La messe : 5. Gloire à Dieu !

mercredi 5 mai 2010
par  Jeanine Lefèvre
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Purifiés par le pardon reçu de Dieu et de nos frères, nous pouvons chanter la gloire de Dieu.
« La Gloire, selon la Bible c’est l’importance, le poids, l’influence de quelqu’un dont la puissance agit effectivement dans tout le vaste domaine où il règne. C’est le rayonnement d’une force divine qui se traduit en actes. Rendre gloire à Dieu c’est exprimer par des louanges toute la perfection manifestée par sa puissance, par sa sainteté, par son action dans le monde, l’essentiel qu’il représente » (Theo)
A. Menettrier nous dit que "La gloire de Dieu c’est, dans nos vies, sa place, le fait que lui seul répond à nos désirs, à notre désir de salut, nos attentes de plénitudes, attentes inassouvies par notre propre vie humaine.

Qu’il y ait quelqu’un qui soit capable de nous aimer au-delà de tous nos manques d’amour… Gloire à toi !

Qu’il y ait quelqu’un qui soit capable de triompher de toute souffrance ou de toute mort, même la plus ultime… Gloire à Toi !  »

Qu’il y ait quelqu’un qui réponde à ce que nous avons de plus sacré au cœur : à savoir que l’amour et la vie aient le dernier mot sur tout, … Gloire à Toi ! "

La gloire de Dieu c’est l’homme vivant et la vie de l’homme c’est la vision de Dieu (saint Irénée au 2e siècle) Son poids, son importance, c’est cela. Et quand disons nous cela ? Juste après la déclaration que nous sommes de pauvres pécheurs, pas forcement très aimables, mais que nous comptons sur sa miséricorde.
Gloire à Dieu car nous avons l’audace de croire qu’il nous pardonne, qu’il est capable d’aller au-delà de ce péché, qu’il est fidèle à ce point là, et la croix est là pour nous en assurer.

Alors puisque nous y croyons : « Gloire à Dieu ! » puisque nous découvrons et affirmons une telle gloire, un tel amour, alors nous voici fondés à glorifier Dieu. A célébrer dans l’exultation à quel point nous sommes aimés de lui. A fêter l’accomplissement de ce que chacun, au plus profond de soi, escompte et espère….Tout homme est révulsé par la haine et la mort. Nous, nous osons croire que cette révolte a un sens et que quelqu’un nous répond, quelqu’un nous affirme que la vie et l’amour ont eu et auront le dernier mot sur la mort et la haine.

Paix sur la terre aux hommes qu’il aime. Paix de Dieu : au cœur de l’épreuve, l’amour va au-delà des manques d’amour. Et parce que l’amour va au-delà, la paix est là.

Nous te louons, nous te bénissons, . Pour louer, bénir du fond du cœur il faut avoir les yeux ouverts sur les grâces que nous avons reçues afin de « pouvoir dire du bien sur Dieu qui nous veut du bien de toute éternité » (Theo)..

Nous t’adorons. Cette affirmation ne peut s’adresser qu’à Dieu selon le commandement « Un seul Dieu tu adoreras » ; c’est une manière de prier Dieu en le reconnaissant comme le seul Dieu, le Tout Autre, celui de qui tout dépend.

Nous te glorifions, nous te rendons grâce pour ton immense gloire. _ A.menettrier dit « Avez-vous déjà remarqué que lorsque tout va bien, nous considérons que cela est normal et qu’à force de penser ainsi nous ne mesurons plus ce qu’il y a de merveilleux dans l’ordinaire de la vie. Quand tout va bien, avons-nous l’idée de rendre grâce ? Rendre grâce à Dieu c’est regarder ce qu’il y a de prodigieux dans notre vie ( puisque ce Père nous a donné cette dignité de fils et filles de Dieu),regarder ce qu’il y a d’exceptionnel, ne pas s’y habituer, mais plutôt en rendre grâce ! Pour ceux qui ont découvert la présence de Dieu dans leur vie, quelqu’un leur fait signe au jour le jour, dans les actes les plus ordinaires et cela avec une telle tendresse ! …L’amour de Dieu est venu jusqu’à nous, il y a donc lieu de s’en émerveiller Une alliance a été conclue, comment ne pas s’en réjouir, comment ne pas exulter ? La Messe est une immense action de grâce, c’est le sens du mot « eucharistie » Qui dit « action de grâce » dit célébration de l’indéfectible fidélité de Dieu. Il s’est uni à nous, au jour de notre baptême, une fois pour toutes… « Rendre grâce » Vous êtes vous déjà arrêté sur cette expression ? Il y a quelque chose à « rendre ». Il y a donc quelque chose qui fut donné par avance. Dieu est tout : miséricorde, bonté, fidélité, amour, vie, prospérité, justice et disons-le communion. Nous ne pourrons jamais rendre avec le même d’amour ce que nous tenons de Dieu. Mais nous pouvons toujours répondre de tout notre cœur, de toute notre âme, de toute notre force. Décalage de puissance mais non décalage de vouloir » A Ménettrier

