1 - La présence réelle de Jésus dans l’Eucharistie

lundi 24 janvier 2011
par  Daniel Giacobi
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Aujourd’hui´hui nous voulons approfondir le sens du mot Eucharistie.

Écoutons d’abord les paroles que Mère Térésa adressa à sa congrégation dans une sorte de testament spirituel :« Mes enfants très chers, Jésus veut que je vous dise encore combien il a d´amour pour chacun d´entre vous, au-delà de tout ce que vous pouvez imaginer. Je m´inquiète de ce que certains d´entre vous n´aient pas encore vraiment rencontré Jésus seul à seul : vous et Jésus seulement…avez-vous perçu - avec les yeux de l´âme – avec quel amour il vous regarde ? Avez-vous vraiment fait connaissance avec Jésus vivant, non à partir de livres mais pour l´avoir hébergé dans votre cœur ? Avez-vous entendu ses mots d´amour ? Demandez-en la grâce : il a l´ardent désir de vous la donner.(Il veut vous dire) pas seulement qu´il vous aime, mais davantage : qu´il vous désire ardemment. Vous lui manquez quand vous ne vous approchez pas de lui. Il a soif de vous.  » (Extrait du testament spirituel de Mère Teresa, Il est vivant, N°Spécial Mère Teresa, p 26)

Ces paroles, elles s’adressent à nous aujourd’hui´hui. Dans les semaines à venir conservez-les dans votre cœur, elles nous donnent la direction à suivre.

 1.Qu’est ce que l´Eucharistie ?

1.1. Aimer jusqu’au bout :

Les évangélistes Matthieu, Marc et Luc nous rapportent les paroles que Jésus a prononcées à la Cène : « Ceci est mon corps, donné pour vous : faites cela en mémoire de moi ! » « Cette coupe est la nouvelle Alliance en mon sang versé pour vous.  » (Lc 22, 19-20)
Et à cette preuve d´amour il en rajoute une autre : Jésus reste présent sous l´aspect tout simple du pain et du vin. Il dit après sa résurrection : « Voici que je suis avec vous pour toujours, jusqu’à la fin du monde » (Mt 28,20)
Dans son encyclique sur l´Eucharistie, Ecclesia de Eucharistia, le Pape Jean Paul II écrit : « Qu’est-ce que Jésus pouvait faire de plus pour nous ? Dans l’Eucharistie, il nous montre vraiment un amour qui va « jusqu’au bout » (cf. Jn 13, 1), un amour qui ne connaît pas de mesure. » (Ecclesia de Eucharistia, EE, § 11).

1.2. Le sacrifice, la mort et la résurrection de Jésus sont rendus présents

Chaque fois que l´Eglise célèbre l´Eucharistie, elle rend présent le sacrifice de Jésus. Elle ne fête pas seulement un souvenir mais « quand l’Église célèbre l’Eucharistie, dit Jean Paul II, cet événement central du salut est rendu réellement présent » « Ce sacrifice est tellement décisif pour le salut du genre humain que Jésus ne l’a accompli et n’est retourné vers le Père qu’après nous avoir laissé le moyen d’y participer comme si nous y avions été présents. » (EE, § 11). Car Dieu est hors du temps. Pour Lui, tout est au présent. La Passion est unique bien sûr, elle n´a eu lieu qu´une fois, mais à chaque messe, elle est rendue présente à nos yeux. Le Catéchisme de l’Eglise catholique explique : « Tout ce que le Christ est, et tout ce qu’il a fait et souffert pour tous les hommes, participe de l’éternité divine et surplombe ainsi tous les temps…“ (CEC 1085, EE § 11) Jésus est vraiment présent, il est là, il ne s´agit pas d´une idée mais d´une réalité ; parce qu´il « est vivant et ressuscité le Christ peut se faire… « Pain vivant » (Jn 6, 51). » (EE, § 14)

Le 20 avril 2005 Benoît XVI déclarait aux cardinaux : « Je demande à tous d’intensifier dans les mois à venir l’amour et la dévotion à Jésus Eucharistie et d’exprimer de façon courageuse et claire la foi dans la présence réelle.. »

 2. Le pain et le vin, corps et sang de Jésus Christ :

2.1. « Ce pain c´est ma chair pour la vie du monde  » (Jn 6,51)

