8 - Vivre en présence de Dieu

samedi 21 mai 2011
par  Daniel Giacobi
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 Introduction

Lors des dernières rencontres, nous avons parlé de Jésus, puis de son Père et enfin de l´Esprit Saint. Aujourd’hui, nous allons méditer sur la présence en nous de la Très Sainte Trinité.

 1. L´appel à la sainteté

Au moment de la création, « Dieu modela l´homme, il insuffla dans ses narines une haleine de vie, et l´homme devint un être vivant. » (Gen 2,7) Tout homme a donc reçu ce souffle de Dieu, « Ruah  » dite la Bible, qui lui donne vie à chaque instant. Mais au baptême, nous avons en plus reçu la grâce surnaturelle nous communiquant la vie divine.
Dans sa lettre apostolique au début du 3èmeMillénaire, Jean Paul II écrivait : « Si le baptême fait vraiment entrer dans la sainteté de Dieu au moyen de l´insertion dans le Christ et de l´habitation de son Esprit, ce serait un contresens que de se contenter d´une vie médiocre. » Et il ajoutait : « Demander à un catéchumène :« Veux-tu recevoir le baptême ? » signifie lui demander en même temps :« Veux-tu devenir saint ?  » (Novo millenio ineunte NMI § 31) La plupart d´entre nous, nous bébés à notre baptême. Mais aujourd´hui nous sommes adultes et c´est à nous que l´Eglise demande : « Veux tu devenir saint, veux-tu devenir sainte » ?

Avouez, que c´est une question à laquelle on ne s´attend pas et qu´elle nous fait peut-être un peu peur !! La sainteté dans notre tête c´est quelque chose qui est réservé à quelques « génies de la sainteté  » (NMI § 31), quelque chose d´inaccessible pour nous. Et puis nous n´avons pas envie de passer notre vie à faire des efforts et à renoncer à tout ce qui fait plaisir !

Ne voyons-nous pas la sainteté comme cela ? Et pourtant, nous dit Saint Paul, « la volonté de Dieu, c´est que vous viviez dans la sainteté. » (1 Th 4,3)
Cette indifférence ou même cette aversion que nous pouvons avoir pour le mot « sainteté  », ne tient-elle à une fausse idée que nous en avons ?

Écoutons ce que le Pape nous dit :« Le sens fondamental de la sainteté, c´est l´appartenance à Celui qui est par excellence le trois fois Saint.  » (NMI § 30) Comme on appartient à une famille la sainteté du chrétien, aussi énorme que cela paraisse, c´est appartenir à la Trinité, c’est faire partie d´elle. La sainteté n´est pas une perfection à la force du poignet.

Elle est un don que Jésus nous a obtenu par son sacrifice sur la croix et ce don, c´est à nous de l´accueillir. Regardez l´icône de la Trinité. Nous voyons le Père, le Fils et le Saint-Esprit assis autour d´une table. La place de devant est libre, c´est la nôtre. Pour devenir saint, décidons de nous asseoir à cette table, venons vivre cette vie de famille qui nous est proposée avec la Trinité.
Le saint prend un air de famille avec la Trinité. C’est cet air de famille que nous avons reconnu chez Jean Paul II, comme ces millions de personnes venues du monde entier pour sa messe d´enterrement et sa béatification ?

Prions avec le Psaume 16 :« Je garde le Seigneur devant moi sans relâche, s´il est à mon côté, je suis inébranlable. Tu m´enseignes la route de la vie. » (Ps 16, 8-11)
Vivre en présence de Dieu et être inébranlables, n´est-ce pas être saint ? Alors quand l´Église me demande : «  Veux-tu devenir saint ?  », elle me demande en fait : «  Veux-tu vivre en présence de Dieu et connaître par là un bonheur qui ne finit pas ?  »
La sainteté vue comme cela, c´est déjà plus attrayant, non ?

 2. Dieu demeure en nous

Alors comment allons nous faire pour «  garder le Seigneur devant nous sans relâche, pour l´avoir toujours à notre côté » et être inébranlables ? Jean Paul II nous répond quand il nous dit que nous sommes entrés dans la sainteté de Dieu par le baptême ! (NMI § 31) C´est la sainteté de Dieu, pas la nôtre. La nôtre serait le fruit de nos seuls efforts et nous n´y arriverions jamais. Mais pour « entrer en action  », ce don de la sainteté nécessite notre adhésion. C´est à nous d´accueillir Dieu au centre de notre vie, d´accueillir sa présence en nous, et d´en vivre. C´est ce que nous dit Saint Jean dans son prologue : «  Le Verbe est venu chez lui, et les siens ne l´ont pas accueilli. » (Jn 1,11) Tout le drame entre Dieu et l´homme est résumé en ces quelques mots ! Mais si nous accueillons Dieu en nous, alors nous dit Jean : «  à tous ceux qui l´ont accueilli, il a donné pouvoir de devenir enfants de Dieu…. » (Jn 1,12)

