La messe : 8 . « Je crois en Dieu »

lundi 19 juillet 2010
par  Jeanine Lefèvre
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Après l’écoute de la Parole de Dieu nous sommes invités à proclamer notre foi en disant « Je crois en Dieu ».

Dès le début de l’Eglise, les apôtres ont affirmé leur foi en Dieu Père, Fils et Esprit dans ce qu’on a appelé le symbole des Apôtres.

Quelques siècles plus tard on sentit la nécessité de déployer la synthèse de la foi et de réfuter l’hérésie arienne niant la divinité de Jésus Christ ce fut fait en 325 lors du concile de Nicée. Où on insiste sur le fait que Jésus-Christ est « le fils de Dieu, fils unique engendré du Père, Dieu de Dieu, lumière de lumière, vrai Dieu de vrai Dieu, engendré et non pas fait, consubstantiel au Père ». Quelques temps plus tard, le Symbole de Nicée fut complété par le concile de Constantinople en 381 pour affirmer la divinité du Saint-Esprit niée par diverses hérésies .
Selon le texte issu des conciles, le Saint Esprit procède du Père mais les latins prirent l’habitude d’ajouter « et du Fils » : c’est le fameux « Filioque » expression et source d’un conflit aigu (et qui perdure encore) entre l’Eglise romaine et l’Eglise grecque.

Je…Le chrétien ne croit pas par tradition familiale ou nationale. Le chrétien ne croit pas par contrainte. Dieu ne lui enlève pas sa personnalité, il s’adresse à des hommes libres, qui disent « Je ».

Je crois…La foi est don de soi, confiance donnée. J’appuie toute ma vie sur le fait qu’il y a un rocher sur lequel je peux construire quelque chose dont je ne puis douter. Sinon, tout s’écroulerait. Je crois en Dieu, j’ai fondé ma vie sur lui ; toutes choses que je fais et vis tiennent de cette foi…C’est un fondement. Croire c’est accepter de ne pas être en mesure de tout juger par soi-même. C’est l’esprit du Christ qui fait reconnaître en Dieu un père. La foi étant confiance absolue en la personne du Christ, elle est une conviction ferme. Ce n’est pas une connaissance directe et pourtant le doute n’y a pas de place.

Je crois en Dieu, le Père tout puissant
Si l’on refuse l’existence de Dieu, le monde est absurde ; mais ce refus de l’absurdité suffit-il à dire que Dieu existe ? N’est il pas le seul fruit de l’imagination, du refus de mourir ? Le paradoxe chrétien est de croire en un Dieu qui ne leur évite pas la mort (il ne l’a pas évité à Jésus lui-même). Leur Dieu ne correspond pas à celui de l’imagination ou du désir. Spontanément on imagine que Dieu sait tout, voit tout, juge tout, fait tout et que vers lui tout se dirige.

Le chrétien, lui, dit que Dieu n’est pas d’abord cela. Il est d’abord père. La foi chrétienne dit de Dieu qu’il aime chaque homme et chaque femme comme un père idéal devrait aimer ses enfants adultes dans l’amitié, le respect réciproque des libertés, l’entraide et la reconnaissance de ce que l’on doit à l’autre. Être père ainsi, c’est accepter de passer après son enfant pour que celui-ci grandisse. Le Dieu des chrétiens est un Dieu humble malgré sa toute puissance. Et quand nous nous tournons vers lui avec un cri angoissé, parce que la souffrance ou la mort frappe trop près, entendons cette voix qui nous dit « J’ai créé, je re-créerai, la vie ici-bas doit finir, parfois trop tôt aux yeux des hommes. Je sauvegarde et rien ne finira dans le néant. Alors n’aie pas peur »

Créateur du ciel et de la terre, de l’univers visible et invisible.
Pour le chrétien Dieu est créateur de tout ; pas seulement à la manière du potier qui, son vase une fois créé, doit l’abandonner. Ce serait une vision humaine des choses. Pour Dieu qui vit en dehors du temps humain, chaque moment est celui de la création. Créer, est pour lui, synonyme d’aimer. Son amour appelle littéralement à la vie. L’homme créé par Dieu, a été créé pour être un vivant et même à l’image de Dieu, pour être un créateur à son tour…Dieu a tout créé, matière et esprit, et tout a été créé pour la vie. Reconnaître que Dieu est créateur nous porte à admirer la création, à en remercier le créateur et à respecter les créatures de Dieu. Tout un programme !