Dans la synagogue de Capharnaüm, Jésus proclama : « Le pain que je donnerai, c´est ma chair pour la vie du monde. » (Jn 6,51) Alors les gens ont dit : il est devenu complètement fou ! « Comment celui-là peut-il nous donner sa chair à manger ? » (Jn 6,52). Jésus aurait pu leur dire qu’il s´agissait d´un malentendu : « Attendez, ne partez pas, ce n´est pas ce que j´ai voulu dire, ce n´était qu’une façon de parler, ce n´était qu’un symbole ! ». Mais il ne le fait pas.
Au contraire, il en rajoute : « En vérité je vous le dis, si vous ne mangez pas la chair du Fils de l´homme et ne buvez pas son sang, vous n´aurez pas la vie en vous. … Ma chair est vraiment une nourriture et mon sang est vraiment une boisson.  » (Jn 6,53 ; 55).
Beaucoup disent : « Elle est dure, cette parole ! Qui peut l´écouter ? » (Jn 6, 60). Une traduction dit même : « Ce qu´il dit est insupportable !). « Dès lors beaucoup de ses disciples se retirèrent et ils n´allaient plus avec lui.  »(Jn 6, 66) Alors Jésus demande à ses disciples :« Voulez-vous partir, vous aussi  ? », Pierre est le seul à répondre : « Seigneur, à qui irons-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle. » (Jn 6,67-68) Aujourd´hui, Jésus nous demande :« Voulez-vous partir, vous aussi ? » (EE, § 16)

Ce que Jésus et l’Église attendent de nous ici est dur à comprendre. Beaucoup prennent la fuite, ils ne peuvent pas accepter que Jésus soit vraiment là et ils disent : Ce n´est qu’un symbole, un repas fraternel.
Aujourd’hui, si nous nous retrouvons pour parler de l´Eucharistie, nous pouvons nous poser personnellement la question : Est-ce que je crois vraiment que l´hostie consacrée est le corps de Jésus et que le vin consacré est son sang ? Est-ce que je le crois vraiment ? Car si l´hostie consacrée n´est qu’un symbole, alors l´adoration eucharistique est un culte idolâtrique. Nous adorons un bout de pain comme nous adorerions autre chose, et si ce n´est que ça, nous pouvons vraiment nous en dispenser. Si par contre l´hostie consacrée, c´est à dire sur laquelle le prêtre a prononcé les paroles de la consécration, si cette hostie est vraiment le Dieu vivant, quelles conséquences cela a-t-il sur mon comportement face à l´Eucharistie ?

2.2. Et ce mystère dépasse nos sens et notre intelligence

Jean Paul II écrit dans « Mane nobiscum Domine » « …. Il y a un aspect qui, plus que tous les autres, met notre foi à l’épreuve, à savoir celui du mystère de la présence « réelle ». "Avec toute la tradition de l’Église, nous croyons que, sous les espèces eucharistiques, Jésus est réellement présent. Il s’agit d’une présence qui — comme l’a si bien expliqué le Pape Paul VI — est dite « réelle » ..en vertu de cette présence, le Christ tout entier se rend substantiellement présent dans la réalité de son corps et de son sang. C’est pourquoi la foi nous demande de nous tenir devant l’Eucharistie avec la conscience que nous sommes devant le Christ lui-même. (MND §16)
Le défi pour notre intelligence, c´est que nos yeux voient du pain, notre bouche sent le goût du pain, nos mains touchent du pain. Tous nos sens nous disent : C´est du pain. Ce problème troublait les chrétiens du temps de Saint Cyrille de Jérusalem qui écrivait : « Ne t’attache donc pas comme à des éléments naturels au pain et au vin, car ils sont, selon la déclaration du Maître, corps et sang. C’est, il est vrai, ce que te suggèrent les sens ; mais que la foi te rassure  ». (EE § 24) Ce n´est que par la foi que ce mystère se révèlera à nous.
Paul VI écrivait :« il faut maintenir que, dans la réalité elle-même, indépendante de notre esprit, le pain et le vin ont cessé d’exister après la consécration, en sorte que c’est le corps et le sang adorables de Jésus qui, dès lors, sont réellement présents devant nous sous les espèces sacramentelles du pain et du vin ».(EE, § 26) Cela peut aider certains, après la consécration, de se répéter intérieurement : « C´est le corps de Jésus. Oui, c´est ce que je veux croire, même si mes sens me disent autre chose. »

