Accueillir l’appel de Dieu le Père avec simplicité dans notre vie quotidienne

lundi 12 avril 2010
par  Daniel Giacobi
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Par Marie-Claire et Daniel Giacobi

INTRODUCTION

Quand le Père Roche nous a demandé il y a un mois de faire cet enseignement pour le dimanche de la miséricorde, notre première réaction a été de nous dire que nous n’avions pas grand chose à apporter, que nous n’avions aucun témoignage exceptionnel à donner. Mais cette demande était descendue dans notre cœur et cela nous a ouvert l’oreille à toutes ces Paroles que nous entendions en ce Carême 2010, comme si c’était la première fois que nous les entendions, nous avons découvert que tous ces textes étaient un grand hymne à la Miséricorde du Seigneur, comme l’écho de ce que le Seigneur par son Esprit Saint lançait à toute l’Eglise et à toute l’humanité : le Seigneur est infiniment miséricordieux et Il veut que chacun puisse trouver le salut en Jésus Christ.

Alors nous avons dit oui, ce que nous avions à vous partager c’est que la Miséricorde, nous avons à la vivre au jour le jour, dans le quotidien de nos vies ordinaires.

La 1re chose qui nous a interpellés c’est la façon dont beaucoup de textes lus pendant le Carême expriment l’appel aimant du Seigneur :

  • Au Livre de Jérémie 7,23-28. : « Parole du Seigneur. Voici l’ordre que j’ai donné à vos pères : « Soyez attentifs à ma voix. Alors je serai votre Dieu, et vous serez mon peuple ; suivez jusqu’au bout la route que je vous prescris, et vous serez heureux. » Mais ils n’ont pas écouté, ils n’ont pas prêté l’oreille, ils ont suivi les mauvais conseils de leur cœur obstiné ; ils ont reculé au lieu d’avancer. »
  • Au Livre de l’Exode 3,1-8.13-15. Le Seigneur dit à Moïse : « J’ai vu, oui, j’ai vu la misère de mon peuple qui est en Égypte, et j’ai entendu ses cris sous les coups des chefs de corvée. Oui, je connais ses souffrances. Je suis descendu pour le délivrer. »
  • Au Livre d’Isaïe 42,1-7. « Il n’écrasera pas le roseau froissé, il n’éteindra pas la mèche qui faiblit. »
  • Au Livre d’Isaïe 49,8-15 « Montagnes, éclatez en cris de joie ! Car le Seigneur console son peuple, et de ses pauvres il prend pitié. Jérusalem disait : « Le Seigneur m’a abandonnée, le Seigneur m’a oubliée. » Est-ce qu’une femme peut oublier son petit enfant, ne pas chérir le fils de ses entrailles ? Même si elle pouvait l’oublier, moi, je ne t’oublierai pas.  »

A travers ces passages, nous touchons du doigt le Cœur de Dieu, ce Cœur qui est un Cœur de Père mais qui par beaucoup d’accents est aussi un cœur de mère.

A ce moment de notre médiation il est important que nous nous arrêtions sur le mot de Miséricorde. Au cours de sa longue histoire, il a pris un sens très riche. En grec, langue du Nouveau Testament, il se dit éléos . Ce mot nous est familier dans la prière Kyrie eleison, qui est un appel à la miséricorde du Seigneur. C’est la traduction habituelle, dans la version grecque de l’Ancien Testament, du mot hébreu hésèd . C’est un des plus beaux mots bibliques. Souvent, on le traduit tout simplement par amour. Il fait partie du vocabulaire de l’alliance. Du côté de Dieu, il désigne un amour inébranlable, capable de maintenir une communion pour toujours, quoi qu’il arrive : « Mon amour ne s’écartera pas de toi » (Isaïe 54, 10). Mais l’alliance de Dieu avec son peuple est une histoire de ruptures et de recommencements, un tel amour inconditionnel suppose le pardon, il ne peut être que miséricorde.

Éléos traduit aussi un autre mot hébreu, celui de rahamîm qui va souvent de pair avec hésèd mais est encore plus chargé d’émotions. En hébreu, RaHaMim a la même racine que ReHeM (l’utérus), l’organe qui donne la vie, littéralement, il signifie les entrailles, c’est une forme plurielle de réhèm, le sein maternel. La miséricorde ou la compassion c’est ici l’amour ressenti, l’affection d’une mère pour son petit enfant (Isaïe 49, 15), la tendresse d’un père pour ses fils (Psaume 103, 13), un amour fraternel intense (Genèse 43, 30).

La miséricorde au sens biblique, est bien plus qu’un aspect de l’amour de Dieu. Elle est comme l’être même de Dieu.

Par trois fois devant Moïse, Dieu prononce son nom.