Je crois en un seul Seigneur, Jésus-Christ, le fils unique de Dieu, né du Père avant tous les siècles.
L’homme Jésus -celui qui a marché sur les routes de Palestine- est en même temps « Christ »c’est-à-dire l’envoyé de Dieu pour tous les hommes. Cela n’est possible que parce que les chrétiens disent que Jésus est ressuscité, vivant, et ainsi contemporain de tous les hommes. . Jésus n’est pas simplement celui qui affirme l’existence de Dieu, et le fait connaître sous le jour de l’amour, mais il est vivant aujourd’hui et offre à tous les hommes l’image parfaite de Dieu. C’est important car Dieu n’est pas visible dans le monde. Il est Dieu avec le Père avant le temps. (Theo)

Ménettrier ajoute « Jésus n’est pas un fils d’homme ou le Fils de Dieu, mais fils d’homme et fils de Dieu. Rien de notre humanité n’est laissé de côté et rien de la divinité ne manque : Dieu assume toute notre humanité … On aurait pu penser que l’Alliance entre Dieu et l’humanité ce serait Dieu d’un côté et l’humanité de l’autre ; deux partenaires sans union véritable. Mais voilà ce qui est au cœur de notre foi ; « Dieu s’est fait fils d’homme pour que l’homme devienne fils de Dieu  » professe Saint Irénée. Nous sommes devenus des christs, nous sommes devenus des fils et des filles de Dieu, pour la Gloire de Dieu et le salut du monde..

Pour nous les hommes et pour notre salut, il descendit du ciel ; par l’Esprit saint il a pris chair de la Vierge Marie et s’est fait homme
Nous arrivons au moment des pourquoi ? Pourquoi le Fils s’est il fait homme ? « Pour nous les hommes et pour notre salut » dit le Credo. Le salut est outre le fait d’éviter la condamnation éternelle, c’est de l’ordre de la rencontre, de l’épanouissement en chacun de ses capacités d’aimer….Le salut est offert à chacun même si chacun est marqué par la mort et le péché..(Theo) Comment un Fils de Dieu est-il devenu également fils d’homme ? Eh bien, par la puissance de l’Esprit Saint.

Par l’Esprit Saint, il a pris chair de la Vierge Marie et s’est fait homme.
La mention de l’Esprit et de la Vierge Marie viennent rappeler que, pour les chrétiens, Jésus de Nazareth, tout homme ordinaire qu’il fut, est né sans intervention masculine, en dehors des lois du corps humain. Notons enfin que le texte qui avait commencé par un Je, passe au nous : nous les hommes. Le salut s’adresse à des hommes libres ; mais pour les chrétiens jamais à des hommes seuls. Le salut est toujours donné à un peuple.

Crucifié pour nous sous Ponce Pilate, il souffrit sa passion et fut mis au tombeau. Il ressuscita le troisième jour, conformément aux écritures
Tout le christianisme est parti de cette expérience faite par une poignée d’hommes. Ils avaient rencontré un homme, un juste et ce juste fut condamné à mort. Mais aujourd’hui ils disent qu’il est vivant, parce qu’ils ont été témoins de sa résurrection. Personnellement c’est ce qui me fortifie dans ma foi car en constatant la terreur des Apôtres au moment de la Passion du Christ, on imagine mal qu’ils inventent la résurrection et qu’ils acceptent de mourir pour défendre un mensonge ! Qui le ferait ? Les mots « sous Ponce Pilate » rappellent aux chrétiens qu’il s’agit là d’un récit réel, daté, localisé, et non pas d’un mythe

Et il monta au ciel, il est assis à la droite du Père.
Le ciel est une image qui veut dire que Dieu est hors de portée de l’homme, pas manipulable. Quand on dit que Jésus est à la droite du Père, l’on se réfère à un psaume dans lequel Dieu parle du roi de Juda pour dire que, régnant en son nom, ce roi bénéficie de tout son pouvoir. Lorsque les chrétiens affirment que Jésus est monté au ciel c’est pour dire encore qu’il est Dieu, qu’il a les pouvoirs de Dieu…Il est présent sans être à la merci de l’homme Mais c’est aussi un cri d’admiration et un cri d’espérance : le Christ siégeant à la droite du Père, c’est l’homme réussi qui permet à tous les autres de réussir.