Il nous est demandé d´accueillir Jésus, pas seulement dans nos pensées, mais dans tout notre être, dans notre âme, dans notre cœur, dans notre vie. Dieu veut vraiment venir en nous. Nous pouvons nous appuyer dans la foi sur ce que Jésus nous a dit : «  Je suis en mon Père et vous en moi et moi en vous.  » (Jn 14,20) ou bien « Si quelqu´un m´aime, il gardera ma parole et mon Père l´aimera et nous viendrons vers lui et nous nous ferons une demeure chez lui. » (Jn 14, 23) et aussi : «  Demeurez en moi, comme moi en vous  » (Jn 15, 4)
Jean Paul II commente en disant que « cette réciprocité est l´âme de la vie chrétienne, qu’elle est réalisée en nous par l´Esprit Saint, qu´elle nous ouvre par le Christ et dans le Christ, à la contemplation du visage du Père.  » Il poursuit : « apprendre cette logique trinitaire de la prière chrétienne est le secret d´un christianisme vital qui n´a pas de motif de craindre l´avenir, parce qu´il revient continuellement aux sources et s´y régénère. » (NMI § 32)

On peut regarder ce que les saints nous disent de cette présence de Dieu en nous : Au 16e S. Thérèse d´Avila écrit :« Là où est Dieu, c´est le ciel. Considérez donc ce que dit Saint Augustin qui le cherchait partout et le trouva au-dedans de lui-même… si j´avais compris, comme je le fais aujourd´hui, qu´en ce tout petit palais qu´est mon âme habite un si grand roi, je ne l´aurais pas laissé seul si souvent ». (Le chemin de la perfection, Ch. 28, 2)

2.1. La pratique de la vie en présence de Dieu en tout temps

Un mystique Français du 17e siècle, le Frère Laurent de la Résurrection, cuisinier dans son Carmel, a laissé quelques lettres et quelques entretiens dans lesquels il nous explique le secret de son bonheur : vivre en présence de Dieu et tout faire par amour pour lui. « La pratique –dit-il- la plus sainte, la plus commune et la plus nécessaire en la vie spirituelle est la présence de Dieu : C´est se plaire et s´accoutumer en sa divine compagnie, parlant humblement et s´entretenant amoureusement avec lui à tous moments.  »
((MS 6) www.carmel.asso.fr/visages/laurent/…, florilège de textes)

« Il n´est pas nécessaire d´être toujours à l´église pour être avec Dieu ; nous pouvons faire de notre cœur un oratoire dans lequel nous nous retirons de temps en temps pour nous y entretenir avec lui, doucement, humblement et amoureusement. Tout le monde est capable de ces entretiens familiers avec Dieu, les uns plus, les autres moins : il sait ce que nous pouvons. Commençons ; peut-être n´attend-il de nous qu´une généreuse résolution… Dieu ne nous demande pas grand chose : une petite pensée de temps en temps, une petite adoration.…Pendant vos repas et vos entretiens, élevez quelquefois vers lui votre cœur : le moindre souvenir lui sera toujours fort agréable. Il ne faut pas pour cela crier bien haut, il est plus près de nous que nous ne pensons. Accoutumez-vous donc peu à peu à l´adorer de la sorte, à lui demander sa grâce, à lui offrir votre cœur de temps en temps pendant la journée, parmi vos ouvrages, à tout moment si vous le pouvez, faites-le dans la foi, avec amour et humilité »

Comme sainte Thérèse d´Avila, Frère Laurent dit qu´au début, cette attention à la présence de Dieu demande un effort : « Il faut une grande fidélité à la pratique de cette présence et au regard intérieur de Dieu en soi » puis il donne ce conseil : « Pour ceux qui commencent cette pratique il faut formuler intérieurement quelques paroles, comme : « Mon Dieu, je suis tout à toi ! », « Dieu d´amour, je t´aime de tout mon cœur ! »… ou quelques autres paroles que l´amour produit spontanément. » Pour certains d´entre nous, ce sera très dur, presque impossible au début de nous représenter Dieu en nous. Ce n´est pas grave. Ce qui nous est demandé, c´est de croire qu´Il y est - « plus intime à nous-mêmes que nous-mêmes » comme le disait Saint Augustin - et de vivre en nous le représentant devant nous ou à nos côtés.