  • La première fois, Il dit : « Je suis qui je suis » (Exode 3, 14).
  • La deuxième fois : Dieu dit à Moïse : " Je ferai passer devant toi toute ma beauté et je prononcerai devant toi le nom du Seigneur, c’est à dire : « Je fais grâce à qui je fais grâce, et miséricorde à qui je fais miséricorde » (Exode 33, 19). Pour Dieu, être qui il est, c’est faire grâce et miséricorde.
  • C’est ce que confirme la troisième proclamation du nom de Dieu : Le Seigneur descendit dans une nuée et il se tint là avec lui. Il invoqua le nom du Seigneur . Le Seigneur passa devant lui et il cria, je suis « Le Seigneur, Dieu de tendresse et de pitié, lent à la colère, riche en miséricorde et en fidélité » (Exode 34, 6).
  • La parole de Jésus y fait écho en Luc 6 v36 : « Soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux » .

Alors qu’autour de nous on ne parle que d’un Dieu vengeur qui punirait les hommes, tous ces passages de l’Ecriture semblent ignorés, cachés comme si on voulait dissimuler ce visage de Dieu aux hommes. C’est pourquoi notre premier témoignage au service de la Miséricorde c’est de grandir dans la connaissance aimante de l’Ecriture Sainte pour pouvoir témoigner de la façon dont elle nous construit et nous console, comment elle nous révèle le visage du Père, comment elle m’apprend à m’aimer moi-même .
Oui, m’aimer moi-même , c’est le préalable à tout :

Relisez et méditez Saint Marc 12 v 28-31 :
« Un scribe qui les avait entendus discuter, voyant qu’il leur avait bien répondu, s’avança et lui demanda : « Quel est le premier de tous les commandements ? » Jésus répondit : « Le premier c’est : Écoute, Israël, le Seigneur notre Dieu est l’unique Seigneur, et tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de tout ton esprit et de toute ta force. Voici le second : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Il n’y a pas de commandement plus grand que ceux-là. »  »

Voilà le préalable à tout : s’aimer soi-même pour pouvoir aimer notre prochain.

Nous devons apprendre à reconnaître toutes les richesses que le Seigneur a mises en nous, nous devons apprendre à ne pas nous juger, à ne pas nous condamner nous même, à nous regarder non pas avec ce regard qui dans certaine famille nous a toujours dévalorisé. Des mots qu’enfants, nous n’avons pas su relativiser sont parfois restés gravés au fond de notre être : tu es nul, tu es un bon à rien ; tu ne réussiras jamais rien dans la vie et tant d’expressions blessantes ou dévalorisantes.
Ce soir faisons effort pour nous regarder avec le regard d’Amour et de tendresse que Dieu le Père porte sur nous :

  • Au Livre d’Isaïe 49,1-6. ( lecture du Mardi Saint) : « Maintenant le Seigneur parle, lui qui m’a formé dès le sein de ma mère pour que je sois son serviteur, que je lui ramène Jacob et que je lui rassemble Israël. Oui, j’ai du prix aux yeux du Seigneur, c’est mon Dieu qui est ma force . »
  • « Rien ne pourra nous séparer de l’Amour de Dieu » dit St Paul, rien ne peut nous séparer de sa Miséricorde.
    EN AUCUNE PERSONNE, PRÉSENTE ICI CET APRÈS MIDI, IL N’Y A QUELQUE CHOSE QUI SOIT TROP GRAVE POUR EMPÊCHER LE SEIGNEUR DE VENIR A ELLE.
    Aucune de nos fautes, aucune de nos rancœurs, de nos jalousies, de nos blessures ne sont TROP GRAVES pour le Seigneur. Si nous sommes coupés du Seigneur, c’est souvent parce que nous nous condamnons nous mêmes. Qui que tu sois, où que tu en sois, le Père qui t’a voulu de toute Eternité, te regarde avec tendresse et veut te rejoindre par son Amour.
  • Par la bouche d’Isaïe(43 1-4)c’est le Seigneur qui redit à chacun de nous :
    "Ne crains pas, CAR je t’ai racheté, je t’ai appelé par ton nom
    TU ES A MOI ….. CAR tu comptes beaucoup à mes yeux
    tu as du prix et Je t’aime."