Toi seul est saint
Menettrier fait remarquer que « lorsque nous disons cela nous sommes dans l’embarras, surtout le jour de la Toussaint. C’est bien cela que nous ont reproché nos frères protestants lors de la Réforme : Dieu seul est saint. Alors les canonisations de l’Eglise orthodoxe et catholique, il y a à redire…

Certes mais…Êtes vous déjà allés dans une soirée où trônait au plafond une « boule de lumière »composée de centaines de petits bouts de miroirs qui tournent et reflètent l’unique lumière qui l’éclaire ? A propos de la sainteté, il en est de même. Une seule et unique source, mais qui se reflète sur des centaines de miroirs. Une source unique qui est Dieu, et les centaines de reflets que sont les saints. Nous le voyons dans l’histoire : à la même époque qui s’occupait d’approfondir la foi ? Saint François d’Assise ? Non. Et qui s’occupait de venir en aide aux plus pauvres ? S. Thomas d’Aquin ? Non. Plus récemment, où était mère Thérésa quand il fallait s’occuper des plus démunis en France ? Où était l’abbé Pierre quand il fallait accompagner les lépreux de Calcutta ?

L’unique sainteté se dit à travers des reflets multiples et limités, simplement parce que nous ne pouvons pas tout porter. Parce que nous ne sommes pas le Bon Dieu »

Cette constatation je l’ai faite ce matin même . Je regardais une émission sur KTO où le professeur Alain Deloche, fondateur de la chaîne de l’espoir était interviewé. C’est un chirurgien en cardiologie qui a formé une équipe de chirurgiens pour opérer des enfants dans le monde qui n’auraient pas pu être soignés dans leur pays. Au début il les faisait venir en France puis il a formé des chirurgiens sur place, finançant des hôpitaux et sauvant ainsi des milliers d’enfants de tous pays. C’est vraiment un homme de valeur et d’une compétence rare. Mais au cours de l’interview il a été amené à dire : je ne sais pas sculpter, je ne sais pas peindre, je ne suis pas musicien. Et là je me suis dit qu’il n’y avait vraiment que Dieu qui était parfait. Tout homme, même très doué ne peut tout réussir, être performant en tout. Dieu seul englobe la totalité de la perfection. Pour la sainteté c’est la même chose, Dieu seul est saint. Mais ajoute A.Menettrier, « Dieu ne demande pas mieux que de nous y faire participer, parce qu’il ne veut qu’une chose : transmettre son amour à tous, en faire la source de toute sainteté, ici-bas et par nous, parce que nous serons entrés dans le même désir, et que nous exultons nous aussi à chaque fois que l’un de nos frères humains retrouve le bonheur.

Oui, Dieu seul est saint, mais nous sommes invités à rentrer dans la même dynamique. Jésus seul est le Christ. Mais ne sommes nous pas également porteurs et témoins incarnés de ce qu’il en est de l’Alliance entre Dieu et l’homme ?

Marie seule est la mère du Seigneur, mais ne vivons nous pas aussi la terrible mission de mettre le sauveur au monde ?

Toi seul est saint…Oui mais se présente aussitôt la question divine dérangeante : de quel aspect de ma sainteté accepterais-tu d’être le reflet, pour la gloire et le salut du monde ? Où donc est ta vocation et où sera ta réponse ?

Dieu seul est saint… Mais nous, ses fils ou filles ? Pourquoi, ne le reflèterions nous pas ? »

Je terminerai en ajoutant que nous avons une mauvaise compréhension de la sainteté. Quand on en parle, c’est assez mal compris et même mal perçu comme si c’était un orgueil démesuré qui nous poussait à devenir saint. Or c’est la volonté de Dieu. Jésus nous dit « Soyez parfaits comme mon père est parfait ». et normalement toute la vie chrétienne nous pousse à devenir de plus en plus semblable au Christ qui lui, est saint. Refuser de cheminer vers la sainteté c’est accepter délibérément de rester médiocre, de rester tiède. Alors je repense à cette parole de l’Apocalyse 3,15 « Je sais tes œuvres : tu n’es ni froid ni bouillant. Que n’es-tu froid ou bouillant ! Mais parce que tu es tiède, je vais te vomir de ma bouche ». Il n’ y a pas d’orgueil à vouloir être saint mais à croire qu’on l’est !


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