Il reviendra dans la gloire pour juger les vivants et les morts et son règne n’aura pas de fin.
Les chrétiens ne connaissent Dieu qu’à travers Jésus. Pour eux Jésus est au centre du monde et de leur vie. Jésus est pour eux le seul moyen d’aller jusqu’à Dieu ; ils attendent son retour dans toute la gloire d’un monde où justice et fraternité auront pleinement leur sens. Et le jugement n’est pas un procès ; c’est le simple constat de ce que l’homme a fait de sa liberté. Matthieu l’affirme : celui qui sera sorti de lui-même et aura aidé les autres, celui là s’est déjà jugé et s’est ouvert au bonheur éternel… Même sans le savoir il s’est ouvert à Dieu.

Je crois en l’Esprit Saint qui est Seigneur et qui donne la vie : il procède du Père et du Fils. Avec le Père et le Fils il reçoit même adoration et même gloire, il a parlé par les prophètes.
Nous savons en faisant notre signe de croix, que les trois personnes en Dieu sont sur un pied d’égalité et qu’elles doivent être conjointement adorées. Esprit veut dire souffle, vent et évoque quelque chose d’insaisissable. A côte de l’amour qui donne (Père), l’amour qui reçoit (Fils), il évoque l’amour qui est là, qui rassemble sans qu’on sache d’où il vient et où il emmène. Les chrétiens témoignent de la présence, en ce monde, d’une vie qui les dépasse et en laquelle ils pressentent quelque chose d’absolu. Hier comme aujourd’hui, par qui cette vie se manifeste-t-elle mieux que par les prophètes ? Chacun sent, d’Isaïe à Mère Térésa et à tant d’autres inconnus, qu’ils sont témoins de quelque chose qui dépasse l’homme ! (Theo)

Je crois en l’Eglise, une, sainte catholique et apostolique.
Il n’y a pas de doute, pour les auteurs du credo, il n’est pas de foi possible en dehors de l’Eglise. Pourquoi ? Parce qu’il n’y a pas de foi possible sans le don de l’Esprit et que l’Eglise est le rassemblement par l’esprit de ceux qui croient. C’est pourquoi elle est une, dans l’unité de l’Esprit, elle est sainte de la sainteté même de Dieu qui suscite en elle des saints, elle est catholique , c’est-à-dire ouverte à tous, parce que l’Esprit s’adresse à tous les hommes et elle est apostolique parce qu’elle s’appuie sur ce qu’ont dit de Jésus les apôtres, premiers témoins. Les chrétiens pensent-ils donc qu’elle est parfaite ? Non. Pour eux ce qui vient d’être dit est la réalité profonde d’une institution toute humaine. Il faut le courage de la foi pour trouver à travers ce que l’Eglise donne à voir d’elle-même, l’unité, la sainteté, la catholicité et l’apostolicité. Mais il est certain, à leurs yeux, que l’Esprit travaille à l’intérieur de l’Eglise et que celle-ci est le signe indispensable de l’amour de Dieu pour tous les hommes.

Je reconnais un seul baptême pour le pardon des péchés.
L’entrée dans la vie de Dieu se fait à travers un rite, les chrétiens disent un sacrement, qu’ils appellent baptême. Pour comprendre il faudrait se figurer certains baptêmes des origines de l’Eglise. Un adulte traverse une sorte de piscine d’eau froide ou un torrent d’eau. Le froid de l’eau lui coupe le souffle, puis il respire de nouveau. Le rite signifie que le baptisé accepte de quitter son souffle, c’est-à-dire accepte de mourir au péché (avec le Christ) et de recevoir un deuxième souffle (l’Esprit Saint) pour vivre avec le Christ. Ce « jeu » de la mort et de la résurrection ne pouvait évidemment faire qu’une fois par ce qu’on ne meurt qu’un e fois et que, quand Dieu donne la vie c’est pour toujours. L’adoption est pour l’éternité. Accepter son baptême, c’est réellement, aux yeux des chrétiens, choisir de vivre à Chaque instant pour Dieu.

J’attends la résurrection des morts et la vie du monde à venir.

(Cet enseignement, comme tous les autres, est réalisé à partir de documents puisés dans Theo et dans le livre d’A. Ménettrier « La Messe tout simplement » auxquels je glisse quelques réflexions personnelles)


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