Acceptons cet amour infini du Père et comme au psaume 139 osons dire au Seigneur :« Je te rends grâce pour tant de merveilles, JE TE RENDS GRÂCE POUR LA MERVEILLE QUE JE SUIS. »

Arrêtons-nous quelques instants pour prier et rendre grâce en nos cœurs en redisant cette phrase :
«  Je te rends grâce pour tant de merveilles, JE TE RENDS GRÂCE POUR LA MERVEILLE QUE JE SUIS.  »

S’il est vrai que nous avons du mal à nous aimer nous-mêmes, il est tout aussi vrai que d’autres ont du mal à accepter cette évocation de l’Amour personnel du Père

  • Certains ne peuvent accueillir cet amour du Père parce qu’ils ont été blessés par les malveillances, par les brutalités d’un père, d’un époux ou d’un compagnon.
    Prions le Seigneur pour qu’il leur fasse expérimenter Son Amour, pour qu’ils puissent pardonner et découvrir le vrai visage du Père.
    «  La PAIX soit avec vous !  » nous dit Jésus dans l’évangile de ce jour racontant la rencontre avec saint Thomas.
  • Parfois aussi nous pouvons rester prisonniers de l’image d’un Dieu sévère, juge et vengeur, enfant on vous a peut être trop souvent répété « si tu n’es pas sage, Dieu te punira ».
  • Nous sommes aussi prisonniers de l’image d’un Dieu lointain, certes créateur du Ciel et de la terre, mais tellement occupé par les affaires du monde. Qu’aurait-il à faire de moi ? Moi un homme ou une femme parmi 6 milliards d’autres. Comment pourrait-il s’occuper de moi en particulier  ?

Eh bien, NON , ne mettons pas de bornes à la toute puissance de l’Amour de Dieu et à sa Miséricorde, ne donnons pas à Dieu nos limites d’hommes.
Le Seigneur nous écoute et nous aime personnellement, nous avons du prix à ses yeux. Il est dit au Deutéronome (4 v 29) : « TU TROUVERAS LE SEIGNEUR SI TU LE CHERCHES DE TOUT TON CŒUR ET DE TOUTE TON ÂME. Car le Seigneur Ton Dieu, est un Dieu miséricordieux QUI NE T’ABANDONNERA PAS. »
Ce soir, c’est à nous PERSONNELLEMENT que le Père redit : «  Tu comptes beaucoup à mes yeux ; tu as du prix et Je t’aime. »
Croyons-nous VRAIMENT à cet amour ?
Et le Père nous demande personnellement ce soir : « M’aimes – tu ? »

Dans les jours qui viennent, nous pourrions relire la Parabole de l’Enfant Prodigue que l’on pourrait aussi appeler la Parabole du Père Miséricordieux en saint Luc chapitre 15.

Laissons-nous interpeller par l’Amour du Père pour son plus jeune fils  : « Comme il était encore loin, son père l’aperçut et fut saisi de pitié ; il courut se jeter à son cou et le couvrit de baisers. »

Mais peut être plus encore, laissons-nous interpeller par l’attitude du Père envers le fils aîné. Nous qui sommes de « bons chrétiens », ne croyons-nous pas avoir des droits sur Dieu, ne sommes-nous pas prêts à faire la leçon au Seigneur : « Alors le fils aîné se mit en colère, et il refusait d’entrer. Son père, qui était sorti, le suppliait. Mais il répliqua : ’Il y a tant d’années que je suis à ton service sans avoir jamais désobéi à tes ordres, et jamais tu ne m’as donné un chevreau pour festoyer avec mes amis. Mais, quand ton fils que voilà est arrivé après avoir dépensé ton bien avec des filles, tu as fait tuer pour lui le veau gras !  » Le Père répond à son fils aîné, et cette parole est aussi pour nous : «  ’Toi, mon enfant, tu es toujours avec moi, et tout ce qui est à moi est à toi.  »

Est-ce que nous croyons cela ? Est-ce que PARFOIS nous n’en voulons pas au Seigneur parce qu’Il ne répond pas à nos prières comme ne le voudrions, est-ce que nous n’avons pas des difficultés à lui faire confiance en tout ? est-ce que nous avons une foi à toute épreuve en sa miséricorde ?

Est-ce que parfois nous ne sommes pas comme le Fils aîné ou comme les ouvriers de la 1re heure dans la Parabole des vignerons de la dernière heure en Matthieu 20 ?

Alors que les ouvriers de la dernière heure reçoivent autant que ceux de la 1re, ces derniers récriminent : « Tout en recevant leur salaire, ils murmuraient contre le propriétaire : « Ces derniers venus n’ont fait qu’une heure, et tu les as traités comme nous, qui avons porté le fardeau de la journée, avec sa chaleur. »Alors le maître répliqua en disant à l’un d’eux : « Mon ami, je ne te lèse en rien : n’est-ce pas d’un denier que nous sommes convenus ? Prends ce qui te revient et va-t’en. Il me plaît de donner à ce dernier venu autant qu’à toi : n’ai-je pas le droit de disposer de mes biens comme il me plaît ? ou faut-il que tu sois jaloux parce que je suis bon ?  »

Au contraire soyons dans la louange et l’émerveillement devant la Miséricorde infinie de Notre Père, Son Cœur est tellement bon, son Amour tellement infini, au delà de toutes nous petites mesquineries.
Seigneur Dieu, donne-nous Ton Cœur pour nous aimer nous mêmes et aimer nos frères.

