La messe : 2. Franchir la porte …

lundi 15 mars 2010
par  Jeanine Lefèvre
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Le chrétien qui va à la messe, dit Xavier Accart, habitera progressivement les gestes liturgiques, des plus singuliers aux plus ordinaires et les intériorisera finalement à tel point que, incorporé au Christ, il deviendra un être de prière tourné vers le Christ sous la motion de l’Esprit. » J’ajouterai que pour que ce soit la réalité il faudrait que ce soit expliqué aux chrétiens qui ignorent à peu près totalement le sens de la liturgie et c’est justement ce que je voudrais essayer avec vous de découvrir peu à peu.

Les deux auteurs nous invitent tout d’abord à pénétrer dans l’église, qui, d’après A.Menettrier, « est une leçon de catéchisme sans mot, avec une architecture qui parle. ». En entrant nous trouvons un bénitier empli de l’eau des baptêmes qui ont eu lieu. Nous associons ainsi le franchissement du seuil de l’église à notre baptême, c’est-à-dire à notre naissance à la lumière. Or si, quand nous étions jeunes, on nous disait de nous signer avec l’eau bénite, on ne nous a jamais expliqué que cela nous rappelait notre baptême, notre naissance à la vie avec le Seigneur. C’était un geste machinal qui peu à peu est tombé en désuétude.

« Je suis la porte » (Jean 10,9) a affirmé le Christ ; franchir la porte c’est passer, en lui et par lui, de l’extériorité à l’intériorité. Quand nous irons à la messe la prochaine fois, si déjà nous prenons de l’eau bénite en ayant le cœur plein de reconnaissance envers le Seigneur qui, par le baptême, nous a appelé à être son enfant, puis si, délibérément nous décidons de suivre Jésus qui nous ouvre la porte de la Vie éternelle, notre cœur est déjà en prière…Réfléchissons un peu à ce qui habite notre pensée d’une façon habituelle, quand nous franchissons la porte de notre église. A quoi pense-t-on ? Personnellement à pas grand-chose…

Ensuite on remonte la nef, qui est le lieu où l’assemblée chrétienne se tient pour prier. Dans les églises anciennes que nous connaissons ici en Bretagne on passe devant la chaire qui autrefois était le lieu de la Parole. Sur les côtés se trouvent des confessionnaux et droit devant, l’autel. Comme si, pour accéder à la communion, pleine et entière, il y avait forcément cette occasion de la Réconciliation. A. Menettrier ajoute « Pour aller jusqu’au point ultime, à savoir la communion parfaite avec Dieu, faudrait-il commencer par le baptême, puis progresser par la Parole avec cette possibilité de nous réconcilier avec Dieu, si nous avons rompu l’Alliance ? »

La nef est le lieu où se déroulent les trois grandes processions de la messe (entrée, offrandes, communion) qui symbolisent le peuple en marche comme le fut Israël dans le désert du Sinaï. Au terme de cet axe vertical nous arrivons au seuil d’un espace surélevé : le chœur où se trouve le siège de présidence, l’ambon et surtout l’autel autour duquel est bâtie toute l’église. De chaque côté du chœur se trouve le transept comprenant deux chapelles, le tout formant une croix, symbole chrétien par excellence.

En travaillant sur ce sujet de la liturgie je me rends compte que beaucoup de choses ont été supprimées, simplifiées, trop parfois au point de donner à certains chrétiens la nostalgie des cérémonies d’avant Vatican II, tout simplement parce qu’elles n’avaient plus aucun sens. Elles n’étaient plus que des coquilles vides. Quand je vais communier je n’ai jamais pensé à ces processions qui symbolisaient la marche du peuple hébreu dans le désert ! La procession d’entrée est bien maigre quand le prêtre s’avance seul. Ceux qui ont bâti nos églises construites depuis des siècles, avaient le souci de catéchiser les fidèles, souvent incultes, par des symboles qui parlaient au cœur et à la foi.
Les vitraux étaient une véritable catéchèse en image. Maintenant les touristes les regardent avec admiration quand ils sont beaux mais avec une totale ignorance de ce qu’ils veulent dire. On n’a pas pris soin d’expliquer aux générations suivantes toute la richesse de la liturgie. Excédés par des rites dépourvus de sens on a tout rejeté en bloc. Nous avons perdu le sens du sacré. Nous avons mis Dieu à notre niveau alors que c’est nous qui devons aspirer à monter vers Lui. En simplifiant la liturgie nous nous sommes rapprochés de Dieu et c’est bien, mais nous devons garder ce que les Anciens appelait « la crainte de Dieu » qui n’est pas la peur mais l’affection pleine de respect d’un fils envers son Père et un sentiment d’humilité d’une créature envers son créateur.

Rappelons nous :

1) se préparer le cœur pour répondre avec joie à l’invitation de notre Père dès que les cloches sonnent.

2) entrer dans l’église en nous rappelant notre baptême qui nous ouvre à la lumière, puis avoir la conscience que nous suivons Jésus qui nous ouvre la porte qui mène au Père.


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