 3. Abordons quelques aides concrètes pour l´adoration eucharistique :

3.1. L´adoration eucharistique n´est pas une technique mais une attitude intérieure d´accueil

L´adoration eucharistique et la prière sont très personnelles, il n’y pas de « méthode » ni de technique à utiliser, c’est une attitude intérieure d’accueil.
L´adoration eucharistique est le plus grand cadeau que Dieu nous fait et pas n’importe quel cadeau ! Dieu se donne à nous en Jésus Son Fils.
Jean-Paul II explique comment il vivait l´adoration :« Il est bon de s’entretenir avec Lui et, penchés sur sa poitrine comme le disciple bien-aimé (cf. Jn 13, 25), d’être touchés par l’amour infini de son cœur. Si, à notre époque, le christianisme doit se distinguer surtout par « l’art de la prière », comment ne pas ressentir le besoin renouvelé de demeurer longuement, en conversation spirituelle, en adoration silencieuse, en attitude d’amour, devant le Christ présent dans le Saint-Sacrement ? Bien des fois j’ai fait cette expérience et j’en ai reçu force, consolation et soutien ! » (EE § 25)
Et nous aujourd’hui, comment allons-nous accueillir ce don, comment allons-nous rencontrer Jésus dans l’adoration ?

3.2. Nous avons à croire les paroles de Jésus :

Par la foi nous faisons confiance à Jésus qui ne ment jamais. Avez-vous réalisé que Jésus et son Père, eux aussi, nous font confiance ? Le Père remet son fils bien-aimé entre nos mains. Quand Jésus dit : « Ceci est Mon Corps livré pour vous », nous savons à quel point il a été maltraité en sa passion. Aujourd’hui, Jésus se livre encore à nous dans l´hostie consacrée. Quand nous tenons Jésus Hostie entre nos mains ou nous le contemplons dans l´ostensoir, disons : « Jésus se confie à moi, Il m´aime et se donne à moi. Il a confiance que je vais l´accueillir, lui parler avec amour, le remercier pour ce don de lui-même. Que je veux lui « rendre amour pour amour ».

Jean Paul II dans sa lettre de 1996 sur l’adoration écrivait : « La contemplation prolonge la communion et permet de rencontrer durablement le Christ, vrai Dieu et vrai homme, de se laisser regarder par lui et de faire l’expérience de sa présence. Quand nous Le contemplons présent au Saint-Sacrement de l’autel, le Christ se fait proche de nous et plus intime à nous-mêmes que nous-mêmes ; il nous donne part à sa vie divine dans une union transformante et, par l’Esprit, il nous ouvre l’accès au Père, comme il le disait lui-même à Philippe : « Qui m’a vu a vu le Père » (Jn 14, 9). L´adoration c´est un cœur à cœur avec Jésus. Après la communion à la messe, il n´y a pas souvent de temps laissé pour cette rencontre. On chante, on joue de l´orgue. Dans l´adoration eucharistique nous avons le temps comme dit le Pape, «  de nous entretenir avec Lui. » (EE § 25) L´adoration ne doit jamais être considérée sans la messe. Elle en est la continuation.

3.3. Se mettre en présence de Dieu

Le premier pas dans l´adoration eucharistique, c´est que nous nous mettions en présence de Dieu par la foi. Dieu est présent partout, Il est dans notre maison, Il est dans notre cœur car nous sommes le temple de l´Esprit Saint. Mais dans le Très Saint Sacrement, Jésus est substantiellement présent dans son corps et nous sommes là avec notre corps devant Lui, en Sa présence.
Les premières minutes de notre prière sont très importantes. Quand on veut faire de la voile. Avant que le vent puisse faire avancer mon bateau, il faut que je le pousse dans l´eau.
Dans la prière c´est pareil. L´Esprit Saint pourra me conduire dans la prière, mais auparavant je dois me mettre consciemment en présence de Dieu.

Il y a 3 moyens pour nous nous mettre en présence de Dieu

3.3.1. Avec notre corps d’abord nous exprimons que nous sommes des créatures devant leur créateur. Nous pouvons faire consciemment un signe de Croix, nous agenouiller quand le Saint Sacrement est exposé sur l´autel. Puis nous pouvons soit rester à genoux, soit nous asseoir et nous tenir recueillis devant Jésus-Hostie.