La 2nde chose que nous voudrions partager et que nous avons reçue en ce carême 2010, c’est que vivre la miséricorde au jour le jour c’est tout simple. Dieu a voulu que ce soit à notre portée si nous le voulons.

Comme le docteur de la Loi dans l’écriture, demandons sincèrement au Seigneur : «  Que dois-je faire pour avoir part à la vie éternelle ?  » Faisons nôtre sa réponse qu’approuve le Seigneur : « Tu aimeras le Seigneur Ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta force et de tout ton esprit ET ton prochain comme toi-même. »

C’est la même question que posent les juifs à Jésus après son discours sur le pain de vie en saint Jean 6 v28-29 : « Ils lui dirent alors : «  Que devons-nous faire pour travailler aux œuvres de Dieu ?  » Jésus leur répondit : «  L’œuvre de Dieu, c’est que vous croyiez en celui qu’il a envoyé. »  »

Le Seigneur nous appelle à un acte simple, celui de croire avec foi et avec notre bonne volonté de bien faire.
Le Seigneur est simple, mais comme le dit Jérémie 17,5-10. «  le cœur de l’homme est compliqué et malade ! Qui peut le connaître ? Moi, le Seigneur, qui pénètre les cœurs et qui scrute les reins… »

La 3e semaine de Carême nous avons entendu au 2e livre des Rois 5,1-15, histoire de Naaman le général syrien qui était lépreux : « Naaman arriva avec ses chevaux et son char, et s’arrêta à la porte de la maison d’Élisée. Élisée envoya un messager lui dire : «  Va te baigner sept fois dans le Jourdain, et ta chair redeviendra nette. » Naaman se mit en colère et s’éloigna en disant : « Je m’étais dit : Sûrement il va sortir, et se tenir debout pour invoquer le nom du Seigneur son Dieu ; puis il agitera sa main au-dessus de l’endroit malade et guérira ma lèpre. Est-ce que les fleuves de Damas, l’Abana et le Parpar, ne valent pas mieux que toutes les eaux d’Israël ? Si je m’y baignais, est-ce que je ne serais pas purifié ? » Il tourna bride et partit en colère.  »

Encore une fois nous nous reconnaissons en Naaman comme dans le Fils aîné ou dans les ouvriers de la 1re heure. Heureusement il y a, comme à Cana, des serviteurs fidèles et simples et aujourd’hui nous avons en Église des frères et sœurs qui nous montrent la voie :

« Mais ses serviteurs s’approchèrent pour lui dire : « Père ! Si le prophète t’avait ordonné quelque chose de difficile, tu l’aurais fait, n’est-ce pas ? Combien plus, lorsqu’il te dit : ’Baigne-toi, et tu seras purifié. ’  »
Et Naaman sut sortir de son entêtement et de sa colère  :
« Il descendit jusqu’au Jourdain et s’y plongea sept fois, pour obéir à l’ordre d’Élisée ; alors sa chair redevint semblable à celle d’un petit enfant : il était purifié ! Il retourna chez l’homme de Dieu avec toute son escorte ; il entra, se présenta devant lui et déclara : « Je le sais désormais : il n’y a pas d’autre Dieu, sur toute la terre, que celui d’Israël !  »

Accueillir la Miséricorde du Seigneur mais c’est donc simple et à la portée de tous :

«  A ce moment, Jésus exulta de joie… et il dit : « Père, Seigneur du ciel et de la terre, je proclame ta louange : ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits.  » St Luc (10 17-24)

La simplicité c’est d’abord accueillir et offrir au Seigneur nos pauvretés, nos limites :

Saint Augustin évoque la veuve de Sarepta :« elle est sortie ramasser deux morceaux de bois pour se faire cuire du pain… Cette femme était le symbole de l’Église ; parce qu’une croix est formée de deux morceaux de bois, celle qui allait mourir cherchait de quoi vivre éternellement. Il y a donc là un mystère caché… Élie lui dit : «  Va, nourris-moi d’abord de ta pauvreté, et tes richesses ne s’épuiseront pas.  »

C’est cette même simplicité aimante qui dans l’Evangile guide la veuve offrant les 2 piécettes qui lui restaient pour vivre ou le jeune garçon qui offre ses cinq pains et ses deux poissons pour nourrir la foule de 5000 hommes .
C’est cette simplicité qui guide sainte Thérèse de Lisieux dans son Carmel, chacun de ces petits actes posés avec amour ont rejoint le Cœur de Dieu et porté du fruit en abondance. Sainte Thérèse, restée dans son cloître est devenue patronne de mission à force de petits actes posés avec Amour.

