de nos vieux pères, nous, enfants de la Bretagne, nous serons toujours fidèles ! Pour la foi de nos vieux pères, autour de cette bannière, nous serons tous unis ! Foi bien-aimée de nos pères, jamais, nous vous renierons ! Plutôt mourir !)

Toutes les religions ont leurs lieux de pèlerinage, les Musulmans se doivent d’aller à la Mecque, au moins une fois dans leur vie. Les chrétiens vont en pèlerinage en Terre Sainte, à Rome, à St-Jacques de Compostelle, à Lourdes, etc…
La Bretagne est une région riche en lieux de pèlerinage qui donnent lieu chaque année à un grand rassemblement appelé « Pardon  » parce qu’à l’origine, on venait au Pardon paroissial dans le but d’obtenir le pardon de ses péchés.

On distingue deux sortes de Pardons : il y a les grands Pardons tels que celui de Ste-Anne d’Auray, celui de St-Yves, N.D. du Folgoët,…. Et puis, il y a les petits Pardons, plus modestes, fêtes patronales, fêtes de quartiers autour d’une chapelle, d’un calvaire. A l’issue de la messe plus solennelle que d’ordinaire, la tradition veut que l’on parte en procession, égrenant des dizaines de chapelet, chantant des cantiques traditionnels français ou bretons à la gloire du Saint local.

En tête de la procession, la Croix car nous nous mettons en marche à la suite du Christ, suivie des bannières parfois très anciennes, véritables chef-d’œuvre de broderie, à l’effigie du Sacré-Cœur de Jésus, de la Vierge Marie et des vieux Saints bretons. Faire procession, c’est marcher à la suite du Christ en mettant nos pas dans les pas de nos ancêtres dans la foi.
Au terme de certaines processions on allume quelquefois le « Tantad  », le feu de joie qui nous rappelle que le Christ est notre lumière. Processions qui s’achèvent aussi parfois par la bénédiction de la mer ou encore des chevaux comme à St-Gildas face au Port-Blanc.

Ces processions nous rappellent que depuis notre Baptême, nous sommes en marche, notre vie est un pèlerinage. Puissions-nous, au terme de ce pèlerinage, prendre place dans la Maison du Père en compagnie de tous les Saints.
« Baradoz dudius ! Bro ar Sent eo va bro. A ! pegen evurus e vin-me bepred eno ! » (Paradis merveilleux ! Le pays des Saints et mon pays. Ah ! Comme j’y serai heureux pour toujours.)

Pour perpétuer la tradition des bannières portée dans les pardons, la Paroisse de Tréguier a lancé la confection d’une série de bannières montrant les saints et saintes officiellement honorés dans le diocèse de Saint Brieuc et Tréguier. Elles ont été peintes par une ermite, brodée par une trégoroise et installées sur leur hampe par un paroissien menuisier en retraite. Qu’ils en soient remerciés !

 Saint Tugdual

Saint Tugdual
Saint Tugdual

Né en Bretagne insulaire vers la fin du 5e siècle, formé comme beaucoup d’autres dans une école monastique, Tugdual (ou Tudal, Tutwal, Tual, ou encore Pabu : Père, titre ancien des supérieurs monastiques) opta très tôt pour la vie religieuse.
Devenu abbé, il passa la mer avec des moines pour débarquer près du Conquet, au lieu dit aujourd’hui Trébabu. C’est à partir de là qu’il évangélisa la Cornouaille (principalement le Cap, une partie du pays bigouden et de la région quimpéroise) avant de fonder, à l’embouchure du Guindy et du Jaudy, le monastère qui allait être à l’origine de la ville de Tréguier. Un certain nombre de paroisses ou d’églises bretonnes sont placées sous son patronage : en Côtes d’Armor, St-Tugdual, titulaire de la Cathédrale de Tréguier, est aussi le saint éponyme de Pabu et de Pludual, et le patron de Boqueho ; sans parler de ses statues, les chapelles édifiées en son honneur sont très nombreuses, disséminées notamment dans le Finistère et les Côtes d’Armor, mais aussi dans le Morbihan et jusqu’en Ille-et-Vilaine. En 878, ses reliques, trop exposées aux incursions des Normands, furent transportées à Laval, ville dont Saint-Tugdual est le patron, puis à Chartres, avant de revenir à Tréguier, où des mains pieuses les sauvèrent des profanations
à l’époque révolutionnaire.

