Mardi 6 novembre 2018

Edito du mois

Extrait du Mouezh Sant-Tugdual
2 votes

La foi en la résurrection est indissociable du deuil qui accompagne toute mort en ce monde. Ce qui ne sera plus est appelé à être envisagé autrement. Il n’y a pas de place dans la foi chrétienne pour le regret.
En passant dans les cimetières, on voit parfois pourtant inscrit dans la pierre ‘regrets éternels’. Ces choses se pensent évidemment quand la douleur est trop forte, mais il faut aussi être attentif à ce que nous exprimons de ce chagrin. Car ‘il ne faut pas que vous soyez abattus comme les autres, qui n’ont pas d’espérance.’ (1 Th 4, 13). Quand saint Paul donne cette consigne aux premiers chrétiens, il reconnaît que les chrétiens ne sont pas immunisés contre le chagrin, mais il nous signifie que nous sommes appelés à nous relever nous aussi, à ressusciter de notre peine qui nous accable.
Nos liturgies de funérailles nous invitent à passer du souvenir à l’espérance des retrouvailles. La femme de Loth s’est retrouvée pétrifiée en statue de sel pour avoir regardé en arrière, signe de ses regrets mortifères qui lui donnent définitivement le goût des larmes. L’Église, corps du Christ ressuscité, si elle est attentive à la peine des hommes, ne doit pas oublier l’objectif de toute vie : la contemplation du Seigneur face à face. La conversion à laquelle nous sommes appelés est aussi celle-là : nous détourner de notre peine pour nous tourner vers le Christ, notre espérance.
Soyons attentifs à n’être pas plus triste que le deuil, mais à tenir l’espérance chrétienne pour ceux qui ont besoin d’entendre notre assurance en la vie éternelle, pour eux-mêmes tenir debout, si loin qu’ils soient d’une confession véritable. Que les nombreux bénévoles engagés dans la pastorale des funérailles soient ici remerciés de leur précieuse mission au service de la Bonne Nouvelle : Christ est ressuscité, et ainsi nous-mêmes avec lui.

Abbé Guillaume Caous