Lundi 10 septembre 2018

Le cœur pur Enregistrer au format PDF

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« Heureux les cœurs purs, car ils verront Dieu » nous a dit Jésus dans les Béatitudes.

Cette affirmation rejoint la Parole de ce 22e dimanche du temps ordinaire. En effet les Pharisiens, toujours à l’affût pour prendre Jésus en défaut, se font un malin plaisir de lui faire remarquer que ses disciples ne respectent pas la loi car ils mangent sans s’être lavés les mains.

Attachés à des rites mais le cœur sec

C’est l’occasion pour lui de mettre les choses au point car aux commandements de Dieu prescrits par Moïse, les Juifs avaient ajouté une multitude de prescriptions pesantes, rigides auxquelles ils attachaient une importance primordiale suscitant le reproche de Jésus : « Isaïe a bien prophétisé à votre sujet, hypocrites, ainsi qu’il est écrit : ce peuple m’honore des lèvres, mais son cœur est loin de moi. » Le Christ dénonce avec force l’attitude des Pharisiens, attachés à des rites mais le cœur sec, prêts à condamner ceux qui ne les imitaient pas. Sa miséricorde est sans limite pour les pauvres, les petits, tous ceux qui se reconnaissent pécheurs. Mais il est sévère pour ceux qui condamnent les autres sans se remettre en cause.

Accepter de reconnaître notre faiblesse

Et cela nous interpelle tous car lorsque nous jugeons et condamnons quiconque sans reconnaître nos propres péchés, nous devenons des pharisiens hypocrites. Il y a quelques semaines nous avions insisté sur l’importance de contrôler nos pensées car c’est par là que débute le mal et Jésus dans l’Évangile de dimanche dernier le confirme fortement : « Écoutez moi tous, dit-il, et comprenez bien. Rien de ce qui est extérieur à l’homme et qui entre en lui, ne peut le rendre impur…C’est du dedans, du cœur de l’homme, que sortent les pensées perverses : inconduites, vols, meurtres, adultères, cupidités, méchancetés, fraude, débauche, envie, diffamation, orgueil et démesure. Tout mal vient du dedans et rend l’homme impur. » Cela demande de notre part un véritable désir de conversion, une vigilance sans relâche pour prendre conscience de ce qui habite notre cœur, une humilité sincère pour accepter de reconnaître notre faiblesse, une foi sans limite dans la puissance de l’Esprit-Saint qui, seul, peut nous aider à changer nos cœurs et enfin une persévérance à toute épreuve sachant que ce chemin de conversion est à faire jusqu’à notre mort.

Prions-nous assez pour l’Église ?

L’Église, avec les drames liés à la pédophilie, traverse aujourd’hui une épreuve particulièrement douloureuse et humiliante. Elle est blessée car elle a été blessante et l’attitude de beaucoup de membres de l’Église mérite les reproches que Jésus a fait aux Pharisiens. Cela doit nous servir de leçon pour ne pas tomber dans le piège qui nous fait condamner le pécheur sans prendre conscience de nos propres fautes. Ne soyons pas des donneurs de leçons. Certes nous devons rejeter le mal fait par les hommes mais prions ardemment pour la conversion de tous les coupables et pour que les victimes et leurs familles aient la force de pardonner afin de pouvoir guérir de toutes leurs blessures. Prions aussi et offrons tout ce que nous avons à vivre pour compenser par notre amour la douleur du cœur de Jésus gravement offensé.