2.2. Dieu présent en nous, nous aide à éviter le péché

Vous vous rappelez de cet appel de Jésus dans son discours sur la montagne : « Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait. »(Mt 5,48) ? On pourrait traduire : Soyez saints comme votre Père céleste est saint. Jésus nous dit donc que le Père est le modèle à suivre ! Un modèle, c´est quelqu´un qu´on admire et qu´on regarde pour l´imiter. Jésus imite tellement son Père, qu´il a pu dire à Philippe :« Qui me voit, voit le Père !  » C´est ce que Saint Jean nous promet pour le ciel : « Nous serons semblables à Jésus parce que nous le verrons tel qu´il est.  » (1 Jn 3, 2)

Comme dit Sainte Thérèse : le ciel est en nous, alors nous pouvons commencer dès aujourd´hui à contempler Dieu. Quand nous sommes en présence de quelqu´un que nous admirons nous faisons attention à nos gestes, à nos paroles, sa présence nous aide à donner le meilleur de nous-mêmes. Alors que dire de la présence du Dieu trois fois saint ?

Frère Laurent écrit : « Il faut faire de notre cœur un temple spirituel pour Dieu où nous l´adorons sans cesse. Et il faut s´appliquer soigneusement à ne rien faire ni rien dire et à ne rien penser qui puisse lui déplaire. » Vous savez bien qu´il est difficile de lutter de front contre notre péché, c´est plus facile de se représenter Dieu présent en notre cœur et par amour pour Lui, renoncer à faire ou dire des choses qui pourraient lui déplaire !

Rappelons nous l´Icône de la Trinité. Si nous pensions plus souvent à venir nous asseoir à cette table, nous éviterions tant de paroles blessantes !

Mais attention : Être inébranlable ne veut pas dire ne jamais pécher. Être inébranlable, c´est ne jamais nous laisser ébranler dans notre confiance en la miséricorde de Dieu. Si nous avons péché, nous pouvons toujours demander pardon de tout notre cœur et nous asseoir de nouveau à la table de la Trinité. Plus : Si nous arrivions à nous représenter que nous sommes tout-petits, comme Thérèse de Lisieux, nous pourrions nous jeter au cou du Père ! Frère Laurent disait : « Je ressens fortement la gravité de mes péchés. Mais ceux-ci ne me découragent pas. Je les avoue à Dieu et ne cherche pas à les excuser. »

2.3. Prier en travaillant

Peut-être pensons nous que pour Laurent et Thérèse qui étaient carme et carmélite c´était possible, mais pas pour nous avec nos vies trépidantes. Son biographe raconte que Frère Laurent, cuisinier abattait du travail pour deux et qu’ «  on ne le voyait jamais agir avec empressement, mais il donnait à chaque chose le temps qu´il lui fallait, travaillant sans lenteur et sans précipitation, demeurant dans une même égalité d´esprit et dans une paix inaltérable.  » (EL 32)
Frère Laurent explique qu´avant un travail il disait à Dieu : « Mon Seigneur, travaillez avec moi, recevez mes œuvres. » Puis il reprenait son travail en continuant à parler familièrement avec Dieu. A la fin il examinait de quelle manière il avait travaillé. S´il trouvait des bonnes choses, il remerciait Dieu. S´il remarquait des fautes, il demandait pardon. Que de temps nous pourrions passer aux côtés de Jésus, en voiture, en épluchant des pommes de terre, en veillant un malade. Frère Laurent nous dit : « Notre sainteté ne consiste pas à changer d´occupation, mais à faire pour Dieu ce qu´habituellement nous aurions fait pour nous-mêmes.  »

2.4. Dieu nous éclaire et nous guide

Nous avons vu la dernière fois que l´Esprit Saint nous guide, « Tu m´enseignes la route de la vie » dit le psaume. C´est ce qu´a expérimenté Ste Thérèse de l´Enfant Jésus : « Je sais par expérience que le Royaume de Dieu est au-dedans de nous. Jamais je n´ai entendu parler Jésus, mais je sais qu´Il est en moi, à chaque instant il me guide et m´inspire ce que je dois dire ou faire. Je découvre au moment où j´en ai besoin, des lumières que je n´avais pas encore vues, ce n´est pas le plus souvent pendant mes oraisons, c´est plutôt au milieu de ma journée. » (Manuscrits autobiographiques p. 206)

2.5. Dieu présent dans nos épreuves

Dieu est aussi présent dans nos souffrances. Vivre en présence de Dieu cela ne veut pas dire que la vie du chrétien soit une vie où la souffrance est toujours absente. Regardez Jean Paul II. Nous l´avons vu rayonnant de force et de joie au début de son pontificat. Puis ses forces physiques ont décliné, ses souffrances ont augmenté ; à Lourdes nous l´avons même vu pleurer, mais nous sentions que malgré tout, il y avait en lui une joie non pas exubérante, mais profonde et paisible, la joie de celui qui vit en présence de Dieu, et qui lui fait confiance. Ses derniers mots ont été : « Je suis heureux, l´êtes-vous aussi ? »