C’est une spiritualité qui est à notre portée.

Je voudrais vous donner un petit témoignage personnel sur la façon dont nous avons à accueillir et à mettre en pratique les choses simples que l’Esprit Saint met dans nos cœurs :
Ma mère habitait il y a peu Toulon. Veuve et ayant des difficultés à marcher, elle ne pouvait plus sortir et aller à la messe. Quand nous allions la voir et que nous allions à la messe et elle me disait : tu feras une petite prière pour moi ; comme elle est normande, elle a une grande dévotion pour Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus et je mettais une veilleuse pour elle sous sa statue. Un jour après l’Eucharistie, j’ai pensé : pourquoi est-ce que tu ne fais rien pour que ta mère puisse recevoir l’Eucharistie, quand tu n’es pas là. Après la messe, j’ai vu que la permanence était ouverte, j’y suis donc allé et j’ai exposé le cas de maman. Trois jours après notre départ, le curé la contactait, il est venu la première fois puis a proposé à maman la visite d’une laïque. Je me rappelle comment Maman m’a dit sa joie de pouvoir communier, « on ressent une vraie force » m’a-t-elle dit au téléphone et d’ajouter : tu sais, la dame qui vient me voir, elle ne veut par que je lui dise madame, elle veut que je l’appelle par son prénom, et tu sais quel est son prénom, c’est Thérèse !

La 3e chose que nous voudrions vous partager c’est que la Miséricorde du Père a pour nous aujourd’hui un visage, celui de Jésus. « L’œuvre de Dieu, c’est que vous croyiez en celui qu’il a envoyé. »

Posons chaque jour cet acte de foi de nous laisser guider par Jésus jusqu’au Cœur du Père.

Écoutons le Pape Benoît XVI dans l’Encyclique « Deus caritas est », § 17 – 18  :
« L’histoire d’amour entre Dieu et l’homme consiste … en ce que la volonté de Dieu n’est plus pour moi une volonté étrangère, … mais elle est ma propre volonté, sur la base de l’expérience que….Dieu est plus intime à moi-même que je ne le suis à moi-même (Saint Augustin). C’est alors que grandit l’abandon en Dieu et que Dieu devient notre joie (cf Ps 72,23-28). L’amour du prochain …consiste dans le fait que j’aime aussi, en Dieu et avec Dieu, la personne que je n’apprécie pas ou que je ne connais même pas. Cela ne peut se réaliser qu’à partir de la rencontre intime avec Dieu… J’apprends alors à regarder cette autre personne non plus seulement avec mes yeux et mes sentiments, mais selon la perspective de Jésus. Son ami est mon ami… je peux lui donner le regard d’amour dont il a besoin. »

«  Père, que veux-Tu pour moi cet après midi ? Qu’attends-Tu de moi ? »
Tel le jeune Samuel disons : « Parle Seigneur, ton serviteur écoute.
 »

Comment nous mettre à l’écoute de la Miséricorde du Seigneur ?

Jean Paul II dans sa lettre sur « l’entrée dans le 3e Millénaire » disait :
« En restant ancrés dans l’Écriture, nous nous ouvrons à l’action de l’Esprit, à l’origine de ces écrits, et au témoignage des Apôtres, qui ont fait la vivante expérience du Christ, le Verbe de vie, qui l’ont vu de leurs yeux, entendu de leurs oreilles, touché de leurs mains.  »
et il citait Saint Jérôme : «  ignorer les Écritures c’est ignorer le Christ lui-même  ».

Dans ce Carême lors des soirées paroissiales de partage de la Parole, beaucoup ont fait cette expérience : le Christ VIVANT, RESSUSCITE, NOUS PARLE DANS L’ÉCRITURE, Il nous parle aujourd’hui.
L’auteur de la lettre aux Hébreux écrit :« Vivante, en effet, est la parole de Dieu, efficace et plus incisive qu’aucun glaive à deux tranchants… » (Hébreux 4 v.12-13)

Un témoignage parmi tant d’autres :un été, au Val André, un jeune étudiant, après une longue discussion, dit avec des yeux pétillants de joie, à quelques jeunes de l’Emmanuel :« Dieu existe, j’en ai eu la preuve, car la Parole de Dieu que j’ai reçue ce soir rejoint exactement ce que je vis en ce moment !! »
Cette Parole de Dieu, elle est pour chacun de nous, en particulier.

Et que nous dit le Père, Il nous dit Son Amour, et cet amour, c’est le Verbe incarné, c’est Jésus qu’Il nous donne. Il ne pouvait pas nous donner un signe plus fort de son amour de Père : Son Fils, Jésus, Son Unique, SUR LA CROIX.