3.3.2. Par des prières ensuite : Adorer c’est se livrer consciemment à la présence du Tout Puissant, être avec Lui, devant Lui. Certains prient lentement le Notre Père ou le Credo. D´autres récitent quelques « Je vous salue Marie » .

3.3.3. Enfin certains répètent des petites phrases :

  • Jésus, mes yeux ne voient qu´une hostie, mais je crois que tu es là.
  • Jésus, tu es vraiment là. Jésus je crois que tu es là, augmente ma foi.
  • Jésus, tu as dit : « Ceci est mon corps », Jésus, je crois en ta parole.

La prière est toujours un mouvement qui vient de Dieu. C´est Dieu qui prend l´initiative. L´adoration eucharistique est la rencontre de deux désirs :

  • Le désir de l´homme d´être aimé et d´aimer.
  • Et le désir de Dieu que nous accueillons son amour et y répondions.

Au 17e siècle, Jésus apparut à une religieuse de Paray-le-Monial, Sainte Marguerite Marie Alacoque et il lui a dit lors d´une apparition : « J´ai soif, mais d´une soif si ardente d´être aimé des hommes au Saint Sacrement, que cette soif me consume, et je ne trouve personne qui s´efforce, selon mon désir, de me désaltérer, en rendant quelque retour à mon amour. »

Notre présence ici, est une réponse à l’appel de Jésus sur la croix :« J´ai soif ! ». Jésus a soif de mon amour et est heureux de ce temps que je Lui offre pour recevoir son amour et Lui montrer le mien.

Représentons-nous avec les yeux de notre cœur comment Jésus nous regarde. Fermons les yeux, laissons son regard d´amour reposer sur nous en répétant ces phrases :

  • Jésus, tu me regardes avec amour
  • Jésus, tu m´aimes. Je te dis merci.
  • Jésus, apprend moi à t´aimer.
  • Jésus, tu as soif de mon amour.
  • Je ne sais pas t’aimer Jésus mais je veux essayer car c´est ton désir.

 4. En fait ce ne sont pas nos sentiments qui comptent :

Il y a des jours où nous ressentons de l´amour pour Jésus et son amour pour nous ; nous pouvons nous en réjouir. Mais le plus souvent nous ne ressentons rien du tout ; parfois nous nous ennuyons. Ce qui est important, c´est que Jésus soit là et que moi je sois là avec Lui, c´est l´acte de foi que je fais : Jésus, je crois que Tu es là !

Car de même que nous ne pouvons pas rester exposés au soleil sans bronzer, de même nous ne pouvons pas rester en présence du Saint Sacrement sans que Dieu fasse quelque chose en nous, même si nous ne ressentons rien. Je suis là, tout simplement, et je Lui fais confiance. Une carmélite française, la bienheureuse Élisabeth de la Trinité, qui ressentait tout particulièrement la présence de la Trinité en son cœur, a écrit dans une prière : « O mon Dieu, Trinité que j´adore…. Que jamais je ne vous laisse seul dans mon âme, mais que je sois là, tout entière, tout éveillée en ma foi, tout adorante, tout livrée à votre action créatrice. » (CEC 260)

Si nous ne ressentons rien, répétons : « Mon Dieu, je me livre à ton action créatrice. » Notre participation, c´est d´être là aujourd´hui, c´est d´essayer de concentrer toute notre attention sur Dieu, mais sans être tendus. Quand nos pensées s´en vont, par distraction, dans toutes les directions, rassemblons-les dans le calme et la paix, comme le conseille Saint François de Sales, pour les présenter à Jésus et nous recentrer sur son amour. Ne nous énervons pas, reprenons une phrase qui nous a aidés et répétons-la tout doucement. « Jésus, tu es là ! » Ou seulement le nom de Jésus :« Jésus, Jésus ». Regardons-Le. Nous n´avons pas besoin de produire de beaux sentiments. Nous n´avons rien à produire. Au contraire, nous pouvons être en sa présence tels que nous sommes, pauvres et petits, et aujourd´hui, en cette première rencontre de notre école d´adoration, nous allons simplement essayer de mieux concevoir cette réalité qui s´offre à nous : Jésus est vraiment là et me regarde avec amour.

vous trouverez également ci-dessous le feuillet d’accompagnement pour vous aider à entrer dans la prière au format Word

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enseignement n°1 : feuillet d’accompagnement

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