Prière

Pasteur éternel, tu as mis Saint Tugdual
la tête de ton peuple pour le nourrir de ta parole
et le guider par son exemple ;
à sa prière, accorde-nous
de garder la foi qu’il sut transmettre
et de suivre le chemin qu’il a tracé.
Par Jésus, le Christ, notre Seigneur. Amen
.

 Saint Maudez

Saint Maudez
Saint Maudez

Maudez (ou encore Modez, Maodez, Maudet), que l’on retrouve ailleurs qu’en Bretagne, comme dans le Val de Marne, sous le nom de Saint-Mandé, a connu une popularité surprenante, dépassant en nombre de paroisses, d’églises, de chapelles, de villages qui lui sont dédiés, tous les autres saints bretons, hormis Saint Yves de Tréguier.
Il serait venu de Grande-Bretagne dans la seconde moitié du 5e siècle. Il aurait abordé à « Port-Béni » en Pleubian et établi son premier ermitage à Lanmodez. Ses vertus et ses miracles attirèrent tant de monde à son gré qu’il se retira avec deux disciples dans une île proche de la côte, dans l’archipel de Bréhat, île appelée depuis Ile Modez. On y trouve encore les traces d’une cellule, ronde comme un four à pain, « Forn Modez ». Il y vécut entièrement donné au Christ, dans la prière et le jeûne, à l’exemple des moines de Syrie. Grand maître de vie monastique, il eut pour disciple Tugdual, futur abbé-évêque de Tréguier, et Budoc, qui lui-même forma Gwénolé, futur fondateur et abbé de Landévennec.

Prière

Dieu très saint, en invitant Saint Maudez
à suivre au désert Jésus notre Sauveur,
tu rappelles à ton peuple la seule chose nécessaire ;
aide-nous à te découvrir toujours plus dans la prière,
pour nous donner aux autres avec un cœur rempli de toi.
Par Jésus, le Christ, notre Seigneur. Amen
.

 Saint Brieuc

Saint Brieuc
Saint Brieuc

Brieuc (en breton « Brieg »), né au Pays de Galles (où une paroisse porte toujours son nom : « Landeuvrieg ») de parents païens, vers les 5e/6e siècle, aurait été confié à St-Germain d’Auxerre (envoyé en Grande-Bretagne) pour combattre l’hérésie pélagienne) qui assura sa formation intellectuelle et spirituelle. Ordonné prêtre, il exerça d’abord son apostolat dans son pays natal, puis, devenu abbé, passa avec ses moines en Armorique où il aborda à l’embouchure du Gouët, aujourd’hui le port du Légué. Après s’être installé en un lieu où une fontaine et un oratoire perpétuent son souvenir, il établit définitivement son monastère au Champ du Rouvre, une terre que lui céda son cousin Rigwal. Ce monastère, qui se trouvait à l’emplacement où devait s’ériger plus tard la Cathédrale, fut, avec l’oratoire initial, le point de départ de la constitution de la ville de Saint-Brieuc. Sa statue est vénérée dans de nombreuses églises du diocèse de Saint-Brieuc et Tréguier ; notamment à Gommené, Hillioni, Lanvollon, Moustéru, Notre-Dame de Nazareth en Plancoët, Paimpol, Plaintel, Ploubalay, Pluzunet, Senven-Léhart, Tréveneuc (Chapelle St-Marc) et Yffiniac.