Prenez le temps de chercher des les Évangiles et de lire tous ces passages où il est dit : « Jésus fut ému de pitié ou il tressaillit de compassion.  »
Jean-Paul II explique : « C’est dans le Sacré Cœur de Jésus que s’est manifesté de la façon la plus complète l’amour paternel de Dieu. Tout ce que Dieu voulait nous dire à propos de sa personne et de son amour, il l’a déposé dans le Cœur de Jésus et, à travers ce Cœur , il l’a exprimé. »

Levons avec foi nos regards vers la Croix, Signe de notre salut, élevé entre terre et ciel.

Demandons à l’Esprit Saint d’aimer Jésus sur la Croix.

C’est vrai que la croix nous effraye, mais nous savons bien qu’elle est présente dans chacune de nos vies.
Demandons au Seigneur de nous rassurer ; demandons-lui pardon parce que sans le vouloir vraiment, sans l’exprimer clairement, nous en voulons au Seigneur des croix qui sont venues jalonner notre vie.
Que toutes ces croix deviennent des sources de résurrection en nos vies. Demandons à l’Esprit Saint par l’intercession de la Vierge Marie, de nous aider à aller au delà de ces croix qu’ont été dans nos vies des rancœurs, des jalousies, des paroles blessantes, parfois des brutalités physiques ou morales, des relations paternelles ou maternelles difficiles, des divorces, des abandons.

Demandons au Seigneur Sa paix, demandons lui la force de pardonner, de poser des actes de réconciliation.

En ce dimanche de la Miséricorde, la Parole de Jésus en croix :«  J’AI SOIF ! » résonne en nos cœurs. De quoi Jésus a-t-il soif ?
Il a soif DE NOTRE AMOUR et de CELUI DE TOUTE L’HUMANITE.

Écoutons Mère Teresa : «  A nous aussi, Jésus dit : « J’ai soif de toi ! Peu importe tes errements. Peu importe combien tu m’as oublié. Il n’y a qu’une seule chose dont je veux que tu te souviennes tout le temps, une seule chose qui ne changera jamais : j’ai soif de toi, tel que tu es.  »

Le 4e point : le Seigneur n’a pas voulu que nous soyons orphelins, sur la Croix Il nous a remis d’immenses trésors, fruits de sa Miséricorde infinie :

  • Sur la Croix Il nous a donné Sa Mère, dont la dernière parole rapportée par l’Evangile de Cana est « Tout ce qu’Il vous dira faites le. »
  • Sur la Croix Jésus a aussi répandu son Esprit Saint, l’Eglise nous enseigne que c’est du cœur ouvert de Jésus qu’ont jailli le sang et l’eau des Sacrements, tout spécialement ceux de l’Eucharistie et de la Réconciliation. Et pour nous donner ces sacrements de sa Miséricorde, Il nous a donné ce bien irremplaçable, il nous a donné les prêtres.
    Parce que sans eux nous ne pourrions accéder à ces trésors de la Miséricorde du Seigneur, offrons nos contrariétés, nos croix, nos vies, en cette année sacerdotale voulue par Benoît XVI prions pour que leur ministère porte du fruit en abondance selon ce veut l’Esprit Saint.

«  l’Eucharistie est la source de la Miséricorde  ». Voici ce que Jean Paul II écrivait aux prêtres le Jeudi Saint 2002 :
« Entre les deux sacrements, il existe un lien intime. L’Eucharistie, sommet de la vie chrétienne est aussi la source de tous les sacrements… Cela vaut spécialement pour le sacrement destiné à « être l’intermédiaire » du pardon de Dieu, qui accueille de nouveau dans ses bras le pécheur repenti… en mettant le pénitent en rapport avec le cœur miséricordieux de Dieu à travers le visage amical d’un frère prêtre, …authentique ministre de la miséricorde ! »

Bénissons le Seigneur de nous avoir donné des prêtres et que quelques uns soient parmi nous pour nous donner le pardon de la part du Seigneur.

Les sacrements de la Réconciliation et de l’Eucharistie nous permettent d’aller vers la lumière, à la rencontre de l’Amour. Rendons grâce pour le sacrement de la Réconciliation qui est tout particulièrement lié au cœur de Jésus, le mot miséricorde vient du mot CŒUR. Le cœur de Jésus s’émeut de notre péché et de notre misère, il nous rejoint là où nous en sommes. Beaucoup parmi nous, pourraient témoigner de la redécouverte de ce sacrement qu’ils ont pu faire dans des lieux comme Lourdes ou Paray Le Monial, la ville du Cœur de Jésus.

Prions pour que de plus en plus de chrétiens ne vivent pas ce sacrement comme un jugement ou une obligation ennuyeuse mais comme le sacrement de l’accueil, de la rencontre avec l’Amour. Le Seigneur y guérit toutes les culpabilités créées par nos infidélités ou nos péchés, il peut nous aider à poser des pardons.

