La messe : 4. Seigneur prends pitié de nous !

mardi 30 mars 2010
par  Jeanine Lefèvre
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Commence alors le moment de confesser son péché. Nous prenons conscience de notre indignité.

A. Menettrier explique "Parce que Dieu est mon Père et que je suis son enfant, appelé à lui ressembler, certaines choses dans ma vie n’avaient rien à y faire. Et parce que Dieu est le Dieu des Miséricordes, je suis en mesure de pouvoir reconnaître que dans ma vie il y a eu nombre de « dissemblances »

Au regard de ce que nous avons découvert de ce Père, nous pouvons voir ou repérer des décalages et nous tourner vers lui pour lui demander pardon… Le péché c’est le manque d’amour, c’est de ne pas être devenu de vrais fils ou filles de Dieu, le fait que nous n’avons pas osé croire que nous étions capables du meilleur, de l’excellent, du plus beau. Or Dieu ne cesse de nous croire capables du meilleur, ne serait-ce que parce qu’il nous a donné son Esprit de sainteté. Chacun d’entre nous, un jour ou l’autre, a rencontré un enfant qui a des capacités mais s’est contenté d’un treize plutôt que d’un dix neuf, simplement pour se simplifier la vie.

Confesser notre péché à Dieu c’est déclarer qui est Dieu notre Père, plein de tendresse et de miséricorde, c’est professer notre foi en ce qu’il a fait en nous, professer que son amour a été répandu dans nos cœurs par le Saint-Esprit, même si nous n’avons pas mis en œuvre ses capacités d’amour qui sont à notre portée. « Je confesse à Dieu que j’ai péché … On pourrait presque traduire « J’affirme au nom de ma foi que j’étais capable du plus merveilleux, mais sur ces points, je n’ai guère donné le plus beau, je n’ai pas été ressemblant à notre Père » C’est comme dirait le Père Varillon reconnaître notre « monstrueuse médiocrité. » Je crois que c’est très important de se reconnaître pécheur devant Dieu cela nous garde de toute suffisance et nous prédispose à vivre l’eucharistie dans l’humilité et la reconnaissance inépuisable de celui qui se sait perdu mais qui accueille son sauveur.


Pas très souvent, mais quelquefois nous récitons le « confiteor » pour demander pardon de nos fautes. Après avoir demandé pardon à Dieu nous disons « Je reconnais devant mes frères que j’ai péché en pensée, en parole, par action et par omission ». La prise de conscience de tous les aspects du péché est totale. Je pèche en disant des paroles qui blessent mais je pèche aussi si je les pense, si je nourris des rancœurs, des amertumes, des haines même si je ne passe pas à l’action : ma pensée est polluée. Je peux pécher activement en commettant des actes mauvais ou passivement, c’est ce qu’on appelle pécher par omission, en laissant faire le mal sans m’y opposer, soit parce que je suis d’accord mais aussi par peur, par négligence ou par indifférence. L’exemple type de cette faute qui peut être très grave est illustré par le film sorti ces jours-ci « La Rafle ». L’histoire de toutes ces femmes et ces enfants juifs parqués avant d’être embarqués vers les camps de concentration sous le regard d’un peuple muet, résume bien tous les sentiments peu glorieux qui ont pu habiter le cœur humain.

Le Père A. Menettrier commente « Devant mes frères (du fait que nous avons un seul Père) je reconnais que j’ai eu du mal à aller jusqu’à l’Amour absolu, envers Dieu, envers mes frères et envers moi-même mais je me livre à la miséricorde de Dieu et de mes frères…J’ai pu faire souffrir, j’ai pu blesser, je n’ai pas donné le meilleur de moi-même. Mes frères, j’aime le Seigneur et je vous aime. Ne vous arrêtez pas à ce que j’ai pu faire…Vous mes frères qu’éventuellement j’ai blessés, ne vous arrêtez pas au fait que je n’ai pas toujours été très aimable. Daignez accepter de m’aimer malgré tout ; comme je crois que le Père m’aime par de là ce qui pourrait nous séparer. ».