Prière

Seigneur, tu as appelé nos pères à la lumière de l’Evangile
par la prédication de Saint Brieuc ;
A son exemple et par son intercession,
accorde-nous de grandir dans ton amour
et de connaître toujours mieux ton Fils
venu en ce monde pour éclairer tous les hommes.
Lui qui vit et règne avec toi et le Saint-Esprit
pour les siècles des siècles. Amen
.

 Saint Hervé

Saint Hervé
Saint Hervé

Selon la tradition, Saint Hervé naquit à l’aube du 6e siècle, au foyer du barde Harvian et de la pieuse Rivanone, sur le territoir de la paroisse de Plouzévédé (alors au diocèse de St-Pol-de-Léon). Très jeune, il consacra sa vie à la prière et à la pénitence, attirant à lui de nombreux disciples avec lesquels il s’établit à Lanhouarneau. Il participa à l’assemblée du Ménez-Bré où passa en jugement le cruel Conomor.
Poète, musicien, exorciste, Hervé nous a légué, toujours selon la tradition, le merveilleux chant de contemplation qu’est le « Jezuz pegen braz eo  ». Patron de Saint-Hervé, du Faoüet et de Quemperven, il a sa chapelle au Ménez-Bré en Pédernec, à Boqueho, Broubriac, Ploufragan, et sa statue dans de nombreuses localités des Côtes-d’Armor (l’iconographie le représente généralement accompagné de son jeune guide Guic’haran et d’un loup).

Prière

Seigneur, tu as donné à Saint Hervé, l’aveugle,
le pouvoir de commander aux forces du mal,
le désir de chanter ton nom,
et la joie de voir, dès cette terre,
la lumière de ton paradis ;
A sa prière, enracine-nous dans ta lumière
et fais grandir en nous le désir de te louer.
Par Jésus, le Christ, notre Seigneur. Amen
.

 Saint Louis-Marie Grignion de Montfort

Saint Louis-Marie Grignion de Montfort
Saint Louis-Marie Grignion de Montfort

Louis-Marie Grignion de Montfort, né le 31 Janvier 1673 à Montfort-sur-Meu (Ille-et-Vilaine), fut ordonné prêtre après des études à Rennes puis à Paris.
De 1704 à 1716, année de sa mort, il s’investit totalement dans une activité missionnaire inspirée de celle des Pères Michel Le Nobletz et Julien Maunoir.
La plupart de 70 missions se déroulèrent au sud de la Loire jusqu’à La Rochelle, mais il prêcha aussi quelques missions en Bretagne, notamment dans le diocèse de St-Brieuc, à La Chèze, Moncontour, etc… Auteur d’un « Traité de la vraie dévotion à la Sainte Vierge », il développa la pratique de la récitation du Rosaire. _ Il organisa de nombreuses processions au cours desquelles les foules chantaient des cantiques populaires composés par lui sur des airs profanes. Il fonda la Compagnie de Marie (« Missionnaires Montfortaines ») à laquelle étaient liés les Frères de l’Instruction chrétienne du St-Esprit (devenus au XIXè siècle les Frères de St-Gabriel), ainsi que la Congrégation des Filles de la Sagesse. Il mourut à 43 ans, le 28 Avril 1716, à Saint-Laurent-sur-Sèvre, où se trouve son tombeau.

Prière

Seigneur, tu as embrasé le cœur de Saint Louis-Marie
Du désir ardent de prêcher au peuple l’Evangile de ton Fils ;
Permets, à sa prière, que, sous la conduite de Marie,
Nous soyons dociles à ton Esprit
Et devenions des apôtres infatigables de ton Règne,
Dévoués au service de nos frères et attentifs au service des plus pauvres.
Par Jésus, le Christ, notre Seigneur. Amen
.