Parfois aussi, nous nous disons, à quoi cela sert-il ? Je retombe toujours dans les mêmes péchés. Non, le Seigneur ne se lasse pas ; dans l’Evangile, quand ses disciples lui demandent «  combien de fois devons- nous pardonner, doit-on aller jusqu’à 7 fois ?  » Jésus leur répond : « Je ne vous dis pas 7 fois mais 70 fois sept fois.  »
Ainsi le sacrement de la Réconciliation nous aide à ne pas tomber dans la tiédeur et la lassitude.
Demandons aussi au Seigneur de nous éclairer
sur tout ce qui peut être obstacle ou lien dans notre vie,
sur tout ce qui peut nous empêcher d’être pleinement libres et paisibles.

Laissons nous gagner par la joie d’être pardonnés et relevés par la Miséricorde du Seigneur. Relisez encore la Parabole du Fils prodigue.

Écoutons Jésus dans ses révélations à Sœur Faustine  :
« Ma Miséricorde est plus grande que ta misère et celle du monde entier.
Pour toi je suis descendu du ciel sur la terre  ;
pour toi Je me suis laissé clouer à la croix,
pour toi, j’ai laissé mon cœur s’ouvrir d’un coup de lance et JE T’AI AINSI OUVERT LA SOURCE DE LA MISERICORDE .
Viens et puise les grâces de cette source avec le vase de la confiance.
Je ne rejette jamais un cœur humble, je n’ai exclu personne, sache bien que tous tes péchés ne m’ont pas autant blessé que ton incrédulité. Les grâces de ma miséricorde se puisent à l’aide d’un unique moyen, c’est la confiance.  »

Tournons-nous vers Celle qui peut nous apprendre la confiance, vers la Vierge Marie, c’est Elle, Notre Dame du Oui, qui nous guide sur les chemins du quotidien :

  • Elle qui a dit OUI avec foi et confiance à l’Ange Gabriel,
  • Elle qui a dit OUI quand il a fallu se mettre en route vers l’inconnu, vers Bethléem, en laissant la maison de Nazareth où Joseph avait tout préparé avec Amour pour la venue de Jésus ;
  • Elle qui a dit OUI quand il a fallu se contenter d’une simple étable pour accueillir le Fils de Dieu ;
  • Elle qui a dit OUI au pied de la Croix, a accepté de voir mourir Son Fils et a laissé son cœur transpercé par le glaive de la souffrance.

Alors que l’Eglise entre dans l’attente de l’Esprit Saint, laissons Marie nous guider ce soir sur les chemins de la prière et de la foi. Les Actes des Apôtres au chapitre 1 rapportent : « Tous d’un même cœur étaient assidus à la prière, avec quelques femmes dont Marie, Mère de Jésus. »

Laissons la Vierge Marie, Fille bien aimée du Père, Mère du Fils Unique et Épouse immaculée de l’Esprit Saint, nous faire découvrir la Miséricorde du Seigneur.

Tout à l’heure nous prendrons un temps d’adoration, tout simplement, pour accueillir le regard du Seigneur sur nous. Aussi, que nos cœurs ne soient pas incrédules, osons crier nos souffrances vers le Seigneur, en nos cœurs, avec foi ; il n’est pas un Dieu sourd. Un des noms de l’Esprit Saint n’est-il pas «  Celui qui répond au cri  » ? Et Saint Paul dans sa lettre aux Romains (chap 10) ne dit-il pas avec certitude : «  Si tes lèvres affirment que Jésus est Seigneur et si ton cœur croit que Dieu l’a ressuscité, alors tu seras sauvé !  »

Nicolas Buttet dit que « l’adoration est le chemin des pauvres, le chemin de l’enfance spirituelle. » Toutes les apparitions de Jésus à Sainte Marguerite Marie ont eu lieu devant le Saint sacrement et Jésus lui a dit : « J’ai soif d’être aimé au Saint Sacrement. » .

Voilà ce que Jean Paul II écrivait à propos de l’Adoration en 1996 :
« en montant vers le Père, le Christ ne s’est pas éloigné des hommes. Il demeure pour toujours au milieu de ses frères, et, comme il l’a promis, il les accompagne et les guide par son Esprit. Désormais, sa présence est d’un autre ordre…. Quand nous contemplons le Christ présent au Saint-Sacrement de l’autel, le Christ se fait proche de nous ….et, par l’Esprit, il nous ouvre l’accès au Père, comme il le disait à Philippe : « Qui m’a vu a vu le Père » (Jn 14, 9). »

Oui, Seigneur nous croyons en Ta Miséricorde, par notre prière et notre louange tu veux comme Paul et Silas dans leur prison nous débarrasser de nos chaînes et nous rendre la liberté et la vie.