Élisabeth de la Trinité dit :« Quand on sait que les personnes de la Trinité demeurent toujours en nous, on n´est plus jamais seul. » Mais quand nous sommes malades, souffrants, blessés, abandonnés, nous nous sentons seuls. Frère Laurent nous dit : « Prenez courage, offrez sans cesse vos peines à Dieu, demandez-lui des forces pour les souffrir, …… Adorez-le dans vos infirmités, offrez vous à lui de temps en temps, et dans le plus fort de vos douleurs, demandez-lui humblement et amoureusement, comme un enfant à son bon père le secours de sa grâce. »

2.6. Agir avec Dieu

Jésus, l´Emmanuel, « Dieu-avec-nous », est en nous. Alors nous pouvons tout faire avec Lui. Souvent face à des situations difficiles ou devant des gens qui nous intimident nous nous sentons seuls. Pensons alors à appeler l´Esprit Saint. Saint Paul écrivait aux Ephésiens : « La puissance de Dieu agissant en nous est capable de faire bien au-delà, infiniment au-delà de tout ce que nous pouvons demander ou concevoir. » (Eph 3, 20) C´est une Parole extraordinaire ! Mettons-nous activement au service Seigneur avec nos talents, mais en même temps laissons le faire puisqu´il nous habite.

 3. La présence de Dieu et la communion eucharistique

Jésus s´est fait pain vivant pour être mangé par nous et supprimer ainsi toute distance entre lui et nous. (Père d´Elbée, Croire à l´amour, p. 19, Téqui) C´est fou, mais c´est la réalité.

Dans Mane Nobiscum Domine Jean Paul II écrivait :
« Aux disciples d’Emmaüs qui demandaient à Jésus de rester « avec » eux, ce dernier répondit par un don beaucoup plus grand : il trouva le moyen de demeurer « en » eux par le sacrement de l’Eucharistie. ». (MND § 19) Dans la communion nous recevons « le Christ tout entier, son corps et son sang, conjointement avec son âme et sa divinité » (CEC 1374) et Jésus est vivant. (CEC 1392)

Nous savons que l´Eucharistie nourrit en nous la vie de la grâce. Elle nous fait aussi expérimenter la réalité invisible de la présence spirituelle de la Trinité en notre cœur. A chaque communion s’ajoute « la présence réelle, substantielle » (CEC 1374) de Jésus. C´est extraordinaire !

 4. La présence de Dieu en nous et l´adoration

Vous allez peut être me dire : Oui, mais quand nous adorons l´Eucharistie, comment concilier cela avec la présence de Dieu en nous ?

C´est tout simple ! Quand nous adorons Jésus Hostie, nous l´adorons à la fois présent substantiellement dans l´hostie et tout aussi réellement, mais spirituellement, en nous. Le ciel est sur l´autel et dans notre cœur. Comme ces belles éponges dans l´océan, nous sommes dans l´eau, mais l´eau est aussi en nous. (« Demeurez en moi, comme moi en vous »). Dans l´adoration nous nous laissons envahir de toute part par l´amour de Dieu.

Notre rôle est tout simple. Saint Jean écrit « Jésus est venu chez les siens, et les siens ne l´ont pas accueilli ». Si la belle éponge se rétracte, se ferme, elle ne peut pas absorber l´amour qui lui est offert. Demandons à l´Esprit de nous aider à nous ouvrir à cet amour. Accueillons-le, laissons-nous faire en confiance, « éveillés dans la foi, à l´action créatrice de Dieu en nous.  »

Accueillons cet amour afin que le trop-plein de l´éponge se déverse sur les autres. C´est la source d´eau vive promise à la Samaritaine.

 5. Conseils pratiques pour l´adoration

Nous allons adorer. Quand l´hostie sera exposée, faisons lentement le signe de la croix en nous représentant chacune des personnes de la Trinité présente en nous : Père, Fils et Esprit Saint, qui êtes en moi, je vous adore au Très Saint Sacrement de l´autel.

Nous n´avons pas toujours besoin de parler. Jésus nous dit : «  Tu peux rester à côté de moi et penser tendrement à moi. » L’´adoration n´a rien à voir avec ce que nous sentons ; même si nous ne sentons rien, Jésus est là sur l´autel et dans notre cœur.

Dans notre vie quotidienne, quand nous essayerons de vivre en présence de la Trinité qui est en nous, nous n´allons pas souvent ressentir cette présence. Mais dans la foi nous parlerons avec amour à Dieu qui nous attend au fond de notre âme. Ce que nous vivons dans l´adoration, nous allons le prolonger chez nous en essayant d´être à la fois Marthe et Marie. Cela ne se fera pas du jour au lendemain , comme pour traverser un ruisseau. Nous allons sauter de pierre en pierre. Chaque instant, même quelques secondes, passé en présence de Jésus est une petite pierre. Et les petites pierres seront de plus en plus rapprochées.

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enseignement n°8 : feuillet d’accompagnement

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