 Sainte Jeanne Jugan

Sainte Jeanne Jugan
Sainte Jeanne Jugan

Jeanne Jugan est née à Cancale le 25 Octobre 1792, au foyer d’un marin terre-neuvas qui devait périr en mer trois plus tard. Dès son enfance, elle connut la pauvreté, mais apprit aussi à visiter les nécessiteux et les vieillards abandonnés : Dieu la préparait ainsi à l’œuvre de sa vie dont elle posa la première pierre, un soir de l’hiver 1839, en recueillant chez elle, à Saint-Servan, une vieille femme aveugle et infirme. Très vite, d’autres malheureux virent frapper à sa porte : pour les nourrir, Jeanne, qui avait le don d’ouvrir les cœurs, se fit humble quêteuse. Des femmes généreuses se joignirent à elle : ce fut le début de la Congrégation des Petites Sœurs des Pauvres, qui ne tarda pas à essaimer : Rennes, Dinan en 1846 (où les Petites Sœurs sont toujours présentes), puis Tours, Angers, Londres… Mais, déjà, Jeanne a été écartée des responsabilités : elle vivra 27 ans, dans le silence et l’oubli, à la maison-mère de Saint-Pern, près de Bécherel. A sa mort, le 29 Août 1879, 2400 Petites Sœurs seront réparties dans le monde.
Aujourd’hui, dans 31 pays des cinq continents, Jeanne Jugan continue, à travers ses 4400 filles, le service désintéressé des aînés de la famille humaine.
Béatifiée par Jean-Paul II en 1982, elle a été canonisée le 11 Octobre 2009 par le Pape Benoît XVI.

Prière

Seigneur Dieu, qui es la gloire des saints et l’honneur des petits,
tu as inspiré à Sainte Jeanne Jugan
de te servir dans une vie humble et cachée
en se dévouant pour les pauvres et les personnes âgées ;
A sa prière, accorde-nous cette grâce de progresser,
par la voie étroite, dans la charité fraternelle,
pour avoir le bonheur de vivre avec toi dans l’éternité.
Par Jésus, le Christ, notre Seigneur. Amen
.

 Bienheureux Julien Maunoir

Bienheureux Julien Maunoir
Bienheureux Julien Maunoir

Né le 1er Octobre 1606 à Saint-Georges de Reintembault, dans le diocèse de Rennes, Julien Maunoir entre dans la Compagnie de Jésus. A Quimper, il fait la connaissance de Michel Le Nobletz, un prêtre qui consacrait sa vie à l’évangélisation des paroisses de Basse-Bretagne, et se met à l’école.
Ordonné prêtre, Julien Maunoir s’y dépensa à son tour sans réserve, non seulement en Basse-Bretagne, le diocèse de Cornouaille mais aussi dans les diocèses de Saint-Brieuc et de Tréguier. En 43 ans, il prêcha 439 missions. Son zèle apostolique, sa prière continuelle, mais aussi cette parfaite adaptation aux besoins du peuple de Dieu qui l’amena à apprendre la langue bretonne, obtinrent chez les populations un réveil de la foi et l’établissement, chez beaucoup, d’une vie chrétienne fervente.
Lorsqu’il mourut d’épuisement à Plévin, le 28 Janvier 1683, la pérennité de son œuvre était assurée : et ce, grâce à son souci permanent de formation non seulement des prêtres (il en entraîna plus de mille dans ses missions et encouragea le Père Picot dans la construction d’un Séminaire sur sa paroisse de Plouguernével), mais aussi de laïcs, notamment de femmes catéchistes.
Dans le diocèse de Saint-Brieuc, Jean Leuduger, prêtre originaire de Plérin qui est, avec Renée Burel et Marie Balavenne, à l’origine des Filles du Saint-Esprit en 1706, poursuivit son œuvre missionnaire de 1678 à 1722.
Le Père Maunoir a été déclaré Bienheureux par le Pape Pie XII en 1951.

Prière

Seigneur,
tu as confié au Bienheureux Julien Maunoir
la mission de proclamer l’Evangile
et de ranimer la foi dans notre région ;
Accorde-nous, à son exemple,
de savoir accueillir la Bonne Nouvelle
et de l’annoncer par toute notre vie.
Par Jésus, le Christ, notre Seigneur. Amen
.

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dimanche 22 octobre 2017

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