« Je supplie la Vierge Marie les anges et tous les saints et vous aussi mes frères de prier pour moi le Seigneur notre Dieu. »
Si nous prenons cette prière au sérieux, voilà un des moments absolument bouleversants de la messe »
Personnellement j’aime ce cri jeté vers le ciel. Marie et tous les saints savent le combat difficile que nous menons contre nos propres faiblesses et nous les appelons au secours. Ma foi me dit qu’ils entendent notre prière et pourtant…

(A.Menettrier) « Nous voici en train de demander à la mère du crucifié de prier pour nous, elle qui mesura l’horreur de ce qu’est le péché, elle qui vécut dans son cœur l’abomination de nos rejets d’amour, d’espérance et de foi ; nous voici à lui demander à elle, de prier pour nous alors que nous participons à ce rejet, alors que nous participons à la croix. Nous voici à lui demander d’aimer encore ceux qui ne sont pas forcément très aimables. Nous voici à lui demander de nous enfanter à la sainteté. Et de même pour les anges et les saints. Aucune exigence : « je supplie ». S’ils veulent bien, s’ils daignent. Je me remets entre leurs mains. Acte de foi, confiance absolue. Parce qu’ils sont saints je peux leur demander de prier pour moi pauvre pécheur. »

« Et vous aussi mes frères » Là c’est beaucoup moins drôle. Nous voici à nous confier à la prière de tous ceux qui nous entourent. Et nous voilà à nous engager à prier pour tous ceux qui nous entourent. Avez-vous déjà regardé le frère ou la sœur à côté de vous ? Avez-vous pris le temps de prier pour cette personne connue ou inconnue à côté de vous ? Imaginez rien qu’un instant le jour où vous arriverez au ciel. Le frère et la sœur inconnus, vos voisins de messe, priant rien que du fait que vous ayez dit « et vous aussi mes frères » et qui ont entendu et qui l’on fait. Imaginez leur sourire quand vous entrerez dans la gloire. Imaginez votre propre sourire quand vous saurez que c’est en partie grâce à eux que vous entrez au ciel…Église, merveilleuse Église. Peuple de frères et de sœurs, peuple aimant, peuple à l’image et à la ressemblance de Dieu, peuple de pauvres pécheurs mais peuple désireux de si bien faire.

Si l’on ne récite pas le « confiteor » nous disons le Kyrie qui est une supplication vers le Seigneur. Nous nous adressons au Père « nous n’avons pas toujours été des fils ressemblant au Père : Seigneur prends pitié

Nous n’avons toujours été semblables au Christ ; nous n’avons pas adhéré à notre vie, refusant de porter notre croix comme Lui : Ô Christ prends pitié.

Nous n’avons pas toujours été attentifs aux suggestions de l’Esprit. Nous avons négligé de suivre ses appels et avons résisté à son action. Seigneur prends pitié

A.Menettrier « En reconnaissant notre faiblesse et notre péché, nous proclamons en même temps la splendeur de notre appel…de notre vocation. Nous n’y sommes pas encore arrivés ? Eh bien…La belle affaire ! Reconnaître son péché, c’est simplement reconnaître que le plus merveilleux est possible. Sinon il faudrait se résoudre à notre médiocrité. Ce « Kyrie », affirmation que nous sommes capables du plus extraordinaire et que c’est dommage que nous ne soyons pas allés si loin. Proclamation de la foi en un Dieu si bon… Proclamation que nous sommes ses fils et ses filles à la ressemblance de Jésus et demande auprès de Dieu d’être en effet à son image, même si nous avons fait des bêtises ».

Oh oui Seigneur de tout notre cœur nous te disons « Seigneur prends pitié de nous »

En étudiant le déroulement de la Messe, nous serons peut-être tentés de nous sentir submergés par tout ce qu’on a dit depuis le début de cette étude. Nous ne nous rappellerons pas de tout, sans doute, mais je crois que l’important c’est de ne plus regarder en spectateur distrait ce qui se passe, mais vivre pleinement, de l’intérieur ce à quoi l’Église nous invite. C’est tellement riche que ce serait dommage de passer à côté toute notre vie…


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