Nos cœurs sont aussi proches de tous les pauvres du monde, ceux qui ce soir souffrent, ceux qui désespèrent dans la solitude ou dans la détresse du chômage ; proches de tous ces pays déchirés par les conflits ou menacés par la guerre. Nous prendrons spécialement un temps d’intercession pour toutes ces intentions tout à l’heure. Que la Miséricorde du Seigneur soit source de réconciliation dans nos vies et pour le monde.

Jésus disait à Marguerite Marie lors de la 1re apparition du 27 décembre 1673 : « Mon divin Cœur est si passionné d’amour pour les hommes et POUR TOI EN PARTICULIER.  » Accueillons simplement Son Amour.

Jean Paul II à Cracovie au sanctuaire dédié à Sainte Faustine, déclarait : «  Avec les yeux de l’âme, nous désirons contempler le regard miséricordieux de Jésus … ».

Un peu comme Zachée monté sur un arbre pour voir passer Jésus, vous êtes venus ce soir, peut être pour certains en curieux ou sans trop savoir ce que vous alliez trouver…. Et voilà que Jésus s’arrête près de vous ; comme Zachée, Il vous interpelle ce soir : « Descends vite, aujourd’hui il faut que J’aille demeurer dans ta maison. »

CONCLUSION :

Jean Paul II disait : « Dans la Miséricorde, le monde trouvera la paix et l’homme le bonheur. Soyez des témoins ardents de la Miséricorde.  »
Demandons au Seigneur exposé sur l’autel de faire de nous des artisans de réconciliation là où nous sommes, dans nos familles, nos quartiers, nos lieux de travail et de vie.
Faisons nôtre la prière de Jean Paul II :

« Dieu, Père miséricordieux, qui as révélé Ton Amour dans Ton Fils Jésus Christ et l’a répandu sur nous dans l’Esprit Saint Consolateur, nous te confions aujourd’hui le destin du monde et de chaque homme. Penche-toi sur nos péchés, guéris notre faiblesse, vaincs tout mal et fait que tous les habitants de la terre fassent l’expérience de Ta Miséricorde. »

Intention Missionnaire proposée en ce mois d’avril par Benoît XVI à tous les catholiques : « Pour que les chrétiens persécutés à cause de l’Evangile, soutenus par le Saint- Esprit, persévèrent dans le témoignage fidèle de l’amour de Dieu envers l’humanité entière.  »

RAPPELS

La 1re chose qui nous a interpellés c’est la façon dont beaucoup de textes lus pendant le Carême expriment l’appel aimant du Seigneur : « Ah si Mon peuple m’avait écouté ! »

La 2nde chose, c’est que vivre la miséricorde au jour le jour c’est tout simple. Dieu a voulu que ce soit à notre portée si nous le voulons.

La 3e chose c’est que la Miséricorde du Père a pour nous aujourd’hui un visage, celui de Jésus.
« L’œuvre de Dieu, c’est que vous croyiez en celui qu’il a envoyé. »
Posons chaque jour cet acte de foi de nous laisser guider par Jésus jusqu’au Cœur du Père.

Le 4e point : le Seigneur n’a pas voulu que nous soyons orphelins, sur la Croix, ll nous a remis d’immenses trésors, fruits de sa Miséricorde infinie :

  • Sur la Croix Il nous a donné Sa Mère.
  • Sur la Croix Jésus a répandu son Esprit Saint, d’où viennent tous les sacrements spécialement ceux de l’Eucharistie et de la Réconciliation.
  • Et pour nous donner ces sacrements de sa Miséricorde, Il nous a donné ce bien irremplaçable, il nous a donné les prêtres.
Un chant a ponctué notre méditation :

MON PÈRE, JE M’ABANDONNE À TOI (N°1430)
D’après Charles de Foucauld et Ste Thérèse de l’Enfant Jésus
Paroles et musique : Chants de l’Emmanuel (J.-F. Léost)

1. Mon Père, mon Père, je m’abandonne à toi
Fais de moi ce qu’il te plaira.
Quoi que tu fasses, je te remercie,
Je suis prêt à tout, j’accepte tout,

R. Car tu es mon Père, je m’abandonne à toi
Car tu es mon Père, je me confie en toi.

2. Mon Père, mon Père, en toi je me confie,
En tes mains, je mets mon esprit.
Je te le donne, le cœur plein d’amour.
Je n’ai qu’un désir, t’appartenir.

© 2001, Éditions de l’Emmanuel, 26, rue de l’Abbe Grégoire,
75006 Paris. Tous droits réservés.
Ecoutez un extrait sur :
http://www.chantez-online.org/playe…


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